Un article rédigé par Geoffroy ROQUES, courtier en assurance emprunteur, spécialisé dans la gestion des risques aggravés de santé et autres situations complexes liées à l’importance des capitaux à assurer ou l’âge de l’emprunteur

S’assurer après une dépression ou un burn-out dans l’objectif d’obtenir son prêt immobilier reste une chose complexe pour quiconque n’a pas l’expérience du sujet.

Nous avons décidé aujourd’hui de nous attaquer à ce vaste sujet tant le nombre d’emprunteurs concerné est important.

J’écris cet article en qualité de courtier en assurance emprunteur spécialisé dans ce que l’on appelle les risques aggravés de santé. Les grands principes sont repris dans cet article « Courtier assurance emprunteur spécialisé en risque aggravé de santé et convention aeras« 

Comme toujours nous aborderons la pratique, la théorie n’apportant que peu d’intérêt.

L’idée sera donc de vous montrer où se situe la réelle difficulté et bien entendu de vous indiquer comment la surmonter.

L’autre élément que nous aborderons est l’anticipation qu’il convient d’avoir sur votre dossier de crédit si vous souhaitez malgré votre antécédent de dépression ou de burn-out obtenir un accord de financement.

Reprenons les bases afin de comprendre ou se situe la difficulté car il convient d’être précis.

La majorité des emprunteurs ne se voient pas opposer des refus d’assurance emprunteur mais bien des refus de garanties faisant partie de l’assurance emprunteur.

Pour obtenir un crédit immobilier pour votre résidence principale la banque va vous demander de lui fournir une garantie d’assurance emprunteur couvrant les risques décès, invalidité totale et arrêt de travail.

On parle donc communément d’une ADI (assurance décès invalidité) couvrant le décès, la PTIA IPT et l’ITT (cf. « Les garanties décès, PTIA, IPT, ITT, IPP de votre assurance prêt immobilier : définitions et explications« )

Voici ce que l’on retrouve sur le site internet des banques ou sur la fiche d’information assurance qui vous est remise lors du premier entretien avec une banque pour élaborer un projet de crédit.

Comme vous le voyez et que ce soit pour la BNP ou le Crédit Agricole que nous avons pris comme exemple, les banques notent toutes « Liste des critères exigés, à respecter pour l’OCTROI d’un prêt immobilier »

Chaque mot ayant un sens vous remarquerez que la banque parle bien ce que qu’il faut fournir pour l’OCTROI de l’emprunt. Ainsi, et très basiquement si vous ne fournissez pas ces garanties à la banque, celle-ci sera en droit de vous refuser l’emprunt.

C’est au final un constat très simple, mais c’est principalement sur ce point que les emprunteurs étant passés par une dépression ou un burn-out se heurtent avec comme finalité le refus d’emprunt.

Mais, bien entendu il existe d’autre problématique qui peuvent survenir et il faut bien avoir conscience que toute se cumule. C’est ainsi que pour certains emprunteurs on en vient à évoquer un véritable parcours du combattant.

Absence de couverture sur les affections psychique pour votre garantie IPT et ITT (invalidité et arrêt de travail) refus complet des ces mêmes garanties, dépassement de taux d’usure…. Tout peut y passer.

Et ces difficultés ne sont que techniques, vous pouvez aussi vous retrouver face à des difficultés commerciales. En effet n’oublions pas que le banquier ou le courtier en crédit si vous êtes passé par cet intermédiaire reste des commerçants. Au-delà de ces problématiques techniques ils auront à cœur de vous avoir comme client peu importe l’opération financière finale que vous ferez.

Étant donné que votre banque vous demande une assurance emprunteur, elle aura bien entendu un produit à vous présenter. Sera-t-il adapté à votre antécédent de dépression ou de burn-out ? Rien n’est moins sûr, mais pour ce commerçant qu’est le banquier, ce n’est pas le problème. Le sien c’est de gagner de l’argent sur cette assurance comme le lui demande sa direction quitte à mettre en péril votre accord d’emprunt.

Pour ce qui est du courtier en prêt immobilier, il ne gagnera rien si vous prenez l’assurance emprunteur de la banque du moins pas directement, mais contrairement à ce que vous pourriez penser, il ne travaille pas uniquement dans votre intérêt. Il doit par la même occasion contenter la banque qui lui a présenté un taux de prêt bas en lui demandant des contreparties. Dans ces contres parties il y a bien évidemment la domiciliation de revenus mais également le fait que vous preniez l’assurance emprunteur de la banque.

Vous remarquerez que ce process qui n’est autre qu’une démarche commerciale standard ne prend absolument pas en compte la spécificité de votre dossier médical et l’antécédent de dépression ou de burn-out qu’il contient.

Nous sommes là sur un acte de vente classique, c’est-à-dire du prix et de la marge. Nous allons voir que les choses vont se corser quand le manque d’anticipation de votre déclaratif de santé va produire ses effets.

Les contrats d’assurance bancaire ne sont d’ordre général pas adapté à des déclaratifs de santé plus risqués que la moyenne. La proportion de refus à minima sur des garanties ITT et IPT y est élevée.

Ainsi, et encore de manière très basique, vous augmentez vos chances de vous voir opposer un refus de prêt si vous avez sélectionné l’assurance emprunteur de la banque puisque celle-ci vous opposera plus régulièrement un refus partiel d’assurance emprunteur (acceptation uniquement sur les garanties décès PTIA avec refus des garanties ITT)

Rappelons la base : PAS d’ITT = PAS D’ACCORD DE PRET

Antécédent de dépression ou pas vous avez dans tous les cas intérêt à sélectionner une délégation d’assurance (cf. « Délégation d’assurance de prêt immobilier, définition et intérêt pour l’emprunteur.« )

Au vu de la faiblesse des taux de prêt actuel l’assurance emprunteur reste le point essentiel de la négociation bancaire (cf. « Négocier la délégation d’assurance de prêt plutôt que le taux du crédit immobilier doit être votre priorité« )

Avec une dépression ou un burn-out noté dans votre questionnaire santé ces conseils sont donc doublement valables.

L’autre point qui est valable, c’est ou c’était l’anticipation, car si vous avez suivi le process de VENTE DE TAUX qui vous a été présenté par votre banquier (méthode que nous dénigrons régulièrement ici puisque c’est un taux que l’on achète et c’est un TAEG REEL que l’on paye) vous constaterez la difficulté sur le dossier d’assurance emprunteur au dernier moment.

Dans un process de VENTE DE TAUX on vend du prix. Hors sur votre dossier de prêt et notamment sur l’assurance emprunteur on est sur une problématique technique

La garantie (assurance emprunteur) dans votre dossier de prêt immobilier, c’est la dernière case à cocher pour le banquier. Hors tant que toutes les cases ne sont pas cochées vous n’aurez pas votre prêt immobilier. En mettant la partie assurance à la fin et en découvrant l’éventuel refus au dernier moment le stress monte, mais surtout le temps pour trouver une solution annexe est fortement réduit.

Ce manque d’anticipation qui est une évidence pour un professionnel expérimenté sur le domaine de l’assurance emprunteur, ne l’est que dans très peu de cas pour une majorité de professionnels focalisés sur la vente de taux.

Le résultat est exactement le même que si vous deviez déménager et que le dernier point à régler est la réservation du camion. Je vous laisse imaginer le résultat.

D’expérience et ayant traité mainte fois le sujet, c’est le type de dépression ou de burn-out qu’il convient d’étudier en amont. En effet suivant le degré d’importance de celui-ci ou de celle-ci il faut même anticiper jusqu’au choix de la banque.

Pour un antécédent de dépression ou de burn-out léger, vous aurez accès à l’ensemble du marché bancaire avec tout de même quelques spécificités qu’il convient de connaître si l’on ne souhaite pas là aussi se retrouver coincé au dernier moment.

Pour un antécédent de dépression ou de burn-out plus lourd, cela peut et doit conditionner le choix de la banque

Ainsi, pour ce dernier cas inutile de foncer dans la banque ou chez le courtier en prêt qui vous présente le meilleur TAUX d’emprunt, car vous allez passer un mois et demi à monter un dossier de crédit pour au dernier moment vous apercevoir que votre demande d’emprunt a de fortes chances d’être refusée.

Un taux fictif c’est bien mais un accord de prêt c’est mieux.

Alors, rentrons un peu dans votre passif médical et voyons ensemble quels vont être les impacts sur la décision de l’assureur

1er cas : Vous avez un antécédent de dépression ou de burn-out « léger »

Cela signifie que vous avez pu avoir un arrêt de travail de 2 ou 3 mois ou moins suite à un événement personnel ou professionnel. Pour le côté personnel, c’est ce que l’on appelle de la dépression réactionnelle. Pour le côté professionnel, on a tendance à parler de burn-out puisqu’il s’agit d’un syndrome d’épuisement professionnel.

Suivant la grille d’acceptation médicale la réponse de la compagnie pourra être la suivante :

Accord des garanties décès PTIA IPT ITT voire IPP sans surprime

Cela signifie que vous serez couvert y compris si votre arrêt de travail est en lien avec une dépression. C’est assez rare comme réponse puisque les assureurs considèrent cette maladie comme non objectivable.

En d’autres mots il est parfois compliqué pour un assureur d’évaluer s’il s’agit d’un arrêt lié à un trouble dépressif ou à une fragilité personnelle ou bien encore dans certains cas à ce que l’on appelle un arrêt de complaisance lié dans nombre de cas à un contexte professionnel difficile. Aussi puisque l’assureur se base sur des statistiques et que les cas que nous venons d’évoquer sont difficilement quantifiables, il bottera la plupart du temps en touche avec une exclusion.

Cette décision est donc prise uniquement si votre épisode dépressif est très ancien et ne rentre en conséquence pas dans le déclaratif de santé que vous allez compléter.

Attention à bien regarder la formulation des questions afin de ne pas tomber dans une fausse déclaration aux conséquences désastreuses (Cf. « Assurance de prêt : Les conséquences d’une fausse déclaration sur le questionnaire santé. »)

Puisque nombre d’emprunteurs me posent la question concernant le questionnaire de santé, un arrêt de travail de « complaisance » doit être déclaré. En effet, ce n’est pas parce que votre arrêt de travail était lié à un contexte professionnel difficile qu’il n’est pas à déclarer. Ce n’est pas parce que selon vos dires « il n’y avait rien » et que vous n’étiez pas malade que l’arrêt n’est pas à déclarer. Un arrêt de travail est médicalement prescrit et doit donc être noté dans le questionnaire de santé puisqu’il fait partie de votre dossier médical.

C’est à l’assureur qui jugera de sa gravité ou pas et qui prendra sa décision. Ce n’est pas à l’emprunteur d’auto-évaluer de la gravité des choses. S’il le fait il prend le risque de rentrer dans un cadre d’une fausse déclaration.

Il en est de même pour les traitements médicamenteux. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas pris les antis dépresseurs qui auraient pu vous être prescrits que vous n’avez pas à le déclarer.

Sur un questionnaire de santé on vous demande : « Au cours des 10 dernières années, vous a-t-on déjà prescrit un traitement médical de plus de 21 jours? »

Accord des garanties décès PTIA avec une surprime et accord IPT ITT avec une exclusion des suites et conséquence des affections psychiques

Vous serez couvert de manière classique en cas de décès, mais si vous avez un arrêt de travail ou une invalidité liée à un trouble psychique tel qu’il soit (syndrome d’anxiété, état dépressif, troubles liés au stress, troubles de l’adaptation,….) vous ne serez pas indemnisé.

S’ajoutera à cela un refus de l’option MNO (maladie non objectivable) dans bon nombre de cas.

Cette réponse est la plus courante lorsqu’il y a eu des arrêts de durée courte ou moyenne et un traitement limité dans le temps.

Accord des garanties décès PTIA avec une surprime et accord IPT ITT avec une exclusion de l’ensemble des maladies

Ici vous serez couvert de manière classique en cas de décès, mais si vous avez un arrêt de travail ou une invalidité liée à une maladie vous ne serez pas indemnisé. On parle bien ici de toutes les maladies. Ainsi, si vous êtes atteint d’une affection cancéreuse par exemple, vous ne serez pas indemnisé non plus. Seul le cas d’un accident peut être couvert. C’est le danger de cette proposition qui fait une exclusion au sens large.

Dans le même principe que le cas précédent l’option MNO (appelé également confort ou sérénité suivant les compagnies d’assurances) vous sera refusé.

Dans ces trois cas vous pourrez emprunter puisque vous pourrez fournir les garanties ITT demandé par votre banque. Néanmoins si vous n’avez pas anticipé CREDIT AGRICOLE, BANQUE POSTALE, CAISSE D’EPARGNE, BANQUE POPULAIRE, BNP, HELLO BANK, SOCIETE GENERALE (si prêt BFM), CIC, CREDIT MUTUEL, CASDEN, FORTUNEO refuseront votre demande de délégation d’assurance dans 9 cas sur 10.

Toutes ces banques au-delà de leurs exigences d’avoir un contrat avec les garanties ITT ont comme exigence complémentaire une couverture sans restriction sur les affections dorsales et psychiques (cf. « Assurance de prêt et définition de la couverture « psy et dos » (affections disco-vertébrales et du psychisme)

Pour un courtier assurance spécialisé en risque aggravé de santé ce point peut être réglé rapidement si vous êtes coincé avec une de ces banques

Néanmoins si la solution d’assurance ne vous convient pas vous risquez d’être contraint de reprendre votre dossier de prêt à zéro dans une autre banque.

Nous sommes là sur un problème qui de ma propre expérience est mineur, car facilement résoluble mais oui le manque d’anticipation amène ce type de situation malheureusement fréquent. Avec de l’anticipation cela permet d’avoir la donne en amont sur la partie assurance et ainsi ouvrir ou fermer les possibilités de choix bancaire suivant votre souhait et les contraintes à prendre en compte (financière pour le choix de l’organisme prêteur et assurantiel suivant votre souhait de couverture)

2ème cas : Vous avez un antécédent de dépression ou de burn-out « plus lourd »

Cela signifie cette fois que vos épisodes de dépression ou de burn-out sont soit récurrent soit qu’il a existé un épisode qui a duré beaucoup plus de temps.

Ainsi, un emprunteur qui sera tombé en dépression plusieurs mois ou années ou qui a subi un burn-out ayant laissé des séquelles sera vu d’un autre œil par le service médical des compagnies d’assurance.

Il arrive même parfois lorsque la dépression ou les troubles sont devenus récurrents qu’il y ait eu un classement en invalidité de catégorie 1 voire même 2.

Il vous sera généralement remis suite à votre déclaratif de santé un questionnaire spécifique sur les troubles du psychisme. C’est un terme générique qui va regrouper les différents troubles que vous avez pu avoir ou avez toujours.

On demandera à votre médecin d’indiquer :

  • les troubles éventuels (anxiété, alimentation, mentaux,…)
  • si votre épisode dépressif a été unique ou si il s’est reproduit à diverses reprises
  • si il y a eu tentative de suicide
  • si il y a ou a eu consommation d’alcool ou de drogues
  • les traitements prescrits
  • les durées des arrêts de travail ou présence d’une invalidité

C’est un questionnaire au sens large, tout ne vous concernera pas forcément. Néanmoins cela donnera tous les paramètres nécessaires pour que l’assureur puisse statuer votre dossier.

Suite à cela les décisions de l’assureur seront forcément un peu plus « corsées » que dans le cas de trouble léger. Elles seront les suivantes :

Accord des garanties décès PTIA avec une surprime et accord IPT ITT avec une exclusion des suites et conséquence des affections psychiques

Vous serez couvert de manière classique en cas de décès, mais si vous avez un arrêt de travail ou une invalidité liée à un trouble psychique tel qu’il soit (syndrome d’anxiété, état dépressif, troubles liés au stress, troubles de l’adaptation,….) vous ne serez pas indemnisé.

S’ajoutera à cela un refus de l’option MNO (maladie non objectivable)

C’est concrètement ce que vous pouvez obtenir de mieux comme réponse

Pour cela, il faudra que vos épisodes dépressifs soit assez ancien et qu’il n’y ait pas eu de rechute récente.

La surprime sera un peu plus élevée que sur les cas de trouble légers.  

Accord des garanties décès PTIA avec une surprime et accord IPT ITT avec une exclusion de l’ensemble des maladies

Nous avons vu précédemment l’incidence de ce type de réponse

L’option MNO sera bien entendue ici aussi refusée.

Accord des garanties décès PTIA avec une surprime et refus des garanties ITT      

Si les épisodes dépressifs sont considérés comme trop récents par l’assureur au vu de leur durée, que les troubles ont un impact fort sur votre activité professionnelle ou bien encore si vous êtes actuellement en arrêt de travail pour ce motif (même pour dépression légère et épisodique) c’est la décision qui le plus grand nombre de chances de vous être donnée.

Refus de l’intégralité des garanties d’assurances  

 Ici aucune possibilité d’assurance ne vous sera offerte

Ce peut être notamment le cas lorsqu’il y a cumul avec des pathologies psychiques lourdes ou qu’il y a eu tentative de suicide lors de votre épisode dépressif.

Dans les cas C, rappelons la base vu en début d’article : PAS D’ITT = PAS DE PRET bien qu’il existe parfois des solutions. Dans ce cas il faudra une grosse anticipation sur l’aspect bancaire et ceci ne peut arriver que lorsque votre interlocuteur bancaire est réellement spécialisé dans les cas disons plus complexe que la moyenne.

Vous pourriez vous dire que le courtier en prêt immobilier peut être la solution à votre problème, mais il n’en est généralement rien.

Ce métier qui est en pratique un statut est un peu similaire au principe de l’avocat.

Lorsque vous avec une problématique de propriété intellectuelle sur un brevet par exemple je ne pense pas qu’un avocat en droit de la famille soit le professionnel le plus à même de vous aider. C’est un spécialiste du droit en propriété intellectuelle dont vous avez besoin. Les simples connaissances juridiques générales ne suffisent pas.

Sur un prêt immobilier c’est exactement la même chose. Si le courtier n’a pas la connaissance sur les critères d’acceptation bancaire lorsqu’il y a un risque aggravé de santé, il ne vous sera d’aucune utilité, voire même il vous compliquera la tache notamment lorsqu’il s’est limité à une vente de taux.

Les théoriciens sur le domaine du prêt avec risque aggravé de santé nous indiquent la plupart du temps que la convention AERAS est là pour vous aider à trouver une solution d’assurance.

Effectivement, ce dispositif a le mérite d’exister. Il faut savoir qu’il est mis en place dans toutes les banques et toutes les compagnies d’assurance.

Apporte-t-il une obligation de vous assurer ? La réponse est NON

Oblige-t-il la banque à vous octroyer votre emprunt si vous n’avez pas d’assurance emprunteur ou une assurance partielle (uniquement la garantie DC PTIA) ? La réponse est NON

A partir de là nous pouvons repartir sur la pratique car seule ce type de connaissance pourra vous apporter un ou des éléments concrets qui vous permettront de finaliser votre dossier de crédit immobilier.

Nombre d’intervenant dans le domaine du crédit immobilier ou de l’assurance emprunteur présente la convention AERAS comme la solution à tous les maux. Elle apporte des éléments mais encore faut-il savoir comment l’utiliser et en tirer les points essentiels pour aider l’emprunteur.

Le fait d’avoir connaissance de ce process en prononçant le terme ou en remettant un dépliant présentant le dispositif n’a jamais rien apporté à un emprunteur d’autant qu’il est généralement novice sur le sujet et qu’à part lui donner un espoir qui risque de s’éteindre par la suite je ne vois l’intérêt d’en parler.

Quand on ne sait pas on ne dit rien ou on avoue son absence de connaissance, c’est généralement plus sage et cela apporte plus à l’emprunteur qu’un espoir qui tombe à l’eau trois semaines plus tard avec une perte de temps à la clé.

Même constat sur le fait d’indiquer qu’il faut chercher une délégation d’assurance et que la solution existe donc en dehors de la banque. C’est un fait. Mais où chercher ? si toutes les compagnies d’assurance assuraient les antécédents de dépression ou de burn out cela se sauraient tout simplement car nous n’en entendrions pas parlé. A mon niveau je ne serais donc pas non plus en train d’écrire cet article afin de vous donner des indications pratiques.

Comme je le dis souvent en assurance emprunteur avec un risque aggravé de santé « mieux vaut un qui sait que dix qui cherche ». Vous avez donc plus intérêt à utiliser votre temps dans la recherche d’un interlocuteur banque et assurance maîtrisant le sujet plutôt qu’à enchaîner les dossiers de crédit ou d’assurance en espérant un résultat positif. A part vous épuiser et vous démoraliser, cela ne vous apportera rien de concret.

Passé la première grosse problématique technique liée à l’obtention des garanties d’assurance par un emprunteur déclarant une dépression ou un burn-out abordons rapidement la deuxième problématique technique là aussi.

Il s’agit de la problématique du dépassement du taux d’usure.

Ne dépasser le taux d’usure avec un TAEG trop important

Le taux d’usure est un taux maximal donné par la banque de France tous les trimestres. Il s’agit du TAEG (taux annuel effectif global) à ne pas dépasser pour que la banque ai le droit de vous accorder votre emprunt.

Vous pouvez avoir le meilleur dossier du monde si le logiciel bancaire affiche la couleur rouge votre banque refusera votre dossier de prêt.

Le TAEG est un taux obtenu en incluant tous les paramètres demandés par une banque pour l’obtention d’un prêt :

  • Taux de l’emprunt
  • Coût de l’assurance emprunteur obligatoire
  • Frais de dossier de la banque
  • Coût de la garantie (caution, PPD, hypothèque,…)

Nous nous intéressons à cette problématique du taux d’usure et à l’éventuel refus de prêt (cf. « Dépassement de taux d’usure et refus de crédit immobilier : Quelles solutions ?« ) qui peut en découler tout simplement, car comme nous l’avons vu les assureurs vont une majorité du temps appliquer des surprimes dès lors que vous aurez déclaré votre dépression ou votre burn-out.

Mathématiquement plus, le coût d’assurance emprunteur va monter plus cela fera augmenter le TAEG de l’emprunt. Si la limite maximale est dépassée cela mettra en péril l’obtention de votre emprunt.

Ainsi, dès lors que vous approchez la cinquantaine ce point est à prendre en compte et SURTOUT comme toujours à ANTICIPER

Pour conclure cet article, je dirais que le maître-mot qui doit vous guider lorsque vous savez que votre antécédent de santé va poser problème, c’est l’anticipation.

La clé de votre succès, et je vous dis cela par expérience, c’est l’interlocuteur que vous aurez sélectionné. Pourquoi ?

Tout simplement parce que dès lors qu’on cumule les problématiques et ce de manière simultanée, le nombre de professionnels en capacité de vous apporter une aide concrète (en opposition avec théorique) va se réduire comme peau de chagrin….

A noter que lors de cet article nous avons uniquement abordé la problématique de l’assurance. Nous ne sommes pas rentrés dans le détail de l’éventuel contrat que vous pourriez trouver et des dispositions générales qui y sont liées. Ainsi, il est bien d’être assuré, mais au passage mieux vaut vérifier la qualité du contrat. Ainsi, d’autres points sont encore à prendre en compte.

Si l’on résume ce que nous avons vu alors cet article voici ce qui doit être solutionné ou anticipé et ce de manière simultanée :

  • Obtention des garanties ITT avec des conditions qui vous conviennent, mais qui conviendront également à votre banque
  • Imposer la délégation d’assurance à votre banque sans avoir à passer par un changement d’assurance avec la Loi Hamon
  • Négocier la quotité d’assurance de prêt adéquate si il y un éventuel souci de taux d’usure
  • Anticiper le choix de la banque pour le taux du prêt mais surtout par rapport aux exigences d’assurance emprunteur si l’on a un risque de dépassement de taux d’usure
  • Anticiper la position de la banque sur l’accord du prêt si seule les garanties décès et PTIA ont été acceptées ou si il y a refus d’assurance
  • Sélectionner la produite assurance emprunteur ayant le fonctionnement le plus qualitatif (forfaitaire, avec solde du prêt en cas d’IPT, incluant l’IPP,…)
  • Anticiper les éventuels freins liés à l’obtention de l’emprunt (contrat de construction si vefa, niveau d’endettement,….) vis-à-vis de votre projet.

Pour tous les aspects qualitatifs d’un contrat d’assurance emprunteur vous pouvez consulter notre série d’articles sur les point à prendre en compte lors d’une résiliation d’assurance.

Cela vaut également pour la sélection d’un contrat en amont de la finalisation du prêt immobilier :

Si vous pensez qu’une machine à devis (comparateur d’assurance de prêt) peut répondre à toutes ces problématiques en rentrant trois données dans une fiche contact vous en avez le droit. Les divers services marketing sont là pour vous le faire penser.

Retenez que si le discours de votre interlocuteur (banque et/ou assurance) se limite à la seule obtention de la garantie ITT ou à l’accord d’un taux de prêt vous risquez de vous retrouver fort dépourvu lorsque les autres problématiques seront venues…..

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