Cela fait deux années que je vous annonce la hausse inévitable des taux de crédit immobilier face à une conjoncture qui s’améliore, lentement, mais surement.

Cela fait deux années que je vous explique que les taux de crédit immobilier sont excessivement faibles… et donc qu’ils doivent augmenter pour tenir compte du retour progressif de l’inflation et de la croissance économique.

Cela fait deux années que je vous explique cette incroyable opportunité pour les emprunteurs immobiliers : Les emprunteurs peuvent emprunter à un taux inférieur à l’inflation, et donc espérer se faire rembourser leur crédit immobilier par l’inflation. Considérant que la hausse des revenus suit indirectement l’inflation, une hausse des salaires et des revenus supérieurs au taux d’intérêt permet de réduire le coût réel des mensualités du crédit immobilier.

Depuis deux années, je suis certain d’avoir raison ! Et depuis deux ans, je suis dans l’erreur. Les taux de crédit immobilier restent étonnement faibles et ne semblent pas vouloir augmenter !

Barème des meilleurs taux de crédit immobilier actuellementAu terme de notre dernier barème des meilleurs taux de crédit immobilier, il en ressort un taux minimum de 1.12% sur 20 ans !

C’est incroyable dans une période ou l’inflation est affichée à 2.30% !

 

Cette situation est d’autant plus complexe qu’elle est source de dérèglement économique majeur. Le maintien de taux de crédit immobilier excessivement faibles au regard de leur niveau naturel pourrait être à l’origine, demain, d’une forte hausse des prix de l’immobilier, notamment dans les villes et métropoles dont le marché s’est assaini depuis les excès de 2008 (cf  » Dans quelles villes est il encore intéressant d’investir dans l’immobilier ? »).

Il est alors légitime de s’interroger sur persistance de cette situation excessivement favorable aux emprunteurs immobiliers ?

A cette question, deux réponses opposées :

  • Les premiers considèrent que les taux d’intérêt sont excessivement faibles et qu’ils ne peuvent pas augmenter sans faire « sauter » le système. Pour ces premiers, nous sommes durablement dans une situation de taux d’intérêt faibles et cette situation de taux d’intérêt négatifs et l’euthanasie des rentiers qui en découle est LA stratégie de sortie de la crise d’excès d’endettement dans laquelle nous sommes depuis 10 ans. Petit à petit, les épargnants s’appauvrissent du fait d’une épargne rémunérée à un taux inférieur à l’inflation … Au contraire, la dette des emprunteurs (et notamment des états surendettés) s’allège dans les mêmes proportions. Si vous croyez cette hypothèse pertinente, vous devez vous préparer à une très forte augmentation des prix de l’immobilier dans les prochaines années.

 

  • Les second considèrent que les taux d’intérêt doivent impérativement augmenter pour lutter contre la constitution de nouvelles bulles spéculatives destructrices à long terme. En effet, les taux d’intérêt négatif enrichissent les emprunteurs … mais sont aussi à l’origine d’une augmentation de la valeur des actifs du fait de la destruction de la valeur de la monnaie (cf »Bulle globale ou destruction de la valeur de la monnaie et hyper-inflation sur les actifs ? »). Pour éviter d’aboutir à une crise encore plus forte, les taux d’intérêt doivent augmenter au gré du retour de l’inflation et de la reprise économique.

 

Depuis deux années, les faits semblent donner raison aux tenants de la première hypothèse : Les taux d’intérêt, et notamment les taux de crédit immobilier, se maintiennent à un niveau excessivement faibles malgré inflation et croissance économique plus dynamiques. 

Faut il croire (espérer) à la poursuite de cette stratégie des taux d’intérêt négatifs ? Fortement possible, même si une légère hausse des taux de crédit immobilier n’est pas exclue afin de limiter la hausse des prix (il n’est pas impossible que la banque centrales décourage le financement de l’immobilier afin de limiter la hausse des prix).




15 Comments

  1. Je considère que l’Europe se japonise et donc que les taux vont rester durablement bas. D’ailleurs la politique actuelle de la BCE est assez claire, selon ses propos, cette dernière normalisera ses taux directeurs que si l’inflation revient durablement à un niveau proche des 2%. C’est pourquoi la BCE maintient une politique monétaire ultra accommandante alors même que nous sommes en fin de cycle économique. Ce qui est contraire aux bonnes pratiques de la théorie économique!

    Pourquoi je pense qu’il n’y aura pas retour de l’inflation, que nous allons nous japoniser et donc, que la BCE fait une grave erreur d’analyse?
    Les 2 principaux moteurs de cette mutation économiques sont :
    – Le vieillissement de la population : nombre relatif d’actifs en baisse, alors même que les besoins explosent (santé, dépendance, retraite, etc.).
    – La tertiarisation de l’économie : qui génère des gains de productivité beaucoup plus faible que dans une économie industrielle.
    En complément de ces 2 moteurs nous pouvons rappeler que la croissance de ces dernières décennies avait été artificiellement gonflée par une augmentation importante de l’endettement mondial qui devient insoutenable. Et que la révolution des nouvelles technologies via la suppression de nombreux intermédiaires entraine une fragilisation de la classe moyenne (qui a été un vecteur important de croissance sur les dernières décennies).
    La croissance potentielle se réduit donc progressivement et je pense que cette tendance va se poursuivre. Par conséquent à mes yeux l’inflation restera structurellement faible.
    Pour rappel : l’inflation est la hausse généralisée des prix. Il convient donc de neutraliser la hausse du pétrole des chiffres statistiques. D’ailleurs, hors matières premières, aujourd’hui il n’y a pas d’inflation.

    Alors quelle perspective sur les taux ? Pour ma part je considère qu’il y aura une stabilisation des taux à des niveaux artificiellement bas.

    Du coup je m’interroge aujourd’hui sur qu’elle est la meilleure allocation d’actifs dans un monde sans inflation avec des taux bas qui ont créés des bulles (immobilier, actions, obligations)? Est-ce pertinent de rester en cash en attendant une opportunité d’investissement (éclatement d’une bulle)?

  2. Avant de se poser la question de savoir si les taux d’intérêt, (les plus intéressant étant ceux auxquels les états empruntent, ceux des entreprises et ceux des particulier en achat d’immobilier), il faut se poser les questions QUI? , QUOI? , COMMENT?

    – Qui fixent ou influent sur le niveau des taux,
    – Quels taux parlent-on, quelles conditions ou réglementations, quels établissements, …
    – Comment marche cette mécanique complexe de fixation des taux d’intérêt, quelles sont les fausses croyances et les vraies .

    Si quelqu’un peut expliquer/ vulgariser cela simplement ???

  3. J’aime décidémment beaucoup ce blog et ces petits articles, je tenais juste à vous le signaler.

    Je suis aussi content de voir que vous croyez de moins en moins à un éclatement d’une quelconque bulle / à une hausse prochaine et subite des taux qui s’accompagnerait d’un krash des valeurs immobilières. Je n’étais pas vraiment d’accord avec vous sur ces points même si vos démonstrations étaient bien argumentées.

    • Je crois toujours à une hausse des taux d’intérêt… mais je ne crois pas possible le retour à la normale ante-2008.

      Je crois à une hausse modérée des taux d’intérêt. Elle me semble indispensable pour éviter la surchauffe des marchés et la constitution de nouvelles bulles spéculatives. Mais ces hausses ne devraient pas être catastrophique pour le marché immobilier.

      Je crois que ces hausses seront réglementaires, c’est à dire pilotées par les banques centrales qui veilleront à ce que les banques ne s’exposent pas trop au marché immobilier. Elle pourraient par exemple être sous la forme de coussin contra-cyclique

      • les taux d’intérêt devraient rester négatifs … mais pas trop pour éviter l’emballement du marché.

      • A mon avis cela dépend si c’est le krack ou la hausse de TI qui interviendra le premier.
        Si c’est le Krack en premier, vu que celui-ci sera dû ou en relation avec les « gigantissimes » endettements publics et PRIVES, les taux d’intérêts seront affectés et de façon brutale !
        Si ce sont des hausses progressives des taux, un peu à l’Américaine, la péripétie pourrait durer plus longtemps, mais finira quand même dans « l’apocalypse » tant qu’il n’y aura pas eu une vraie correction de trajectoire.

  4. La ou les question (s) qui se pose elle (s)même (s), pourquoi les taux sont aussi bas, alors qu’ il y a une reprise économique favorable a la hausse des taux ? Et pourtant tout est question de l’ offre et de la demande. Oui, c’est exactement ça, le rapatriement des capitaux investis par les banques en Angleterre fait que les banques se retrouvent avec des liquidités énormes. Elles doivent les placés sur les marchés le plutôt possible. Sinon les risques des pertes seront considérable pour les banques. La baisse des taux cette fois ci, na rien avoir avec l’ inflation ni autres choses

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