C’est bien connu, l’avenir de l’assurance vie est dans les unités de comptes et dans l’investissement sur les marchés financiers. Face à des taux de rendement du fonds euros définitivement réduits, l’épargnant n’a pas d’autres alternatives, il doit prendre des risques, investir sur les marchés financiers actions pour espérer valoriser son capital à un niveau attrayant.
C’est du moins la réflexion que vous entendez dans l’ensemble des réseaux commerciaux des compagnies d’assurance vie. Les épargnants doivent se diriger vers les unités de compte et moins investir dans les fonds euros pour leur bien (Et surtout pour améliorer la rentabilité financière des compagnies d’assurance vie et éviter les risques de solvabilité face à un fonds euros aux risques élevés).
Votre assureur ne vous a-t-il pas incité à investir en Unité de Compte pour améliorer le rendement du fonds euros ? 
 

L’investissement en unité de compte, une accumulation de frais de gestion qui plombe le rendement de votre contrat.

Malheureusement, l’investissement en unité de compte dans votre contrat d’assurance vie est synonyme d’une accumulation de frais de gestion qui réduisent fortement le rendement réel de votre contrat d’assurance vie. Les frais de gestion sont de deux niveaux :

– Les frais de gestion du contrat d’assurance vie. La compagnie d’assurance vie prélève des frais de gestion annuel compris entre 0.60% à 1% de la valeur de rachat du contrat d’assurance vie.

– Les frais de gestion de l’unité de compte. Investir son épargne dans une unité de compte, c’est confier son argent à une société de gestion qui gérera votre épargne et votre exposition aux marchés financiers. Cette société de gestion prélèvera des frais de gestion qui viendront naturellement en déduction de la valeur liquidative du FCP, sans que l’épargnant ne s’en aperçoive.

Les frais de gestion des FCP varient entre 0.50% à 2.50% selon les fonds. Par exemple, un fonds comme Mandarine Valeur affiche 2.20% de frais de gestion annuel. Le rendement de l’épargnant est réduit de 2.20% par année du seul fait de ces frais. (Le même fonds à destination des institutionnels affiche seulement 0.90% de frais de gestion).

La différence de frais de gestion entre la part à destination des particulier (Part R) et la part à destination des institutionnels (Part I) a vocation à rémunérer les distributeurs du fonds et autres intermédiaires financiers. 

Les frais de gestion, prélevés par la compagnie d’assurance vie ou par les sociétés de gestion, permettent d’assurer les frais engagés par ces organismes pour assurer le bon fonctionnement de ces supports d’épargne. Une partie non négligeable des frais de gestion est néanmoins reversée aux distributeurs et intermédiaires financiers qui commercialisent le contrat d’assurance vie (courtier, banque, cgpi, ….) sous forme de rétro-commissions.
Pour connaître le niveau des rétro-commissions versées aux intermédiaires financiers qui distribuent le FCP, il suffit de comparer le niveau de frais de gestion entre la part R (commercialisée auprès des particuliers) et la part I (commercialisée auprès des institutionnels).
En moyenne, le niveau des rétro-commissions est d’environ -+ 1% sur les fonds gérés en unités de compte (taux moyen qui varie en fonction des unités de compte et des sociétés de gestion – Mais un taux de 1% est représentatif du niveau moyen et général des rétro-commissions perçues par les intermédiaires) et seulement 0.1% à 0.3% pour les fonds euros.
 
 

Dans une distribution désintermédiée de l’épargne, les frais de gestion doivent être réduits.

Après l’avènement des contrats d’assurance vie distribués sans intermédiaire sur internet et la suppression progressive des frais d’entrée, les intermédiaires doivent aller plus loin et réduire les frais de gestion payés par les épargnants.
Les frais de gestion prélevés par les compagnies d’assurance vie déjà sous la pression des contrats diffusés par internet, meilleurs et moins onéreux (les contrats internet affiche -+ 0.60% de frais de gestion sur unité de compte contre -+ 1% de frais de gestion sur unité de compte pour les contrats haut de gamme traditionnels).
Les frais de gestion des unités de compte sont identiques entre les contrats distribués sans intermédiaire (via internet notamment) et les contrats traditionnels commercialisés dans les réseaux avec intermédiaires financiers (distribués par les CGPI, courtier, banque …).
La désintermédiation irréversible de la distribution de l’épargne doit s’accompagner d’une réduction des frais de gestion. En l’absence d’intermédiaire à rémunérer pour la distribution de l’épargne, les épargnants doivent en profiter et bénéficier de frais de gestion moindres. 
 
L’enjeu des frais de gestion des contrats d’assurance vie et notamment des frais de gestion des unités de compte est important, et nettement plus important que les frais d’entrée dans le contrat d’assurance vie. Imaginez les conséquences pour votre épargne d’une réduction des frais de gestion de 1% / an.
Après 20 ans d’épargne, pour un contrat 100% investi en unité de compte, c’est -+ 22% de la valeur du contrat qui pourrait être économisé (1% de la valeur de votre contrat investie en Unité de compte par année pendant 20 ans…). L’enjeu est énorme !
 
 

Pourquoi les compagnies d’assurance vie ne permettent-elles pas aux épargnants d’investir sur les parts institutionnels des OPCVM ? 

Souvenez-vous, lorsque l’épargnant investit dans une unité de compte dans un contrat d’assurance vie, la compagnie d’assurance vie s’engage à valoriser la valeur de rachat du contrat d’assurance vie en fonction de l’évolution de la valeur liquidative de l’unité de compte en question.
L’épargnant n’est pas propriétaire du FCP dans lequel il investit, mais dispose simplement d’un droit de créance sur la compagnie d’assurance vie. Il y a une déconnexion entre la nature de l’unité de compte et droit de créance : L’épargnant dispose d’un droit de créance qui évolue en fonction de l’évolution de la valeur liquidative de l’OPCVM mais c’est la compagnie qui investit (ou non d’ailleurs – puisque rien n’oblige la compagnie à investir dans l’unité de compte) dans l’OPCVM.
 
Mais alors, puisque c’est la compagnie d’assurance vie qui investit dans l’OPCVM, pourquoi ne choisit-t-elle pas d’investir dans une part institutionnelle, nettement moins onéreuse en frais de gestion ? 
Pourquoi la compagnie d’assurance vie, institutionnelle, n’investit-elle pas dans un OPCVM dédié aux institutionnels et préfère t’elle investir dans un OPCVM dont les frais de gestion sont plus élevés ? 
 
Aujourd’hui, la société Oddo et cie propose un contrat d’assurance vie commercialisé par les Conseils en Gestion de Patrimoine Indépendant avec accès aux parts institutionnels des OPCVM. Les frais de gestion de l’unité de compte sont alors réduits de 40% à 60%.
Malheureusement, si ce contrat permet l’accès à des OPCVM institutionnels, les frais de gestion du contrat d’assurance vie sont majorés de 1% (pour atteindre un total de 1.96%) afin de maintenir une rémunération identique aux intermédiaires financiers distributeurs du contrat d’assurance vie (CGPI). Au final, les frais de gestion reste identique pour l’épargnant.
 
 

La nature ayant horreur du vide, de nouveaux acteurs devraient rapidement se saisir de cette opportunité pour innover et assurer un meilleur service aux épargnants. 

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