Depuis le début de l’annonce d’une grande réforme des retraites en 2017, nous assistons à la multiplication de mensonges et autres contre vérités qui brouillent le discours. Non seulement, les experts du sujet ne peuvent comprendre la raison fondamentale de cette grande réforme des retraites … mais surtout, la communication du gouvernement laisse à penser que lui non plus ne comprend rien au régime actuel de la retraite par répartition.
La question de l’âge de départ à la retraite est au cœur de cette incompréhension collective. Lorsque l’on écoute les éléments de langages du gouvernement, on comprend clairement qu’il faut travailler plus longtemps ; Collectivement, nous entendons qu’il faut abandonner l’idée d’un départ à 62 ans et que nous n’avons pas d’autres alternatives que de partir à 64 ans, qui est d’ailleurs l’âge pivot fixé par dans la grande réforme des retraites.
Mais, attention à la mauvaise interprétation des propos du gouvernement ! Travailler plus longtemps, ne signifie pas abandonner l’âge de départ à la retraite à 60 ou 62 ans, car cet âge n’existe déjà plus ! 60 ans ou 62 ans, c’est une « notion marketing » qui n’existe déjà plus.
En effet, la génération 75, première génération concernée par la grande réforme des retraites pourra partir à la retraite à l’âge de 62 ans, mais pour obtenir une retraite à taux plein, il devra avoir cotisé pendant 172 trimestres, c’est à dire 43 ans. A défaut, d’avoir suffisamment cotisé, il devra partir à la retraite à l’âge de 67 ans.
Aujourd’hui, dans le système actuel, il n’existe pas d’âge pivot, et c’est l’exigence d’un nombre minimum de trimestre qui oblige l’actif à travailler plus ou moins longtemps.
Vous conviendrez que cette exigence de 43 années de cotisation est de nature à remettre en cause l’idée selon laquelle le départ à la retraite serait autour de 62 ans ? La réalité devrait être tout autre et l’âge réel de départ à la retraite devrait naturellement se situer entre 62 ans et 67 ans en fonction de l’âge d’entrée dans la vie active, mais également des accidents de la vie professionnelle.
Celui qui a commencé à travailler à 23 ans devra donc travailler jusqu’à 66 ans, et si d’aventure, il n’avait pas cotisé pendant 1 ou 2 ans, il devra travailler jusqu’à 67 ans pour espérer toucher une retraite à taux plein.
A titre personnel, c’est ma situation. J’ai commencé à travailler à 23 ans. Lorsque j’ai créé mon entreprise, je ne me suis pas payé pendant deux ans, je n’ai donc pas cotisé pendant 2 ans. Je devrais donc partir à 67 ans pour espérer avoir une retraite à taux plein. Je n’exerce pas un métier pénible physiquement ; Si mes capacités intellectuelles suivent, cela devrais être possible… Mais, avec cette nouvelle réforme, dois m’attendre à partir à 70 ans pour espérer une retraite à taux plein ? (et là, j’avoue douter un peu plus … )
Si tout le monde doit travailler plus longtemps, il n’y a pas de raison que je ne sois pas touché ! Pourquoi seulement ceux qui n’ont pas fait d’études longues devraient ils travailler plus longtemps ?
La CNAV a réalisé des projections sur l’âge réel de départ à la retraite dans le système actuel, c’est à dire, avant réforme envisagée dont la vocation affirmée est de nous faire travailler plus longtemps !
Globalement, malgré un âge d’affichage à 60 ans ou même 62 ans, le système actuel obligera les prétendants à la retraite à partir entre 64 ans et 65 ans.
Demain, si la vocation du régime universel est de nous faire travailler plus longtemps, cet âge d’équilibre devra augmenter !
La grande réforme des retraites permettra t’elle d’avancer l’âge de départ à la retraite de ceux qui aurait dû travailler jusqu’à 65 ou 67 ans ?
Globalement, malgré un âge d’affichage à 60 ans ou même 62 ans, le système actuel obligera les prétendants à la retraite à partir entre 64 ans et 65 ans … Ceux qui ont commencé à travailler tôt peuvent partir vers 62 ans … alors que ceux qui sont entrés tard dans la vie active ou avec des accidents de carrière n’ont pas d’autres choix que de partir à 67 ans.
En moyenne, nous somme donc autour d’un âge de départ à la retraite qui est entre 64 ans et 65 ans. Demain, si la vocation du régime universel est de nous faire travailler plus longtemps, cet âge pivot devra augmenter !
Une lecture rapide de la grande réforme du gouvernement, pourrait pourtant laisser à penser que la fixation d’un âge pivot à 64 ans pourrait être une mesure intéressante pour ceux qui doivent aujourd’hui partir à 67 ans à la retraite faute d’avoir suffisamment cotisé.
En voilà une bonne nouvelle ! Finalement, la grande réforme des retraites serait elle l’opportunité de pouvoir partir plus tôt à la retraite ?
Trop beau pour être vrai ! Comment un régime universel vendu pour réduire les déficits d’un régime par répartition jugé trop généreux pourrait il permettre de partir plus tôt à la retraite ?
Ne serait pas là une facteur d’inégalité au profit de ceux qui seraient tardivement entré sur le marché du travail ?
Malheureusement, il semble bien que l’âge pivot de 64 ans ne soit, lui aussi, qu’un « totem marketing » qui a vocation à être augmenté progressivement.
L’âge pivot à 64 ans, c’est l’âge de départ à la retraite sans pénalité pour ceux d’entre vous qui veulent partir à la retraite à partir de 2027 (c’est à dire dans 8 ans). Pour les autres, cet âge pivot à vocation à augmenter. Dans les simulation du rapport DELEVOYE, l’âge pivot de départ à la retraite était de :
– 65 ans et 6 mois pour la génération 80
– 66 ans et 3 mois pour la génération 90 ;
La rapport DELEVOYE ne laisse aucun doute sur cette question. Extrait :
« L’âge du taux plein sera un levier de pilotage du système de retraite. Son évolution devra tenir compte de l’évolution de l’espérance de vie au fil des générations.
Cet âge avancera plus ou moins rapidement, voire stagnera si l’espérance de vie cesse de progresser. En l’absence de décision des partenaires sociaux, la prise en compte de l’évolution de l’espérance de vie se traduira par un avancement moyen de l’âge du taux plein de façon à ce que les gains d’espérance de vie soient partagés à 2/3 en durée de vie active et à 1/3 en durée de vie en retraite. »
Mais au delà de la question de l’espérance de vie en bonne santé qui semble augmenter moins vite que l’espérance de vie, la question de l’espérance de vie selon le niveau de revenu doit être posée pour comprendre la question de l’équité.
L’espérance de vie en bonne santé est de 64.5 ans pour les femmes, en stagnation depuis 15 ans, et l’espérance de vie en bonne santé est de 63.4 ans pour les hommes, en hausse de 2 ans sur les 15 dernières années.
Il pourrait être intéressant de creuse la question de l’espérance en bonne santé selon le niveau de revenu, car force est de constater que plus on est pauvre, plus on meurt tôt !
Il ne serait pas surprenant que l’espérance de vie en bonne santé suive ce même raisonnement. Plus on est pauvre, plus l’espérance de vie en bonne santé serait faible. (Ce n’est là qu’une intuition, je suis preneur de chiffres si vous en trouvez).
Et si finalement, le régime universel était un régime encore plus inégalitaire que le régime actuel ?
Demain, les hauts revenus à l’espérance de vie très longue pourront ils profiter d’un niveau de retraite satisfaisant pendant une période de vie longue ; alors que ceux qui ne sont rien devront travailler au delà de leur espérance en bonne santé pour espérer une pension retraite qui ne leur permettra pas de vivre dignement ?
Je pose juste une question : Est il vraiment possible de travailler plus longtemps ? Comme je viens de l’expliquer, travailler plus longtemps, ce n’est pas partir à 64 ans car 64 ans, c’est l’âge actuel de départ à la retraite ! Travailler plus longtemps, c’est travailler jusqu’à 66, 67 ou peut être même 70 ans.
Au final, nous pourrions avoir deux catégories de retraités : Ceux qui pourront travailler jusqu’à 67 ans et plus … et ceux qui ne pourront pas et qui seront donc obligé de partir en retraite, à défaut d’être au chômage car inemployable, avec une pension retraite minimale !
source : https://www.cor-retraites.fr/sites/default/files/2019-06/doc-3271.pdf page 192
A suivre … Ps : Il s’agit donc d’une manière déguisée pour réduire le niveau des pensions 😉



