C’est la grande mode du moment dans le petit milieu de la gestion de patrimoine : Dans un monde devenu fou dominé par une financiarisation générale, il ne faut plus investir dans les placements bancaires ou les contrats d’assurance vie, rien ne vaut l’investissement dans les biens tangibles.

Demain, lorsque le monde s’effondrera (mais je vous rassure cela n’arrivera pas), il restera toujours quelque chose :

– Un appartement, une maison ;

– Une forêt ;

– Un terrain agricole ;

– Un diamant ;

– Un lingot d’or ;

– Un tableau, une peinture, une oeuvre d’art ;

– Un manuscrit ;

– Voiture de collection ;

– Bande déssinée

– … Ect …

C’est tellement évident : La pierre restera toujours la pierre ! Les diamants sont éternels ! Les manuscrits ne peuvent que se valoriser dans le temps (cf pour ceux qui n’auraient pas compris l’ironie de cette référence « Aristophil, une vaste arnaque type Madoff ou chaîne de ponzi ?« )

 

Investir dans un actif dont la valeur est subjective a t’il sa place dans votre patrimoine ?

Au delà de la qualité de chacun des actifs, investir dans un actif, tangible ou non d’ailleurs, dont la valeur vénale est fonction d’un jugement subjectif n’a pas sa place dans votre patrimoine et me semble synonyme d’un risque très élevé rarement mis en exergue par les commerciaux distributeurs de ces produits atypiques.

Un investissement dont la valeur est fonction d’un jugement par nature subjectif, j’entends l’investissement dans :

Le vin et plus généralement les offres d’investissement dans la constitution de cave patrimoniale à distance, c’est à dire l’achat de bouteille, son stockage chez le prestataire, et un marché secondaire de revente… Le vin et l’achat de bouteille n’est pas un investissement pour moi !

Personne n’est capable d’affirmer ce qu’est une « bonne bouteille » et d’expliquer sa valeur. Une bouteille est onéreuse parce que certains influenceurs type Guide Parker ou autres affirment que cette bouteille correspond à leur goût. Le jour ou leur goût change, ou que les influenceurs changent, la valeur du vin varie et peu s’effondrer à la baisse comme exploser à la hausse.

Une bouteille de vin n’a pas de valeur intrinsèque ! (sauf la valeur que représente le plaisir de partager une boisson alcoolisée entre amis…)

– L’art et la peinture ou autres œuvres artistiques. Encore une fois, l’art n’a pas de valeur, les goûts changent, leur valeur potentielle également. Seul le plaisir des yeux n’a pas de prix (ou du moins n’a comme limite que les moyens financiers de celui qui ressent une émotion devant l’oeuvre d’art). Vous en conviendrez, il est plutôt compliqué de projeter une rentabilité financière sur ces notions purement aléatoires et subjectives.

La priorité, c’est d’investir dans un actif dont la valeur est fonction des flux et revenus générés.

Dans ces périodes instables votre priorité ne doit pas être d’investir dans un bien tangible, mais plutôt dans un actif :

– Capable de s’adapter à une mutation structurelle de la société, c’est à dire investir dans un actif acteur de la croissance.

– Dont la valeur intrinsèque est liée à sa capacité à générer des flux et des revenus.

Ces deux critères me semblent essentiels pour être certain de réaliser un investissement qui traversera les tempêtes.

 

L’investissement immobilier, un actif générateur de revenus, mais incapable de s’adapter aux mutations structurelles de la société sauf ….

Investir dans l’immobilier, actif tangible par excellence, pourrait sembler répondre positivement aux deux critères. Il s’agit néanmoins d’un leurre.

Oui, investir dans un actif immobilier, c’est percevoir des revenus dans le futur ;

Non, investir dans un actif immobilier, ce n’est pas investir dans un actif capable de s’adapter aux mutations structurelles de la société et encore moins investir dans un acteur de la croissance économique. Un bien immobilier locatif, comme l’entend la majorité des investisseurs, c’est investir dans un bien passif face à son environnement économique, c’est investir dans un bien dont la valeur est trop dépendante du niveau général des taux d’intérêt.

Les prix de l’immobilier sont aujourd’hui à ces niveaux stratosphériques du seul fait de la baisse généralisée des taux d’intérêt depuis 30 ans. (cf « Comprendre la bulle immobilière pour anticiper la baisse des prix de l’immobilier ?).

 

…Lorsque l’investisseur se transforme en acteur économique

Néanmoins, lorsque l’investisseur transforme son investissement en actif économique et apporte une valeur économique à son investissement, celui-ci peut tout à fait trouver sa place dans votre patrimoine.

Apporter une valeur économique à votre investissement immobilier, c’est :

Transformer, rénover ou/et modifier l’usage d’un bien afin d’adapter l’usage et la destination de l’immeuble à la demande. Cette adaptation entre l’offre et la demande est alors source de valeur. Cette activité est assez proche de l’esprit du marchand de bien, dont la valeur ajoutée réside a apporter une valeur différente à un actif immobilier dégradé (car ne correspond pas à la demande locative… ) ; Par exemple, transformer certains grands immeubles de centre ville immeubles partagés en colocation (Colocation pour étudiants par exemple ou même personnes âgées type Colocation senior). – Cf « Investir dans la colocation : Rentabilité locative élevée, fiscalité faible… l’investissement idéal ?« 

Apporter un service complémentaire. Il ne s’agit plus alors de se contenter de louer un immeuble en location nue, mais d’y apporter un service complémentaire valorisable. Il peut s’agir d’un service de location meublée (accueil, linge de maison, petit déjeuner) ou de location équipée de bureaux (cf « La location équipée : Détenir l’immobilier d’entreprise dans un cadre fiscal idéal)

D’une manière générale, il faut investir dans un acteur économique, une entreprise.

Comme vous le démontre l’exemple de l’investissement immobilier, je crois dans la vertu de l’investissement dans un acteur économique, c’est à dire dans une entreprise.

Seule l’entreprise est l’origine de la croissance économique et pourra donc s’adapter à un environnement évolutif : Il ne faut pas investir dans un actif dont la valeur va augmenter dans le temps, mais dans un actif dont les revenus vont augmenter et évoluer positivement,ce qui permettra, à terme, d’augmenter la valeur de cet actif.

Le crowdfunding est à ce titre une excellente idée. Qu’il s’agisse du crowdfunding immobilier et du financement des promoteurs immobilier ou du crowdfunding lending ou equity qui financent l’innovation et la croissance des entreprises (attention cependant au excès du début « Le crowdfunding, derrière une idée géniale, une réalité qui laisse parfois interrogatif …« .

La bourse et l’investissement à long terme dans les entreprises est également une excellente idée. Investir en bourse n’est pas obligatoirement synonyme de spéculation et de court terme. Investir en bourse c’est aussi investir dans des entreprises, dans des acteurs économiques acteurs de leur croissance. Bien évidemment, il s’agit souvent d’une détention longue en directe. Les premiers titrards détiennent toujours des actions « air liquide » en portefeuille. Ce n’est pas un investissement très fun et moderne, mais c’est terriblement efficace et rentable. 

Investir dans un vignoble ou une exploitation forestière, une activité économique qui doit attirer votre attention. Si spéculer sur la valeur future d’une bouteille de vin me semble peu pertinent, il en est tout autre chose de l’investissement dans l’outil de production, c’est à dire dans le vignoble ou la forêt. Il n’a s’agit plus d’investir dans un actif passif, mais au contraire dans un acteur de l’économie qui transforme une matière première brute en produit fini commercialisé. Cet investissement a beaucoup de sens !

Je crois que vous avez saisi le sens général de mon propos.

Et pour vous ? La solution est elle d’investir dans un bien tangible ?

Connaissez vous d’autres investissements qui aient du sens ?

 

 

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9 Comments

  1. Merci du post Guillaume!

    J’ aime votre approche bien passif vs actif. C est la différence entre un placement et un investissement. L’ immobilier immobilise. Il est hélas regrettable que les pme achètent leurs murs plutôt que des machines et emploient des commerciaux ou techniciens

    Pour les placement: un bien locatif en direct avec du déficit foncier ou pinel ancien et un peu d’or physique en back up sont un matelas appréciable!

    Pour les investissements. .. Dès la fin de l’orage grec. … quelques titres en PEA.

  2. wanapatri says:

    Amusante accroche qui vilipende les tenants du tout tangible au détriment des placements financiers ( AV, etc)

    Typo: Connaissez vous d’autres investissements qui aiENT du sens

    Excellent article, comme la plupart du temps.
    Bonne synthèse et rappel des fondamentaux = pondérer, ne pas suivre les modes ni adhérer à leux excès.

    Par définition tout investissement est risqué.
    La vie elle même est très risquée….

    Le vin ou la vigne et l’ entreprise qui le produit ?
    Dans un autre registre, on dirait: « Donnez lui du poisson ou apprenez lui à pécher »

    Si on applique ce qu’on lit souvent: « n’investissez que ce que vous êtes prêts à perdre », alors pourquoi ne pas faire un ou des choix dans la liste des actifs tangibles énoncée par Guillaume.

    De préférence dans un actif « plaisir », une auto de collection si on aime ça.
    Sa cote augmente, très bien, ou l ‘inverse ! Et alors, si elle possède aussi une valeur d’usage, pas de soucis.

    Mais se méfier de l’achat plaisir en tentant de le justifier économiquement: comme rappelé par Guillaume, cela n’a pas de sens du point de vue de l’ investisseur ( à bien différencier du spéculateur, comme rappelé x fois sur LBP !).

    L’entreprise, bien sûr, mais en direct ? Pas si facile.
    Et la diversification n’impliquerait-ele pas que l’on en possède plusieurs…
    Le choix d’investir dans des groupements viticoles ou forestiers rend la porte d’entrée plus facile aux petits capitaux.

    Une entreprise peut s’adapter, pas ses anciens produits déjà fabriqués et passés de mode. En ce sens l’exemple de la cote d’un vin, n’est pas mauvaise. Cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de bons spécialistes de ce marché, qui bouge aussi pas mal ( déplacement de la production dans d ‘autres régions géographiques que la France ou l’ Europe…)

    La définition de la valeur d’un actif en fonction de l’ estimation des revenus futurs qu’il est possible de procurer est une bonne approche.

    Ainsi ma réponse à la question
    « Investir dans les biens tangibles ? Le meilleur investissement face à un monde devenu fou »
    est que la solution réside aussi par l’ investissement dans un bien tangible, bien choisi de préférence si l’on veut qu’il possède les critères du bon investissement rappelés par Guilaume.

    Mais que dans ce monde devenu fou, certes, et qui sait quand cela va s’ arrêter, puisque les politiques ( dirigeants en tout genre de la haute) manipulent quasi tout, pourquoi ne pas continuer à investir aussi dans les produits financiers qu’ils subventionnent de façon éhontée…
    Et vu que banques et politiques font à présent le marché,
    que tout bien tangible peut se trouver tout à coup taxé par une prochaine loi de finance, nous n’ avons clairement pas en main
    une boule de cristal pour savoir ce qu’ils vont décider.
    Ce qui est probable, c’est qu’ils vont s’arranger pour que la folie dure encore. Leurs places et leurs profits en dépendent !

  3. Fredy Gosse says:

    hum vaste sujet…. dites moi l’avenir je vous dirai ce qu’il faut acheter…

    2 petits exemples
    en 1960 ,mon beau père acheta un bien tangible dans Alger , un appartement ,bien situé ,vue sur mer, si bien placé que jamais il ne pourrait perdre de la valeur avec De Gaulle qui les « avaient compris » , il fallait investir dans le pays natal.
    En connaissant la fin de l’Histoire vous ricanez et pourtant pour des milliers de pieds noirs ça paraissait évident..
    Nouvelle calédonie début des années 80 ,c’est la période dite des » évènements » tout est à vendre ,y compris les plus belles affaires à prix bradés, la perspective d’une nouvelle Algérie abandonnée comme l’algérie était dans toutes les têtes;Ceux qui achetèrent à cette époque étaient considérés comme des fous ou des inconscients ,ils sont riches aujourd’hui et pour certains trés trés riches…
    La bourse en France en 1942 ,certains de la victoire du 3emeReich à la veille de Stalingrad:elle fut au plus haut et il fallut des dizaines d’années pour revoir cette valeur…
    ça veut dire qu’aucun bien n’a de valeur en soi ;il ne vaut à instant T que ce que quelqu’un veut bien vous offrir pour l’acquérir…..et ce n’est surtout pas la valeur travail chère aux communistes.sinon il serait facile d’arriver au plein emploi il suffirait de faire creuser des trous à la moitié des chômeurs et les faire reboucher par l’autre moitié. c’est à un degré moindre ce qui se passe quand on fait des autoroutes inutiles ou des aéroports sans clients et d’une manière générale des travaux dits publics dont le seul intérêt est trop souvent la réelection du personnel politique en place
    Pour revenir au placement vin , je suis d’accord: être payé en bouteilles est pour moi une escroquerie ,les bouteilles si vous les buvez ne sont que des objets de consommation ,pas un investissement ,et au prix ou lis vous sont facturés vaut mieux aller chez votre caviste;On ne peut gagner d ‘argent dans un système communiste ou les prix des vins sont fixés par un comité theodule garni de représentants des viticulteurs chapeautés par des fonctionnaires …. Pour qu’il en soit autrement , il faudrait que le viticulteur qui a besoin de vos sous s’engage
    à vous affecter en priorité et à hauteur de votre investissement la proportion de profit attendu ,sachant que le business plan devrait vous être communiqué avant pour vérifier la pertinence des chiffres avancés.Il parait donc à priori et chaque affaire étant distincte que tant qu’à investir dans ce domaine autant devenir vigneron exploitant vendre sa production ça suppose si vous n’ y connaissez rien , de suivre une formation ad hoc et de se plonger dans les délices du monde viticole ,sinon , vous allez faire comme un pharmacien de ma connaissance qui a vendu sa pharmacie pour acheter un domaine dans le sud de la France.Aux dernières nouvelles ça rapporte beaucoup moins que la pharmacie et il cherche à vendre mais il n’ y a personne pour reprendre au prix qu’il a acheté..Bref ça eut payé..

  4. Sujet intéressant et analyse assez fine. Bravo !
    Investir dans un actif tangible peut apparaître aujourd’hui pour certains comme étant une approche grégaire, obscurantiste (vs moderniste), parfois assimilable par certains à du survivalisme. En temps de crise, on peut dire qu’il y a une certaine forme de survivalisme qui émerge, et tant mieux.
    Or il s’agit d’une base fondamentale des grandes fortunes qui ont traversé les crises.
    J’aurais à ajouté à la liste des investissement durables et qui donnent du sens: La famille (c’est à dire le réseau, les relations de confiance, les partenaires durables), l’éducation (et si vous trouvez que c’est cher, alors essayez l’ignorance) et le désir d’entreprendre (pour aller vers une certaine autonomie).
    J’aime beaucoup cette idée de mêler investissment/placement et projet de vie, convictions personnelles. C’est ce qui fait que petit à petit, à force de s’y intéresser par plaisir, on deviendra un expert…qu’on rencontrera de belles opportunités et qu’on fera de belles rencontres.
    Finalement le plus important et le plus « rentable » ne seraient-elles pas nos relations ?

  5. Fredy Gosse says:

    Hum les relations,les amis,quand tout va bien,vous en avez parfois trop,mais quand il vous arrive une tuile ,si vous êtes chanceux il vous en reste un ou 2,même votre femme à tendance à se barrer !!!

    • Lol ! Oui, l’investissement dans les relations est certainement quelque chose de délicat, difficile et pour lequel il y a moins d’analystes que sur les marchés. Et pourtant, qd ça marche, c’est un truc de dingue, extrêmement puissant et surtout épanouissant. Après, c’est à partir de nos échecs, tant sur le plan financier que sur le plan relationnel, qu’on apprends à construire un patrimoine unique qui nous ressemble et qui pourra être transmis avec des choses à dire 🙂

  6. Oui enfin nous sommes là dans le patrimoine immatériel. … cela dit Bercy a une méthode pour évaluer cela via son rapport thesaurus. …

    Mais pour relancer la discussion que penser de l’or. … ?

  7. Vous démontrez, à travers cet article, que vous ne comprenez rien aux investissements, ni à l’environnement macroéconomique dans lequel nous sommes. Je souhaite donc bonne chance à ceux qui suivent vos conseils.

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