Dans le cadre de la loi SAPIN 2, un amendement à discrètement été voté la semaine dernière. Cet amendement vise à donner davantage de pouvoirs au Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), l’autorité macroprudentielle française chargée d’exercer la surveillance du système financier dans son ensemble sous l’autorité du minitre des finances et des comptes publics.

Cet amendement vient modifier l’article 21 bis de la loi sapin 2 précise que, pour prévenir des risques représentant une menace grave pour la situation financière des personnes assurées ou d’une partie significative d’entre elles, il est possible de suspendre, retarder ou limiter, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrage ou le versement d’avances sur contrat, c’est-à-dire de suspendre le contrat d’assurance d’un certain nombre de personnes en cas de danger, non pas systémique, mais pesant sur une grande partie des assurés.

Tout simplement ! Les articles 21 et 21 bis de la loi SAPIN élargissent les pouvoirs de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et du HCSF visant à faciliter le rétablissement de la situation financière et la résolution des organismes d’assurance 

C’est effrayant !

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Pour mieux vous rendre compte de l’importance de cette décision, et surtout de la manière étrange avec laquelle cet amendement à été déposé, je vous propose de lire les échanges entre parlementaires qui découvrent le texte au dernier moment :

 

Extrait du débat en commission des finances : 

M. le rapporteur pour avis. L’amendement, élaboré en concertation avec le Gouvernement, tend à renforcer les pouvoirs du Haut Conseil de stabilité financière en lui donnant la faculté juridique de soumettre le secteur de l’assurance à un régime macroprudentiel contraignant, inspiré du régime macroprudentiel applicable au secteur bancaire, en cas de risque systémique avéré. Il est bien sûr compatible avec la directive Solvabilité II.

Mme Karine Berger. Cet amendement, que j’ai découvert tardivement – il a été déposé il y a quarante-huit heures –, a une très grande portée puisqu’il permet la modification potentielle des ratios prudentiels appliqués au secteur de l’assurance. Je rappelle que nous avons créé, par la loi de séparation et de régulation des activités bancaires, une Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Elle s’est déjà saisie de la situation dans le secteur des assurances, nous alertant à propos de l’impact que les taux d’intérêt bas peuvent avoir sur l’assurance vie. Sommes-nous certains de vouloir renforcer encore les ratios macroprudentiels prévus par la directive Solvabilité II – car je ne pense pas, monsieur le rapporteur, que votre proposition ait pour objectif de les réduire ? Des explications complémentaires sur une disposition qui pourrait avoir des effets très puissants et, je l’espère, très sécurisants pour les souscripteurs d’assurance vie seraient bienvenues.

M. Charles de Courson. Comme Karine Berger, je m’interroge. Pourquoi cette affaire compliquée est-elle traitée par le biais d’un amendement du rapporteur ? Comment la proposition s’articule-t-elle précisément avec le droit communautaire ? Un fonds de réserve est-il prévu ? « Le code monétaire et financier », nous est-il dit, « serait ainsi modifié », notamment pour permettre au Haut Conseil de stabilité financière « de moduler les règles de constitution et de reprise de la provision pour participation aux bénéfices ». Or on se rappellera les très fortes pressions déjà exercées sur les autorités de contrôle pour qu’elles acceptent de ne provisionner que partiellement ; j’ai refusé d’appliquer dans la mutuelle que je préside cette faculté de modulation que je jugeais très dangereuse. Pire : ces consignes vaudraient en cas de fluctuations importantes de taux d’intérêt ou de prix des actifs. De telles mesures ont un impact très lourd pour les propriétaires des actifs considérés, qui sont, ne l’oublions pas, les assurés, les fonds propres des compagnies d’assurance étant, en proportion, peu de chose. Pourriez-vous, monsieur le rapporteur, nous éclairer ?

Mme Véronique Louwagie. Cette proposition a un impact potentiel considérable, mais comment l’analyser sérieusement alors qu’à seize heures dix, les amendements ne nous étaient pas encore accessibles ?

M. Patrick Hetzel. Le problème de méthode est flagrant. Si les amendements n’étaient pas accessibles, c’est qu’ils n’avaient pas encore passé le filtre de l’article 40… Le système informatique de la Haute Assemblée permet pourtant aux sénateurs d’avoir accès plus tôt aux amendements déposés ; ils sont publiés avec la mention « sous réserve de l’acceptation au titre de l’article 40 ». Découvrir en commission des amendements d’une telle importance ne nous permet pas de faire un travail digne de ce nom. Ce n’est pas sérieux.

M. Dominique Baert, président. Je rappelle à toutes fins utiles qu’un rapporteur peut déposer des amendements jusqu’au dernier moment.



Mme Karine Berger. Monsieur le rapporteur, qu’entendez-vous faire exactement en donnant au Haut Conseil de stabilité financière la possibilité de « suspendre, retarder ou limiter, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat » ? C’est de contrats d’assurance vie qu’il s’agit !

M. Christophe Castaner. La discussion ne fait que commencer et se poursuivra en séance publique en présence du ministre. La crise financière nous a enseigné que, pour être pleinement efficace, la politique macroprudentielle doit aussi tenir compte de tous les acteurs systémiques non bancaires, en particulier des assurances. Il ne s’agit pas d’une révolution, mais de compléter les moyens déjà mis en œuvre.

Mme Marie-Christine Dalloz. Cet amendement me terrorise. A-t-on le droit de restreindre aussi fortement le droit des contrats ? On retient de cet amendement que le Haut Conseil de stabilité financière pourrait limiter « l’acceptation de primes ou versements » et même « suspendre ou restreindre temporairement la libre disposition de tout ou partie des actifs », ce qui ne s’est jamais vu : un contrat doit avoir à tout moment une valeur de liquidation ! Quant à « suspendre, retarder ou limiter, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrages ou le versement d’avances sur contrat », c’est tout aussi contraire au droit. Quelle peut être l’inspiration de cet inventaire à la Prévert ?

M. Charles de Courson. A-t-on vérifié la constitutionnalité, au regard du droit de propriété, des alinéas c et d du nouveau 7 ° inséré à l’article L. 631-2-1 du code monétaire et financier, dont Marie-Christine Dalloz vient de rappeler les termes ?

Sur le plan économique, les dispositions proposées ne vont-elles pas déclencher une perte de confiance chez ceux de nos concitoyens, et ils sont très nombreux, qui ont souscrit une assurance vie avec une clause de rachat ? Je rappelle qu’entre dix et quinze pour cent des contrats d’assurance vie sont à taux garanti. N’est-on pas en train de jouer avec de la dynamite ?

M. le rapporteur pour avis. Les mesures proposées ne peuvent être déclenchées qu’en cas de crise systémique avérée, de manière à éviter sa propagation et à en limiter les effets. L’amendement s’inspire, je l’ai dit, du mécanisme macroprudentiel bancaire. Toutes les personnalités et tous les organismes que j’ai auditionnés considèrent que l’instauration de ce dispositif complémentaire de prévention du risque macroprudentiel est nécessaire. Le mécanisme qui vous est proposé est compatible avec la directive Solvabilité II. Il n’existe pas à ce jour de directive relative aux dispositions macroprudentielles pour les organismes d’assurance, mais le Haut Conseil de stabilité financière recommande de prendre en compte le risque macroprudentiel dans ce secteur.

Les amendements ont été déposés dans le délai prévu par notre Règlement. Celui que nous examinons a été rédigé en étroite collaboration avec le Gouvernement. Nous en débattrons à nouveau en séance publique, mais toutes les personnalités que j’ai entendues s’accordent à dire que, singulièrement dans le contexte de taux bas, nous avons intérêt à prendre cette mesure.

Enfin, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution peut déjà faire jouer, acteur par acteur, la disposition consistant à « suspendre, retarder ou limiter, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrages ou le versement d’avances sur contrat ». L’amendement vise à ce que, en cas de menace grave pour la situation financière, elle s’applique à un ensemble d’organismes et non à des acteurs individuels.

M. Charles de Courson. Pouvez-vous ignorer que de telles dispositions risquent de déstabiliser le secteur de l’assurance vie et de provoquer la fuite de l’épargne hors de nos frontières ?

Mme Karine Berger. Je vous saurais gré, monsieur le rapporteur, de nous lire en entier l’article du code monétaire et financier que vous entendez modifier. J’ai connaissance de cas de résolution d’établissement bancaire ou financier, mais, si ma mémoire est bonne, on ne trouve pas dans ce code de définition du « risque systémique avéré » – et pour cause : ce n’est pas une notion juridique, mais économique. Je pense donc que vous faites référence à un risque de résolution d’un établissement particulier ; d’ailleurs, les mesures proposées sont des mesures individuelles.

Mme Marie-Christine Dalloz. Je m’interroge également à ce sujet. Ce dont il est question dans l’amendement est de « prévenir l’apparition de mouvements de hausses excessives sur le prix des actifs de toute nature ou d’un endettement excessif des agents économiques », une notion qui diffère de celle de « risque systémique avéré ». La loi doit s’écrire avec circonspection. La rédaction de l’amendement ne serait pas différente si vous aviez décidé la fin de cette forme d’épargne que sont les contrats d’assurance vie. Cela m’inquiète.

M. le rapporteur pour avis. Vous vous référez, madame Dalloz, au 5 °, qui tend à élargir les prérogatives du Haut Conseil de stabilité financière sans entrer dans le champ de notre débat sur le régime macroprudentiel assurantiel, visé aux 6 ° et 7 ° de l’amendement. Les dispositions prévues visent, madame Berger, à préserver la stabilité du système financier ou à prévenir des risques représentant une menace grave pour la situation financière des organismes d’assurance ou d’une partie significative d’entre eux. La possibilité est bien donnée dans ce cas au Haut Conseil de stabilité financière de prendre des mesures générales. Enfin, monsieur de Courson, on peut aussi considérer que proposer des produits d’assurance vie sécurisés par un régime macroprudentiel sera un avantage pour la place de Paris.

M. Christophe Castaner. Je pense également que cette proposition est certes une contrainte, mais aussi un élément de sécurisation et donc un facteur d’attractivité.

M. Dominique Baert, président. La discussion reprendra sans nul doute en séance publique, en présence du ministre.

Comme vous pouvez le lire, l’amendement propose de renforcer le pouvoir du Haut Conseil de Stabilité Financière (qui je vous le rappelle est placé sous l’autorité du ministre des finances) afin de lui permettre de « suspendre, retarder ou limiter, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat » des contrats d’assurance vie en cas de risque systémique avéré notamment induit par « l’apparition de mouvements de hausses excessives sur le prix des actifs de toute nature ou d’un endettement excessif des agents économiques ». 

Ce pouvoir du HCSF ne concernerait pas seulement une compagnie d’assurance vie mais un ensemble d’organismes concerné par ces variations de taux d’intérêt.

En deux mots, j’ai le sentiment que l’on organise les conséquences possibles d’une prochaine hausse des taux d’intérêt. Demain, en cas de hausse violente des taux d’intérêt, les contrats d’assurance vie seront « bloqués » temporairement (??) afin de protéger les compagnies d’assurance vie.

Cela fait longtemps que nous savions que l’ACPR pouvait interdire les rachats sur les contrats d’assurance vie en cas de faillite d’une compagnie d’assurance vie. La nouveauté de l’article 21 bis de la loi SAPIN est général et préventif d’une telle disposition. L’apparition d’un risque de faillite par l’augmentation violente des taux d’intérêt par exemple pourrait suffire à mettre en oeuvre le blocage des contrats d’assurance vie afin de limiter la propagation du risque !

Quid du seuil d’intervention ? C’est quoi une crise systémique ? Qui décide ? Quels intérêts défendus ?

A suivre…

 

 

PS : les discussions en commission des finances de l’assemblée nationale font référence à une probable future discussion en séance publique. Malheureusement, les discussions ont été bien courtes :

 

Extrait de la séance publique de vote de l’article 21 bis

Article 21 bis

M. le président. La parole est à Mme Karine Berger, inscrite sur l’article 21 bis.

Mme Karine Berger. L’article 21 bis, qui a été adopté par la commission des finances à l’initiative du rapporteur, est un article important de la loi future loi Sapin 2. Alors que l’article 21 offre la possibilité, pour la première fois d’ailleurs en Europe, d’organiser la résolution de compagnies d’assurances, l’article 21 bis permet de préciser les pouvoirs de Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, l’ACPR, dans la résolution des assurances.

Le texte proposé pour le 5° ter de l’article L.631-2-1 du code monétaire et financier prévoit que, pour prévenir des risques représentant une menace grave pour la situation financière des personnes assurées ou d’une partie significative d’entre elles, il est possible de suspendre, retarder ou limiter, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrage ou le versement d’avances sur contrat, c’est-à-dire de suspendre le contrat d’assurance d’un certain nombre de personnes en cas de danger, non pas systémique, mais pesant sur une grande partie des assurés.

Monsieur le ministre, ces mesures sont extraordinairement puissantes, qui peuvent se révéler très efficaces dans un certain nombre de cas – je pense notamment à un cas révélé par la presse il y a un an, qui posait effectivement le problème de la suspension unilatérale de certains contrats.

Le Gouvernement n’ayant pas donné d’avis sur cet amendement en commission des finances, j’aimerais savoir ce que vous pensez de l’ensemble des mesures proposées par l’article 21 bis, notamment les pouvoirs exceptionnels de l’ACPR sur les contrats d’assurance.

M. le président. Les amendements, nos 1191, 1192, 1193 et 1194 de M. Colas sont des amendements de précision.

(Les amendements nos 1191, 1192, 1193 et 1194, acceptés par le Gouvernement, sont successivement adoptés.)

(L’article 21 bis, amendé, est adopté.)

 

Fin de la discussion ! Le texte est voté, personne n’a rien compris et n’a reçu aucune explication !

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85 Comments

  1. Choquant, régime stalinien.

  2. Fredy Gosse says:

    ça confirme la panique au niveau le plus haut de l’Etat même madame Berger socialiste n’est pas informé ,n »a pas suscité cet amendement.Espérons que tout ceci finira au conseil constitutionnel….mais il est sous contrôle socialiste …désormais..
    il est clair qu’un « Franxit » dynamiterait tout ce système pourri dont on ne sait plus qui des banques ou des cies d’assurance voleront le plus leurs clients avec la bénédiction des pouvoirs…

  3. B.BOISJOT says:

    Bonjour,
    Comme vous le voyez, la France reste un pays démocratique, où la transparence et la recherche du bien commun nous permettent de donner des leçons au reste du monde 😉 .

    Fuyez donc l’assurance-vie, fuyez les banques, fuyez l’immobilier, fuyez les actions… Bref que reste-t-il, à part « fuyez le pays » ?

    En tous cas, une chose est sûre : il faut désormais proscrire l’assurance-vie (notamment les fonds euros) et les comptes courants pour les profils « prudent » (soit 80% de la population). Reste-t-il quelque chose à leur proposer ? Peut-être les obligations à taux variable en détention directe.

    Est-ce qu’un spécialiste des assurances-vie de droit luxembourgeois pourrait nous préciser si ces dernières sont mieux protégées ?

    Merci.

    • La véritable question : Peut on encore affirmer que l’assurance vie fonds euros est disponible et garantie à tout moment ? Défaut de conseil ?

      • Pour moi, cela va plus loin, c’est bien la CREDIBILITE de ce gouvernement qui est en jeu et en corollaire la confiance (déjà bien entamée) qu’ont les Français envers celui-ci. Et quand il n’y a plus de confiance, plus rien n’est possible pour redresser un pays. Quand comprendront-ils une chose si simple ? J’espère qu’on ne va perdre un an encore !!!!

    • Je suis d’accord avec vous, il faut fuir tout ce qui touche aux banques et aux assurances.

      Il reste tout de même les métaux précieux, en particulier l’or et l’argent physique sous forme de pièces frappées. Il existe aujourd’hui plusieurs services différents qui proposent d’effectuer des transactions hors système bancaire avec de la monnaie électronique adossée soit à des crypto-monnaies, soit à des métaux précieux, soit à des devises classiques.

      Dans les placements encore intéressants, il y aussi le foncier agricole et forestier.

  4. Encore une fois ce gouvernement se tire une balle dans le pied , cela s’appelle aussi scier la branche sur laquelle on est assis .
    En plus de mettre le doute dans l’esprit des épargnants cela va donner des arguments de chocs aux compagnies étrangères quant à la sécurisation de l’épargne des français.

  5. Ayez des titres en nominatif pur……

  6. s’il existe un risque sur la  » rachetabilité  » du contrat, doit on toujours le déclarer à l’ISF ?

  7. Fredy Gosse says:

    bonne question Mathe

  8. Cela me rappelle lorsque le gouvernement avait fait son hypothèse sur les revenus générés par l’imposition des comptes titres (PV, coupons et dividendes..), il avait oublié que nous (français) ne sommes pas que des pigeons et donc avions été vers l’assurance vie et les PEA: pas d’impots recouvert et fuite par bon nombre de français des marchés boursiers. On continue (sous prétexte de protection de qui……) à changer les règles.
    Je partage l’avis de Mathe et B;Boijot, ouverture vers les contrats luxembourgeois (qui eux pour l’instant se démocratisent), et puis à nous de trouver des solutions pour éviter comme le dit Guillaume le défaut de conseil (je préviens déjà depuis janvier mes clients, mais je n’ose pas croire à l’irruption du problème).
    merci pour les idées nouvelles..

  9. Patrick D says:

    Il parait évident que les français vont chercher à faire basculer leurs assurances vie françaises sur des contrats à l’étranger qui ne bloqueront pas les retraits pour un oui ou pour un non. Actuellement, je pense que la France est bien notée et peut emprunter à taux bas grace à ses garanties, y compris les assurances vie.

    Que se passera t-il quand les montants des assurances vie en France vont fortement diminuer ( pour gonfler les produits similaires en Suisse, Luxembourg, etc.. ) ? La solvabilité de la France va diminuer d’autant, les taux d’emprunt de la dette vont augmenter, le phénomène va s’amplifier.

    Au final, cette loi va provoquer la crise quelle est supposée faire éviter !

  10. La répression financière s’accélère! Encore une nouvelle invention du capitalisme de connivence, après le « too big to fail », le lobbying, le bail-in, la corruption politique, les lois idiotes d’incompétents à la botte des banques, des assurances, des médias,.. voilà que cet état oligarchique s’autorise la rupture unilatérale d’un CONTRAT en plein déni de démocratie.
    On peut se poser la question du pourquoi cet amendement ? la peur bien-sûr, la panique même qu’un système hors controôle dont ils sont les constructeurs aidés par cela par une (des) banque(s) centrale(s) qui font du grand n’importe quoi (QE, taux négatifs, rachats d’obligations, …) et dont ils ne maîtrisent plus les effets, ne leur explose à la figure.
    La GAP (Grande Apocalypse Financière) se rapproche à grande vitesse. Fuyez les banques et les ASSURANCES VIES et comme pourrait le dire Cantonna « Allez vite racheter vos contrats AV en vous rappelant que seuls les premiers seront servis…. »

    • Patrick D says:

      Si le problème venait du « grand capitalisme de connivence », le système serait déjà en place depuis longtemps aux USA, Angleterre, etc.
      Il me semble plutôt que le problème vient de « la grande éthique sociale de la gauche qui vole les riches pour donner aux pauvres ». Quand leur gachis leur revient dans la figure, ils ne savent plus quoi inventer pour s’en sortir !

      • Personnellement, je dirais les deux mon colonel ! Le deuxième problème n’étant qu’une conséquence (ou tentative de correction) de la première.
        Je ne crois pas que USA ou GB fassent mieux que la France, la répression financière et l’oligarchie sont mondiales à part quelques rares pays qui font de la résistance, je vous laisse deviner lesquels!

      • @Patrick D

        Toutes les réponses sont dans l’excellent article de Ch. Gave (mon mentor) proposé par Polo ci-dessous. Mon seul espoir pour l’avenir de mes enfants et petits enfants est qu’il se trompe – un peu – !

  11. Ce blocage de l’assurance vie par le gouvernement bien que révoltant ne change pas grand chose avec la situation actuelle ou c’est l’assureur qui peut le faire lui même.

    C’est une des raisons pour lesquelles il faut quitter l’assurance vie et aller aux Luxembourg ne me semble pas la bonne idée car le jour ou les encours y seront trop importants que feront-ils d’après vous ? La même chose évidement…

    En fait c’est toujours la même chose, les bons placements ne sont pas ceux de la foule ou lorsqu’ils le deviennent il faut les quitter pour d’autres. C’est dans cet esprit que récemment ici j’évoquais les clubs deal immobilier notamment.

    • Peut-être que ça ne va changer grand chose, mais pour ma part je vais racheter mon AV avant qu’il ne soit trop tard.
      Au fait rappelez-vous que en AV vous n’êtes pas propriétaire des actifs de votre contrat, la banque ou l’assurance ont seulement une créance envers vous!

      • Oui mais pour moi les rachats d’AV c’est déjà fait et en plus en tant que non résident il n’y a pas la CSG CRDS

  12. J’oubliais l’essentiel.

    Il est indispensable de sortir ses actifs financiers de France mais aussi de l’euro.
    Imagiez vous bien qu’un jour les sorties de vos capitaux pourraient aussi devenir impossibles.

    En outre le jour ou l’euro disparaitra vous aurez des nouveaux francs sur les comptes situés en France et des nouveaux DM sur les comptes situés en Allemagne. Dites moi lequel des deux aura le plus de valeur à terme à votre avis ?

    Si vous ne pouvez ou ne voulez pas fuir la France faites le au moins pour vos actifs.

    • Oui, mais où d’après vous ? La Suisse, La Norvège, La Suède, Singapour (mais pour ouvrir un compte, il faut être présent physiquement!) ou l’Amérique ? Où encore le Costa Rica ?
      Cdlt

    • Fredy Gosse says:

      @Polo
      ce jour là il faudra que, physiquement ,vite vous quittiez le pays parce que le gouvernement aura vite fait de vous désignez comme l’ennemi de l’intérieur ,la fameuse vexe colonne car comme rien ne marchera comme annoncé faudra bien des responsables … et par définition ce ne sont pas le gouvernants les responsables
      cornélien oh rage….

      • @ fredy
        Ce que la crise m’a fait comprendre c’est qu’a présent il faut être MOBILE sous tous les sens du terme. C’est à dire remettre en causes, ses modes de pensée, ses certitudes, ses habitudes, la structure de son patrimoine, ses investissements et leur localisation, ses revenus, sa fiscalité, son mode de vie, ses priorités et donc aussi le ou les pays ou l’on souhaite vivre car ils correspondent mieux à vos besoins et vos envies. Après cette réflexion / recherche personnelle j’ai beaucoup avancé, j’ai complètement changé de vie, je ne vois plus les choses de la même façon, des opportunités se sont présentés et j’imagine faire des choses auxquelles je ne pensais pas il y a moins d’un an. Je vie déjà à l’étranger plus de 6 mois par an et après 3 ans je pense déjà changer de destination. La vie est trop courte pour faire trop longtemps la même chose, rester toujours au même endroit, voir les mêmes gens et être confronté aux mêmes situations. Profitez de votre vie que diable. Je me dit aussi qu’un jour viendra ou revenir en France plus de 2 ou 3 mois par an n’aura plus d’intérêt pour moi et ou je partagerai mon temps dans 2 pays étrangers. Le problème et on s’en rend compte déjà maintenant c’est que l’on est en train de nous mettre dans un pays prison ou les libertés et les possibilités que vous connaissez depuis toujours seront sans cesse rognées. Et dans ce cas il vaut mieux ne pas perdre de temps. Je constate avec effarement les difficultés que j’ai a me faire virer mes sous depuis des banques ou des assureurs vers l’étranger. Qu’en sera t-il dans qq années ? En fait il faut anticiper et comme toujours les premiers sont les mieux servi. Il faut aussi tout remettre en cause, c’est une forme de mobilité intellectuelle qui consiste à s’adapter au mieux et en permanente. Perso j’ai commencé cette démarche en 2007 et je ne suis parti qu’en 2013 vous voyez le temps de l’inertie.

        • Moi si je dois partir ce sera la Russie. Pourquoi en Sibérie pour apprendre à chasser les lions de mer, comme les eskimos ? Ce pays nous ruine !

  13. Dès lors que vous ne cherchez pas à vous cacher du fisc il me semble que le mieux dans un premier temps c’est de faire simple. Comme vous devez en effet vous déplacer, c’est impératif, allez au plus proche de chez vous du moins pour commencer sauf si vous avez des occasions d’aller dans certains pays comme ceux mentionnés ci dessous. Et puis comme toujours cela dépend de vos enjeux.

    Evitez toujours les pays trop exotiques, enfin ce n’est que mon avis.

    A Singapour par exemple les banques exigent des minimums pour les étrangers 1M€ est surement un vrais mini.

    Les US c’est pas mal aussi surtout dans certains états, renseignez vous.

  14. Fredy Gosse says:

    les US? faut pas lire Bruno Bertez alors-:)

  15. Pourquoi partir ? Tout en liquidités. Plusieurs banques et voilà. Reste à savoir combien de temps l’inflation sera nulle ou quasi nulle. Quant à l’ISF, ses heures semblent comptées.

    • La garantie des dépôts bancaires est fixée théoriquement à 100 000 euros par par personne et par banque (une filiale est considérée ici comme faisant partie de sa banque mère). Or le fond de garantie s’élève à seulement 2 milliards d’euros, soit rien du tout comparé à la totalité des liquidités stockées par les français. S’il y a un problème quelconque, il ne faudra pas compté sur cette garantie car elle ne pourra pas du tout rembourser tous les épargnants.

      Du coup, tout mettre en liquidités me semble risqué, surtout avec les taux négatifs qui s’annoncent. Pourquoi pas diversifier sur plusieurs devises et sur des banques de différents pays, mais personnellement je me méfie un peu des liquidités, que ce soit sur un compte courant ou sur un Livret A.

      • D’autant plus que si la GAP (Gde Apocalypse Financière) conduit à une hyper inflation, seul moyen pour réduire drastriquement la dette souveraine (et les autres), vos liquidités fonderont comme neige au soleil ! Non, misez plutôt sur l’or ou sur le foncier.

        • Mais elles ont déjà fondue comme neige au soleil …

          L’inflation de la valeur des actifs expliqué par la baisse des taux d’intérêt détruit la valeur de la monnaie depuis plus de 15 ans.

          En 2000, avec 150 000€ d’épargne, vous étiez favorisé… en 2016, avec ces même 150 000€ vous l’êtes nettement moins…

          • Donc, qui plus est !

            • Les liquidités il faut en avoir pour saisir les opportunités.
              Une opportunité c’est la possibilité d’acheter à un prix très inférieur au prix normal donc la possibilité de réduire son risque et d’augmenter son rendement.
              Mais garder des liquidités trop importantes devient problématique dans le contexte actuel.
              Quand à mettre tout en liquidités en pensant se couvrir dans plusieurs banques en France comme le dit Option Plus Conseil c’est du grand n’importe quoi.

              • grand n’importe quoi ? Mais alors quelles sont vos solutions contre le grand n’importe quoi ? Tout mettre en liquidités c’est mieux que de ne pouvoir disposer des ses fonds et enfin je n’ai pas dit pour combien de temps et encore moins laissé entendre qu’il ne fallait pas saisir des opportunités.
                Sur ce point, les difficultés commencent.

                • Fredy Gosse says:

                  le matelas avait du bon-:)

                • C’est quand même le monde à l’envers.

                  C’est vous le CGPI c’est donc vous qui devriez savoir.
                  Moi je ne suis qu’un privé qui s’occupe simplement tout seul de son patrimoine et il faut que je vous explique.

                  De plus, c’est bien vous qui avez écrit. TOUT EN LIQUIDITE ce qui veut dire 100% soit une diversification nulle. Ça pour un CGPI c’est vraiment un comble (je n’ose dire ce que j’en pense tellement c’est fort comme proposition). Alors comme vous vous en rendez compte vous commencez par mettre de l’eau dans votre vin pour atténuer vos propos.

                  Commencez d’abord par relire toutes mes contributions dans cette file et vous aurez déjà qq solutions et certaines choses à ne pas faire.

                  Des solutions parmi d’autres : le non coté sur des actifs tangibles les plus décorrélées possibles des actions et obligations, les clubs deal, le rachat de dette, vous voyez cela ne manque pas contrairement à ce que vous croyez.

                  Mais vous devez faire dans les placements du peuple ceux qu’il faut avoir déjà quitté comme l’AV (que je soldé il y a 3 ans déjà sans attendre les évènements actuels) et vous ne savez plus quoi proposer d’autres. Vous nous le démontrez trop cruellement non seulement en posant la question mais en plus en étant persuadé qu’il serai difficile d’y répondre. Preuve que non.

                  Pauvre Option Plus Conseil vous me désolez.

  16. Patrick D says:

    Je suis ce blog depuis pas mal de temps. Et j’ai l’impression depuis quelques mois que toutes les fois où nous parlons d’économie, la seule solution que nous proposons tous, c’est de quitter la France.
    Cela devient inquiétant ..

    • S’il n’y en a qu’un, je serais celui-là ……… à rester of course!

    • Moi je découvre ce site passionnant. J’étais habitué auparavant aux revues de presse de Pierre JOVANOVIC sur l’Apocalypse financière. Il a avertit que les détenteurs d’assurance vie allaient pleurer !!! Moi aussi je le savais depuis longtemps tout ce qui est en train d’arriver, mais jamais je n’ai pris les dispositions nécessaires. Parce que c’est un retour au Far West, avec la remise en circulation de l’or comme au temps de la conquête de l’Amérique. Tout ce qu’il y a dans les banques et les compagnies d’assurance c’est du virtuel qui ne repose que sur du néant. Le système doit s’effondrer point. Et on y est déjà. On a le krach obligataire en train de se profiler, doublé d’un krach financier mondial qui arrivera tôt ou tard. La chute de l’US dollar. La faillite des banques. Et cette fois ci on a besoin de prendre directement sur le compte des épargnants pour renflouer les banques. Les impôts, les taxes et l’inflation, pardon la monnaie de singe, sont les solutions déjà utilisées après 2008. Ce pays nous ruine !

      • Rien à ajouter, tout (ou presque) est dit …. car il n’est pas fait allusion au Deep State ! qui lui s’enrichit (ra).

        Cdlt

  17. Si nous la proposons tous comme vous dites c’est que ce n’est pas sans raison.
    Personnellement je ne trouve pas cela inquiétant (vous ^tes au premier stade) je trouve cela triste pour le pays, pour ceux qui reste mais l’herbe est si verte ailleurs que voulez vous (m^me si elle n’est jamais parfaites)

    Pour votre réflexion je vous propose l’article de Charles Gaves ci dessous

    Ma liberté individuelle- et celle de tout un chacun- peut s’exercer dans deux domaines.

    Le premier, c’est bien sûr l’espace géographique.
    Le second c’est le temps.

    Commençons par la géographie.

    En 1981, lorsque le nouvellement élu Président Mitterrand décida de mettre des ministres communistes au gouvernement alors même qu’il avait une majorité de députés socialistes à l’assemblée, nous prîmes la décision- en famille- d’aller nous installer à Londres, ne pouvant accepter que des gens qui avaient été les complices actifs de génocides ayant fait plus de 100 millions de morts depuis 1917 entrent au gouvernement de notre pays.C’était une décision personnelle et qui n’avait rien à voir avec mon état de fortune à l’époque (des dettes et trois enfants) et tout à voir avec une vue « morale » ou « éthique » de la vie.

    Rester en France, c’était, à nos yeux, se rendre complice d’une forfaiture car élever des enfants dans un pays où il y avait des ministres communistes, c’était risquer de les handicaper à vie en faussant leurs esprits et cela était impensable.

    En aucun cas, ni à l’époque, ni depuis, je n’ai jugé ou pensé que ceux qui restaient étaient condamnables. Pour un Libéral, il n’existe ni morale ni responsabilité collectives. Il n’existe de morale et de responsabilité qu’individuelle. C’est déjà assez dur de savoir ce que je dois faire- moi- sans en plus me charger des autres. Je veux bien leur expliquer, à la rigueur, je ne veux ni ne peux agir à leur place.

    Et donc en Septembre 1981, nous étions à Londres.

    Dans un environnement démocratique, ce déménagement, cet exil-car c’était bien de cela qu’il s’agissait-étaient certes difficiles, mais possible.Bien entendu, ce genre de décisions n’aurait pas pu être prise si j’avais vécu dans un paradis socialiste, du type National (Socialiste) ou Marxiste-léniniste … (Jamais bien compris la différence). Dans ce genre de paradis, il a toujours été d’usage de bâtir des murs, non pas pour empêcher les gens de l’extérieur de rentrer mais bien pour empêcher leurs citoyens de sortir, ce qui n’est pas du tout la même chose, chacun en conviendra.

    Ma famille et moi-même avons donc pleinement profité de la possibilité qui nous était offerte en Europe de l’Ouest de « voter avec nos pieds » comme l’on disait à l’époque et c’est ce que nous fîmes. Grace à la chute du Mur de Berlin, vingt ans après, cette liberté fut étendue à quasiment tout le continent Européen et une grande bouffée d’espoir souffla sur le monde.

    A ce point, je me dois d’ajouter que cette libération n’eût rien-mais vraiment rien- à voir avec les gouvernements ou les intellectuels Français de l’époque (à l’exception de JF Revel bien sûr) qui firent tout pour l’empêcher mais dût à peu prés tout à trois personnalités, Thatcher, Reagan et Jean Paul II qui eux savaient ce que le mot « Liberté » voulait dire.

    Le premier endroit où chacun peut exercer sa liberté est donc dans le domaine géographique et je constate avec satisfaction que beaucoup de Français ne se privent pas de l’utiliser.En 2002, quand j’ai quitté Londres pour Hong-Kong, 4000 citoyens Français vivaient là bas. Aujourd’hui, nous en sommes à 20.000, et il y a plus de Français à HK qu’il n’y a d’Anglais (ce qui agace passablement les Anglais et me fait doucement rigoler. J’aime bien quand les Anglais sont agacés…) .

    Et la même chose s’est produite partout ailleurs.

    Londres est maintenant la troisième ou quatrième ville francophone du monde (après Paris et Montréal), New-York grouille de Gaulois, 4000 ingénieurs Français travaillent dans la silicon-valley. A Miami ou à Singapour, on entend parler le Français partout …

    Et pourquoi sont- ils partis ?

    Parce que, compte tenu de l’introduction et du développement de l’idéologie communiste en France en 1981, leurs libertés se sont réduites comme peaux de chagrin depuis cette date et que, ne pouvant développer leurs talents LIBREMENT en France, ils vont les exercer ailleurs plutôt que des enterrer. Comme cela s’est passé avec les Protestants sous Louis XIV, avec les aristocrates en 1789, avec les ordres religieux en 1905 ou avec les Français de religion Juive en 1940, les autorités décident qu’il vaut mieux qu’ils s’en aillent puisqu’ils sont différents. Ceux qui sont restés, comme les Vendéens, se sont d’ailleurs tous fait massacrer dans ce qui a été le premier génocide de l’histoire.

    Et donc chacun peut voir que le raisonnement que nous avions fait en 1981 selon lequel l’arrivée des communistes au pouvoir allait restreindre de façon inimaginable les libertés concrètes de notre famille dans le futur a été parfaitement justifié par ce qui s’est passé ensuite.

    Nous avons eu tort sur certains DETAILS, mais nous avons eu totalement raison sur les PRINCIPES.

    Et pourtant, je continue à me faire du souci pour nos Libertés., car une autre menace est apparue, à laquelle je dois dire que je ne m’attendais pas du tout.En effet, les hommes de Davos qui nous gouvernent sans que nous les ayons élu, ne pouvant plus attaquer nos Libertés dans le domaine géographique pour imposer leur dictature car ce serait un peu trop visible, ont résolu de les faire disparaitre dans l’autre dimension où elle peut s’exercer, l’ordre temporel.

    Je m’explique.

    Chacun d’entre nous a une relation unique avec le temps qui lui est imparti sur cette terre et dans une société libre, c’est à chacun d’organiser ce temps comme il ou elle l’entend.

    Pour un économiste, ce qu’après tout je suis, la relation entre mon temps sur terre et mes choix passe par les taux d’intérêts pour tout ce qui concerne ma vie professionnelle. Le rôle des taux d’intérêts dans ce domaine est simple : ils sont l’outil qui me permet de comparer de façon rationnelle le présent et le futur. Si les taux d’intérêts sont «élevés», il est rationnel de différer ma consommation et de faire monter mon épargne, s’ils sont « bas » de consommer aujourd’hui plutôt que demain.

    Et chacun d’entre nous a en plus une espèce d’échelle de préférence qui lui est propre. Comme nous l’a fort bien expliqué Jean de la Fontaine, certains sont des fourmis, d’autres sont des cigales. Si je suis vieux, que je n’ai plus d’enfants à charge, il est raisonnable de consommer et de ne plus prendre de risques. Si je suis jeune, que j’ai une nombreuse famille et beaucoup d’ambitions, je dois privilégier le futur par rapport au présent.

    Que va-t-il se passer si les taux d’intérêts sont à zéro, voir négatifs ?

    Une chose toute simple : techniquement cela veut dire que le futur a été « effondré » dans le présent et que je n’ai plus de moyens rationnels pour déployer mes préférences temporelles en fonction de MES choix. Ceux qui ont pris cette décision me FORCENT à être une cigale, moi qui ai toujours été une fourmi besogneuse. Ils ont choisi à ma place comment je vais organiser mon temps, ma dépense et ma capacité d’épargne, ce qui est tout simplement MONSTRUEUX.

    Prenons quelques exemples.

    Balzac disait que le désir de doter ses enfants ou ses petits enfants était chez un homme au delà d’un certain âge aussi fort que le désir de maternité peut l’être chez une jeune femme. Je ne sais pas grand chose sur le désir de maternité, mais je sais que le souhait de s’occuper de ceux qui me sont chers après ma mort est chez moi très fort. Je sais aussi que cela a été l’une de mes principales motivations dans ma vie professionnelle, et qui explique en grande partie pourquoi je continue à me décarcasser.

    Imaginons par exemple que je veuille constituer un fonds dédié pour chacun de mes petits enfants dont le but serait qu’ils puissent se payer une éducation de qualité quand ils en auront besoin. Avec des taux à zero ou négatifs, il va falloir que je mette en réserve des aujourd’hui la quasi totalité de la somme nécessaire à chaque enfant, ce qui m’est à peu près impossible.

    Dans un monde normal, si les taux étaient à 6 % par exemple et si je me dis qu’ils auront besoin de la somme dans vingt ans, il me suffit de mettre 25 % de la somme, et en 20 ans, cette somme quadruplera. Si les taux sont à 3 %, il me faudra mettre 50 %, ce qui sera déjà plus difficile, mais pas impossible. A 0 % , il me faudra mettre 100 % de la somme finale tout de suite, et comme j’ai le bonheur d’avoir 9 petits enfants, chacun peut voir le problème auquel cette tentative se verra confronté..

    Rajoutons les impôts et pensons à l’impôt sur la fortune par exemple. Assez rapidement, je vais devoir payer 1. 5 % ou 2 % de la valeur totale de ma fortune chaque année, alors que ma rentabilité sur les placements sûrs est à zero, voir négative si j’achète des obligations allemandes ou suisses. Mon capital va donc baisser en valeur nominale mettons de 2 % par an au minimum après impôt, en admettant qu’il n’y ait pas de krach, ce qui veut dire qu’en un peu plus de 30 ans la TOTALITE de mon capital va passer dans les mains de l’Etat.

    Il s’agit d’une spoliation pure et simple du droit de propriété au profit de l’Etat, lequel, faut il le rappeler est inscrit dans la Constitution. Ce qui fait qu’ayant été entrepreneur toute ma vie et ayant eu la chance ou le mérite de gagner un peu d’argent, je risque de me retrouver totalement appauvri et contraint à la mendicité si j’ai le malheur de devenir centenaire.

    Et donc, empêcher les individus dans une démocratie d’organiser leurs futurs comme ils le souhaitent est totalement attentatoire à la liberté individuelle.

    Qui plus est, cela tue toute l’industrie de l’épargne longue (compagnies d’assurance, banques, fonds de pension etc..), et comme l’épargne est égale à l’investissement sur le long terme, il est CERTAIN que mon niveau de vie dans le futur va s’effondrer puisque nous aurons bouffé les semences ce qui ne laissera rien pour semer.

    Les lecteurs me diront que le socialisme et l’Etatisme sont toujours et partout les ennemis du citoyen libre. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une nationalisation rampante de tous les patrimoines. En trente ans, il n’y aura plus que des exilés ou des serfs, attendant de leurs maitres leur pitance journalière. Car sans droit de propriété, il ne peut y avoir de Démocratie, c’est ce que l’histoire a toujours démontré.

    Me forcer à rester dans un endroit où je n’ai plus envie de vivre était déjà une atteinte insupportable à ma liberté.

    M’empecher d’organiser mon futur en fonction de mes préférences personnelles est à mon avis bien pire.

    Nous en sommes là.

    Et cela se passe dans toutes les démocraties.

    Il est temps, grand temps de renvoyer tous ces malfaisants à une obscurité dont ils n’auraient jamais du sortir.

    Les Anglais auront une chance de procéder à cette grande lessive le 23 Juin lors du vote sur le Brexit et la panique chez les hommes de Davos est en train de monter a toute allure tant il semble qu’ils vont prendre la bonne décision. J’ose espérer qu’ils sauront la saisir.

    Et s’ils le font, les Néerlandais, les Suédois, les Danois, les Portugais, les Italiens, les Espagnols, les Grecs demanderont eux aussi un référendum.

    Et nous nous retrouverons avec monsieur Hollande qui pourra utiliser un nouveau slogan électoral en remplacement de ‘ »Mon ennemi c’est la finance » par « Pour avoir un plat pays, votez Hollande », sur musique de Brel. Je ne suis pas sûr que cela garantira sa réélection.

    • il semblerait que la peur gagne. Mais nous les Gaulois, il nous faut des révoltes pour nous faire avancer malheureusement.

    • DAN12345 says:

      merci pour ton message qui résume la condition de servage dans laquelle nous sommes
      et les anciens ne s’y étaient pas trompés depuis 6000 ans, il existe une parade pour transmettre le fruit de ton travail à ta descendance
      ce secret, je vais te le donner, car tu m’as ému,
      c’est très puissant, c’est la kryptonite des gouvernements
      convertie tout en or et argent sonnant et trébuchant !

      c’est un acte de résistance,
      un acte politique,
      un acte citoyen,
      un acte de liberté
      C’est aussi mon petit bras d’h***eur tout personnel à moi que j’aime !

  18. Patrick D says:

    bravo pour les idées et les références.

  19. TigerBalm says:

    Bon je post ici alors…

    Vous vous réveillez seulement maintenant ? bah alors vous étiez où avant ?

    Petit RAPPEL de quelques dettes :

    => BNP = 2.000 Md€ (je traduis : deux mille milliards d’euros oui oui… autant que la dette de la France) donc si BNP tombe, vous imaginez les dégats ?

    => PIB mondial = 75.000 Md$

    => Dettes mondiales = 200.000 Md$ (deux cents mille milliards de dollars, source BRi)

    Qui va payer ?

    Qui va rembourser ?

    Faudrait p’être enlever les oeillères au lieu de se crisper subitement en découvrant le carnage…

    Mdr…

    => ensemble des dettes

  20. Arbitrage assurance : Je ne saurais trop vous Conseiller un Gestionnaire : Le mien dans une grande banque a fait de soigneux arbitrages ces dernières années , je veux dire qu il a fait la preuve de son expertise pour arbitrer les fonds qui figuraient au départ sur mon contrat avec ceux qui coulaient dans sa propre banque –
    C est la première fois que j ai fait appel à un Conseiller , donc si vous avez trop de liquidités , je vous aurais donné le mode d emploi pour les faire fructifier

  21. Grâce à la loi Sapin2 ..
    *c’est-à-dire de suspendre le contrat d’assurance d’un certain nombre de personnes en cas de danger,*

    Enfin une bonne nouvelle sécurisante

  22. La loi est votée

    Le droite qui a voté contre va-t-elle la modifier l’an prochain?

  23. Ce que la crise m’a fait comprendre c’est qu’a présent il faut être MOBILE sous tous les sens du terme. C’est à dire remettre en causes, ses modes de pensée, ses certitudes, ses habitudes, la structure de son patrimoine, ses investissements et leur localisation, ses revenus, sa fiscalité, son mode de vie, ses priorités et donc aussi le ou les pays ou l’on souhaite vivre car ils correspondent mieux à vos besoins et vos envies. Après cette réflexion / recherche personnelle j’ai beaucoup avancé, j’ai complètement changé de vie, je ne vois plus les choses de la même façon, des opportunités se sont présentés et j’imagine faire des choses auxquelles je ne pensais pas il y a moins d’un an. Je vie déjà à l’étranger plus de 6 mois par an et après 3 ans je pense déjà changer de destination. La vie est trop courte pour faire trop longtemps la même chose, rester toujours au même endroit, voir les mêmes gens et être confronté aux mêmes situations. Profitez de votre vie que diable. Je me dit aussi qu’un jour viendra ou revenir en France plus de 2 ou 3 mois par an n’aura plus d’intérêt pour moi et ou je partagerai mon temps dans 2 pays étrangers. Le problème et on s’en rend compte déjà maintenant c’est que l’on est en train de nous mettre dans un pays prison ou les libertés et les possibilités que vous connaissez depuis toujours seront sans cesse rognées. Et dans ce cas il vaut mieux ne pas perdre de temps. Je constate avec effarement les difficultés que j’ai a me faire virer mes sous depuis des banques ou des assureurs vers l’étranger. Qu’en sera t-il dans qq années ? En fait il faut anticiper et comme toujours les premiers sont les mieux servi. Il faut aussi tout remettre en cause, c’est une forme de mobilité intellectuelle qui consiste à s’adapter au mieux et en permanente. Perso j’ai commencé cette démarche en 2007 et je ne suis parti qu’en 2013 vous voyez le temps de l’inertie.

  24. @Polo, je ne suis le pauvre de personne, vous prenez tout au pied de la lettre.
    Je vous conseille de visiter certains sites comme celui de l’AMF sur vos solutions.
    Vous êtres un particulier qui se débrouille très bien seul, eh bien continuez.Quant à moi, je continue mon métier et je vous précise si besoin en est que mes clients ne détiennent pas tous 100% de leurs avoirs en liquidités….

    • Finalement vous répondez pour ne rien dire.

      Sauf pour continuer à mettre encore plus d’eau dans votre vin en disant maintenant l’inverse de ce que vous disiez plus haut. TOUT EN LIQUIDITE.

      Contrairement à ce que vous dites l’AMF ne peut raisonnablement pas discréditer toute une classe d’actif sans discernement. Encore du GRAND N’IMPORTE QUOI pour tenter d’essayer en vain d’avoir raison. Il n’y a rien de pire que les gens qui font des généralités sans discernement et qui montrent ainsi leur incapacité à analyser finement les choses en voulant tout mettre dans un seul panier.

      Pauvre Option plus Conseil vous me désolez à nouveau.
      C’est une manie chez vous ;-))

  25. Bonjour,

    en y réfléchissant un petit peu, j’ai l’impression que l’état à volontairement baisser les taux de rémunérations sur les livrets A, LDD afin que les épargnants se redirigent vers l’assurance-vie. Etant donné que l’état emprunte aujourd’hui à des taux négatifs, on connait l’avenir des fonds euros et de leur rémunération peu attractive. Aujourd’hui, on apprend que les rachats peuvent être limités ou suspendus en cas de « danger pesant ». On peut comprendre qu’une compagnie d’assurance en péril est un danger pesant. Dois-je comprendre que tout ceci était un piège bien ficelé ?

    • Je ne suis pas certain que la baisse des livrets soit faite pour inciter à aller sur l’AV mais ce qui est certain c’est qu’en effet l’AV est à présent un piège aux yeux de tous même si c’était déjà le cas avant car chaque assureur peut unilatéralement prendre la même décision sur les contrats de ces clients.

      Mais ce piège n’est pas le seul.

      Le cash commence à disparaitre pour que vous ne puissiez plus payer que par monnaie numérique et que l’état puisse tout savoir sur ce que vous faites, ou vous êtes et restreindre votre liberté.

      Les taux négatifs sont l’euthanasie de l’épargnant. Il vont affaiblir les banquiers et les assureurs ce qui est très dangereux. Ils paralysent les investisseurs au premier rang desquels les entreprises. Cela réduit l’activité économique, entraine la déflation et augmente le chômage, ce qui entrainera la montée du populisme etc.

      Les bulles crées par la politique de la BCE finiront forcément par une baisse des marchés qui piègera ceux qui ont acheté trop haut et ne seront pas sortie a tant.

      Lorsque l’euro disparaitra ce qui est inévitable à terme, le nouveau franc sera déprécié et votre patrimoine laminé face aux autres monnaies en commençant par le DM, le Franc suisse.

      Le piège aussi du renflouement des banques par les dépôts de leurs clients comme à Chypre ce qui est inscrit dans la loi de finance. Qui le sait autour de vous ?

      Bref la liste est longue des pièges qui se refermeront sur vous et votre patrimoine.

      A vous d’en tirer les conséquences. Je sais pour y être passé que ce n’est pas chose facile mais pas impossible.

      En fait vous êtes comme je le disais plus haut dans un pays qui devient une prison dans lequel on profite de votre absence de mobilité géographique pour vous tondre silencieusement.

      • @Polo : Tout à fait d’accord avec vous. Ils vont bientôt nous supprimer les chèques, les billets et les pièces de monnaie. Ils veulent que tout passe par la carte bancaire. Les USA veulent instaurer un crypto-dollar basé sur la technologie « blockchain » utilisée par le Bitcoin, récemment passé sous giron américain. Peut-être qu’on y passera nous aussi avec quelques années de retard.

        Si tout passe par la monnaie électronique, ils pourront espionner, bloquer les comptes bancaires ou les ponctionner de façon arbitraire. Il faut diversifier dans le tangible, notamment en pièces d’or et d’argent, avant que cela n’arrive car les cours sont actuellement encore abordables. Je donne quelques infos à propos de ces sujets sur mon blog.

        • @Bernard
          Attention tout de même car la détention et donc les transaction d’or pourrait bien un jour devenir prohibé.

          Il me semble que délocaliser ses actifs dans certains pays généralement de petite taille est une meilleure solution.

          • @Polo : c’est Bertrand, pas Bernard.

            Le problème que vous soulevez est possible, en effet. La solution est de détenir de l’or en-dehors du système bancaire dans plusieurs pays étrangers, dont la Suisse qui est le seul pays à n’avoir jamais prohibé la possession d’or de toute son histoire. L’autre solution consiste à investir dans l’argent métal dont la possession n’a jamais été prohibée dans l’histoire, quelque soit le pays, et de le stocker aussi dans plusieurs pays étrangers en-dehors du système bancaire.

            • @ Bertrand
              Désolé pour l’erreur sur votre prénom

              Mais comme dit plus haut dans cette file et comme il n’est pas souhaitable de mettre trop d’or dans son patrimoine je pense qu’investir dans des actifs tangibles est une bonne solution.

              La meilleure que j’ai pu trouver à ce jour est le non coté comme les club deal immobilier, le rachat de dette et les thématiques particulières comme les infrastructures et les terrains à dépolluer par exemple pour être le plus décorrélé possible des marchés. Cela implique que vous soyez un investisseur qualifié et que vous puissiez investir au minimum 125 K€ sur chaque investissement, parfois plus.

              Pour le cash il faut le sortir de la zone euro.

  26. Fredy Gosse says:

    ne les prenez pas pour plus intelligents qu’ils ne sont sinon ils ne nous auraient pas mis dans le pétrin ou nous sommes ( proverbe de boulanger?)

    • « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais puisque vous voyez, votre péché demeure » disait déjà Jésus à l’époque…
      Ne prenez pas nos gouvernants pour des imbéciles. Toutes leurs actions obéissent à une logique parfaitement intelligente… et criminelle !

      • Fredy Gosse says:

        Pas d’accord ils agissent en fonction d’une idéologie et quand ça ne marche pas , très simple, ils font de la démagogie ( exemples sous vos yeux) en se disant cyniquement ce sont les successeurs qui devront prendre les décisions difficiles et donc il suffira de mentir, dire à ces couillons d’électeurs qu ‘ils nous remettent au pouvoir car ce coup ci on prendra vraiment aux riches pour donner aux pauvres ,ça parait intelligent pour accéder au pouvoir … mais ça ne l’est pas, ça se termine dans la rue tôt ou tard cette histoire : c’est l’histoire de France
        Au point de déliquescence économique ( la Californie vient de nous dépasser économiquement) ou nous sommes+ une religion importée qui considère que c’est aux autochtones de s’adapter à leur religion et dont le silence actuel est assourdissant,+ les héritiers de Ravachol dans la rue plus les fascistes ( les vrais) qui ne se cachent plus , et un pouvoir qui se défait sous nos yeux avec ses contradictions , c’est sûr qu’il y’a de l’espoir enfin en avalant du lexomil-:)

  27. Personnellement , j ai pensé à des fonds immobiliers résidentiels répartis dans des pays différents
    Genre Canada , Australie –
    Je ne suis pas aussi positif que certains intervenants au sujet du Brexit – Le Royaume Uni dépend beaucoup trop à mon goût de ses exportations , et la place bancaire de Londres pourrait avoir du plomb dans l aile

  28. Voici ce qu’en dit S. Wapler d’Agora:

    Un lecteur, Alain P. s’inquiète d’un article paru dans Les Echos du 14 juin en page 13.

    Cet article ne fait que confirmer nos prévisions. Cela fait maintenant plusieurs années que nous vous préparons à :
    – Une baisse des rendements servis sur l’assurance-vie,
    – La fausse garantie en capital : même si votre contrat vous rapporte 0 € des frais de gestion vous seront imputés. Le résultat sera donc négatif,
    – Un possible gel des contrats dits en euro (qui reposent sur des dettes d’État française et européenne),

    Quant à l’arsenal juridique évoqué en fin d’article, il existe déjà et il figure dans le code monétaire et financier. Le journaliste des Echos semble tout simplement ignorer que l’article 612-33 du code monétaire et financier qui date de 2010 permet de suspendre les demandes d’avance ou de remboursement.

  29. Fredy Gosse says:

    LIMITATION À LA LIQUIDITÉ DES FONDS MONÉTAIRES, FIN DE LA GARANTIE DE L’ABSENCE DE PERTES
    Limitation à la liquidité des fonds monétaires, fin de la garantie de l’absence de pertes

    Conrad Bertez

    Le 20 Juin 2016

    CNAV. L’Union Européenne intervient sur les fonds à valeur constante.

    http://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-8750-2016-INIT/en/pdf

    Les représentants des Etats membres de l’Union Européenne se sont mis d’accord sur la règlementation des fonds monétaires (MMFs) après presque cinq ans de négociations.

    Ces fonds sont censés être extrêmement liquides et ne présenter aucun risque de perte en capital. Ils gèrent plus de 800 milliards, d’euros en Europe. Investis principalement dans des obligations de courte et très courte maturité, ils servent souvent de banque à court terme pour les institutions aux trésoreries importantes cherchant un rendement supérieur à ceux des banques commerciales.

    Les règles proposées représentent un changement considérable. Leur objectif est d’éviter les “runs”, les retraits en boule de neige et ainsi de stabiliser les fonds ainsi placés. Il s’agit aussi de rendre les pertes en capital possibles pour les détenteurs de ces fonds.

    L’objectif des réformes est donc clairement au détriment des porteurs , il s’agit de protéger le système en augmentant à la fois les risques de non-liquidité et les risques de perte en capital. De la même façon que l’on a rendu variable, le capital que vous avez sur votre compte de dépôt en vous faisant participer aux pertes éventuelles de votre banque, maintenant, les parkings que constituent les money markets funds, les fonds monétaires, vont perdre leur sécurité. Cela n’a rien à voir avec la logique qui unit le risk à la performance puisque ces fonds ne rapportent quasi rien!

    C’est un abri, un refuge qui va disparaitre.

    On comprend la logique qui préside à ces réformes, il s ‘agit de protéger le système et le shadow banking system du fractionnal banking en rendant tout “run” et tout retrait précipité quasi impossible, donc en rendant tout le passif des banques, bio-dégradable.

    rCes mesures améliorent la sécurité des banques et évitent d’augmenter les fonds propes, ce sont les déposants et les détenteurs de fonds monétaires qui fournisssent l’assurance dont le système a besoin.

    En passant la réforme favorise une fois de plus le financement des gouvernements en donnnant aux emprunts souverains un statut privililégié. Ce à quoi les Allemands sont en théorie opposés, mais en théorie seulement.

    Nous conseillons à ceux qui sont investis dans de tels fonds d’interroger leur banquier, si il est compétent,ce qui est maintenant rare, sur ces questions et sur leurs risques.

    D’une part, tout apport de fonds aux fonds monetaires de la part de sponsors ou de banques afin de preserver la valeur de redemption des titres sera interdite.

    D’autre part, les fonds monétaires dits a valeur liquidative constante (CNAV) auront deux ans pour recentrer la majorité (99.5%) de leurs actifs sur la dette publique afin de continuer a utiliser le “mark to book” pour garantir la valeur de leurs titres aux redempteurs. Sinon, ils pourront devenir LVNAV (Low volatility net asset value) dont les obligations à maturité de moins de 75 jours pourront etre evaluees sur la base du “mark to book” tant que la valeur de ces obligations sur le marche ne s’eloigne pas de plus de 10 points de base de la valeur “mark to book”. Les fonds qui n’opèrent pas ce changement devront cesser de garantir les cours et devront évaluer les actifs par rapport au marché (mark to market), devenant ainsi des fonds VNAV (Variable net asset value).

    Autre changement, la loi mandate que tous les fonds monetaires devront maintenir au moins 10% de leurs actifs dans des vehicules arrivant a maturité en un jour, et au moins 20% dans des véhicules a maturité hebdomadaire. Pour les CNAV et les LVNAV ce dernier chiffre devra etre de 30% au moins. Les fonds devront aussi se soumettre a des “stress tests” reguliers.

    Plus inquiétant pour les investisseurs, la nouvelle législation donne de nouveaux droits à certains de ces fonds monétaires CNAV et LVNAV. Si leur liquidité se détériore au point que le fond se retrouve avec moins de 30% d’actifs a maturite hebdomadaire, ils pourront imposer des frais à la rédemption d’au plus 2%, mettre une limite a la redemption de 10% des titres par jour pendant quinze jours, ou même suspendre la redemption entièrement pendant quinze jours.

    La Commission européenne veut réguler les MMFs parce que l’un d’entre eux avait renforcé la panique de 2008 quand il était devenu incapable de rembourser ses investisseurs au prix auquel il avait garanti par titre.

    Ce sont principalement les fonds à valeur liquidative constante (constant net asset value, CNAV) qui inquiètent les régulateurs. Leur garantie du prix de rédemption des titres favorise ceux qui vendent leurs titres d’abord en cas de baisse des marchés, et encourage donc des retraits massifs déstabilisants. Les fonds CNAV représentent environ la moitié des fonds monétaires en Europe.

    L’Allemagne voulait simplement interdire les fonds aux titres garantis, mais l’Irlande, le Luxembourg, et le Royaume-Uni, où sont basés nombre de fonds CNAV, ont durement négocié. La nouvelle législation a ete proposée aux ministres le 17 juin et devra être approuvée par le Parlement européen avant de pouvoir être appliquée. (CB)

    Source Bertez
    svp si quelqu’un peut traduire cela plu simplement ….

    • Patrick D says:

      Moi aussi, j’aimerai bien avoir une lecture facilité pour mieux comprendre les conséquences possibles.

  30. Fredy Gosse says:

    Apparemment les traducteurs sont en vacances

  31. Non-résidents en Suisse : Jusqu à une période assez récente , les Autorités françaises étaient assez souvent sollicitées, pour répondre aux questions genre , je vais rentrer en France pour profiter de mon mazot que j y ai conservé , même question posée par des Suisses qui possèdent une résidence secondaire dans le Midi , ou à la montagne etc……
    Officiellement , à ma connaissance ils ne sont plus questionnés que par une seule question .
    COMMENT M EN DEBARRASSER

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