La semaine dernière a été éprouvante pour les épargnants. Quatre compagnies d’assurance-vie, de manière officiellement non concertée, ont publiquement annoncé leur volonté de ne plus commercialiser de fonds euros à l’avenir. Des termes très forts ont été employés et largement repris par tous les médias nationaux.
Generalli, Allianz, Suravenir et Crédit Agricole ont ensemble construit le discours autour de la fin du fonds euros.
Le message est passé : Le fonds euros est mort, c’en est fini de la garantie du capital sur les contrats d’assurance vie. Il suffit d’écouter les commentaires des médias généralistes pour s’en convaincre :

– RTL : Assurance vie : le placement préféré des Français est-il menacé ? Le capital des assurances vie de Generali risque de ne plus être garanti à 100 %. Selon Philippe Crevel, directeur du Centre de l’épargne, « il va falloir changer sa façon d’épargner ».

– Europe 1 : « Épargne : les contrats d’assurance-vie offrant un capital garanti sont menacés ». Alors que les taux d’intérêt sont nuls voire négatifs, il n’est plus possible de garantir aux épargnants des rendements positifs et sans risque.C’est un séisme qui se prépare pour les épargnants français. Les contrats d’assurance-vie offrant un capital garanti sont menacés.

 
Même mon grand-père, 91 ans, normalement peu intéressé par ces sujets, s’est inquiété de savoir s’il devait retirer son épargne en assurance vie. S’il l’objectif est de faire peur aux épargnants … je crois que l’objectif est atteint, même au delà des espérances.
Cette communication, massive et coordonnée, est étonnante. D’habitude, ce genre de débat est cantonné aux blogs spécialisés et autres médias d’experts dont l’audience se limite à ceux qui savent déjà. Mais le fait que le message se diffuse aussi largement dans les médias nationaux (et surtout qu’il ne soit pas contesté) est important. Tout cela est délibéré et calculé.
Ne trouvez vous pas dangereux pour une compagnie d’assurance vie de faire peur à ses clients en lui martelant « Arrêtez de me confier de l’épargne, je ne suis pas capable d’assumer ma promesse de garantie du capital ».
Cela ressemble fort à un suicide collectif sauf si, gonflé par la confiance dans les banques centrales et dans la persistance des taux d’intérêt négatifs, les compagnies d’assurance vie profitent de la situation pour vous vendre d’autres produits financiers plus rentables pour elles.
Cela se saurait si les assureurs étaient des philanthropes guidés par l’intérêt de leurs assurés.
Les compagnies d’assurance vie ne sont elles pas, tout simplement,  dans une offensive commerciale et profitent du soutien sans faille des banques centrales pour améliorer leur rentabilité en vendant des produits plus rentables aux épargnants ?
 

Mode panique de la part des compagnies d’assurance vie devant la généralisation des taux d’intérêt négatifs ou stratégie commerciale pour vendre le PER ?

La campagne de communication des compagnies d’assurance vieautour de la destruction du fonds euros a commencée vers le 25 septembre. Et comme par hasard, le tout nouveau PER (Plan Epargne Retraite) créé par la loi PACTE, devrait être commercialisé à partir du 01 Octobre 2019 !
Bien plus que l’objectif de diversification des contrats d’assurance vie en fonds euros, les compagnies d’assurance vie veulent vous vendre des PER (Plan Epargne Retraite) avec la bénédiction du gouvernement qui y voit une forme de début de retraite par capitalisation. Car bien évidemment, dans le PER, il n’est plus question de fonds euros et encore moins d’épargne garantie.
Pour que le PER fonctionne, il faut au préalable détruire les repères des épargnants et les convaincre que l’assurance vie traditionnelle n’est plus une solution viable faute de fonds euros. c’est chose faite !
Les commerciaux vont maintenant pouvoir vendre des PER puisque tout le monde est convaincu que le fonds euros (et donc l’assurance vie traditionnelle) est mort. Car bien évidemment, dans le PER, il n’y a plus de fonds euros, pas d’épargne garantie : Juste des unités de comptes et de la gestion pilotée sur les marchés financiers (cf »La gestion pilotée : Arnaque marketing ou stratégie pertinente pour valoriser son épargne ?).
 
Le nouveau PER (Plan Epargne Retraite) est un nouveau produit financier créé par la loi PACTE dont l’intérêt est malheureusement très limité (à notre goût). Certes, il s’agit d’une nouvelle solution pour défiscaliser, puisque les sommes pourront faire l’objet d’une déductibilité du revenu imposable à l’impôt sur le revenu, mais le blocage de l’épargne jusqu’au départ à la retraite et l’imposition des sommes à l’impôt sur le revenu récupérées lors du départ à la retraite en réduisent fortement l’attrait.
Comme nous vous l’expliquions déjà dans cet article « Faut il souscrire un PER (Plan d’épargne retraite) créé par la loi PACTE ? » qui détaille le fonctionnement et la fiscalité du nouveau PER, l’avantage fiscal lors de la souscription est il vraiment suffisant pour encourager l’épargnant à bloquer son épargne pendant 10, 20, 30 ou encore 40 ans ?
Je ne crois pas.
 
A suivre…

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