En l’espace de quelques jours deux entreprises emblématiques annoncent adopter une nouvelle stratégie immobilière face à l’avènement du télétravail.

Boursorama : L’adoption du « télétravail » quasi-total et l’élargissement du bassin d’emploi

Tout d’abord : Boursorama. La banque en ligne filiale de la Société Générale vient d’annoncer l’adoption d’un plan de télétravail particulièrement intéressant.

Dans un article publié dans Le Monde, on apprend que « La banque en ligne met en place un accord prévoyant deux jours de travail par mois sur site. L’entreprise prend en charge les frais de transport et les nuits d’hôtel pour ces journées. Et 97 % des équipes ont accepté ».

Dans le détail, on apprend que ce « télétravail » quasi total a été proposé à l’ensemble des 400 collaborateurs « affectés à des fonctions de production (traitement des opérations bancaires, relations téléphoniques avec les clients, etc.) ».

Un salarié témoigne :

« Il a acheté une carte de France et avec un compas a tracé un cercle des destinations à moins de trois heures de Paris. Puis, avec sa famille, ils se sont demandé s’ils voulaient plutôt vivre à la mer, à la montagne, à la campagne… Finalement ils ont choisi le Morbihan. Jérémie Lallich, conseiller clientèle en crédit immobilier chez Boursorama, rêvait de quitter la région parisienne depuis plusieurs années. « On me l’a servi sur un plateau », commente-t-il. »

Face aux difficultés de recrutement, la direction explique avoir « pu élargir notre bassin de recrutement ».

La mutation en cours est passionnante.

Depuis toujours, on explique qu’en France, le taux de chômage élevé s’explique en partie par l’absence de mobilité des salariés.

En effet, il est courant d’entendre que, contrairement aux états-unis, les salariés Français, souvent propriétaire de leur résidence principale, sont ancrés sur leur territoire et refusent de déménager pour trouver du travail.

Il s’ensuit une inadéquation entre offre de travail et demande de travail, et donc un taux de chômage plus élevé qu’il ne le devrait. Il s’agit peut être d’une des explications du taux de chômage élevé … et en même temps d’entreprises qui n’arrivent pas à recruter. Emploi et demandeur d’emploi ne sont pas aux mêmes endroits.

C’est probablement une des motivations de Boursorama lorsque l’entreprise propose un télétravail quasi total à ces salariés « producteurs ». Ce n’est plus le salarié qui déménage pour trouver un travail ; C’est le travail qui se rapproche du lieu de vie du salarié !

Passionnant !

Renault : Une division par 2 du parc d’immobilier de bureaux et 60 millions d’euros d’économies par an.

Deuxième entreprises emblématique : Renault. Après avoir annoncé un plan de télétravail qui vise deux à trois jours de télétravail par semaine pour ses salariés des bureaux principalement (-+ 20000 personnes), l’entreprise a annoncé hier vouloir diviser par deux le nombre de ses sites tertiaires en ile de France d’ici 2025.

L’entreprise explique « estimer que son parc immobilier est surdimensionné en Ile-de-France puisque 20% des postes de travail n’étaient pas occupés avant même l’irruption du coronavirus et l’instauration du télétravail, qui a encore accentué la tendance »

L’objectif principal est ici la maîtrise des coûts. Le télétravail permet de réduire les besoins de bureaux. Ce n’est pas plus compliqué que cela.

Le flex office devient la norme dans les grandes entreprises. Dans un article publié dans Les Echos sous le titre « Le flex office sera-t-il l’avenir du bureau ?« , le flex office y est décrit comme l’avenir de l’immobilier de bureaux avec l’adoption massive du télétravail.

Extrait :

Le principe : les salariés n’ont plus de place attribuée mais s’installent chaque jour à un endroit différent, à un poste resté vacant.

Cette organisation présente d’énormes avantages pour les directions : elle permet d’optimiser l’utilisation des bureaux, de gagner en mètres carrés et de réaliser, éventuellement, des économies. Sachant que l’immobilier est le deuxième poste de dépenses des sociétés, derrière les salaires.

Le travail hybride en chiffres

2 jours de télétravail par semaine. C’est ce que prévoient la plupart des accords sur l’organisation du travail signés dans les entreprises.

0,67 poste de travail par personne au lieu de 1. C’est le nouveau ratio moyen dans les bureaux pour les entreprises qui ont adopté le « flex office ».

De 15 % à 35 %. C’est l’économie de mètres carrés réalisée par ces mêmes entreprises. »

Bref, mois après mois, l’analyse que nous vous proposions dans notre livre « Investir dans l’immobilier » se confirme.

Une analyse que nous vous proposions bien avant l’arrivée fracassante de la crise Covid.

C’est un vrai sujet : Faut il revendre vos parts de SCPI ?

Bref, il ne fait pas bon être détenteurs de parts de SCPI de bureaux !

Nous assistons à un véritable tsunami qui modifie en profondeur la valeur d’usage de l’immobilier de bureaux et donc des SCPI (qui y investissent massivement).

Non seulement le besoin de bureaux baisse… mais la géographie est modifiée.

L’exemple du quartier d’affaire de la Défense illustre parfaitement cette idée. Selon Cushman et Wakefield immobilier, il n’y a jamais eu autant de bureaux à louer depuis la création du quartier d’affaires. Du coup les loyers ont baissé. « On est en moyenne à 450 euros du m2, où on était en 2019 à 550 euros du m2 », dit Éric Groven dans un article publié sur RTL sous le titre « Télétravail : les prix des loyers en baisse dans les quartiers d’affaires« 

Ceux qui détiennent leur part en direct pourraient être tentés de vendre leurs parts de SCPI, mais ils seront probablement freinés par les frais élevés payés lors de l’acquisition (qui se matérialise sur le prix de cession).

Dans l’investissement en SCPI, on paye des frais très élevés lors de l’acquisition des parts (-+10%), mais on ne s’en rend compte qu’au moment de les vendre. Beau marketing.

En revanche, les détenteurs de parts de SCPI dans l’assurance-vie pourraient pouvoir se laisser tenter dès lors que l’arbitrage est plus simple et moins onéreux.

Enfin, les malins pourront probablement essayer de profiter de cette crise qui se profile pour faire de bonne affaires qui pourraient se présenter dans les prochains mois comme nous vous l’expliquions dans cet article « SCPI : Et si c’était vraiment le bon moment d’investir ?« .

A suivre.

Et vous, allez-vous vendre vos parts de SCPI ?

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