Dans la présentation de notre stratégie d’investissement pour 2019 publiée sous ce titre « Stratégie d’investissement 2019 : Forte baisse du marché action et hausse des taux d’intérêt avant retour de l’hyperinflation des actifs ?« , notre propos narratif reposait l’idée de la proximité d’une « nouvelle phase de grand stress qui remet le monde face à la réalité d’une croissance économique droguée aux politiques monétaires excessivement accommodantes ».

Dans cet article, nous vous faisons part de la nécessité absolue d’adopter une politique monétaire moins accommodante afin de réduire les excès de valorisation des tous les actifs financiers ou immobiliers après 10 ans de taux excessivement faibles. En revanche, je n’ai pas fais mention de la notion de « temporalité » et du risque de retard dans cette remontée des taux d’intérêt face à une inflation qui pourrait rapidement devenir incontrôlable.

Les banques centrales ont besoin de temps, beaucoup de temps afin de remonter graduellement les taux d’intérêt… Et, il faut bien avouer que pour le moment, rien ne les oblige à accélérer le tempo du resserrement monétaire. Mais attention, le regain d’inflation pourrait être un très mauvais signal ! Une inflation qui accélère et les banques centrales perdront la maitrise du tempo ! D’une remontée contrôlée des taux d’intérêt dans un monde à l’inflation nulle… nous pourrions rapidement passer à une remonter accélérée et surtout subie dans un monde ou l’inflation repart trop vite.

 

L’accélération de l’inflation, un scénario catastrophe à l’origine d’un probable krach obligataire majeur !

Nous serions alors face à un scénario catastrophe !

Dans une telle hypothèse, les banques centrales ne pourraient pas faire jouer la planche à billet et utiliser à nouveau leur politique monétaire de taux négatif. En cas de retour d’une inflation plus forte que prévue, maintenir des taux d’intérêt au plus bas serait contreproductif .

En effet, des taux d’intérêt excessivement faibles auraient pour principale conséquence d’alimenter cette inflation contre laquelle les banques centrales auraient pour mission de lutter !

Une inflation trop forte est un risque majeur qui ne pourrait pas être traité par un nouvel quantitative easing et des taux toujours plus bas ! Le krach obligataire qui en découlerait naturellement serait dévastateur !

 

 

Des signaux faibles justifient ces craintes sur l’inflation…

N’avez vous pas l’impression d’un retour important de l’inflation depuis quelques mois ?

 

  • Croyez vous que les très nombreux témoignages de chefs d’entreprises qui peinent à recruter n’est pas le signe d’une hausse indispensable des salaires pour attirer les candidats ?

 

  • On parle beaucoup du taux de chômage trop élevé. Mais saviez vous que le taux d’emploi, c’est à dire le % d’actif en âge de travailler était au plus haut depuis 2003 à 65.25% (65.25% de la population d’âge actif était employée en 2018 contre 64.34% en 2003).

 

  • Le pleine emploi des actifs diplômés de l’enseignement supérieur n’est il pas source d’augmentation de salaire face à un manque de candidat ; N’est ce pas la raison de la forte augmentation du salaire des cadres en 2017 et 2018. Lisez cet article publié par Lefigaro, hier : « Cadres: la pénurie tire les salaires vers le haut« , le titre appelle à l’augmentation des salaires !

 

  • Avez vous fait le plein de votre voiture récemment ? 1.51€ le litre de Gazole ! Et de nouvelles taxes arrivent en Janvier 2019 !

 

  • Les changements d’habitudes de consommation au profit d’une consommation locale et de meilleure qualité est un mouvement majeur de la société, mais cela implique des prix plus élevés… On ne vas pas pouvoir consommer Bio et / ou local en payant le même prix ! Il va falloir s’habituer à payer plus cher. 

 

  • Le retour des promesses politiques autour du pouvoir d’achat ! N’est ce pas la preuve d’une hausse du coût de la vie, dans une société ou le taux de chômage baisse et les salaires augmentent…

 

  • L’arrivée à maturité de nombreuses start-up qui doivent maintenant générer du bénéfice après de nombreuses années à perte ! Elles doivent trouver un modèle économique et vous faire payer pour devenir rentable ! La start-up nation ne pourra pas être éternellement en perte en pratiquant des prix inférieurs à la réalité qu’exige les modèles économiques.

 

  • N’avez vous pas l’impression que la qualité est de plus en plus onéreuse ? Oui, il est toujours possible d’acheter des biens de consommation de qualité médiocre à petit prix … mais n’avez vous pas l’impression de prix hors d’atteinte dès lors qu’il s’agit d’acheter des biens de qualité normale / moyenne supérieure ?

 

Et vous, avez vous l’impression que quelque chose se passe du côté de l’inflation ? Suis je victime d’une mauvaise intuition ?

 

 

Comment investir dans une période de hausse de l’inflation ?

Ce n’est pas un scoop, les actifs obligataires et l’assurance vie en fonds euros seraient les premières victimes !

 

Tableau de synthèse des placements en cas d’inflation.

Inflation ou déflation, quels placements ? Quels investissements. Ce qu’il faut faire ou ne pas faire.

INFLATION DÉFLATION
OU INVESTIR OU NE PAS INVESTIR OU INVESTIR OU NE PAS INVESTIR
Dette (surtout à taux fixe).

En période inflationniste, il faut être endetté. C’est l’inflation qui permet de rembourser la dette sans effort (dès lors que le salaire suit l’inflation)

Obligations (attention aux contrats d’assurance vie en Euros) Obligations (surtout à taux fixe). Le taux d’intérêt est toujours préférable au rendement négatif lié à une baisse des prix. Dette. S’endetter devient onéreux et contrairement à l’inflation, le montant du remboursement devient de plus en plus important. Au gré de la baisse des prix, le montant de la mensualité reste identique.
Actions (l’inflation est favorable aux entreprise structurellement endettées). De surcroît la croissance économique qui accompagne l’inflation est favorable aux entreprises. Trésorerie. Trésorerie. La rémunération proposée et garantie par l’établissement bancaire évitera de perdre son capital. Actions (récession économique défavorable aux entreprises)
Or (or physique : protection du capital mais pas de rendement; Mines d’or : chiffres d’affaire et résultats indexés) et matières premières. Or et matières premières. La récession doit entrainer une baisse de la consommation des matières premières et donc une baisse de leur prix.
Immobilier / actifs fonciers (protection du capital et des revenus; mais mesures possibles d’encadrement des loyers). Cf « Immobilier et déflation : Quelles conséquences de la déflation sur les prix de l’immobilier ? » immobilier / actifs fonciers. Les loyers ont tendance à baisser, pour maintenir un rendement locatif, les prix doivent s’ajuster à la baisse.Les taux restent bas, mais la demande des potentiels acquéreur est faible.
Salaire Rente non indexée, retraite (revalorisation < taux d’inflation) Salaire, rente non indexée, retraite. (revalorisation à la baisse improbable) Être au chômage




43 Comments

  1. Jonathan Kaminski says:

    Le retour de l’inflation est tout a fait normal en fin de cycle économique, il reste néanmoins très modeste par rapport aux anciens cycles (debut des annees 2000 rappelez vous comment l’essence et l’immobilier avaient flambe!) et est la résultante d’une économie plus saine et doit inciter au désendettement des ménages, des entreprises et des états. Les taux d’intérêts aux US sont déjà en train de faire ralentir le marche immobilier mais ils ne sont pas non plus dissuasifs. En Europe, il ne faut pas s’attendre a des hausses brutales des taux d’intérêt, et de façon structurelle on ne connaîtra pas non plus une envolée de l’inflation et des taux d’intérêt ces prochaines années (du cote de la demande, population vieillissante et nouvelle génération consommant plus de « tech » mais moins de biens durables, plus d’économie circulaire ou d’usage mais moins de consommation classique, du cote de l’offre pas de grosses contraintes de production pour repondre a la demande, mais productivite qui ralentit neamoins) mais leur hausse progressive est relativement saine.

    Si le retour de l’inflation est la résultante d’une croissance plus soutenue, c’est le moment pour ralentir la croissance du crédit et en profiter pour rembourser un peu plus ses dettes avant la prochaine récession! Si les salaires suivent, il n’y a pas non plus de perte de pouvoir d’achat. Il faudra bien pouvoir se re-endetter lors de la prochaine crise pour relancer l’économie. La vraie préoccupation est le niveau d’endettement de certains secteurs et états qui risquent d’être fragilises par la hausse des taux. Cela pourrait créer des mouvements de panique sur certains marches du crédit ou obligataires.

    En conclusion, oui on sent l’inflation revenir mais pas de facon tres agressive non plus. Surveillons qd meme que l’augmentation du cout de la dette ne vienne pas fragiliser certains secteurs et certains gouvernments (Italie / Espagne) qui pourrait generer la prochaine crise…

    • « Si le retour de l’inflation est la résultante d’une croissance plus soutenue, c’est le moment pour ralentir la croissance du crédit et en profiter pour rembourser un peu plus ses dettes avant la prochaine récession! » …

      Oui, nous sommes d’accord, mais le risque n’est il pas justement une politique monétaire qui se resserre trop tardivement ?

      • Jonathan Kaminski says:

        Merci Guillaume pour votre commentaire. Tout depend de ce qu’on appelle trop tardivement, c’est une question sensible! Le vrai risque pour les banques centrales c’est l’emballement de l’inflation et les incitations au surendettement. Pour l’emballement de l’inflation (au detail, au gros, ou bien salarial), c’est loin d’etre le cas et cest tres progressif surtout en europe. Donc rien ne presse la BCE. Si on s’y prend trop tard on n’arrivera pas a freiner les anticipations d’inflation et du coup on entre ds un cercle vicieux en effet (les gens anticipent encore leurs achats par peur de l’inflation future, ce qui nourrit encore plus l’inflation) , de plus on n’incitera pas non plus au desendettement, et alors il faut une politique brutale de remontée des taux qui précipite tout le monde dans la crise. Le problème si on s’y prend trop tôt c’est qu’on ralentit la dynamique de croissance un peu précocement sans que cela soit nécessaire. On dit souvent que c’est la FED qui a précipité la crise de 2008 alors que la bulle immobiliere aurait pu etre degonflee plus progressivement. Mais c’est toujours plus facile a dire apres coup…

        En Europe, je pense que la remontee des taux prevue par la BCE fait sens, progressivement et doucement a partir du 2Q 3Q 2019. Je ne vois pas d’inflation immobilière (a part peut etre dans certaines villes), l’inflation salariale est a 2 pourcent, l’inflation des biens est certes a 2% mais uniquement tirée par l’énergie et les biens par nature volatiles. L’inflation « core » est autour de 1% annuellement donc on a encore un peu le temps de voir venir… La BCE doit cependant communiquer pour dire a tout le monde attention c’est le temps de moins emprunter et commencer a se désendetter… Allez dire cela a l’Italie ou a l’Espagne (et meme a la France!).

        Les mouvements recents sur les actions americaines sont basees sur les memes craintes. Trump a invente la politique fiscale expansionniste en fin de cycle alors que normalement ce serait le moment de profiter de la croissance pour desendetter le gouvernment… tant que tout le monde prete aux US pas de soucis jusqu’au jour ou….(bon pour les moment les chinois n’ont aucun interet a vendre leur dette américaine car cela ferait augmenter la valeur de leur monnaie ce quils ne veulent absolument dans le contexte actuel de la guerre commerciale)/ La bulle obligataire a surveiller de tres prés dans tous les cas!

        • Oui, nous sommes en phase si la relative faiblesse de l’inflation actuelle, mais au regard des quantités astronomiques de liquidité en circulation, le temps nécessaire pour la réduire n’est il pas considérable ?

          Avant les QE, il suffisait d’augmenter les taux pour un effet immédiat … mais demain, l’abondance de liquidité accumulée depuis 10 ans n’est elle pas une inertie que nous ne supposons pas ! Les liquidités qui ont alimentés les bulles des actifs … ne peuvent elles pas durablement se déverser dans l’économie réelle sans que les banques centrales ne puissent d’impact immédiat ?

          C’est juste une réflexion… je ne sais pas.

          • Jonathan Kaminski says:

            Il faudrait qu’en meme temps la BCE revende les actifs qu’elle a achete aux entreprises et aux etats (le QT ce que fait la FED en ce moment…). Elle va deja arreter d’injecter de la liquidite fin decembre, Maintenant la vraie question c’est est ce que les liquidites injectees depuis 2015 se sont « deversees » dans l’economie reelle… oui ms d’une facon tres mesuree, et cela n’a pas dope enormement la consommation mais plutot les investissements et les exportations ainsi que les dividendes et les profits des entreprises, donc pas tellement d’effet inflationniste (peu finalement a ete redistribue sous forme de hausse de salaire). C’est possible que cela soit plus le cas en fin de cycle mais je ne vois pas cela creer un emballement inflationniste brutal surtout si la BCE continue avec une « forward guidance » suffisemment preventive et anticipative.

    • Pas de hausse brutale des taux d’intérêts si et seulement si toutes les conditions sont remplies par ailleurs. Le moindre écart par rapport script pourrait entraîner la chute d’une grande banque européenne et l’effet domino serait dévastateur.
      Quelques exemples :
      – une cessation de paiement de la Turquie
      – un scénario à la Grecque pour l’Italie
      – le Brexit (on n’en connaît pas encore les conséquences)
      – des matières premières dont les prix augmentent trop vite (pétrole par exemple)

      En réalité, tout événement qui amènerait à se pencher sur les bilans de BNP, Deutsche Bank, BBVA, Crédit Agricole, Société Générale, les banques italiennes et espagnoles en général.

  2. Comment peut-on avoir un taux d’actifs employés au plus haut depuis 2003 alors que les entreprises ferment les une derrière les autres ? Vous voyez les salaires augmenter vous ?

    Ce que je vois autour de moi c’est surtout plein de gens au chômage, des emplois tous rémunérés au SMIC ou presque, des offres d’emploi avec 10 candidatures chacune, des réductions d’effectifs mes dans les grosses entreprises, des taxes et impôts qui augmentent tout le temps avec création de nouveaux régulièrement….

    Je ne suis pas « expert » en la matière, mais si les prix et les impôts/taxes augmentent (inflation) et que les salaires stagnent, les gens ne pourront plus dépenser autant, les achats diminueront et ça mettra à mal les entreprises de biens/services qui licencieront; créant ainsi des chômeurs qui seront des fardeaux pour les comptes publics , qui eux mêmes devront augmenter les impôts de ceux qui travailleront toujours …. créant un cercle vicieux.
    Ai-je tord ?

    • Pour ce qui est tu taux d’emploi : https://data.oecd.org/fr/emp/taux-d-emploi.htm

      Enfin, le sujet est justement l’augmentation des salaires qui semble se dessiner face au manque de main d’œuvre dans de nombreux secteurs…

      • Je ne mets par votre écrit en doute Guillaume, mais je me pose la question, face à ce qui semble être une hausse généralisée du chômage et des destructions d’emplois.
        Je ne pense pas, personnellement, que les patrons vont augmenter les salaires des secteurs « en crise » : le BTP ne va pas bien et pourtant il demandent de la main d’oeuvre…. inévitablement payée au SMIC. Pour cela il faudrait que les patrons acceptent la loi de l’offre te de la demande, mais ils semblent être très sûrs d’eux et au contraire attirent de la main d’oeuvre de l’immigration extra-européenne…très mal payée.

        Je ne sais pas si cela va changer ni surtout, qu’est ce qui pourrait être le « starter » de ce changement de paradigme .

  3. bonjour,

    Pourquoi « attention aux contrats d’assurance vie en Euros) » en cas d’inflation ?
    A part un rendement qui pourrait etre inférieur à l’inflation (ou minime si le gestionnaire achete de nouvelles), quel risque ?

    • Le risque est un rendement durablement faible qui inciterait les épargnants à retirer leur épargne afin de profiter de meilleurs rendement ailleurs … Dans une telle situation, les assureurs pourraient devoir vendre une partie de leur portefeuille en moins-value du fait de la hausse des taux ! C’est un risque de solvabilité pour les compagnies.

      Dans un tel scénario, comme nous le présentons dans le livre « assurance vie et gestion de patrimoine », la loi SAPIN pourrait s’appliquer et la conséquence serait le blocage de l’épargne.

      • Jonathan Kaminski says:

        Les rendements obligataires augmenteraient neanmoins sur les nouvelles obligations souscrites par les assureurs (regardez ce que servaient les fonds euros depuis des annees…) mais pourraient effectivement générer des moins values a la revente du portefeuille obligataire (mais justement en periode de montee des taux il faut laisser aller l’obligation jusqua maturite pour recuperer le principal et reinvestir a des prix plus faibles et rendements plus forts les coupons servis pour mieux distribuer les rendements aux assures…). Mais je ne connais pas bien comment les assurances vies operent exactement sur les marches obligataires… pouvez vous nous eclairer a ce sujet? Je ne suis pas sur que la remontee des taux implique necessairement un rendement plus faible des fonds euros. Il me semble que les specialistes en assurance vie prevoit une remontee des rendements des fonds en 2019… https://patrimoine.lesechos.fr/assurance/assurance-vie/0301232440967-assurance-vie-en-euros-quand-les-rendements-vont-ils-remonter-2151977.php

        • Voici une lecture pour vous : https://www.leblogpatrimoine.com/assurance-vie/assurance-vie-quy-a-t-il-dans-votre-fonds-euros-comment-les-assureurs-investissent-largent-des-epargnants.html

          La remontée des taux n’entraîne pas un rendement plus faible… mais l’inertie d’une très longue période de taux excessivement bas rend cette remontée très très lente ! Que feriez vous si le fonds euros de votre assurance vie délivre péniblement 1.80% … alors qu’à la concurrence les autres placements bancaires sont à 3% ?

          • Jonathan Kaminski says:

            Oui il vaut mieux acheter des obligations en direct que de garder son fonds euros dont l’effet dilutif va freiner la remontee des rendements… Cependant un investisseur qui place une partie ds un fonds euros ne s’amuse pas a entrer et sortir tres frequemment et il est aussi content que les rendements restent a 1.5 pourcents que les obligations ont des rendements negatifs, donc il est proteger contre les bas rendements et certes il devrai patienter pour leur remontee… Je pense que l’effet se fait a la marge. Apres il se peut que les banques encouragent leurs clients a faire plus darbitrages ds leurs contrats et a redistribuer un peu plus depuis les fonds vers dautres placements… merci pour le lien je vais regarder.

      • C’est un risque de solvabilité pour certaines compagnies.
        Quand vous regardez certains bilans, vous avez des ratios qui sont en général assez élevés (par exemple 163% voire plus).
        Après il faut regarder « l’exposition » à l’assurance-vie puis au support euro.
        Dans le support euro, vous avez l’exposition aux obligations d’état et aux obligations d’entreprises. C’est là que se trouve le risque de faillite de l’assureur.
        En gros, si la prévoyance représente 50% de l’encours, l’assurance-vie 50 % et que sur l’assurance-vie l’exposition aux obligations états et entreprises représentent 50% de l’encours assurance-vie, la compagnie ne fera pas faillite à cause d’une remontée des taux. Elle connaîtra des remous mais elle sera là solide.

  4. Croyez vous que les très nombreux témoignages de chefs d’entreprises qui peinent à recruter n’est pas le signe d’une hausse indispensable des salaires pour attirer les candidats ?

    c’est le signe de l’état providence surtout qui favorise LE GLANDAGE !

    • ou peut être que les salaires doivent augmenter pour attirer à nouveau les travailleurs ? N’est ce pas ça le principe de l’offre et de la demande.

      Si personne ne veut travailler pour 1100€ / mois … peut être que c’est parce que le salaire n’est pas assez élevé ?

      • Le sujet est dans l’air du temps. Voici un article publié ce jour sur lesechos :Les salaires des non-cadres ont augmenté deux fois plus vite qu’en 2017 https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0302425587030-les-salaires-des-non-cadres-ont-augmente-deux-fois-plus-vite-quen-2017-2214328.php

        morceaux choisis :

        Selon le baromètre du groupe Randstad, ils ont en moyenne augmenté de 1,8 % au premier semestre 2018, contre 0,9 % un an plus tôt. C’est la plus forte progression depuis 2013.

        Selon le baromètre Randstadt, qui s’appuie sur l’analyse de 1,4 million de fiches de paie de personnes employées au premier semestre 2018 comme intérimaires et rémunérées au même niveau qu’un salarié titulaire, comme le prévoit la loi, les salaires des non-cadres ont en moyenne augmenté de 1,8 % au premier semestre 2018, après 0,9 % un an plus tôt.

        Portée notamment par la croissance et la pénurie de certaines compétences (dans le BTP notamment), la rémunération moyenne d’un non-cadre atteignait ainsi 1.607 euros brut en 2018, contre 1.579 euros il y a un an, soit 7,2 % au-dessus du SMIC.

        Dans le détail, toutes les catégories de non-cadres profitent du dynamisme retrouvé des hausses de salaires. A commencer par les professions intermédiaires qui enregistrent une progression de 3,6 % de leur rémunération à 1.845 euros.

        Les ouvriers non-qualifiés, qui présentent le niveau de salaire moyen le plus bas (1.575 euros) connaissent la deuxième plus forte hausse. Elle atteint 1,9 % et devance de peu celle des ouvriers qualifiés (1,8 % à 1.628 euros).

        Les employés sont à la traîne avec une hausse constatée en dessous de la moyenne. Avec un salaire brut moyen de l’ordre de 1.588 euros, ils ne voient leur rémunération augmenter que de 1,4 %.

        Par secteur, c’est dans l’industrie que les salariés ont bénéficié de la hausse la plus importante. Les salaires ont en effet augmenté de 2,2 %.

        En revanche, en dépit de pénuries de main-d’oeuvre récurrentes, les salaires n’ont augmenté que de 1,5 % dans la construction à 1.616 euros et de 1,4 % dans les services à 1.577 euros.

  5. La question que je me pose et vous pose ( en marge ou complément de cette discussion ) :

    Quelles seraient ou sont les solutions qu’ont les états pour rembourser leurs dettes ?

    Est-on condamné à la fuite en avant perpétuelle ?

  6. Guillaume avez vous un lien permettant de voir l’argent qui est du à la France ; je ne retrouve pas le mien?

  7. Si l’inflation et les taux d’intérêts remontent, je pense que juste après les obligations, l’immobilier est le second support sur lequel il faut absolument éviter d’investir: c’est un investissement de rendement, sa valeur est intimement liée à sa prime de risque. Donc de la même manière qu’une obligation, si les taux augmentent, sa valeur va inévitablement baisser. S’il redevient possible de trouver des obligations a 10 ans d’entreprises de bonne qualité qui servent du 3-4%, avec la fiscalité du PFU, la simplicité de gestion, les frais quasi nuls, la liquidité, l’absence de risque locatif, l’absence de taxe fonciere, l’absence de diagnotics obligatoires, l’absence de travaux, l’absence de bail, l’absence d’IFI, quel investisseur voudra encore acheter de l’immobilier à 5 ou 6 % brut ? Personne bien évidemment, donc la valeur de l’immobilier acquis actuellement risque fort d’être massacrée… Et l’immobilier à beau être un actif de rendement très peu liquide qui n’a pas vocation à être revendu à court terme, s’il perd 20% de sa valeur, il va en falloir des années de loyers nets pour éviter de manger la grenouille…

    Quant à la prétendue indexation des loyers sur l’inflation, personnellement je ne miserais pas desssus: outre l’encadrement administratif généralisé des loyers, leur évolution dépend essentiellement de celle des revenus des locataires. La question est donc se savoir si, en cas de forte inflation, les revenus de vos locataires – ansi que le cas échéant les aides de la CAF et les APL – suivront l’inflation… possible, mais il va vraiment falloir sélectionner les locataires avec soin.

    Personnellement, je pense que la meilleure protection reste les actions de sociétés solides, plutôt ‘value’, pas trop endettées, pas forcément très sexy mais avec une base de revenus récurrents difficiles à arbitrer, et servant un dividende assez généreux et surtout stable. Bref il faut savoir être sélectif, mais les pépites existent; il faut faire ses devoirs et travailler pour les trouver, comme d’autres écument les annonces immobilières sur LBC ;-).

  8. Bonjour
    Tout à fait d’accord avec l’achat de belles sociétés qui ont des dividendes croissants depuis plus de 25 ans (les aristocrates) et plus de 50 ans (les kings).
    Pour réaliser cela elles ont forcément des barrières à l’entrée très solides.
    Si on ne veut pas gérer, un ETF basé sur le SP500 reste une excellente alternative sur la durée.
    bien amicalement
    Antonio

  9. L’inflation ne « peut » augmenter, pourquoi ? Extrait

     » Le petit calcul que je vais vous présenter sur les effets d’une hausse des taux longs dans différents scénarios d’endettement est à la portée d’un enfant de CM2. Et pourtant ses conséquences sont essentielles à comprendre dans le système économique actuel et son évolution.

    Premier cas de figure : système normalement endetté

    Prenez un système normalement endetté (un groupe de pays dont la dette globale est d’environ 80% du PIB. Je parle ici bien de dette globale, donc publique et privée), avec un PIB de 10 unités (l’unité pouvant représenter par exemple 1000 milliards d’euros).

    La dette du système sera de 8 unités.

    Soumettez le à une hausse des taux de 2% à 7% sur deux ans avec une inflation et une croissance du PIB au même niveau (je simplifie volontairement pour rendre l’explication simple à calculer)

    Que va-t-il se passer ?

    Avant la reprise de l’inflation :

    Le PIB est de 10

    Les intérêts sont de 8*0,02 = 0,16

    PIB restant après paiement des intérêts : 9,84

    Après la reprise de l’inflation :

    Le PIB nominal (avant intérêts) en année 2 passe à 10*1,07*1,07 = 11,45

    Les intérêts payés sont de 8*0,07 = 0,56 (Je fais l’hypothèse simplificatrice que la dette initiale ne soit pas augmentée, dans la réalité elle augmente mais cela change assez peu les résultats)

    PIB restant après paiement des intérêts : 10,89 unités, soit 9,5 unités en monnaie constante.

    Conclusion : La hausse des taux a provoqué une petite baisse du PIB en monnaie constante (logique effet négatif de la hausse des taux et d’une reprise d’inflation sur l’économie), mais en monnaie courante le PIB continue de croître, et le poids de la dette par rapport au PIB tend à diminuer si on ne souscrit pas de nouvelle dette. La reprise de l’inflation et la hausse des taux sont donc soutenables dans ce système si celui-ci ne dépend pas trop du crédit pour assurer sa croissance future, et l’inflation finit par désendetter en douceur le système.

    Second cas de figure : Un système endetté à hauteur de 320% du PIB (c’est le cas du système mondial actuel). Notre stock de dettes passe à 32 unités pour 10 unités de PIB

    Nous gardons les mêmes hypothèses que pour le cas précédent, avec une hausse des taux et du PIB nominal de 2% à 7% par an en deux ans.

    Avant la reprise de l’inflation :

    Le PIB est de 10

    Les intérêts sont de 32*0,02 = 0,64

    PIB restant après paiement des intérêts : 9,36

    Après la reprise de l’inflation :

    Le PIB nominal passe à 10*1,07*1,07 = 11,45

    Les intérêts payés en année 2 sont de 32*0,07 = 2,24 (Je fais l’hypothèse simplificatrice que la dette initiale n’augmente pas, dans la réalité elle augmente mais cela change assez peu les résultats)

    PIB restant après paiement des intérêts : 9,21 unités, et 8,04 unités en monnaie constante.

    Conclusion : Cette fois le PIB chute même en monnaie courante et s’effondre (-20%) en monnaie constante, et le ratio d’endettement (PIB courant / dette) augmente mécaniquement même si on ne souscrit pas de nouvelle dette. La hausse des taux n’est plus soutenable dans ce contexte !

    Les enseignements de ce calcul sont simples à comprendre :

    Dans un système très endetté comme le système actuel, une hausse modérée des taux n’est pas un scénario « possible » sur le long terme. Elle enclencherait un cercle infernal dans lequel la hausse des taux provoquerait une forte chute du PIB, qui elle même provoquerait une hausse des ratios d’endettement de tous les acteurs du système, donc des faillites en cascade, encore plus de chute du PIB et une nouvelle hausse du ratio d’endettement du système. Les états tenteront alors sans doute d’enrayer la crise par le déficit et la planche à billet, ce qui rajoutera encore de la dette dans le système !

    L’issue finale étant forcément hyperinflationniste (une hausse des taux d’inflation et du PIB en monnaie courante de 50 ou 100% / an finirait quand même par remettre les compteurs à zéro au bout de deux ou trois ans après de nombreuses faillites) après une première partie de crise déflationniste. Pour ces deux phases, il existe heureusement des stratégies à utiliser pour en profiter !

    Quoi qu’il en soit, vous pouvez oublier le scénario du retour d’une inflation modérée à 5 ou 10% pour régler en douceur le problème du surendettement actuel du système. Il fonctionne dans un système endetté à hauteur de 60 ou 100% du PIB, mais à 320% du PIB c’est juste une utopie !

    Pour finir, regardez maintenant la courbe des taux longs aux USA : C’est précisément un scénario de hausse des taux à long terme qui commence à se mettre en place, avec la cassure d’une tendance baissière qui était en cours depuis le début des années 80. »

  10. @ Michel
    La finalité de la question était bien de trouver des stratégies pour conserver voire augmenter la valeur de l’épargne constituée (mobilière ou immobilière ) .

     » Pour ces deux phases, il existe heureusement des stratégies à utiliser pour en profiter !  »
    Vous mettez l’eau à la bouche sans pour autant étancher ma soif !!!!!!!!!

    Votre dernière phrase sur les Taux longs US veut dire que le processus est enclenché ?
    La tendance baissière est effectivement stoppée mais à 3,15% peut-on réellement parler d’un hausse qui se met en place .
    quel est pour vous le point de rupture à la hausse ?

    • Ces exemples ne sont pas de moi, mais de Loïc Abadie. Si je donne le lien il sera censuré par Guillaume !!!!
      Je vous le donne quand même au cas où il comprendrait l’intérêt d’une pluralité de raisonnements et de solutions pour booster son épargne et son patrimoine, donc en phase avec ce blog 🙂

      Oui, la hausse des Taux long US est bien enclenché par la FED. Il n’y a pas à mon sens de point de rupture à la hausse mais historiquement, ce taux est monté à plus de 15% au début des années 80. Un frein cependant c’est la charge exponentielle de la dette comme expliqué dans l’article

      • Puisque le lien est une nouvelle fois censuré 🙁 🙁 🙁 allez sur le site de Loïc Abadie pour retrouver gratuitement la vidéo.

  11. Jonathan Kaminski says:

    Analyse intéressante. Comme les politiques des banques centrales et l’inflation sont endogenes avec le niveau d’endettement global de l’économie, il est fort a parier que l’inflation et les taux ne vont pas augmenter tant que ca, mais des mouvements de panique sur les marches obligataires sont une source de risque importante. Concernant la hausse des taux longs aux US, c’est un phenomene nouveau mais je pense temporaire car la Fed cherche a faire anticiper aux acteurs economiques un taux plus haut que prevu en fin de cycle de resserrement monetaire (terminal rate), et non une hausse des taux plus rapide que prevu, en gros un resserrement un peu plus long mais tjours aussi graduel (et ce, uniquement si la croissance americaine et l’inflation restent au dessus de leur niveaux cibles d’ici fin 2019 seulement). Seulement en 2019 la croissance americaine et l’inflation devraient se stabiliser voire se tasser (fin de l’effet des reductions d’impots) et la Fed pourrait bien resserrer un peu moins au final, donc on verra surtout un effet sur les taux courts mais je ne vois pas les taux longs aller beaucoup plus haut AMHA.

  12. Autre source d’inflation à ne pas sous-estimer : La hausse des prix des produits alimentaires du fait du dérèglement climatique qui réduit fortement la production.

    Un exemple, le marché de la pomme de terre qui est affecté par la sécheresse en affichant des niveaux de production très faibles .

    https://www.letelegramme.fr/agri-agro/secheresse-estivale-les-frites-nouvelles-victimes-en-france-19-10-2018-12110773.php

    • Jonathan Kaminski says:

      Bonjour Guillaume. Je travaille beaucoup sur les marches agricoles. Au niveau des cereales et oleagineux cela est le contraire, les fondamentaux sont bearish. Meme si en Europe la production a tendance a baisser, elle augmente fortement sur le continent americain avec l’utilisation d’OGM et autres technologies. De pluis le changement climatique affecte les zones de production agricoles traditionnelles mais en revanche il permet den creer de nouvelles (par exemple le Canada est en train de devenir un des plus gros exportateurs de ble et de colza, la region Russo Ukrainienne est devenu le premier exportateur mondial de ble, et progresse au niveau du mais, etc.) Meme en Europe les niveaux de production augmentent au Nord (Allemagne, GB), donc il s’agit plutot de la redistribution de la production mondiale. Les prix du mais et du soja ont chute depuis le printemps a cause de la guerre commerciale et de la recolte record aux US. Sur les marches plus petits comme la pomme de terre ou certains fruits et legumes oui, mais cela nest pas forcement une tendance durable. Les prix sont ds ts les cas bcp plus bas que lors des deux derniers episodes de flambee des prix agricoles en 2007-08 et en 2011-12. A mon avis le vrai premier facteur de l’inflation aujourdhui est la poussee des prix du petrole et de l’energie. La guerre commerciale va aussi pousser l’inflation en augmentant simplement le coût du commerce (donc plus d’écart entre prix de production et prix a l’achat a cause des barrières tarifaires et non tarifaires, toutes choses egales par ailleurs).

      • Merci pour ce retour c’est très interessant…

        J’aimerai bien creuser le sujet pour les lecteurs (c’est un peu hors cadre, mais tellement passionnant). Si je vous proposais de nous préparer un article sur ce sujet vous accepteriez ?

        – Évolution des prix récents ; redistribution mondiale du fait du dérèglement climatique ; OGM ; Bio…

    • Nous voilà revenu à ce fameux réchauffement climatique, il avait longtemps, mais c’est vrai que le GIEC vient d’en remettre une (bonne) couche, alors tout le monde va en parler et nos gouvernants vont vite s’empresser (c’est déjà parti –> entrée en ville payante) d’instituer de nouvelles taxes !!!!.
      Non cher GF, une sécheresse n’est pas un réchauffement climatique, c’est une sécheresse comme en 1976, ou :
      – VIe siècle : 580, 582, 584, 585, 586, 587, 589, 591
      – VIIe siècle : 675, 700
      – VIIIe siècle : 783
      – IXe siècle : 874, 892
      – Xe siècle : 921, 987, 994
      – XIe siècle : 1078, 1094
      – XIIe siècle : 1137, 1183, 1188
      – XIIIe siècle : 1204, 1212, 1226, 1287
      – XIVe siècle : 1305, 1306, 1325, 1331, 1334, 1361, 1384, 1392
      – XVe siècle : 1473
      – XVIe siècle : 1540, 1553
      – XVIIe siècle : 1632, 1674, 1684, 1694
      – XVIIIe siècle : 1701, 1712, 1718, 1719, 1726, 1727, 1767, 1778, 1793
      – XIXe siècle : 1803, 1811, 1817, 1825, 1842, 1858, 1875, 1893
      – …etc
      Donc ni plus ni moins globalement parlant que les siècles sans CO2 🙂 🙂 🙂 :=)

      Et puis avec des pommes de terre qui ont prix 15 à 25 cts au kilo, ce n’est pas ce qui va générer beaucoup d’inflation !
      Il y a plus à craindre avec l’augmentation des prix pétroliers (PP). D’ailleurs si vous superposez les courbes PP et inflation vous aurez une étonnante concordance.
      Si l’amorce à la baisse de ces PP perdure vous verrez avec une quasi certitude la courbe de l’inflation INSEE (pas la vraie !) s’infléchir.

      • Michel, sincèrement vous m’épuisez 😉

        Avez vous lu réchauffement climatique dans mon propos. Les mots ont un sens… il convient de les lire avec attention avec de s’exciter 😉

        • Hé bien oui, vous aussi vous m’énervez avec votre tantinet de mauvaise foi!
          Vous dites: « … du fait du dérèglement climatique… » c’est dans l’esprit de tout le monde la même chose que « réchauffement climatique ».
          Si quelqu’un sur ce blog y voit une différence notable dans le contexte actuel, qu’il m’explique !

  13. Jonathan Kaminski says:

    Oui pk pas mais pas avant fin novembre svp. Vous pouvez aussi me contacter sur mon adresse email, au plaisir.

  14. L’inflation au quotidien. Un exemple très concrêt.

    Je viens de passer une commande de retirage de mon livre « Investir dans l’immobilier ». Entre la hausse du prix du papier depuis 6 mois (+8%), la hausse du coût du transporteur du fait de la hausse du carburant et la hausse du prix du timbre, je vais devoir augmenter le prix de vente de mon livre de 2€.

    Il me reste 200 exemplaires à 52€ ensuite ce sera 54€ ;-(

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