Après H2o au début du mois de septembre, on apprend depuis quelques jours que Bio C Bon serait est en redressement judiciaire.

Encore une fois, les épargnants seront les victimes de l’appât du gain de nombreux conseillers en investissement financier rémunérés grassement pour vendre ces produits financiers que tout le monde présume pourtant la toxicité !

Le figaro titre aujourd’hui « Bio c’ Bon: 2800 épargnants piégés par la faillite du distributeur« . Le constat est sans appel : « Les épargnants ont investi 114 millions d’euros dans les magasins de l’enseigne. Des sommes qu’ils risquent de perdre« 

Comment pouvait-il en être autrement ? Le schéma de Bio C Bon était pourtant limpide dès le début : Des épargnants prenaient le risque du capital risque contre une faible rémunération d’emprunteur obligataire malgré un risque très élevé.

Bref, tous les risques pour les épargnants… et presque tous l’enrichissement pour les propriétaires de Bio C Bon. C’est l’analyse que nous vous proposions dès février dans cet article « Bio C Bon : lorsque le risque apparaît, la liquidité disparaît.« 

C’est une rumeur qui circule depuis quelques semaines. Bio C Bon semble avoir quelques difficultés pour répondre à la liquidité. Les demandes de rachat semblent prendre beaucoup de temps pour être satisfaites ;


Pour mémoire, Bio C Bon, c’est une chaine de magasin Bio qui finance son développement via les clients des conseillers en gestion de patrimoine avec une promesse de rendement et de liquidité qui ne nous a jamais semblé raisonnable au regard de la nature même de l’investissement (cf »Alerte AMF pour Marne et Finance et BIO C BON : Attention aux pratiques douteuses ! »).
 
Malheureusement, dans un communiqué, Bio C Bon vient de confirmer ses difficultés pour honorer les demandes de rachat des investisseurs en cause :

– Une baisse du chiffre d’affaires 2019 à cause des gilets jaunes ;

– Une concurrence de plus en plus forte ;

– Et des difficultés d’approvisionnement lié à la mise en service d’une nouvelle plate-forme logistique.

Bref, l’activité commerciale de Bio C Bon n’a pas été excellente, en 2019, d’où, semble-t-il, des difficultés de trésorerie pour honorer les rachats des investisseurs. 
 
Les épargnants investisseurs qui ont investi dans Bio C Bon s’en trouvent immédiatement affectés puisque l’entreprise ne semble pas en mesure de pouvoir satisfaire la demande de liquidité des investisseurs qui demandent le rachat de leur part.
Rien de bien grave pour l’investisseur en capital de long terme qui sait que le risque d’illiquidité est un risque inhérent à tout investissement en capital risque. Mais l’investissement dans Bio C Bon, ce n’est pas du capital risque ! C’est vendu comme de l’investissement à rendement garanti et liquide à tout moment ! et c’est bien ça le problème ! 


Bio C Bon semble avoir profité de la crédulité des épargnants et d’une confiance exagérée des conseillers en investissement financer pour vendre un risque mal rémunéré, c’est-à-dire trouver des capitaux, sans avoir besoin de partager la propriété du capital ou une rémunération obligataire à la hauteur du risque.

Bio C Bon : lorsque le risque apparaît, la liquidité disparaît.

La mise en redressement judiciaire de Bio C Bon et la perte prévisible pour les épargnants n’est vraiment pas une surprise.

Nous l’attendons depuis 2018. Voici ce que nous écrivions en août 2018 :

BIO C BON fait partie de ces produits miracles qui promettent des rendements garantis entourés d’un déséquilibre sur la communication des risques réels. BIO C BON c’est l’un de ces produits qui laissent croire à l’épargnant qu’il est possible d’obtenir un rendement élevé sans risque !


Ces produits sont tous construits de la même manière et sur le modèle de référence qu’était Aristophil ou Maranatha : Il s’agit d’un investissement dans une entreprise ou dans un bien immobilier pour lequel le rendement garanti est en réalité un engagement de rachat à termes avec un taux défini dès le début ! Bref, une promesse de rachat plus qu’une garantie … mais personne ne demande sur le promettant aura les moyens de ces promesses !


Toutefois, ce mécanisme de promesse de rachat est commercialement très efficace et facilite la vente du produit par les conseils en gestion de patrimoine distributeurs : L’épargnant croit acheter un produit sécurisé … le CIF lui vend comme tel, … mais personne ne s’interroge sur la réalité de la promesse ! Le promettant exercera-t-il son option de rachat au prix fixé ? Sera-t-il financièrement solvable au terme du placement …
Bref, une mécanique bien rodée que nous rencontrons très régulièrement. Après Aristophil, nous l’avons récemment observée chez Maranatha !
Malheureusement, à chaque fois, la conclusion est la même ! Les gagnants ne sont pas les épargnants et les promesses s’envolent !

Alerte AMF pour Marne et Finance et BIO C BON : Attention aux pratiques douteuses !

Conseiller en gestion de patrimoine : Un métier qui doit faire sa révolution du conseil dans l’intérêt des épargnants

Les professionnels de la gestion de patrimoine doivent se révolutionner et abandonner un modèle économique toxique pour les épargnants !

L’accumulation de ces affaires, mais aussi ce qui se prépare pour les SCPI (cf. « Quelle baisse pour le prix des parts de SCPI en 2021 ou 2022 ?« ) démontrent l’incompatibilité du conseil en gestion de patrimoine avec une rémunération construite autour d’un modèle de vendeur de produit financier ou immobilier.

BIO C BON c’est l’un de ces produits qui laissent croire à l’épargnant qu’il est possible d’obtenir un rendement élevé sans risque ! Les conseillers en gestion de patrimoine qui respectent leurs clients doivent accepter de révolutionner leur pratique professionnelle. Il n’est plus possible de croire qu’il est possible d’apporter un conseil honnête et dans l’intérêt unique de ses clients alors même que vous êtes payés pour vendre des produits financiers ou immobiliers.

Le modèle économique des conseillers en gestion de patrimoine rémunérés par commissions sur les produits vendus est périmé ! Ce n’est plus possible.

L’accumulation de ces affaires ne fait que confirmer ce bon sens que certains refusent encore de reconnaître.

En refusant d’être des conseillers et préférant être des vendeurs, les professionnels de la gestion de patrimoine sont en train de détruire le bel idéal qu’est ce merveilleux métier de conseiller en gestion de patrimoine.

Dommage !

A titre personnel, j’ai arrêté mon activité de vendeur en 2013 fort du constat de cette incompatibilité ! Depuis, je suis conseiller en gestion de patrimoine rémunéré uniquement par honoraire à hauteur de 89€ TTC le rendez vous de conseil patrimonial.

Nous n’avons plus le choix ! Il est dans l’intérêt de nos clients de révolutionner notre manière d’exercer le métier de conseiller en gestion de patrimoine.

Pour aller plus loin :
Conseil personnalisé 
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Investir dans l'immobilier
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