Le mois de mai est la période de distribution de l’intéressement et de la participation. Vous êtes des millions à recevoir en ce moment les courriers de vos employeurs ou de la société qui gère votre épargne salariale … et vous êtes des millions à vous demander ce que vous devez faire.

Entre ceux qui demandent le versement de leur intéressement / participation sur leur compte courant, et les autres qui ne savent pas quel support choisir dans le PEE et le PERCO (et qui ne comprennent d’ailleurs pas bien la différence entre ces deux supports d’épargne salariale), l’épargne salariale est un sujet sur lequel les conseils sont rares. Personne n’accompagne les salariés dans leur décision et c’est bien dommage car l’épargne salariale est le meilleur produit d’épargne !

Essayons de « déblayer » le sujet avec ce mode d’emploi.

 

 

1- Ne pas épargner son intéressement et participation, c’est payer des impôts sur le revenu !

Le premier réflexe face à l’arrivée d’une prime est de demander à la toucher pour financer tel ou tel besoin et tout simplement améliorer le quotidien. C’est une décision qui semble de bon sens, mais qui n’est pas la bonne si vous pouvez vous en passer.

Au quotidien, lors de mes rendez vous d’assistance patrimoniale, je suis trop souvent en relation avec des investisseurs qui me demandent comment réduire leur pression fiscale et tout particulièrement leur impôt sur le revenu, et qui dans le même temps ne placent pas leur intéressement dans leur produit d’épargne salariale (PEE ou PERCO). Ce n’est pas possible.

Réduire ses impôts, c’est avant tout limiter le montant de ces revenus imposables au montant nécessaire pour vivre ! Toucher un revenu dont on n’a pas l’utilité pour financer le quotidien, c’est payer de l’impôt sur le revenu sur revenu qui sera épargné. Quel dommage !

Dans un telle situation, c’est à dire, si vous pouvez vous passer de votre intéressement pour financer la vie du quotidien, il ne faut surtout pas demander à percevoir les sommes. Épargnez les dans votre contrat d’épargne salariale, vous vous enrichirez !

L’épargne salariale est probablement le meilleur produit d’épargne ! Car en plus de frais de gestion faibles et pris en charge par l’entreprise, épargner son intéressement dans un PERCO et un PEE, c’est augmenter le montant réellement perçu grâce à l’abondement de l’entreprise !

Bref, un seul conseil : Ne touchez pas votre intéressement ou votre participation, épargnez la dans votre épargne salariale et si vous avez besoin de l’argent pour changer de voiture ou construire la piscine, souscrivez un crédit consommation !

Au regard des taux de crédit actuels, un crédit vous coûtera moins cher que l’impôt sur le revenu que vous devrez payer ou l’abondement que vous n’aurez pas si vous demandez à toucher votre intéressement ou votre participation.

 

 

2- Choisir entre PEE et PERCO ? Quels sont les principales différences ?

Une fois convaincu d’épargner votre intéressement et participation reste à choisir entre PEE et PERCO. Pour prendre la décision sereinement, voici la définition succincte de ces deux produits d’épargne salariale :

PEE (Plan d’Épargne Entreprise) : Plan d’épargne salariale dans lequel les sommes versées par les salariés sont bloquées pendant au moins 5 ans, sauf cas de déblocage anticipé (surendettement, divorce, décès du conjoint ou du salarié, fin du contrat de travail, achat, construction et agrandissement de la résidence principale). Les revenus et les plus-values des placements sont exonérés d’impôts sur le revenu, mais sont soumis aux prélèvements sociaux.

PERCO : Produit d’épargne de long terme qui permet d’obtenir, à partir de l’âge de départ à la retraite, un complément de revenu sous forme d’une rente viagère, ou un capital. C’est un produit d’épargne dit « tunnel », car les sommes épargnées ne peuvent être débloquées qu’après le départ à la retraite (sauf cas exceptionnels de sortie anticipée plus limités que pour le PEE – invalidité, décès, surendettement, fin de droit au chômage, et acquisition, construction et agrandissement de la résidence principale).

 

En deux mots, les versements d’intéressement et de participation dans un PEE sont disponibles après 5 années alors qu’ils ne seront disponibles qu’à la retraite dans le PERCO. Le PEE est à ce titre plus avantageux que le PERCO.

Néanmoins, au regard de l’abondement effectué par l’entreprise, il serait une erreur d’abandonner complétement le versement de votre intéressement et participation dans le PERCO. Je crois qu’il est de bon conseil d’épargner dans les PERCO dans la limite des sommes qui vous permettront de maximiser l’abondement de l’entreprise et de placer le reste dans le PEE.

ps : Si l’intéressement et la participation ne sont pas suffisants pour maximiser l’abondement, vous pourrez alors effectuer une épargne volontaire. Épargner dans un PEE est bien plus attrayant qu’épargner dans un contrat d’assurance-vie ! pensez-y !

 

3- Quels supports choisir dans le PEE ou le PERCO ? Action ?  Obligation ? Monétaire ? Profil Dynamique, équilibre ou prudent ?

La réponse est fonction du temps que vous avez devant vous avant de pouvoir (vouloir) toucher le fruit de votre épargne salariale.

– Si vous projetez d’utiliser rapidement le cas de déblocage anticipé de votre épargne salariale pour l’acquisition, construction ou agrandissement de votre résidence principale, vous devez alors adopter un profil prudent et limiter au maximum le risque de votre placement. Le rendement sera nul, mais ce n’est pas le plus important dans votre situation car la priorité est de maintenir la valeur de votre épargne pour financer l’acquisition de votre résidence principale.

– Si vous n’avez pas de projet particulier et que vous souhaitez investir à long terme pour préparer votre retraite, alors la nature de votre investissement dépendra de cette échéance :

      • Si vous êtes à moins de 10/15 ans de la retraite, adoptez un profil équilibre pour réduire le risque mais aussi le rendement ;
      • Si vous êtes à moins de 5 ans de la retraite, adoptez un profil prudent pour réduire le risque mais aussi le rendement ;
      • Si vous êtes à plus de 10/15 ans de la retraite, adoptez un profil dynamique pour maximiser l’espérance de rendement de votre épargne salariale ;

L’épargne salariale est par principe un investissement de très long terme. Vous devez donc l’investir dans l’économie réelle pour capter la création de croissance et de valeur des entreprises. L’investissement en action est bien évidemment à privilégier. Il serait vraiment incohérent de se lancer dans un projet d’épargne retraite à 30 ans avec des placements dont les perspectives de rendement sont nulles.

L’investissement en action doit vraiment être majoritaire pour ceux dont le départ à la retraite est éloigné. De surcroît, l’intéressement et la participation sont des « primes » annuelles qui pourront être placées en action à différent moment. Parfois vous les placerez au mauvais moment, car les cours seront trop haut, parfois au bon moment car les cours seront trop faibles… mais au final, vous pourrez lisser votre investissement en action et profiterez pleinement de la dynamique de l’économie et de la volatilité des marchés.

Ceux qui ont la chance de travailler dans une entreprise cotée pourront investir à long terme dans le capital de leur entreprise et profiter, au même titre que les autres actionnaires de l’entreprise, de la capacité de l’entreprise à générer de la valeur et distribuer des dividendes. C’est une stratégie d’une grande pertinence, si vous avez confiance dans l’avenir de l’entreprise dans laquelle vous exercez votre activité.

Cette stratégie d’investissement à long terme dans le capital d’une entreprise est la meilleure stratégie d’investissement en action comme nous vous l’expliquons dans cet article « Vous devez investir en bourse comme vous investissez dans l’immobilier ! ».

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5 Comments

  1. Je ne suis pas d’accord….
    Ya que le PEE qui est intéressant.
    5ans de blocage, c’est suffisant.
    À lA retraite, c’est moins de salaire donc moins de possibilité d’endettement pour acheté une résidence principale ou secondaire.
    Le PERCO c’est trop bloqué !
    Sur le PEE, il y a toujours un abondement de l’entreprise qui peut aller de 40% à peut-être 120%certaine année.
    Le PERCO, C’EST NUL NUL NUL À…

  2. Bonjour Guillaume,
    Merci pour ce rappel intéressant et salvateur. D’accord sur l’intérêt du PEE, moins du PERCO qui peut être débloqué bcp moins facilement que le PEE alors que ce dernier bénéficie souvent aussi en général de l’abondement employeur.
    Sur l’avantage PEE vs AV, il faut distinguer, selon moi 2 choses :
    – avantage PEE : les PV ne seront pas fiscalisées (uniquement PS) et ne rentreront donc pas dans le RFR, point non négligeable, ce qui n’est pas le cas si on prend le PFU lors du retrait de l’assurance-vie. Certes, si on choisit l’imposition à l’IR pour l’ensemble de ses placements financiers alors les PV d’Assurance-vie n’impacteront pas le RFR mais ce cas est rarement favorable pour des TMI 30% et +
    – inconvénient PEE : la grande majorité de ces plans proposent des fonds médiocres et très chargés en frais, ce sont d’ailleurs souvent des « fonds de fonds » (double couche de frais). Pas d’ETF et quasiment jamais les fonds performants du marché (en me basant sur les PEE Natixis ou BNP que j’ai eu). Bien quand on peut y loger des actions de sa boîte mais il faut être dans une entreprise « porteuse » et, vu le contexte, c’est compliqué…

    Ccl de mon point de vue : il faut bien sûr placer l’intégralité de sa prime I/P sur le PEE (pas le PERCO, ouvrir plutôt un PER) mais pas forcément plus. Dans le cadre d’un achat immo futur, pourquoi pas placer un surplus d’épargne sur le PEE car non fiscalisé à la sortie mais pas plus de mon point de vue.
    Je suis depuis 2 ans chez mon employeur actuel et je compte bien sortir tous les 5 ansles fonds du PEE au fur et à mesure de leur déblocage pour les replacer sur des supports plus « rentables » de mon point de vue (PEA notamment)

    Au plaisir de lire votre avis sur ce point Guillaume et merci pour la qualité de vos articles

    Dudu

    • ‘inconvénient PEE : la grande majorité de ces plans proposent des fonds médiocres et très chargés en frais, ce sont d’ailleurs souvent des « fonds de fonds » (double couche de frais). Pas d’ETF et quasiment jamais les fonds performants du marché »

      Avec les PEE bancaires peut-être mais il y a d’autres acteurs qui font mieux.
      Il existe bel et bien des supports ETF, et des OPCVM hors ETF qui sont très bons aussi.
      Et rien que de ne pas faire rentrer une prime dans sa base de revenus annuels et d’en purger ainsi l’IR reste un atout majeur du PEE.

      Sur un horizon de 30 ans, je suis 100% sur le PEE.

      • Tout à fait, encore faut-il que votre employeur vous propose un PEE hors établissement bancaire de place. Et ça c’est une autre histoire. Je ne connais pas le marketing des PEE mais je pense que les Natixis et compagnie s’arrangent pour avoir la plus grosse part du gâteau. Dans mes connaissances qui ont des PEE il n’y a que les bancaires classiques avec les mêmes fonds partout.
        Sur le fond nous sommes d’accord le PEE reste intéressant pour placer l’I/P. Après ne pas en attendre des miracles s’il s’agit d’une grande banque

  3. Bonjour,

    Article intéressant. Je pense qu’il manque cependant quelques éléments très importants pour informer celui qui ne serait pas tout à fait à l’aise avec ces sujets:

    1/ Le PEE et le PERCO ne bénéficient pas toujours d’abondement, loin de là. En particulier dans les PME. Ce n’est en aucun cas une obligation.
    2 Bien se renseigner sur les pratiques de l’entreprise. Des conditions pour percevoir l’abondement peuvent exister du coté de l’employeur pour tenter de limiter des effets d’aubaine.
    3/ Pendant que l’individu est salarié de l’entreprise, en général, c’est l’entreprise qui paye les frais du contrat dans une très large majorité des cas. Une fois l’individu parti de l’entreprise, le PEE / PERCO perdure. Mais les frais sont alors généralement imputés sur l’épargne de l’ex-salarié. Et cela vient considérablement diminuer les intérêts voire le capital. Oublier son contrat PEE/PERCO quelques années après le départ d’une entreprise, c’est la garantie de voir son capital réduit à peau de chagrin quand on s’en rend compte. Il faut donc penser à gérer son PEE / PERCO, par exemple le transférer ou le cloturer suivant les cas.
    4/ L’article ne mentionne pas les PEI, sorte d’équivalent de PEE pour les petites entreprises qui se regroupent afin de pouvoir offrir cette forme d’épargne salariale à leurs employés.
    5/ Pour ceux qui veulent aller plus loin, il faut raisonner de manière globale lorsque son entreprise propose PEE et PERCO. En général, il y a des règles diverses et différentes d’alimentation de ces supports. Par exemple, on peut parfois alimenter son PEE/PERCO en monétisant des RTT et en les transférant dessus. En fonction de la structure de rémunération de l’employé, du taux de conversion heure/€ retenu, etc, ce type d’opération peut fournir un niveau supplémentaire de liberté de gestion et d’optimisation à l’employé épargant acteur de son patrimoine.

    Bien à vous.

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