Au 31/12/2018, les fonds euros représentent encore 80% des quelques 1700 milliards d’euros d’épargne placées en assurance vie.  Pourtant, la collecte nette d’épargne, c’est à dire les versements nouveaux déduits des rachats partiels et dénouement par décès, est principalement réalisée au profit des unités de compte.

En 2018, les épargnants ont placé environ 140 milliards d’euros sur les contrats d’assurance vie, dont 72% de fonds euros et 28% d’unité de compte. Les rachats partiels et autres dénouement par le décès du souscripteur concernent principalement des rachats sur le fonds euros. Ainsi, la collecte nette de 22.4 milliards en 2018 se décompose entre 1.3 milliards pour les fonds euros (soit 5.80% de la collecte nette) et 21.1 milliards d’euros pour les unités de compte (95% de la collecte nette).

 

En 2018, le taux de rendement moyen des fonds euros est de 1.80%, tout comme en 2017.

En 2018, le taux de rendement moyen des fonds euros est de 1.80%, tout comme en 2017.Néanmoins, le regain d’inflation constaté entre 2017 et 2018 réduit fortement le taux de rendement réel des fonds euros des contrats d’assurance vie. En 2018, le rendement moyen net d’inflation contrat d’assurance vie est même négatif s’ils ont tient compte des prélèvements sociaux :

  • Rendement moyen des fonds euros en 2018 = 1.80%
  • Rendement moyen des fonds euros en 2018, net de prélèvement sociaux de 17.20% = 1.49%
  • Rendement moyen des fonds euros en 2018, net de prélèvements sociaux, net d’inflation = -0.31%

 

Bref, les épargnants en fonds euros d’assurance vie ont bénéficié d’une augmentation de la valeur de leur patrimoine financier grâce à la revalorisation de 1.49% du rendement de leur fonds euros, net de prélèvements sociaux… mais ils ont perdu en pouvoir d’achat car l’inflation, en 2018 est de 1.80%.

Cette situation est particulièrement inquiétante pour les épargnants qui voient leur richesse relative s’effriter à cause d’un rendement trop faible car inférieur à l’inflation. Les épargnants s’appauvrissent, lentement mais surement, comme nous l’anticipions déjà dès 2016, et notamment dans cet article « Face aux rendements négatifs de l’assurance vie en euros, les épargnants doivent investir différemment ! ».

Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle semble durable. Les banques centrales de tous les pays développés semble déterminées à maintenir des taux d’intérêt à des niveaux très faibles pour une longue période. Nos économies dopées aux taux bas ne pourraient encaisser des taux de crédit plus élevés.

Ainsi, en 2018, l’assurance vie en fonds euros a procuré un rendement négatif aux épargnants … et surtout, cette situation devrait se renouveler dans les prochaines années. Depuis 2011 et nous le détaillons de manière exhaustive dans notre livre « Assurance vie et gestion de patrimoine« , les compagnies d’assurance vie investissent l’épargne confiée par les souscripteurs de fonds euros dans des obligations dont les rendements sont de plus en plus faibles.

Les fonds euros sont un placement dont la garantie du capital à tout moment rend obligatoire des investissements prudents construit autour des obligations et notamment des obligations d’état. Au 31/12/2017, en moyenne, les fonds euros sont composés à hauteur de -+80% en obligation, dont -+40% d’obligation d’état. Ainsi, au fur et à mesure de l’arrivée à échéance de ces obligations, les compagnies d’assurance vie doivent investir dans de nouvelles obligations dont les taux baissent inexorablement.

Au moment, ou j’écris ces lignes, les compagnies d’assurance vie qui investissent l’argent des épargnants en achetant des obligations d’état Français sont rémunérées au taux de 0.31% ! L’équation est très simple : Lorsque 40% de votre portefeuille à vocation à être rémunéré à un taux inférieur à 0.50%, il est impossible d’espérer un rendement global élevé.

Ainsi, la maîtrise de la collecte nette sur le fonds euros est fondamentale pour les compagnie d’assurance vie qui limitent alors les montants investis à taux bas. Seuls les renouvellements d’obligations à échéance dégradent le rendement du fonds euros.

 

 

 

Des taux d’intérêt excessivement faibles pour une longue période condamnent le rendement futur des fonds euros !

La persistance des taux longs durablement bas a pour conséquence simple de condamner les fonds euros. Depuis le début de l’année 2019, l’idée selon laquelle les taux d’intérêt devraient rester excessivement faibles pour une très longue période semble dominer les débats.

Nos économies, engluées dans la déflation, ne pourraient pas supporter des taux d’intérêt supérieurs à l’inflation et profitent au contraire de cette situation des taux d’intérêt réels négatifs (taux d’intérêt < au taux d’inflation) pour se désendetter sans effort, sans avoir besoin d’engager de véritables réformes structurelles.

Bref, cette situation de taux excessivement faibles semble devoir durer très longtemps… et ce n’est pas une bonne nouvelle pour les épargnants en fonds euros qui ne pourront donc que constater leur appauvrissement progressif. Années après années, le rendement de leur contrat d’assurance vie en fonds euros devrait être inférieur ou très proche de l’inflation.

Les épargnants ne verront pas leur capital baisser … mais leur moindre progression par rapport à l’inflation et surtout au taux de croissance nominale de l’économie sera une source d’appauvrissement quasi invisible. 

Le fonds euros n’est plus un bon placement pour recevoir une épargne de long terme. Le fonds euros ne permet plus de s’enrichir grâce à son épargne. Néanmoins, comme nous vous le présentions dans notre « Météo du patrimoine« ,  il s’agit du meilleur produit de placement sur le marché pour celui qui souhaite disposer d’une épargne garantie et disponible à tout moment !

Le fonds euros n’est plus un bon placement … mais les épargnants qui ne veulent pas abandonner la garantie et la disponibilité de leur épargne ne pourront pas trouver de meilleurs placements. 

 

Les épargnants doivent modifier leur stratégie d’investissement et de placement.

La conséquence de ces taux d’intérêt durablement bas est simple : L’épargne est en danger ; Vous devez travailler à une autre manière d’utiliser votre épargne si vous voulez lutter contre cette érosion progressive de la valeur relative de votre épargne. 

Vous devez arrêter d’épargner, vous devez investir, c’est à dire utiliser votre argent pour « acheter » un actif, un bien, dont l’exploitation directe ou indirecte sera source de revenus futurs.

Il pourra s’agir tout simplement d’investir dans l’immobilier en achetant votre résidence principale, secondaire (bien dont la rentabilité n’est pas financière – Acheter une résidence secondaire, un investissement au rendement non financier inestimable) ou un bien immobilier locatif. En achetant, un bien immobilier locatif, l’épargnant devient investisseur puisqu’il achète un bien immobilier et il devra s’investir dans sa gestion pour en tirer le meilleur revenu (il ne s’agit pas nécessairement du plus élevé … mais du plus pérenne). S’investir dans la gestion de son immobilier locatif, c’est réfléchir sur l’aménagement du bien, sur les travaux à réaliser pour attirer les locataires, réfléchir à des modes d’exploitation nouveaux tels que la colocation, la location meublée ou saisonnière, …

Il pourra aussi s’agir d’investir dans le capital d’une entreprise cotées ou non cotées. Devenir actionnaire à long terme d’une entreprise permet d’investir indirectement dans la capacité de l’entreprise à générer un revenu futur. Ce n’est pas l’épargnant actionnaire qui s’investit … Il se contente de déléguer cette capacité aux dirigeants de l’entreprise.

Mais attention à ne pas confondre « spéculation sur les marchés boursier » et « investissement dans le capital des entreprises ». L’investisseur utilise les marchés financiers et leurs excès, pour acheter à bon prix des actions qu’il détiendra pour une très longue période. L’investisseur en action choisit les entreprises dans lesquelles il investit pour leur capacité à générer du bénéfice à long terme. Il ne cherche pas à suivre la spéculation quotidienne sur la valeur du cours.

Enfin, l’épargnant pourra également devenir investisseur en achetant n’importe quel actif qui fera de lui un entrepreneur de son patrimoine. L’investisseur doit se considérer comme un mini chef d’entreprise qui consiste à exploiter au mieux l’argent qu’il a épargné. 

 

Il est important d’avoir conscience que l’épargne n’est qu’un stock d’argent en attente d’investissement ou de consommation. L’épargne n’est pas une fin, ce n’est qu’un moyen ! Les taux faibles nous obligent à réduire cette période d’attentisme qu’est l’épargne.

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31 Comments

  1. Laurent says:

    Certes. On ne peut être que d’accord. Mais quel actif sur lequel investir ?
    Outre le rendement, La fiscalité est importante et l’assurance vie eSt l’une des plus douce.

    • Je crois qu’un PEA est une solution simple à envisager sérieusement pour acheter des titres et les porter à très long terme : On profite des excès baissier des cours de bourse pour se constituer des lignes sur des grandes valeurs … et on voit dans 20 ans, en réinvestissant simplement les dividendes tous les ans. (cf »Faut il profiter des baisses sur le marché action pour investir à très long terme ? Notre mode d’emploi. » Malheureusement, les cours sont aujourd’hui trop élevé. Il faut attendre la prochaine consolidation.

      Ensuite, l’immobilier locatif me semble particulièrement attrayant pour celui qui sait acheter et se projeter dans les améliorations qu’il saura apporter sur un bien dégradé par le marché.

      • moreau says:

        oui, dernier paradis fiscal le PEA …. avec des valeurs de rendement pour minimiser les chances de se planter sur le long terme

      • Fredy Gosse says:

        T inquiète Guillaume cherche des infos sur Israël Gaza et discours Neatanyau ( orthographe ???) nos médias silence radio Mais la 3 eme guerre mondiale vient peut être de commencer

    • Sénèque says:

      Justement, quel intérêt de laisser une telle fiscalité « adoucie » pour des titres de créances majoritairement ?
      => de conserver de quoi absorber les dettes des émetteurs publics …qui ne seront jamais remboursées (cf. articulation du roulement de la dette et théorie moderne de la monnaie)

      Il n’y a aucun intérêt type « financement de l’économie réelle » (les belles phrases des démago…) car la dette primaire émise par Etat français sert à financer quasi exclusivement des dépenses de fonctionnement et non des dépenses d’investissement, et cela avec une obligation de s’endetter auprès d’organismes de crédit privés pour « éviter les excès de démagogie » (bon, c’est sur le papier car il y a une cavalerie manifeste lorsque l’observateur analyse les données avec les banques privées qui achètent les titres sur le marché primaire et les revendent pour partie sur le marché secondaire…à la Banque de France !! …qui elle-même reverse une quote-part des intérêts perçus sur des titres de dette de l’Etat français à …l’Etat français !! il n’y a pas à dire, c’est quand même du haut niveau !!).

      Donc d’une certaine, manière, ce sont des milliards (la quote-part des versements sur les supports en euros investis en titres de dette de la France) sur lesquels peut compter l’Etat de façon certaine pour avoir des avances perpétuelles car la plupart des français pouvant épargner recherchent prioritairement…les avantages fiscaux – réduire le coût de la transmission de ses actifs, capitaliser sans frictions fiscales… – et favoriseront ainsi encore longtemps l’assurance-vie car ce n’est pas le rendement qui est véritablement recherché.

  2. Fredy Gosse says:

    Oui si je vois les perfides profils prudents des grands groupes

  3. Fredy Gosse says:

    Désolé les performances ?

  4. julien bonnetouche says:

    Sans chercher trop longtemps, il existe surement une majorité de gens qui n’aiment pas le risque pris avec les actions.
    Donc les fonds en euro auront encore pas mal d’adhérents, même si ils coûtent de l’argent avec une inflation un peu supérieurs aux taux.
    ils ne verront que le 1,8% de rapport.( qui reste lieux que l’inflation actuellement, mais qui va encore diminuer)

  5. L’inflation réelle est bien supérieure, mais on peut préférer la pseudo-sécurité faciale (je te tiens par la barbichette décrit par Sénèque très justement)

    Un jeu de dupes avec un avantage léonin de l’Etat, vieux lion fatigué s’il en est

    Tout repose sur l’édifice fragile du « credere »

  6. le fonds euros c’est :
    nous autres lemmings savons que nous allons être euthanasiés, mais si vous abusez, vous lion n’aurez plus rien à bouffer devant la débandade générale de nos frères épargnants rongeurs.
    laissez du mou et vous prélèverez votre dîme

    un équilibre financier de la terreur en somme

  7. christophe says:

    Mais malgré tout notre fond euro surpasse les rendements des Unités de compte vers lesquels nos chers conseillers nous orientent sur, 1 an, 5 ans, 15 ans , 20 ans selon une étude de la fédération française de l’assurance ( FFA) .
    source :https://www.lerevenu.com/placements/assurance-vie/assurance-vie-le-match-fonds-en-euros-contre-unites-de-compte

    • moreau says:

      intéressant. Toutefois cette analyse est basée sur des années où les rendements des fonds euros étaient plus valorisants

      • Sénèque says:

        Soit.

        Dans ce cas là l’exercice sera à faire dans 10 ans.

        1) nous savons à peu près par avance quel sera sensiblement le rendement du support en euros sur la période (environ 1% nets de frais de gestion et de prélèvements sociaux);

        2) nous ne savons pas (enfin, pour ma part, je ne sais vraiment pas du tout), comment vont évoluer les marchés actions sur lesquels sont investis les fonds-UC (combien de conseillers qui préconisent d’aller sur les UC anticipaient début 2007 une baisse substantielle des marchés financiers dans les 24 mois ???). Il y a donc un aléa élevé comme indiqué par Fredy « Un peu d UC pour obtenir une superformance ou …,…pas »;

        3) il est intéressant de constater que les résultats d’une analyse FACTUELLE et OBJECTIVE pas en faveur du support en euros soit ainsi à relativiser selon Moreau. Cette relativisation aurait-elle été indiquée s’il y avait eu un rallye haussier favorable aux UC ?? Dogmatisme ou réalisme ?

        Aujourd’hui, si vous faîtes des A/R sur le 10 ans français en intraday, vous faites des performances quotidiennes parfois à deux chiffres… Les marchés de taux, notamment sur des actifs « secure » (historiquement le profil du 10 ans français…), font des yo-yo assez exceptionnels (le secret de la perf d’H2O AM ? si en plus il est rajouté du levier…).
        Cela peut être un indicateur en complément d’autres pléthoriques pour alerter quant aux niveaux de valorisation de certains actifs et donc à considérer pour ses décisions d’achat/investissement.

        Un élément déterminant a par ailleurs été évoqué, à savoir l’âge des assurés-épargnants: pourquoi aller risque x % de son capital à la baisse (pas de garantie du capital) lorsque l’objectif prioritaire est la détention d’une épargne constituée pour financer les « vieux jours » et pour laquelle il n’y a pas, a priori, de recherche de valorisation (même si je rencontre des clients de >80 ans qui s’endettent car le coût de leur emprunt est inférieur au rendement de leur support en euros…en effet, ils gagnent ainsi quelques centaines d’euros de différence par an, mazette ! une belle optimisation d’une pertinence redoutable !?), et où donc, l’objectif prioritaire doit être la préservation de l’épargne atteinte car servant de base pour couvrir de futurs besoins.

  8. Thibaut says:

    Moi j’ai un peu d’UC sur mes AV afin d’obtenir le benefice d’un taux fonds €uros légèrement boosté. par contre étant déjà bcp exposé aux actions de par mon PEA (pas encore plein), compte titre et PEE (uniquement action), si je dois réinvestir sur une AV (et je dis bien réinvestir car finalement c’est aussi un investissement à fon perdu mais un investissement quand même l’Etat) je le ferai en fond €uros afin de conserver aussi un certain équilibre entre sécurité et risques

  9. Fredy Gosse says:

    Un peu d UC pour obtenir une superformance ou …,…pas

  10. Chris Sanson says:

    Oui c’est bien ça : « UC surperformance ..ou pas « : voir novembre-décembre 2018…. que faire quand on a économisé pour ses vieux jours (pour payer les nombreuses aides à dom, les couches, …) , que les vieux jours sont là, avec une retraite peau de chagrin ? PEA horizon 20 ans ? pour l’instant, mon assurance vie , avec ses 30% d’UC, revient tout doucement à son niveau de … 2017 ! et il est à craindre que ça ne dure pas….
    quand on a une espérance de vie de 15-20 ans, que faire ?

  11. julien bonnetouche says:

    La remarque de Chris Sanson vaut pour tous.
    Quoi faire quand plus rien ne rapporte ?
    C’est un pari.
    Un pari selon lequel lorsque les obligations ne font rien, l’immobilier pas grand chose, l’or pas plus que d’habitude, alors les investisseurs vont finir par se mettre sur les actions parce qu’ils n’ont pas d’autre choix.
    Mais ce n’est pas plus rassurant que ça !!

  12. LES NOTES DE BRUNO BERTEZ – Répression financière et imbécilités

    | »Répression financière » est le terme utilisé pour identifier une période de taux d’intérêt extrêmement bas et d’injections de liquidité constantes.

    Cette politique a un impact très négatif sur les épargnants. L’objectif est d’obliger les citoyens à cesser d’épargner et à accroître la consommation et les investissements – d’où le terme répression.

    Le comble de la répression financière correspond aux taux d’intérêt nominaux négatifs. Les défenseurs de cette pratique la justifient par l’argument selon lequel l’épargne serait trop importante et qu’il s’agit de forcer les agents économiques à dépenser.

    C’est la fameuse thèse imbécile de Bernanke de l’excès d’épargne ; lequel Bernanke n’a rien compris au système capitaliste financiarisé, d’une part, et confond d’autre part un système fondé sur l’épargne avec un système fondé sur le crédit.

    Le seul excès qu’il y a, c’est un excès de crédit et de dette !

    Dette, saturation et profitabilité du système insuffisante sont les vrais problèmes… mais nos Gribouilles sont victimes de leur propre idéologie mystificatrice. Il ne faut surtout pas admettre que le profit est le vrai moteur caché du système, il faut faire croire que ce sont les besoins, les désirs et donc la demande !

    Ah, les braves gens.

    Le fond de la doctrine keynésienne

    D’où le raisonnement issu des travaux de Keynes sur l’épargne, l’investissement, la préférence pour la liquidité etc. Dans les années 1930, Keynes voulait sauver le capitalisme qu’il savait menacé par la déflation et le chômage ; il n’était pas un homme de progrès mais il admettait des entorses au système pour le sauver de ses contradictions internes…

    Le raisonnement se résume à ceci :

    Si le prix de l’argent est trop bas, les consommateurs préféreront dépenser et les entreprises utiliseront leurs excédents pour investir – même si leur rentabilité est médiocre.

    Le « Miracle S-11 »

    Comment une poignée de Français « pirate » l’Etat américain en ce moment même pour engranger des revenus réguliers de plusieurs milliers d’euros.

    C’est simple… 100% légal… et ouvert à tous sans condition de revenus, statut ou domicile : cliquez ici pour en savoir plus.
    Tel est le fond de la doctrine de Keynes et le fond de de celle de nos zozos banquiers centraux. Il faut remarquer que dans divers articles, Keynes avait reconnu que cela ne marchait pas.

    En effet, rien ne se produit comme espéré. La mécanique de Keynes ne s’enclenche pas.

    Rien ne prouve que les citoyens épargnent trop, ni que les entreprises n’investissent pas… ou même qu’elles en ont besoin.

    De nombreux pays ont dépassé le seuil de saturation de la dette, avec plus de 320% du PIB de la dette publique et privée totale, selon le FMI.

    Ainsi, la répression financière réalise le contraire de ce qu’elle a pour objectif de faire. Elle augmente la masse de dettes et augmente donc la saturation.

    Le chasse-neige est coincé

    Le boulet de la dette devient trop lourd à traîner. C’est le chasse-neige qui repousse la masse devant lui mais ne réussit plus à se frayer un chemin : pour servir la dette il faut du cash-flow, des revenus, mais la dette oblige à peser sur les revenus et donc elle pèse sur les cash-flows.

    Nous sommes prisonniers d’une contradiction entre les flux et les stocks, le mort et le vif.

    Lorsque les planificateurs centraux du système capitaliste financiarisé monopolistique d’Etat et de banques centrales réunies appliquent davantage de répression, les agents économiques décident d’être plus prudents encore qu’ils ne l’étaient avant ; ils veulent la sécurité dans le futur car ils ont peur.

    Si l’on baisse par exemple la rémunération de vos économies, vous épargnez encore plus pour préserver votre sécurité future lors de votre retraite. Vous avez peur de rentrer dans la dépendance. C’est logique mais nos zozos ne comprennent pas cela.

    Les citoyens perçoivent que le prix et la quantité de monnaie sont manipulés artificiellement et que la politique suivie n’est pas compatible avec la réalité de l’économie. Il y a une sorte de malaise, l’humeur est maussade.

    Contrairement à ce que pensent les économistes keynésiens, une répression financière extrême conduit à des réactions encore plus prudentes de la part des agents économiques. Les préférences restent centrées sur la prudence face à une incertitude croissante.

    Manque de confiance

    Plus les élites et les autorités jouent de la peur, plus les gens deviennent frileux et réduisent leur train de vie. Les politiques de réformes imbéciles dans ces périodes sont totalement contre-productives, M. Macron !

    Pourquoi les citoyens ne sont-ils pas enclins à prendre des risques au milieu de politiques accommodantes ? Pourquoi les entreprises n’investissent-elles pas autant que le souhaitent les planificateurs centraux face à des taux d’intérêt bas et à une liquidité extrême ?

    Il n’y a aucun mystère : c’est le couple risque /profitabilité qui produit son effet, il exerce sa tyrannie. Trop de risque pour pas assez de profitabilité !

    Les gens n’ont pas confiance dans l’environnement économique/politique – et surtout, la réalité qu’ils voient diffère de l’image créée par la banque centrale et les gouvernements.

    Parce que la certitude de la fragilité des économies est bien ancrée, on sait que cela va mal, malgré la propagande. Le mal ne se déguise pas par la manipulation de la quantité de monnaie et le coût de l’argent.

    Trafiquer les zéros dans les livres de comptes ne sert à rien – sauf à ceux qui vivent dans la névrose financière, dans l’imaginaire financier, ceux qui spéculent avec les livres de comptes, les banquiers, les financiers, les agents de la financiarisation.

    Les gouvernements qui consomment/gaspillent de plus en plus de ressources rares de l’économie réelle rendent la consommation des ménages et l’investissement privés encore plus risqués. Cela se voit et se ressent.

    Alors qui achète des obligations avec des rendements négatifs ?

    – Ceux qui pensent que le marché boursier et les actifs risqués vont s’effondrer à cause des valorisations élevées, à cause de la saturation en liquidités résultant de stimuli sans fin et de leur faible impact sur l’économie réelle.

    Par conséquent, face à la possibilité de perdre 1% dans une obligation par rapport à 20-30% dans les autres classes d’actifs, la préférence, le choix pour les fonds d’Etat à rendement négatif sont évidents.

    – Ceux qui s’attendent à une demande croissante d’actifs sûrs/refuges à mesure que les flux de fonds quittent les actions au profit d’obligations et parient que leur prix augmentera malgré le rendement négatif, compensant la perte de coupon.

    – Ceux qui pensent que les gouvernements et les banques centrales savent comment se lancer dans l’assouplissement quantitatif, mais ne savent pas comment s’en sortir. Pour cette raison, ils s’attendent à de nouvelles réductions des taux d’intérêt et à de nouveaux plans d’expansion monétaire, ce qui renforcera davantage la demande d’obligations à faible risque.

    – Ceux qui analysent ces politiques expansionnistes et ces guerres des monnaies pour ce qu’elles sont – des imbécilités – et qui, au lieu de voir le risque d’inflation, estiment que la probabilité de déflation est plus grande en raison des surcapacités et de l’endettement croissant.

    La répression financière est un colossal échec technique fondé sur des erreurs de raisonnement et sur le fait que les banquiers centraux ne veulent pas se dédire, qu’ils ont peur de perdre leur crédibilité ; ils ont peur que leurs têtes ne soient un jour au bout d’une pique.]

    • Michel,

      Merci d’éviter de copier ces textes de Bruno BERTEZ. Monsieur BERTEZ est un penseur très intéressant que je lis régulièrement depuis 10 ans maintenant. Néanmoins, il est dangereux de réduire sa pensée à la lecture de cet article ou d’un article publié de temps à autre. Sa démarche, sa réflexion est dynamique et la lecture d’un article spontané, en dehors du cycle de réflexion peut induire le lecteur en erreur dans son interprétation.

      Mais encore une fois, sa pensée est passionnante, mais probablement trop complexe pour être déposée ici.

      • Bof !!!
        Très réducteur sur l’intelligence des lecteurs, qui sont pour la plupart avertis et capables de juger objectivement du bien fondé ou pas des écrits de Mr Bartez ou d’un autre que je cite souvent.

        Personnellement, je transmets cela à titre d’informations que ce soit de Bartez ou un autre, pensant que la situation extrêmement complexe de notre économie demande la connaissance du large spectre des possibilités d’avenir de notre société, et ainsi permettre aux lecteurs, à minima, de protéger leur patrimoine si cela tournait mal.
        Il m’a semblé, mais peut-être me suis-je trompé que c’était (l’un des) l’objet de ce blog.

  13. julien bonnetouche says:

    Michel,
    arrêtez de faire du copier-coller de manière générale …

    • Julien, vous vous êtes mis d’accord avec Guillaume !!!

      Le copier/coller n’est qu’une information (triée parmi d’autres) que j’ai lue et qui me semble pouvoir intéresser un certain nombre de lecteurs tant elle est à propos du sujet.

      Elle n’est pas dans mon esprit en tous cas, prosélytique.
      Elle est forcément un peu subjective, comme tous les articles de ce blog et les commentaires de chacun, les vôtres en premier.

      MAIS QUAND MÊME,SI ELLE NE VOUS PLAÎT PAS, PASSER AU PROCHAIN COMMENTAIRE ET NE LA LISEZ PAS. C’est simple la vie !

      Cordialement

  14. julien bonnetouche says:

    Michel,
    il me semble que pour l’intérêt des discussions, ce serait mieux que vous fassiez des commentaires subjectifs naturellement, mais qui soit de vous.
    Quitte à donner les références qui vous ont inspirées.( un peu comme les bibliographies)
    Cela permettrait éventuellement (à moi ou aux autres) d’aller dans votre sens (ou le contraire).
    Alors que discuter de l’opinion de X ou Y n’est pas passionnant.

    • Je fais les 2 mon cher, des commentaires de moi-même, de mes réflexions, subjectifs ou moins parfois (la limite entre subjectif et objectif n’est pas évidente) et, comme je sais que ne sais pas grand chose en fait (pour reprendre une formule maintes fois répétée de Guillaume), je fournis également mais à ceux UNIQUEMENT que ça peut intéresser, des informations / réflexions de personnes que je glane par ci et par là, qui me semblent (subjectivement) bien réfléchies et dont le raisonnement tient la route avec des références pas forcément accessibles au commun des mortels.

      A mon sens pour avoir un avis le plus sensé et raisonnable, voire le plus objectif et vrai (tellement il y a aujourd’hui de fakes) c’est de multiplier la connaissance des avis des autres, thèse, antithèse et contre thèse, et de faire la synthèse.

      Je le répète, vous n’êtes pas obligé de me lire.

      Quant aux discussions de ce blog, depuis 9 ans que je participe, je constate que ce sont les mêmes sujets qui reviennent constamment et les commentaires ne diffèrent que très peu d’un article à l’autre. Il me semble donc que le fait d’apporter des informations de personnes sachantes ou dotées d’un professionnalisme reconnu est de nature à plus faire avancer les débats que de lire par exemple du Leruas à répétition.
      Cordialement

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