La météo du patrimoine est un article important que nous essayons de publier régulièrement. Il s’agit de rédiger un article dans lequel vous pourrez retrouver la synthèse de nos réflexions. Nous essayons, de manière pragmatique, de répondre à la question : Comment investir ou placer son épargne ?
Cet article doit permettre la mise en pratique de nos réflexions parfois trop philosophiques ou trop théoriques.
Pour cette année 2020, nous en sommes maintenant à la troisième version de cet article. Je ne peux que vous encourager à relire les versions précédentes publiées en Janvier 2020, puis fin mars 2020 :

Naturellement, gérer son patrimoine étant une affaire de temps long, les modifications ne doivent pas être importantes entre deux versions, même si la crise majeure que nous traversons nous oblige à rapidement ajuster la mise en œuvre pratique de nos réflexions.
Globalement, pour cette seconde partie de l’année 2020, on doit pouvoir faire la synthèse de l’article avec la phrase suivante : Il est urgent de ne rien faire ! 
Depuis le début de l’année, les modifications concernent principalement l’opportunité de l’investissement en actions.
Au mois de Janvier 2020, nous vous expliquions : « L’excessive faiblesse des taux d’intérêt et la perspective d’une non remontée de ces derniers à court / moyen terme devrait permettre de maintenir un haut niveau de valorisation au regard des bénéfices ; Néanmoins, en application de la théorie des cycles, il ne semble pas incohérent d’anticiper une récession à court terme qui aurait pour conséquence de faire baisser les bénéfices … et donc les cours, mais sans remettre en cause leur niveau relatif élevé grâce au taux d’intérêt excessivement faibles. »
En Mars 2020, devant la catastrophe annoncée du coronavirus, nous écrivions : « C’est la panique ! Il n’y a plus de marché. Le prix des actions n’est plus attaché à aucun fondamentaux. Les fondamentaux sont remis en question. 
Le prix des actions a chuté de 40% depuis 1 mois et demi. C’est une chute historique. C’est le moment de se rappeler la différence entre le prix et la valeur : « Réussir son investissement c’est comprendre que la différence entre le prix et la valeur, c’est la liquidité ».  
Nous sommes en train de vivre un moment de panique sur les marchés actions. Le moment est peut être venu d’être contrariant et d’investir en suivant l’adage « Acheter au son du canon ».

Après une remontée de près de 40% des cours de bourse depuis fin mars 2020, il faut maintenant ajuster le propos et l’analyse au regard de l’évolution de la situation nouvelle qui se dessine pour les prochains mois.
 

Que faire pour votre épargne, vos placements, votre assurance-vie et vos investissements au second semestre 2020 ?

 
ps : En rouge, les changements par rapport à la dernière météo du patrimoine ;
En Noir Barré, ce qui n’est plus d’actualité ;
En Noir, ce qui ne change pas par rapport à la dernière météo du patrimoine.
 

Assurance vie en fonds euros.

A court terme : Le rendement sans risque du fonds euros est le meilleur qu’il est possible d’obtenir pour un placement sans risque et relativement disponible. Mais attention, les fonds euros sont sans risque jusqu’au jour où l’ont se rendra compte que ce n’était pas vrai. N’oubliez pas que la loi SAPIN 2 permet de bloquer les rachats en cas de risque majeur et notamment de hausse des taux d’intérêt.
Avec la crise du coronavirus, ce risque de remise en cause de la liquidité des fonds euros augmente. La solvabilité des compagnies d’assurance-vie va être mise à mal, le système ne peut se permettre une décollecte massive. Si tel devait être le cas, la loi SAPIN 2 et l’interdiction temporaire des rachats sera une solution pour protéger les compagnies d’assurance-vie. Ce risque sera d’autant plus important que les taux d’intérêt augmenteront.
L’assurance vie en fonds euros, n’est pas un placement disponible et garanti ; C’est dans ces périodes de risque extrême que nous pourrions nous en rendre compte.
 
A long terme : Ce rendement est insuffisant pour espérer s’enrichir et valoriser son épargne. A long terme, le fonds euros est source d’appauvrissement relatif dans un monde ou l’inflation monétaire et les taux d’intérêt négatifs détruisent la valeur de l’épargne et de la monnaie. Mais, avec la chute récente des cours de bourse, nombre d’épargnants en fonds euros doivent se féliciter d’avoir « résister » à la pression de leur banque ou courtier qui insistait lourdement pour qu’ils spéculent en bourse via les unités de compte.
 
 

Assurance vie Eurocroissance.

A court terme : Ce n’est pas un placement à court terme. La lecture et la compréhension du rendement à court terme est difficile et probablement source de déception en cas de hausse des taux d’intérêt ou baisse des cours des marchés action (cf »Quel rendement pour l’assurance vie Eurocroissance ? »).
A long terme : L’assurance vie Eurocroissance est un produit séduisant dont le rendement à long terme devrait être supérieur au rendement de l’assurance vie en fonds euros sauf en cas de forte hausse des taux d’intérêt (mais dans ce cas là,  garantie du fonds euros ne serait pas une meilleure solution ; Cette garantie serait illusoire et l’argent serait probablement bloqué en application de la loi SAPIN 2).
Celui qui est convaincu de la capacité de résilience du système pourrait considérer la crise actuelle comme une opportunité pour placer son argent dans un actif dont la valeur a probablement fortement baissée depuis 6 semaines. A long terme, c’est peut être le moment de souscrire un contrat Eurocroissance (si le système survit au moment que nous traversons, mais s’il ne survit pas, vous aurez d’autres problèmes que de savoir si votre épargne vaut zéro ou zéro).
C’est le moment pour placer votre épargne à long terme dans un contrat d’assurance-vie Eurocroissance si votre objectif est une épargne de long terme sans risque. Mais attention, l’épargne est bloquée pour une longue période.
 

Assurance vie en unité de compte.

A court terme / A long terme : Les frais de gestion supplémentaires pénalisent le rendement. Seuls les épargnants qui recherchent le dénouement « hors succession » des contrats d’assurance vie doivent y épargner. Pour les autres, le PEA ou le compte titre seront probablement moins onéreux (et donc plus performants) – cf »Assurance vie, PEA, Compte titre : Quel conseil financier pour gérer votre épargne ? ». ou encore « Souscrire un contrat d’assurance-vie avant 69 ans n’a pas beaucoup d’intérêt.
 

PEL, livret bancaire

A court terme : L’excessive faiblesse des rendements fait perdre de l’argent aux épargnants sauf ceux qui ont la chance d’avoir de vieux PEL ; « Un tient vaut mieux que deux tu l’aura » ; C’est aujourd’hui le seul véritable placement garanti et disponible ;
A long terme : idem, même si la garantie totale du capital et sa liquidité permanente (et non remis en cause par la loi SAPIN 2 contrairement à l’assurance vie en fonds euros) peut permettre de saisir l’opportunité d’une baisse des marchés actions ou immobilier. Ce sont les seuls véritables produits financiers disponibles qui permettront à l’épargnant d’être habile dans son allocation d’actif.
 

Immobilier d’habitation et le logement

A court terme : La crise du Coronavirus va figer le marché immobilier pour quelques mois. Plus rien ne va se passer ; Les vendeurs pourraient ne pas trouver d’acquéreur rapidement. A court terme, il n’y a plus de marché.
Les candidats à l’acquisition d’un bien immobilier pourraient être confrontés aux nouvelles exigences du HCSF sur l’octroi de crédit immobilier et le calcul du taux d’endettement. Dorénavant, le reste à vivre n’est plus pris en compte et seul un taux d’endettement inférieur à 33% et une durée inférieure à 25 ans permettront d’obtenir un crédit immobilier (cf »Crédit immobilier : La fin du « reste à vivre » pour le calcul du taux d’endettement.« ).
De surcroît, la faiblesse de l’économie et la perspective d’une hausse forte du chômage dans les prochains mois rendent les banques prudentes dans l’analyse des risques. Les banques ne peuvent se permettre d’accorder aujourd’hui un crédit immobilier à un futur chômeur qui pourrait ne pas pouvoir rembourser son crédit immobilier.
 
A long terme : La faiblesse des taux d’intérêt semble s’inscrire dans la durée. Les taux d’intérêt durablement faibles devraient permettre de justifier une nouvelle hausse des prix de l’immobilier dans les régions dans lesquelles les prix sont stables ou en baisse depuis 10 ans.
Pour les autres (notamment, Paris, Bordeaux, Lyon), le potentiel de hausse semble très réduit, mais la non remontée des taux d’intérêt devrait permettre de maintenir les prix à ces niveaux stratosphériques – ( cf »Êtes vous prêt pour la hausse des prix de l’immobilier et des terrains constructibles ?« ).
Mais le développement de la crise du coronavirus pourrait remettre en cause cette idée de taux éternellement bas car il va bien falloir financer la relance et surtout la reconstruction de la chaîne de production cassée par la fermeture des frontières. Tout est remis en question. (cf »Immobilier locatif : Ce n’est pas le moment d’investir ! Si le coronavirus bloque le marché, les prix pourraient baisser. »), et tous les scénarios doivent être envisagés, y compris l’inflation (cf »Le retour de l’inflation, une mauvaise nouvelle pour l’investissement immobilier ?« 
Toujours à long terme, la crise sociale que nous traversons pourrait modifier en profondeur le développement de la cité. Le mythe de la métropolisation de la société et le retour de l’attrait pour les villes moyennes ne doit pas être négligé (cf »Quelle stratégie d’investissement immobilier pour 2019 ? Vers le renouveau des villes moyennes ? »).
De surcroît, une remise en cause de la politique monétaire particulièrement accommodante ne doit pas être niée comme nous vous le détaillons dans notre analyse stratégie. La certitude de taux excessivement bas éternellement bas est elle raisonnable ? Je ne sais pas, mais ne pas se poser la question serait une erreur.
Dans le prolongement de cette idée d’une remise en cause des taux excessivement bas, la récente exigence du haut conseil de stabilité financière visant à interdire les prêts aux emprunteurs dont le taux d’endettement serait supérieur à 33% pourrait avoir des conséquences non négligeables sur certains pans du marché immobilier et notamment pour les biens dont l’usage unique est le locatif (cf »Quels sont les barèmes des meilleurs taux de crédit immobilier pour Juin 2020 ? »).
Enfin, si le marché immobilier devait être « bloqué » pendant de longs mois, ou si la crise économique post Coronavirus devait être violente, il y a fort à parier que les prix baisseront.
Néanmoins, l’immobilier devrait rester une valeur refuge et bénéficier d’un report naturel des épargnants « dégoutés » par les marchés financiers. Mais attention, l’argent des épargnants est en assurance-vie, les sorties massives (pour financer des achats immobiliers) pourraient être limitées pour protéger la solvabilité des compagnies d’assurance-vie avec l’application de la loi SAPIN 2 et donc le report impossible vers le marché immobilier.
Bref, on en sait rien. Il n’y a donc aucune urgence à investir. Attendons de voir l’évolution du marché avant d’y revenir sérieusement. Il faut donc continuer à observer le marché… et pourquoi pas faire des offres en dessous du prix de vente pour saisir l’occasion d’un marché qui ne sait pas dans quel sens il doit aller. 
Mais attention, à la tentation d’attendre la grande baisse des prix de l’immobilier. Certains l’attendent depuis plus de 15 ans n… et sont passés à côté de belles opportunités.
A court terme, il ne faut pas se précipiter ;
A long terme, ne rien faire est la pire des décisions d’investissement. Ce ne sera jamais le bon moment pour investir car vous trouverez toujours une excuse pour ne pas prendre la décision d’investir; 
 

Immobilier d’entreprise – SCPI- de bureaux et de commerces.

A court terme : L’excessive faiblesse des taux de crédit immobilier permet de justifier le niveau actuel des prix. La non remontée des taux d’intérêt devrait permettre de maintenir les prix à ces niveaux très élevés.
La crise du Coronavirus va figer le marché immobilier pour quelques mois. Plus rien ne va se passer ; Les vendeurs pourraient ne pas trouver d’acquéreur rapidement. A court terme, il n’y a plus de marché.
 
A long terme : Le marche de l’immobilier d’entreprise est au cœur d’une profonde mutation des usages qui remet en cause sa valeur intrinsèque. L’obsolescence immobilière qui en découle oblige l’épargnant à la plus grande prudence. Les prix et les rendements pourraient baisser dans les prochaines années compte tenu des coûts importants liés à l’adaptation à ces nouveaux usages – cf »SCPI : De sombres perspectives pour l’investissement en immobilier de bureaux !
A long terme, l’absence d’une baisse future des taux d’intérêt ne pourra pas permettre d’expliquer la hausse future des prix. Les qualités intrinsèques devraient être les seuls moteurs de performance, or, celle-ci semblent remise en question avec la mutation des usages. L’adoption massive et accélérée du télétravail illustre parfaitement cette idée de la mutation des usages de l’immobilier d’entreprise (cf »Le télétravail, un tsunami qui va bouleverser l’immobilier de bureaux et l’investissement en SCPI ? »).
De surcroît, la crise économique qui suivra inévitablement la crise sanitaire du Coronavirus devrait fragiliser les entreprises locataires de l’immobilier d’entreprise détenus par les SCPI. Ces baisses de loyers pourraient peser sur la rentabilité future des SCPI et donc sur leur valorisation.
D’autre part, le rendement actuel proposé par l’immobilier d’entreprise est trop faible au regard du risque réel de l’immobilier d’entreprise du fait de sa dépendance totale vis à vis de la santé de l’économie. Ce risque était oublié par les investisseurs qui acceptaient des rendements tous les jours plus faibles en payant toujours plus chers ces biens immobiliers.
Deux éléments importants qui pourraient conduire à une baisse de la valeur des parts de SCPI comme nous vous l’expliquons dans cet article « SCPI : Attendre une baisse de la valeur des parts de SCPI avant d’investir ? ».
 

Investissement dans le capital des entreprises – Les actions

A court terme : C’est la panique ! Il n’y a plus de marché. Le prix des actions n’est plus attaché à aucun fondamentaux. Les fondamentaux sont remis en question. 
Le prix des actions a chuté de 40% depuis 1 mois et demi. C’est une chute historique. C’est le moment de se rappeler la différence entre le prix et la valeur : « Réussir son investissement c’est comprendre que la différence entre le prix et la valeur, c’est la liquidité ».
Les cours de bourse affiche maintenant -+ 5000 points après leur plus bas à 3700 points lors de la précédente version de la météo du patrimoine. Si vous n’avez pas acheté en Mars, vous avez probablement perdu une belle occasion.
C’est maintenant trop tard, mais ne perdez pas espoir, la volatilité est forte et vous devez vous préparer à investir lors de la prochaine baisse qui ne manquera pas de se manifester. N’oubliez pas qu’en bourse, après la hausse vient la baisse … et après la baisse vient la hausse.
 
A long terme : L’investissement dans le capital des entreprises est l’une des seules stratégies d’investissement qui permettra à l’épargnant d’éviter son appauvrissement relatif. L’épargnant devra donc investir à long terme dans le capital d’entreprises leaders, dont le marché ne sera pas remis en cause dans les prochaines années, et surtout sans chercher à être meilleur que le marché et la spéculation à court terme – cf »Bourse : Investir avec la véritable « gestion passive » pour tirer profit du dynamisme à long terme des entreprises ? ».
Il est impossible de savoir si c’est le bon moment pour acheter des actions, même pour une détention à long terme. Il me semble alors cohérent de se constituer progressivement son portefeuille au gré des excès du marché comme nous le décrivons dans cet article « Faut il profiter des baisses sur le marché action pour investir à très long terme ? Notre mode d’emploi. »
Nous sommes en train de vivre un moment de panique sur les marchés actions. Le moment est peut être venu d’être contrariant et d’investir en suivant l’adage « Acheter au son du canon » comme nous vous l’expliquons dans ces articles : 

Le moment de panique est (à court terme) derrière nous. Ce n’est plus le moment d’investir massivement. Vous devez reprendre vos versements réguliers et attendre la prochaine baisse violente pour y mettre une somme importante. Après le son du canon, propice à l’achat, nous entendons maintenant le son du clairon. Ce n’est pas le moment idéal pour investir (cf »Bourse : Le spéculateur tenté de « vendre au son du clairon » alors que l’investisseur est à la plage »).
 

Investissement dans l’OR

Je n’ai pas d’avis particulier en l’absence d’usage suffisant pour justifier une valeur patrimoniale. L’OR est un valeur refuge dont la valorisation est irrationnelle car n’est pas fondée sur l’usage que l’on peut en tirer.
L’OR est une monnaie dont l’augmentation de valeur traduit la baisse de la valeur des monnaies fiduciaires (cf »Investir ou épargner dans l’OR (lingots, pièces) pour se protéger de la destruction des monnaies ?« ).
Cette crise sanitaire, puis économique du Coronavirus pourrait accélérer la valeur des monnaies dites FIAT (monnaie des états) ; L’OR est il une solution pour se protéger d’une éventuelle faillite du système ?
 
 
ps : Et si vous êtes devenu collapsologue et/ou survivaliste, il n’existe qu’une solution : Investir dans votre résilience ! Le reste n’a plus d’importance. Un peu de lecture pour se faire peur :

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