Les compagnies d’assurance-vie se frottent les mains. Enfin, les épargnants ont compris que le fonds euros n’était plus une solution efficace pour valoriser durablement leur capital financier.

Le discours des commerciaux est bien rodé et les arbitrages vers les unités de compte font le bonheur des compagnies d’assurance vie et plus généralement de l’industrie de la finance.

Après avoir insisté sur la médiocrité des rendements actuels du fonds euros, votre banquier vous explique que la seule alternative est d’investir en action ou sur les marchés financiers.

Vous n’avez plus le choix, il faut accepter la volatilité des marchés actions et diversifier votre épargne pour espérer maintenir la valeur de votre patrimoine et ne pas vous appauvrir.

Pourtant, votre banquier ou votre conseiller financier à raison. La faiblesse durable des taux d’intérêt condamne durablement le fonds euros. Nous nous le répétons ici sans cesse depuis des années (Cf. « Assurance-vie : Sortir du fonds euros au rendement trop faible, mais où investir ? » ou encore « Pourquoi vous ne devriez pas avoir autant d’épargne« ).

Vous devez sortir du fonds euros de votre contrat d’assurance-vie pour investir votre argent dans l’économie.

C’est alors que l’évidence de l’investissement dans le capital des entreprises s’impose.

En effet, pour investir dans l’économie, les particuliers n’ont que deux alternatives relativement accessibles :

  • Investir dans l’immobilier (locatif ou même une résidence principale ou secondaire) dont la valeur à long terme tend à suivre le dynamisme de l’économie ;
  • Investir à long terme dans le capital des entreprises via le marché actions ;

Investir dans le capital des entreprises, c’est utiliser le marché actions et la bourse pour investir durablement dans la capacité des entreprises à s’adapter à l’évolution de la conjoncture pour créer toujours plus de bénéfices à long terme.

Comme nous vous l’expliquons dans cet article « Vous devez investir en bourse comme vous investissez dans l’immobilier !« , la bourse n’est pas une fin, c’est un moyen, un lieu de confrontation entre les acheteurs d’actions et les vendeurs.

Certains épargnants font l’erreur de croire qu’investir en bourse consiste à spéculer sur le marché actions, c’est à dire jouer à la devinette et essayer d’anticiper les mouvements aléatoires de la bourse à court terme. Cela ne fonctionne jamais.

Cela fait bientôt 20 ans que je conseille les épargnants et rares sont ceux qui ont durablement valorisé leur épargne en jouant avec le hasard. Certains auront de la chance une fois… mais qui ne se renouvellera pas (cf. « Bourse : Pourquoi l’investissement en actions n’est pas aussi rentable qu’en théorie« ). Bref, la spéculation et les arts divinatoires ne permettent pas de profiter de la capacité des entreprises à créer de la valeur à long terme.

D’autres épargnants, beaucoup plus rares, ont compris que la bourse n’était qu’un moyen.

L’investisseur de long terme investit à long terme dans le capital d’une entreprise qu’il juge capable de créer de la valeur à long terme. Il ne fait rien. Il ne regarde pas ses actions tous les jours ; Il laisse l’entreprise s’adapter, avancer, créer et part à la pêche pour profiter de son temps (cf. « Investir en actions, c’est investir dans un système complexe qui s’adapte en permanence pour générer des bénéfices« ).

Bref, c’est évidemment dans l’état d’esprit de l’investisseur de long terme qu’il faut concevoir l’investissement en action et la diversification de votre contrat d’assurance-vie vers les unités de compte.

Dans quelles conditions l’investissement en unités de compte sera rentable pour l’épargnant ?

Rentrons dans le cœur du sujet. En effet, après cette belle narration sur la nécessité d’investir à long terme dans le capital des entreprises, la question fondamentale est dans la manière de le faire.

Dans de très nombreuses situations, les performances ne seront pas à la hauteur des espérances. Les rendements ne sont malheureusement pas souvent au rendez-vous.

La raison est simple : Les compagnies d’assurance-vie prélèvent des frais de gestion tellement élevés qu’il est quasi-impossible d’espérer profiter de la performance des marchés actions.

Dans sa dernière newsletter, Goodvalueformoney chiffre ces frais à 2.91% par année en moyenne. Le CAC40 dividendes réinvestis, c’est -+ 8% de rendement annuel actuariel depuis 35 ans. En prélèvement 2.91% de frais de gestion sur ces -+ 8% de rendement annuel, il n’en reste plus assez pour justifier la prise de risque et la volatilité des marchés actions.

Extrait de l’analyse chiffrée de Goodvalueformoney :

Un contrat multisupport supporte annuellement au minimum les deux natures de frais suivantes qui s’empilent :

  • 1- les frais de gestion du contrat d’assurance applicables aux unités de compte :
    • Ces frais sont évalués par Good Value for Money à 0,90 % par an en moyenne ;
    • Ils peuvent varier selon la nature des supports, notamment sur les supports immobiliers de type SCPI pour lesquels ils sont nettement plus élevés ;
    • Leur prélèvement donne lieu à une réduction du nombre de parts de chacune des unités des compte détenues par le client sur son contrat ;

  • 2- les frais de gestion intrinsèques aux unités de compte :
    • Ces frais intègrent plusieurs éléments :
      • la rémunération du gérant d’actifs pour la gestion des supports financiers (UC) dont il a la charge dans le respect du cahier des charges du support (par exemple : gestion prudente avec un tunnel de performance de + 3 % à – 3 %),
      • les rétrocessions reversées par le gérant d’actifs au distributeur du contrat et/ou à la société d’assurance-vie, en sachant que l’information sur le niveau des rétrocessions ainsi retournées à la distribution sont désormais communiquées par les assureurs et leurs distributeurs,
      • des éventuelles commissions de « surperformance » financière de la société de gestion, en étant conscient que la notion de « surperformance » a parfois un caractère un peu baroque,
      • la marge de la société de gestion.

Les « vrais frais » supportés par l’épargnant sur ses unités de compte au sein de son contrat d’assurance-vie multisupport sont les frais de gestion courants

Mesures de frais réalisées par Good Value for Money en 2021

Le benchmark 2021 des frais facturés au sein des supports financiers (UC) de l’assurance-vie par les sociétés de gestion d’actifs est le suivant :

  • Supports Actions
    • Frais de gestion fixes moyens :
      • 2021 : 1,64 % (versus 0,84 % pour les parts « clean share », c’est à dire sans retro-commission pour le conseiller)
      • 2020 : 1,61 %

  • Supports Obligataires
    • Frais de gestion fixes moyens :
      • 2021 : 0,95 % (versus 0,46 % pour les parts « clean share », c’est à dire sans retro-commission pour le conseiller)
      • 2020 : 0,95 %
    • Frais de gestion courants moyens :
      • 2021 : 1,16 % (versus 0,56 % pour les parts « clean share », c’est à dire sans retro-commission pour le conseiller)
      • 2020 : 1,18 %

  • Gestion profilée
    • Frais de gestion fixes moyens :
      • 2021 : 1,40 % (versus 0,68 % pour les parts « clean share », c’est à dire sans retro-commission pour le conseiller)
      • 2020 : 1,39 %
    • Frais de gestion courants moyens :
      • 2021 : 1,93 % (versus 0,95 % pour les parts « clean share », c’est à dire sans retro-commission pour le conseiller)
      • 2020 : 1,98 %

  • Gestion flexible
    • Frais de gestion fixes moyens :
      • 2021 : 1,67 % (versus 0,98 % pour les parts « clean share », c’est à dire sans retro-commission pour le conseiller)
      • 2020 : 1,71 %
      • 2019 : 1,79 %
      • 2018 : 1,85 %
    • Frais de gestion courants moyens :
      • 2021 : 2,21 % (versus 1,21 % pour les parts « clean share », c’est à dire sans retro-commission pour le conseiller)
      • 2020 : 2,28 %

  • Gestion indicielle ou trackers – ETF
    • Frais de gestion fixes moyens :
      • 2021 : 0,36 %
      • 2020 : 0,35 %
    • Frais de gestion courants moyens :
      • 2021 : 0,40 %
      • 2020 : 0,37 %

CONCLUSION

Un épargnant ayant investi sur une UC Actions dans un contrat d’assurance-vie se verra donc prélever en moyenne annuellement :

  • 0,90 % en moyenne au titre des frais de gestion sur UC du contrat (frais sur UC du contrat d’assurance-vie),
  • 2,01 % en moyenne au titre des frais de gestion courants internes au support,

soit 2,91 % au global. Il faut donc que le gérant du support dans lequel le client a investi génère une performance d’au moins 2,9 % sur l’exercice pour que l’épargnant obtienne une performance de 0 %.

Pour faire aussi bien que le fonds en euros, il faut que le gérant performe en moyenne de 4 % par an, ce qui est élevé.

  • L’épargnant qui investit dans des unités de compte en gestion active dans un contrat d’assurance-vie multisupport supporte annuellement des frais de l’ordre de 2,10 à 3,10 % selon la classe d’actifs, ce montant intégrant à la fois : 
    • les frais de gestion du contrat d’assurance-vie sur les unités de compte, situés en moyenne à 0.90 % par an , conduisant à une diminution du nombre de parts détenues par le client,
    • les frais courants prélevés par les sociétés de gestion d’actifs au sein de chacune des unités de compte, venant eux en déduction de la valeur des parts.
       
  • Avec des parts « clean share », l’addition baisse globalement de 0,60 % à 1,00 % par an pour l’épargnant. On se situe alors sur des montants annuels de frais totaux de l’ordre de 1,50 % à 2,10 %.
     
  • Avec des trackers, l’addition baisse cette fois-ci de 0,80 % à 1,80 %, ce qui conduit à un total annuel de l’ordre de 1,30 %.
     
  • La pression concurrentielle cumulée avec les obligations accrues de transparence sur les frais ont conduit les sociétés de gestion à baisser les frais de gestion courants d’environ 2 à 7 centimes selon la classe d’actifs en 2021 par rapport aux mesures réalisées par Good Value for Money dans l’édition 2020 de son benchmark.

Avec de tels frais de gestion, comme espérer profiter de la croissance des marchés actions ?

L’épargnant qui souhaite utiliser son contrat d’assurance-vie ou son PER pour investir dans le capital des entreprises et profiter de leur capacité à créer de la valeur devra être attentif aux frais de gestion de son contrat en privilégiant :

  • Les supports à faibles frais, type ETF ou actions en direct ;
  • Des frais de gestion du contrat au plus faibles ;

Dans ces conditions tarifaires maitrisées, la diversification en unités de compte pourra être rentable.

A suivre.

Besoin de nos conseils ? Découvrez nos offres et services :
Conseil personnalisé 
Bilan patrimonial
Accompagnement patrimonial
Livres / Formations 
Investir dans l'immobilier
Succession
Assurance-vie et gestion de patrimoine
Crédit immobilier 
Comparateur de crédit immobilier
Comparateur d'assurance de prêt
Expertise comptable 
Expert-comptable spécialiste
en location meublée et SCI

40 commentaires