L’AMF vient de faire parvenir un courrier aux associations de CIF afin de les mettre en garde contre les pratiques de la société Marne et Finance, très connu dans le petit milieu de la gestion de patrimoine pour la commercialisation des produits BIO C BON (Investissement dans les magasins de la chaîne BIO C BON et ICBS (investissement dans les locaux commerciaux des magasins BIO C BON).

BIO C BON fait partie de ces produits miracles qui promettent des rendements garanti entouré d’un déséquilibre sur la communication des risques réels. BIOC BON c’est l’un de ces produits qui laissent croire à l’épargnant qu’il est possible d’obtenir un rendement élevé sans risque !

Ces produits sont tous construit de la même manière et sur le modèle de référence qu’était Aristophil: Il s’agit d’un investissement dans une entreprise ou dans un bien immobilier pour lequel le rendement garanti est en réalité un engagement de rachat à terme avec un taux défini dès le début ! Bref, une promesse de rachat plus qu’une garantie … mais personne ne demande sur le promettant aura les moyens de ces promesses !

Toutefois, ce mécanisme de promesse de rachat est commercialement très efficace et facilite la vente du produit par les conseils en gestion de patrimoine distributeurs : L’épargnant croit acheter un produit sécurisé … le CGPI lui vend comme tel, … mais personne ne s’interroge sur la réalité de la promesse ! Le promettant exercera t’il son option de rachat au prix fixé ? Sera il financièrement solvable aux terme du placement …

Bref, une mécanique bien rodée que nous rencontrons très régulièrement. Après Aristophil, nous l’avons récemment observée chez Maranatha !

Malheureusement, à chaque fois, la conclusion est la même ! Les gagnants ne sont pas les épargnants et les promesses s’envolent !

 

 

Qui sont Marne et finance et BIO C BON ?

Marne & Finance est une société foncière créée en 1999.

Pour accélérer son développement, elle a créé la solution ICBS (investissement dans les locaux commerciaux de BIO C BON) pour permettre à des investisseurs tiers de participer à des opérations d’acquisition et de gestion de biens immobiliers uniquement à destination commerciale (murs de magasins).

Bio c’Bon, créée en 2008, est une chaîne de magasins de distribution de produits biologiques comportant aujourd’hui plus d’une centaine de points de vente en France.

La solution BCBB permet à des investisseurs de soutenir le développement de la chaîne BIO C BON.

 

Bio c’Bon ITALIA est la structure développant l’enseigne Bio c’ Bon en Italie. La solution BIO ITALIA ISF/IR XVII permet à des investisseurs de soutenir son développement dans le cadre de la loi TEPA.

Une partie de l’équipe de Marne & Finance présente l’ensemble de ces solutions à l’ensemble de son réseau de conseillers CIF.

 

 

L’AMF s’inquiète des procédures de commercialisation de BIO C BON

L’AMF vient de faire parvenir une alerte aux principaux président de chambre de CIF afin de les alerter sur les modalités de distribution.

Déjà, à la fin de l’année 2017, un groupement de CGP important mettait ses membres en garde contre Marne et Finance et BIO C BON.

Extrait de l’analyse du conseil de cette société dont certains membres distribuaient les produits Marne et finance :

« L’analyse de notre conseil suite aux réponses de Marne & Finance

Marne & Finance a apporté à nos différentes interrogations des réponses qui appellent trois principales remarques:

  1. La première concerne la potentielle qualification de leurs produits en « autre FIA ».

Les réponses apportées sur ce point par Marne & Finance ne sont pas convaincantes et tout indique que ces produits sont susceptibles d’être qualifiés d’« autre FIA ». La conséquence de cette qualification est que Marne & Finance devrait faire désigner une société de gestion de portefeuille ainsi qu’un dépositaire en charge de conserver l’actif. Cette réglementation, d’origine européenne car elle issue de la directive AIFM, a pour objet de protéger l’investisseur.

Notre conseil serait d’adresser une mise en garde supplémentaire au client, qui serait remise par les CGP en complément de la documentation élaborée par Marne & Finance.

Sur ce point, vous trouverez ci-dessous, un projet de mises en garde susceptibles d’être adressées par les CGP à leurs clients.

« L’Emetteur estime, sous sa responsabilité et à l’issue de son analyse au regard de son objet social qu’il ne peut être qualifié de FIA ou d’Autre FIA au sens de la Directive 2011/61/UE du 8 juin 2011 sur les gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs, dite « Directive AIFM », transposée en droit français le 22 juillet 2013.

Dès lors, les dispositions de la Directive AIFM et de ses différents textes d’application (en ce compris les dispositions idoines du Règlement général de l’AMF) ne sont pas applicables à l’Emetteur.

Il convient en particulier de préciser que l’Emetteur ne sera pas géré par une société de gestion spécifique et qu’il n’entend pas procéder à la désignation d’une banque dépositaire ».

 

  1. La seconde problématique porte sur la disproportion entre les avantages et les inconvénients tels qui sont présentés dans la documentation qui doit être remise aux clients finaux.

Malgré les réponses apportées sur ce point par Marne & Finance, la documentation ne parait pas présenter un caractère équilibré. Dans le cadre de la distribution des produits structurés par la société Marne & Finance, cette dernière a élaboré, sous sa responsabilité, les éléments de mise en garde sur les risques que présentent ces opérations pour vos clients. Marne & Finance en complément de sa documentation propose de présenter les avantages et inconvénients de ses solutions selon ces termes :

 

PRODUIT ICBS (RENDEMENT PATRIMOINE 2) :

« En synthèse, le groupe Marne & Finance a une activité historique de foncière spécialisée dans l’acquisition et la location de locaux commerciaux depuis 1999. Son patrimoine est aujourd’hui valorisé à plus de 420 millions d’euros. Afin de saisir davantage d’opportunités, nous associons depuis 2010, des investisseurs extérieurs dans nos opérations via la solution ICBS.

Avantages du Fonds …

Diversifier son patrimoine en investissant auprès de la Foncière Marne & Finance spécialisée en immobilier commercial depuis plus de 15 ans sur l’une de ses opérations.

Organiser la liquidité par la signature d’un pacte d’associés entre l’investisseur et Marne & Finance en bénéficiant d’une flexibilité concernant des rachats partiels, programmés. 

Pouvoir percevoir l’équivalent des intérêts annuels dès le 15ème mois par rachat de titres

Obtenir une visibilité sur la performance de son placement : 6%/an (capitalisable sur 5 ans après les 3 premiers mois à 3%/an) quelle que soit l’opération

Ne payer aucun frais (pas de frais d’entrée, ni de gestion, ni de sortie)

 

Inconvénients du fonds

Risque de perte en capital

Risque de liquidité

Risque lié à l’effet de levier

Horizon d’investissement moyen/long terme »

 

PRODUIT BCBB RENDEMENT 2 :

« Bio c’ Bon, créée en 2008 par les fondateurs de Marne & Finance, est une chaine de distribution de produits biologiques qui compte désormais plus de 100 points de vente en France et plusieurs autres à l’étranger. La solution BCBB a été mise en place afin d’associer des investisseurs dans le développement de  Bio c’ Bon sur le marché porteur du bio qui commence à s’organiser

Avantages du Fonds :

Investir sur un marché porteur en forte croissance : le Bio

Accompagner le développement d’une chaîne de distribution qui a déjà fait ses preuves : BIO C’ BON

Participer à une aventure française en France.

Bénéficier d’un rendement annuel contractuellement fixé de 6% pendant 5 ans avec un bonus pouvant le porter à 8,5%

Pouvoir percevoir l’équivalent des intérêts annuels dès la fin de la 1ère année par rachat de titres

Disposer d’une liquidité contractuellement encadrée dès la 3ème année si nécessaire

Ne payer aucun frais (pas de frais d’entrée, ni de gestion, ni de sortie)

 

Inconvénients du fonds :

Risque de liquidité

Risque de perte en capital

Risque lié à l’effet de levier »

 

PRODUIT BIO ITALIA ISF/IR XVII :

« Cette solution a été mise en place en vue d’accompagner le développement de Bio c’Bon Italia, chaîne de supermarchés de proximité italienne créée en 2013 par des professionnels de la distribution spécialisée dans le Nord de l’Italie   

Avantages du Fonds :

 

Investissement au sein d’un sous-jacent ayant déjà fait ses preuves : parc de 13 magasins ouverts  à fin juin 2017 atteint en 3 ans sur le modèle de son homologue français

 

Sur un marché porteur :

  • 1er pays européen en nombre d’agriculteurs et producteurs bio
  • 2ème surface bio cultivée en Europe

     

Aucun frais d’entrée

Réduction fiscale à hauteur de 50% pour l’ISF et 18 % pour l’R applicable sur 100 % des sommes versées

      Exonération d’ISF des titres souscrits les années suivantes

 

Inconvénients du fonds :

 

Risque de liquidité

Risque de perte en capital »

 

 

Voici le courrier de l’AMF pour les présidents de syndicat de CGP (Nous y retrouvons les principales craintes du conseil du groupement de CGP présenté ci avant) :




32 Comments

  1. Merci Guillaume,

    Encore une fois, me voici…..rassuré !
    J’avais étudié les principes et décidé de ne pas le valider pour nos clients.

    Je me demandais si j’étais le seul à trouver cette approche pas très orthodoxe par rapport à la législation.

    Ouf !

  2. Cédric says:

    C’est gentil de la part de l’AMF de se soucier des CIF, mais qu’attend-elle pour agir à l’encontre du groupe Marne et Finance ?

    C’est pas comme si en plus elle mettait le doigt sur le fait qu’ils semblent généreusement s’asseoir sur la réglementation applicable aux FIA ainsi qu’à l’OPTF, outre le fait que Marne et Finance n’est probablement pas non plus allé au bout de sa démarche en formalisant le fait que les caractéristiques de son offre ne rendait pas nécessaire l’établissement d’un prospectus préalablement visé par l’AMF, violant au passage encore une autre obligation…

    • +1 Je suis tout à fait d’accord votre commentaire !

      • Cédric says:

        C’est quand fascinant de voir, d’un côté, le niveau d’exigence et le souci du détail dont l’AMF peut faire preuve en vue de la délivrance de son visa quand on est côté émetteur (que je ne critique pas, bien au contraire, même si je le juge parfois excessif en ce qu’il peut nous amener à un niveau d’analyse pas toujours pertinent et qui, à mon sens, fait perdre de vue l’essentiel), et de l’autre sa faculté à ne pas se saisir de ce qui relève pourtant de ses attributions.

        Et encore plus marrant si vous en avez l’occasion un jour : saisissez donc l’AMF pour lui demander de reconnaître que votre projet ne relève pas de son champ de compétences (schizophrénie totale : « on est valablement saisis mais en fait pas tant que ça non plus parce que ni le porteur du projet ni la société projetée ne sont soumis à notre règlementation donc on n’a pas compétence à répondre, mais potentiellement un peu quand même parce qu’on doit justement vérifier si c’est pas le cas avant de leur dire que, effectivement, ce n’est pas le cas, mais du coup on se retrouve à confirmer la non-applicabilité de notions qui, dans le cas soumis, n’ont pas à s’appliquer donc on ne devrait pas se prononcer du tout dessus… »).

        La morale à retenir de ces exemples et du cas du groupe Marne et Finance (et d’autres…) serait-elle que, pour ne pas avoir de difficulté avec l’AMF, il suffirait de ne pas frapper à sa porte ? C’est malheureusement le message véhiculé selon moi, d’autant plus si derrière il y a les CIF pour endosser la responsabilité !

  3. M’étant penché sur M et F depuis 2010, et ayant parcouru les magasins dans la zone parisienne, regardé les produits et surtout…. conversé avec les salariés, j’en étais arrivé à la prosaïque conclusion, qu’il s’agissait d’un surf sur un courant porteur, le bio, avec des produits d’une traçabilité pas toujours optimale, et welfare salarial peu satisfaisant.

    Bref, le contenu ne m’ayant pas convaincu, le contenant, même bien situé, ne pouvait valoir ce que la société mère annonçait.

    Abstention donc (moins catégorique que Maranatha ou Aristo ou Fairvesta)

    • OUi, j’ai fait le même travail d’analyse. Dès 2010/2011 j’ai été démarcher par cette société pour commercialiser leur produit. Et dès 2010/2011, à la simple référence à l’idée d’un rendement garanti par une promesse de rachat, j’ai décliné l’offre. Ensuite, j’ai visité plusieurs bio c bon dont celui de Niort… Mon impression totalement subjective est alors identique à la votre : ça sens le bio business !

      Depuis, je suis avec attention le développement de cette société. Récemment, lorsque UFC que choisir trouve davantage de pesticides dans les carottes bio de Bio C Bon que dans les carottes de l’agri traditionnelle, je me suis inquiété : Peut être le grain de sable qui peut faire dérailler ce modèle fragile. (http://www.lefigaro.fr/conso/2017/10/13/20010-20171013ARTFIG00236-la-chaine-bio-c-bon-mise-en-cause-pour-des-pesticides-dans-ses-carottes-bio.php )

      En effet, avec ces modèles économiques… tant que tout va bien … le placement apparaît comme très bon, jusqu’au jour ou la machine déraille et entraîne l’effondrement du château( de carte.

      A suivre…

  4. MAUMONT Pierre says:

    Ceux qui suivent Marne et Finance savent depuis plusieurs années que l’AMF leur explique « gentiment  » que compte tenu de l’ampleur de la distribution de leurs produits, surtout à des investisseurs non professionnels (c’est à dire à des épargnants lambda) qu’ils ressemblent beaucoup à un FIA et qu’il faudrait en tirer les conséquences.
    Cette fois, l’AMF appuie plus fort!

    On comprend que Met F se fasse tirer l’oreille pour devenir FIA. Cela générerait des coûts non productifs, notamment les frais de la société de gestion et du dépositaire. Selon toute vraisemblance ces frais viendraient réduire la rémunération des investisseurs, et donc l’attractivité des produits.

    Le cadre du FIA ne changerait d’ailleurs pas le modèle économique des sociétés de M et F ni par conséquent le niveau de risques fondamentaux encourus par les par les épargnants/investisseurs.
    A ce sujet la documentation à destination du public présente, schémas à l’appui, le mécanisme de la garantie, elle parle de « risque maîtrisé » et précise que cela ne veut pas dire « sans risque ».

    Au delà de cette présentation il appartient aux CIF qui conseillent les solutions de M et F de faire preuve de la loyauté exigée à juste titre par l’AMF . Pour cela il faut analyser avec le client le fonctionnement de la garantie de remboursement et ses limites.
    Car, même si cela étonne Guillaume (pourtant CIF lui même) dans la vraie vie les CIF ne sont pas consubstantiellement malhonnêtes et les clients ne sont pas tous des crétins.

    Au reste la question de la volonté du CIF d’analyser les produits qu’il sélectionne pour ses clients, et de leurs en présenter le plus objectivement les avantages et inconvénients, se pose pour tous les types d’actifs qu’ils présentent, même pour les moins exotiques, tels que les fonds Euro, ou Euro croissance. C’est d’ailleurs la principale raison de l’existence des CIF.

    En guise de conclusion, je précise que je n’ai pas d’autre liens ni intérêts, avec M et F que ceux des contrats de distribution entre ma structure CIF et leurs sociétés.

  5. Je pense que les sources de cet article ne sont pas assez renseignées. Désolé Guillaume, mais je pense que vous n’avez pas fait le travail jusqu’au bout sur cet article, et ça vous ressemble pas. Ca m’étonne. Quand vous commencez avec « BIO C BON fait partie de ces produits miracles qui promettent des rendements garanti entouré d’un déséquilibre sur la communication des risques réels. BIOC BON c’est l’un de ces produits qui laissent croire à l’épargnant qu’il est possible d’obtenir un rendement élevé sans risque « , il convient d’étayer ces propos au risque qu’ils soient diffamatoires. Je ne parle même pas du mélange des genres avec Aristophil et Maranatha, c’est désespérant d’amateurisme dans l’analyse de ce dossier. Ca en devient inquiétant. Où est donc passé votre esprit critique habituel ? J’ai pris connaissance des courriers de l’AMF mais ne faudrait-il pas attendre le droit de réponse de M&F pour laisse chacun statuer ? Et pourquoi ne publiez-vous pas les échanges de M&F avec l’ANACOFI en 2017 car ils sont très instructifs et permettraient à chacun de se faire une idée sur le dossier, plutôt que d’arriver à des conclusions un peu hâtives ? D’ailleurs j’ai apprécié le sang froid de cette association pour sa non partialité. Elle s’est faîte le relais de ses membres en questionnant M&F et en publiant les réponses sans plus commenter des interprétations qui sont en réalités complexes qu’il n’y paraît.

  6. le mecreant says:

    C’est pas pour me vanter, mais j’ai trouvé la perle rare.
    Il y a un petit moment j’avais questionné un CGPI que j’avais connu dans une banque auparavent, et qui donc était supposer savoir que j’ai des oursins dans les poches, et un radar anti-gobedouille .
    Adoncques le brave homme m’avait proposé de bon investissements, Maramatah et M&F qui l’un comme l’autre se retrouvent aujourd’hui dans le collimateur de l’AMF.
    J’ai donc fais choisi de faire d’autres mauvais placements en direct 🙂 au moins dans le pire des cas j’e pourrais en jouir moi même 🙂
    Mais ce qui me surprend, c’est que des gens qui se veulent professionnels et qui sont supposé avec l’expérience, être capable de sentir les montages fumeux et les fuir ne serais-ce que pour leur propre tranquilité d’esprit et la pérennité de leur business, commercialisent des produits qui ont toutes les chances de se terminer en arnaque, et a tout le moins par des clients en galère qui ne seront pas content (pour ceux qui pourrons s’en remettre)
    Je suis peut être naif, mais bon quand on est indépendant, il faut penser un peu plus loin que le bout de son nez, si on ne veut pas finir comme Madoff ou avec un costard en béton 🙂

    • MAUMONT Pierre says:

      J’avoue être curieux de connaître ces perles rares dont vous parlez! Pouvez vous nous révéler ce qu’elles sont (on le dira à personne, promis! 🙂

  7. Patrick LAURENT says:

    Vos propos sont clairement diffamatoires et en aucun cas argumentés. Les solutions du groupe Marne & Finance sont basées sur un sous jacent concret, l’immobilier commercial. Rien à voir avec Maranata, Aristophil et cie qui sont de véritables pyramides de Ponzi.
    Il s’agit d’une mise en garde sur la forme et non sur le fonds, et il est regrettable que vous ne l’ayez pas remarqué, probablement parce que vos allégations ne reposent sur aucune analyse sérieuse.

    • le mecreant says:

      Oui… enfin s’il y a un avertissement de l’AMF c’est qu’il y a matière a être prudent…

    • Mon analyse repose principalement sur la communication faites autour du rendement à 6% garanti par l’option de rachat.

      C’est un argument commercial de l’option de rachat est très fort … il est pourtant fragile dans les faits. Marne et finance aura t’elle les moyens de racheter les prix aux prix annoncé ?
      Les prospectus commerciaux mettent en avant la sécurité de l’investissement du fait de cette option d’achat … minorant ainsi les risques réels de l’investissement !

      C’est le propos de l’article, rien de plus, rien de moins. Et c’est également un des critique de l’AMF.

      • Les prospectus mettent avant la solidité du modèle sans omettre les risques, comme tout placement. Si cela n’avait pas été le cas, je peux vous dire que l’AMF, ainsi que les chambres pro les auraient épinglé il y a bien longtemps, car il s’agit d’une obligation réglementaire. L’AMF se prononce sur la forme de la commercialisation et non sur le modèle lui-même, ne confondons pas tout. Et je suis surpris de cette esprit de confusion de votre part, car c’est assez clair il me semble lorsqu’on lit les communiqués. M&F va devoir passer à l’avenir par une société de gestion ou un PSI pour être en règle, voilà tout. Il s’agit juste d’une tempête dans un verre d’eau en réalité et faisons attention à ne pas tomber dans les délires paranoïaques et amalgames aristophiliens. Et au fait, pourquoi ne questionnez-vous pas M&F directement, ce serait pas plus simple ?

        • Extrait de la lettre de l’AMF :

          « Enfin, les documents contractuels et commerciaux relatifs à ces offres remis aux clients et prospectus font référence à la sécurité du capital investi et sous-estiment les risques induits pour les produits en cause »

          • Voici le paragraphe « Sécurité  » du schéma de ICBS : – « Un sous-jacent performant et résistant : l’immobilier commercial. – Un retour sur investissement sécurisé et connu dès la souscription. » A ce paragraphe, est adjoint un renvoi à la note suivante en bas de page: « Sous réserve des risques exposés dans le présent document. » Et là l’investisseur est renvoyé à toute une liste de risques identifiés et expliqués dans un autre paragraphe, comme cela se fait habituellement pour ce type d’investissement. Je pense que l’AMF fait référence à cette communication (?) qui n’est pas assez explicite selon ses critères, ce que je peux entendre car les nouvelles normes en la matières sembles plus strictes. De là à dire que c’est mensonger, je ne le pense pas, mais chacun peut l’interpréter à sa manière après tout. Peut-être pas assez détaillé, c’est possible, mais ça reste subjectif. Peut-être est-il reproché à M&F de ne pas inscrire en gros et en rouge que l’investisseur peut perdre l’intégralité de son investissement. Mais à ce moment là il faut aussi le mettre dans les polices des contrats d’assurance-vie, mais c’est un autre sujet. Attendons les réponses apportées par M&F, ce sera édifiant je pense.

            • Cédric says:

              Cette note est-elle visée par l’AMF ? (Numéro de visa et date de délivrance en dernière page normalement)

              • Non, il n’y a pas de visa AMF sur les solutions de M&F, comme c’est le cas pour de nombreuses solutions d’investissement. Le visa AMF est la garantie, selon un code bien établi, que l’investisseur est bien informé, mais ne garantie aucunement la qualité de la solution. Pour info, les solutions Maranatha avaient un visa AMF…

                • Cédric says:

                  Effectivement l’AMF n’a aucun pouvoir d’appréciation des solutions d’investissement ou de placement portées à sa connaissance, mais on parle alors de deux choses différentes.

                  M&F pourrait annoncer un rendement cible de 10% et atteindre 20% en pratique, et au passage avoir la meilleure équipe de gestion d’actifs de France, ça n’enlèverait rien au fait que, si son modèle devait relever du champ de compétences de l’AMF et qu’elle s’en est sciemment soustraite, alors c’est une infraction, point.

                  Des règles ont été créées afin de protéger les investisseurs ; intercaler une société de gestion avec tous les agréments qui vont bien ce n’est pas que des coûts, c’est aussi la garantie (aussi mince soit-elle) de personnes à ayant un minimum d’expérience et de compétences à sa tête, soumis au respect de process stricts de prise de décision, sous le contrôle de l’AMF justement. Intercaler un dépositaire, ce n’est pas non plus que des coûts, c’est faire intervenir un tiers qui aura la main sur les dépôts de fonds et ne les maniera que dans le respect des règles en vigueur. Bref, toute cette réglementation a été prévue pour objectiviser la gestion des véhicules commercialisés, dans l’intérêt des investisseurs, notamment pour lutter contre les créateurs de véhicules qui, au motif qu’il ne s’agissait pas formellement d’OPCVM ou plus largement de fonds coordonnés, ne relevaient pas de ces mesures protectrices et pouvaient s’adonner à une gestion parfaitement discrétionnaire des fonds collectés (et c’est donc pour lutter contre ces loups solitaires qu’est née la notion de FIA par l’objet).

                  Après on peut épiloguer sur les compétences réelles des sociétés de gestion agréées (à tout le moins, sont-elles nécessairement plus compétentes qu’un chef d’entreprise lambda ?), mais en pratique elles sont trop attachées à leur agrément pour prendre des largesses qui risqueraient de leur faire perdre (parce que plus d’agrément = plus de gestion = plus d’activité) et font en sorte de pouvoir être en mesure de justifier de la pertinence des décisions prises et ne s’amusent pas à léser les investisseurs au profit de tiers. Le fonds de commerce d’une société de gestion, c’est son track record.

                  Donc si M&F a préféré conserver la gestion en direct de ses fonds sans recourir à une société de gestion agréée, ni se faire elle-même agréer société de gestion, pour moi ça traduit la possibilité selon laquelle l’intervention d’un tiers, objectif, l’aurait bridée dans ses décisions, et donc que toutes ne sont pas prises dans l’intérêt exclusif des investisseurs ; aussi, si elle ne s’est pas faite agréer société de gestion c’est soit qu’elle n’a pas les fonds propres suffisants, soit que ses dirigeants n’ont pas les critères d’honorabilité et de compétences requis, soit encore que les obligations notamment liées aux mesures de gestion des conflits d’intérêt et de reporting qui en résulteraient représentent un poids trop lourd pour elle, voire trop « contraignant » au vu de ses aspirations.

                  Tout ça pour dire que je ne m’attache pas plus que ça à la qualité du produit ou encore sa performance réelle, mais simplement au cadre légal et réglementaire auquel elle semble s’être soustraite, et que ça m’interroge, de la même façon que ça devrait vous interroger en tant que CIF.

                  Grosso modo, seules les sociétés opérationnelles n’ont pas besoin d’être gérées par une société de gestion (ou même de devoir satisfaire aux obligations des FIA auto-gérés le cas échéant) ; ça pourrait être le cas de leurs magasins dont l’activité est commerciale, mais sûrement pas de leur foncière et le fait de passer par une holding pourrit le tout à mon sens (quand bien même, pour eux, c’est l’inverse et l’activité de leurs magasins rend industrielle l’activité de leur groupe, allez comprendre…).

                  Quant à l’OPTF, esquivée au motif que les CIF reçoivent mandat de leurs clients avant que la solution ne leur soit présentée et que les investisseurs sont répartis par groupe de 150 max. au sein de diverses sociétés, c’est grossier. Encore une fois, et au-delà de la qualité même du produit, c’est non seulement une infraction, mais ça m’amène une nouvelle fois à m’interroger sur l’objectif poursuivi : pourquoi faire en sorte d’échapper à la qualification d’OPTF si ce n’est pour ne pas avoir à établir un prospectus en bonne et due forme, qui devra être soumis à l’AMF pour le coup, et la poussera d’ailleurs à s’interroger sur la qualification des sociétés du groupe au passage (FIA ou non ? devant être gérées par une société de gestion ou non ?) ?

                  Généralement en la matière, si y’a doute y’a pas doute. Trop d’éléments convergent vers une volonté délibérée de se soustraire à l’ensemble de ces règles protectrices pour ne pas m’interroger.

                  Outre le fait que, encore une fois, si M&F était vraiment allé au bout de son raisonnement alors elle aurait dû indiquer sur ses documents que les caractéristiques de son offre la dispensait de l’établissement d’un prospectus soumis au visa de l’AMF, mais peut-être aurais-ce trop mis l’accent sur le fait que, du coup, l’AMF n’ayant pas pris connaissance de leur contenu, alors on pourrait légitimement se questionner sur son caractère sincère et exhaustif.

                  A partir de là, et je finirai dessus, on peut discuter de la pertinence ou de la performance réelle de la solution proposée par M&F, de même que des attentes et usages de l’AMF en matière d’information des investisseurs, mais si les deux ne se sont jamais croisés alors fatalement on ne peut pas se servir de l’un pour légitimer l’autre (« c’est parce que M&F c’est bien que l’AMF laisse faire » / « parce que l’AMF laisse faire, alors M&F c’est forcément bien »).

                  Quant à leur réponse à l’ANACOFI, c’est quand même beaucoup de « nous considérons que », « selon nous », « de ce point de vue » etc., et je ne parle pas des raccourcis de raisonnement, qui font que ça relève à la lecture davantage d’un courrier d’esquive mal ficelé qu’une position réellement étayée et défendue (pour que chacun se fasse son avis : http://www.marne-finance.com/front/images/uploads/pdf/actualites/pdf_885403_reponse-marne-et-finance-anacofi-04-10-2017-pdf.pdf).

                  • J’entends bien ce que vous dites, mais en l’occurence l’AMF et M&F sont en relation depuis plus d’un an sur le sujet car ce n’est pas si simple. Sinon la question aurait été réglée depuis longtemps et les solutions de M&F interdites de distribution. Or ce n’est pas le cas. M&F (et leurs avocats) ne partage pas, au plan juridique, l’analyse de l’AMF sur les FIA et l’Offre au Public, pour les raisons exposées à l’ANACOFI en date du 14/02/2017 et 04/10/2017. Je trouve très intéressants ces échanges entre M&F/l’AMF/ANACOFI, qui devraient pousser l’AMF à se positionner clairement sur un sujet qui reste encore très flou à ce jour. L’exercice est délicat et complexe, certes, mais se montre très édifiant pour les CIF et leurs partenaires qui sont confrontés régulièrement à cette question, et le seront davantage avec la gouvernance produit. Suis très curieux de la suite.

                    • Cédric says:

                      « l’AMF et M&F sont en relation depuis plus d’un an sur le sujet car ce n’est pas si simple » : il est donc notoire que personne n’est à l’aise avec cette situation.

                      « M&F (et leurs avocats) ne partage pas, au plan juridique, l’analyse de l’AMF sur les FIA et l’Offre au Public » : sauf que c’est quand même l’AMF le gendarme dans cette histoire, donc son analyse prévaut de fait.

                      « L’exercice est délicat et complexe, certes, mais se montre très édifiant pour les CIF et leurs partenaires qui sont confrontés régulièrement à cette question » : au bout du compte il y a quand même les produits estampillés AMF (quand bien même elle ne fait que valider la forme et non le produit lui-même) et les autres, donc au moins sur cet aspect c’est binaire.

                      Encore une fois je ne préjuge en rien de la qualite effective de la solution proposée par M&F, mais reste simplement dubitatif sur la façon dont celui-ci est diffusé. Et le courrier de l’AMF qui va jusqu’à évoquer les risques pénaux inhérents à ces modalités de diffusion ne présage pour moi rien de bon sur la façon dont elle va trancher la question.

      • Patrick LAURENT says:

        Voici un extrait du bulletin de souscription que je me suis procuré : « Cet investissement est soumis à des risques, notamment de liquidité, de perte en capital et un risque lié à l’effet de levier. »
        Il suffit de savoir lire. Au delà d’un rendement de 2 ou 3 %, il est évident qu’un investisseur s’expose à des risques, n’importe quel gogo le sait…

  8. Evidemment, comme d’habitude, on hurle à la « diffamation. » (sans comprendre correctement la notion juridique exacte du terme)…….. comme les autres tout le long du blog, pendant des années

    « rendement garanti avec option de rachat » doit immédiatement faire dresser l’oreille et interroger les fameuses garanties, bref, la due diligence…..

    on trouve cela sur l’immobilier thaï…….

    Les anglo-saxons sont plus avancés en la matière, puisque plus exposés de longue date, et on proposé un vademecum pour débusquer de telles opérations, pas toujours frauduleuses a priori, mais dont certains éléments peuvent en cours de route mal tourner , par faiblesse intrinsèque des promesses.

  9. Bonsoir,
    Je trouve l’objet proche de Fairvesta également…
    Cordialement

  10. tout est dit says:

    bonjour,
    ne confondons pas tout
    Aider les entreprises pour le developpement de leur activitée commerciale alliant commerce et activitée marchande n’est ce pas l’objectif que l’état veut insuffler aux investisseurs privés

    l’objectif est louable , dans tout developpement il y a un bilan oppérationnel à valider
    M et F présente t’il son business plan pour rassurer son investisseur privé ? car si le bio dégage des marges sympas pourquoi ne pas etre capable d’aller sur des hypothéses de rendement élevés.. je suis d’accord qu’il faut sans doute mettre des gardes fous mais si nous raisonnons comme des bisounours… restons sur le livret A…. ce sera beaucoup mieux pour l’économie francaise et pour votre banquer….humour

    Ceci démontre une fois de plus que nous nous interressons avant tout au déroulé administratif ( il faut faire travailler des éminences grises qui crée du rapport ) avant de valider la qualité du projet commercial. obtenir un label , ne veut rien dire….

    promenez vous en france et regardez l’implantation de bio c bon , vous comprendrez que l’idée fonctionne bien

    • le mecreant says:

      Le bio est une vaste tarte a la crème dont on nous tartine a longueur de média. Le problème c’est que c’est une niche infinitésimale environ 5% de la consommation donc RIEN ! Les volumes commercialisés sont totalement ridicules au regard de la consommation globale. En revanche, les GMS s’y intéressent vraiment beaucoup pour faire venir le chaland, et leur objstif est de casser les prix c’est a dire le bio au prix du conventionnel, et vous savez quoi ? C’est ce qui se passe. Donc si aujourd’hui les magasins bio « margent » encore bien, il ne faut pas réver, ca ne va pas durer. On sait tous que le poste bouffe est le premier poste d’ajustement des ménages. Vus ne me croyez pas ? demandez vous pourquoi le gouvernement qui avait prévu 25% des terres en bio en 2020 a l’espoir affiché d’atteindre 8% en 2025 (on en est a 6.5 % ) et on sais déjà qu’on y arrivera pas, d’autant que toutes les « aides a la bio » sont supprimées, et pas encore payée pour celle de 2016… Alors oui, des acteurs comme bio-coop, ont des chances de tenir le coup… mais avec quelle rentabilité a long terme ? Comment je sais tout ça, ? ça fait 15 ans que je suis exploitant en bio, je connais donc assez bien le sujet et le dessous des cartes. Oui la bio a un avenir, mais un avenir de niche, comme bien d’autres, Bon C Bio ferat’il partie de ceux qui restent ? Je ne suis pas voyant, en revanche ce n’est pas un investissement « sur », le risque, sinon de perte, tout au moins de non rentabilité est réel. Quand a garantir le rachat a terme, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Apres chacun fait ce qu’il veut de son argent… mais pas de celui des autres.

  11. « promenez vous en france et regardez l’implantation de bio c bon , vous comprendrez que l’idée fonctionne bien »
    => c’est le bio qui fonctionne bien, donc on assiste à l’émergence de problèmes de traçabilité et autres (cf mon post plus haut) qui ne valident aucunement de facto, leur modèle.

    Surfer sur une tendance porteuse, c’est bien, la consolider durablement avec une vraie éthique c’est tout autre; à ce compte Biocoop aussi « marche  » bien…..

  12. MAUMONT Pierre says:

    Certains commentaires révèlent en réalité une défiance profonde envers les PME. En creux il y a l’idée qu’Investir dans une PME serait une incongruité. « la preuve »: Faivesta, Aristophyl. S’il apparaît que l’entreprise fonctionne bien, il y a forcément un lézard quelque part, ou alors elle fait du business sur une tendance, ce qui serait on le devine condamnable et fragile.
    Ce prisme peut étonner de la part de CIF donc de CGP, profession qui se réclame du monde de l’entreprenariat. Dans l’univers des entreprises normales, faire du business sur une tendance cela s’appelle exploiter un marché; n’est ce pas là même le coeur du métier et la raison d’être des entrepreneurs?
    Il est vrai que beaucoup de CGP sont avant tout des courtiers en assurance vie, dont le modèle économique est essentiellement la rémunération PASSIVE sur l’encours de leurs portefeuilles, rémunération payées in éternam par leurs clients, auxquels ils ont prescrit en tant que placement, de l’assurance vie, de préférence, par exemple, au private équity (Ah que les choses sont bien faites! 🙂
    On comprend donc mieux qu’ils n’aient pas toujours le réflexe de corréler les concepts d’entreprise et de tendance de consommation; ils n’avaient pas trop à s’en soucier jusqu’à cette année.
    La remise en cause de la rémunération sur encours contre partie de rien du tout, annonce la fin de cette sinécure. Ces CGP là, dans un avenir sans doute proche devront passer d’un modèle économique de rente à un modèle entrepreneurial « ordinaire ».
    On peut imaginer qu’ils découvriront soudain les vertus du private équity pour leurs clients; et n’auront pas l’impression en cherchant un marché à exploiter, pour remplacer la manne alors disparue de leur chiffre d’affaire récurrent, de surfer immoralement sur une tendance.

  13. Patrick LAURENT says:

    On en revient à un comportement typiquement français : aversion au risque, défiance envers tout ce qui est différent, nous n’avons plus qu’à mettre nos sous sur le livret à comme des moutons que nous sommes.
    Du coup, beaucoup de gens mettent tous les investissements alternatifs dans la case arnaque, comme ici ceux qui comparent Aristophil et M&F. Ce n’est pas parce qu’un investissement présente un risque que celui ci est forcément une « arnaque ». Que l’AMF surveille le secteur financier et mette fin aux pratiques douteuses, oui, qu’elle materne les investisseurs comme des bébés, non !

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