La réforme des retraites est un sujet important que nous suivons ici depuis l’élection d’Emmanuel Macron avec beaucoup d’intérêt et d’attention. Dès la campagne du candidat devenu président, nous avons essayé de vous proposer des éléments précis, rigoureux et surtout non dogmatique pour accompagner la volonté du président de mettre en place un régime plus égalitaire et adapté à la société du 21 ième siècle.
Malheureusement, plus l’échéance approche, moins nous comprenons cette réforme et surtout les motivations profondes d’un gouvernement qui veut absolument imposer une réforme, sans l’expliquer réellement. Depuis 2 ans, le gouvernement accumule propagande, communication et n’arrive pas à expliquer clairement et simplement ses intentions.
Le gouvernement dit tout et son contraire, tout en cumulant mensonge et contre vérité pour essayer d’imposer une nouvelle réforme dans un pays qui est pourtant en révolte depuis 1 an. Ce qui se passe est incompréhensible, tant d’un point de vue technique que de la stratégie politique. Pourquoi, tant d’acharnement ?
- Pourquoi ce sentiment d’impérieuse nécessité à imposer une réforme des retraites alors même que rien ne l’impose ?
- POURQUOI ?
- Pourquoi ce besoin de cacher le contenu d’une réforme sur laquelle le gouvernement travaille depuis 2 ans ?
- Pourquoi, le gouvernement n’est il pas capable d’expliquer la vérité aux Français ?
- Pourquoi une telle obsession pour résorber un déficit de 10 milliards d’Euros alors que la seule suppression de la taxe d’habitation représente un manque à gagner de 24 milliards ?
- Pourquoi affirmer à longueur de discours que les Français devront travailler plus longtemps alors même que les réformes précédentes ont organisé une augmentation progressive de la durée de cotisation et de l’âge de départ à taux plein pour atteindre 67 ans pour ceux d’entre nous nés après 1955 et 43 annuités pour ceux nés après 1973.
- Pourquoi autant d’obstination alors même que finalement tout va pas si mal ? Pourquoi chercher à terroriser les Français ? Gouverner par la terreur porte un nom, c’est du terrorisme politique.
Vous croyez vraiment qu’il est utile de mettre le feu au pays pour 10 milliards d’Euros ou travailler 6 mois de plus ? Croyez vous possible de travailler au delà de ces 67 ans et 43 annuités alors même que l’espérance de vie en bonne santé est à 63 ans ? (cf »Retraite : Pourrez vous travailler jusqu’à 65 ou 67 ans ? Zoom sur l’espérance de vie en bonne santé. »)
Non, ce ne peut être la raison ! Les véritables enjeux sont ailleurs.
Faut il croire qu’il ne s’agit que d’une question d’égo d’un banquier d’affaire qui veut mater des gaulois réfractaires ? Faut il tomber dans un complotisme d’un libéralisme qui veut à tout prix faire tomber le protectionnisme social qui limite l’auto-régulation du tout marché ? Faut il tomber dans la collapsologie et voir ici un gouvernement qui cherche à sauver son peuple avant que l’effondrement n’interdise toutes autres issues ?
Nous vivons déjà dans un monde anxiogène proche d’une ambiance de fin du monde. N’avez vous pas parfois le sentiment de vivre un instant millénariste ? Montée du niveau des océan, réchauffement climatique, extinction massive d’espèces animales, politique monétaire destructrice, déflation, décroissance, intelligence artificielle destructrice des emplois quand ce n’est pas internet qui détruit le commerce, et maintenant réforme des retraites qui vise à remettre en question le peu d’espoir qu’il vous restait ….
Celui qui est ouvert à toutes ces narrations ne doit pas dormir sereinement. Ce n’est pas possible. On nous promet l’apocalypse pour demain matin ! Ce monde est fou.
Le terrorisme n’est pas constructif et il n’est pas la solution ! Mais la question est pourquoi chercher à gouverner par la terreur ? Le terrorisme politique est il la seule arme pour gouverner ? Sommes nous en train de vivre les derniers jours de la démocratie ?
Tout cela est bien étrange. C’est comme si quelque chose d’important était en train de se passer sous nos yeux, mais que nous n’arrivions pas à le voir. Mais quoi ?
J’ai parfois le sentiment de me retrouver dans la situation de ces journalistes en 1933 qui ont vu naître le nazisme, l’accompagnait dans son inexorable croissance, sans se rendre compte des horreurs qu’il renfermait. Une situation parfaitement exprimée dans « Berlin en 1933, La presse internationale face à Hitler » (ps : je me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ; Pas de parallèle hasardeux entre le thème de ce livre et la situation en France, juste le sentiment d’assister à quelque chose dont on ne comprendra que plus tard les fondements et les motivations).
