Les placements dans le vin attirent de plus en plus les investisseurs en quête de diversité dans leur patrimoine, à l’instar des véhicules de collection, des montres, de l’art… D’autant plus qu’ils permettent d’allier investissement et plaisir, ce qui n’est pas négligeable pour les investisseurs à la recherche d’actifs tangibles.
Ainsi, les offres d’investissement dans le vin se multiplient.
Développement des structures spécialisées
Il est possible trouver des offres grâce aux structures traditionnelles qui géraient déjà des stocks de grands vins.
Mais l’engouement pour ce placement a entrainé la création de plateformes internet qui permettent d’acquérir en ligne des grands crus tels que des Bordeaux, Champagne ou Bourgogne.
Nous pouvons citer parmi ces sites internet : Cavissima, Patriwine, La Bergère Investment, Cavedepargne etc.
Ces plateformes attirent toujours plus d’investisseurs en faisant des offres variées, mais surtout en annonçant jusqu’à 8 ou 10% de rendements annuels pour certains !
Par ce biais, les investisseurs peuvent se constituer une cave à partir de 400€ sans avoir à stocker les bouteilles. Dans ce cas, la durée minimale du placement est de 4 ans.
Passer par ces sites internet permet aux investisseurs de profiter de la fiscalité des biens meubles. À noter également, que l’investissement peut se faire hors TVA s’il est placé en port franc (Genève, Bruges, Luxembourg etc).
Investir dans les bouteilles ou dans le foncier ?
L’investissement dans le vin pose deux problèmes majeurs. Le premier est que le cours des grands crus est très volatile. Le second est que le vin ne donne aucun rendement financier.
Pour pouvoir toucher un revenu grâce à un placement dans le vin, il est préférable d’adhérer à un Groupement foncier viticole (GFV) plutôt que d’acheter des bouteilles.
Le GVF investit alors dans une exploitation viticole, et est géré par une société de gestion agrée par l’AMF, ce qui apporte une certaine sécurité à l’investisseur.
Evidemment, la sécurité rapporte moins qu’un placement risqué, mais permet d’assurer un rendement autour de 2% net.
Ce rendement peut sembler faible, mais il faut garder à l’esprit que les placements dans le vin offrent des plus-values potentiellement intéressantes, étant donné que le vin, produit de luxe, s’exporte très bien.
Il faut savoir, qu’en passant par un GVF, le rendement se fait en nature, sous forme de bouteilles. Il existe alors un risque que le prix annoncé par le groupement ne corresponde pas exactement à la valeur du marché.
D’un point de vue fiscal, les personnes soumises à l’ISF peuvent retirer 75% de leur investissement de l’assiette imposable, jusqu’à 100 000€, et 50% au-delà.
De la prudence face à cette multiplication des offres.
L’engouement pour ce placement a entraîné la création de nombreuses start-ups spécialisées comme nous l’avons dit plus haut. Cependant toutes ne se valent pas.
Il faut donc bien se renseigner ou se faire conseiller par un professionnel avant d’investir, pour ne pas connaître de désillusion.
Par exemple, les personnes ayant investi dans le vin via la plateforme 1855 ont eu une mauvaise expérience.
En effet, la société a été condamnée à payer une amende de 200 000€ pour manquement à son obligation de communiquer une information exacte, précise et sincère.
Elle avait basé son commerce sur le fait que, jusqu’en 2008 , et cela reprend doucement depuis quelques années, les vins pouvaient être achetés en primeur à un prix moins élevé que leur prix de livraison. Mais l’entreprise prenait commande sans être certaine de recevoir le nombre de bouteilles demandé.
Par ailleurs, en 2009-2010, les vins primeurs se sont retrouvés au même prix voire plus cher que les prix de sortie, ce qui a entrainé des difficultés supplémentaires à l’entreprise.
La société, consciente de ses difficultés financières, n’en a pas fait part à ses clients.
Ainsi, la société est en liquidation judiciaire depuis le 9 janvier 2015.
Faut-il encore investir dans le vin ?
Un investissement dans le vin ne se fait pas sans risques.
En effet, le cours du vin est influencé par les éléments extérieurs et les cycles économiques, tels que les problèmes conjoncturels (mauvaises météos, crise de 2011 etc.).
Nous pouvons voir ci-dessous l’indice Financial Times du Top Wine Index. La courbe ne suit pas une croissance linéaire et a bien diminué depuis 2011.
Un variable supplémentaire s’ajoute pour cet investissement : la qualité d’un vin varie d’une année à l’autre. Par exemple les primeurs 2014 en Bordeaux et plus particulièrement Médoc devraient être de bons investissement. La rareté d’un produit influence aussi sur sa valeur. Plus un millésime ancien est rare plus il aura de valeur.
Qu’en est-il des primeurs ?
Les vins primeurs de 2014 ont connu de meilleures ventes qu’en 2013, mais elles restent inférieures de 25% à celles de 2012 et de 90% à celles de 2009 (une année record) d’après un sondage effectué auprès des membres de Liv-Ex.
Nous remarquons sur le graphique ci-dessus que les prix des Ex-Chateaux 2014 étaient en moyenne 60% inférieurs en € à ceux de 2010. Sur une plus longue période, les prix suivent seulement l’inflation.
Ainsi, les acheteurs de primeurs ont perdu de l’argent sur les années récentes, ce qui explique leur prudence actuelle !
Pourtant, ceux-ci souhaitent être rémunérés des frais et des risques inhérents à l’achat d’un vin primeur, 18 mois avant sa mise en bouteille et de longues années avant qu’il puisse être bu.
Depuis l’apparition de Robert Parker dans le monde du vin en 1978, la qualité des vins de Bordeaux est scrutée de manière extrêmement minutieuse, ce qui a largement conditionner le goût actuel des amateurs de vin pour les Bordeaux.
Et il semble donc inévitable que le marché actuel apportera la même minutie concernant l’analyse des prix.
Pour conclure, l’investissement dans le vin est d’abord un placement plaisir ..
l’investissement dans le vin représente d’abord un placement plaisir. À défaut de faire une plus-value à la revente, vous aurez au moins le plaisir de le boire. Par ailleurs, cet investissement implique désormais une certaine diversification afin de limiter les risques.

