Avec le développement des ETF, c’est tout le modèle économique de l’industrie de l’assurance-vie qui est remis en cause. Aujourd’hui, l’industrie de l’assurance vie, comme toute industrie d’ailleurs, repose sur la capacité des distributeurs à vendre des produits sur lesquels les marges sont élevées, c’est à dire des OPCVM via les unités de compte du contrat d’assurance-vie.

Au début des années 2000, les précurseurs de l’assurance-vie sur internet ont contribué à réduire les frais en supprimant les frais d’entrée. 20 ans plus tard, les frais d’entrée n’existent presque plus et quand ils sont encore présents dans les conditions générales, ils sont négociables tant la concurrence des contrats d’assurance-vie sur internet est fortement et de grande qualité.

Depuis quelques années, le combat de l’innovation par la baisse des frais se déroule sur le front des frais de gestion. La véritable source de rémunération de l’industrie de l’assurance-vie repose sur les frais de gestion versés tous les ans par les souscripteurs sans qu’ils ne s’en rendent compte.

Les frais de gestion, c’est la jackpot assuré pour toute la chaîne des professionnels de l’assurance-vie, et notamment pour les vendeurs d’assurance-vie (banque, courtier ou CGP) qui perçoivent des retro-commissions, une véritable rente, prélevées sur les frais de gestion (cf »Combien gagne votre banquier / CGPI / courtier sur votre contrat d’assurance vie ? »).

Dans toutes les industries, que ce soit l’automobile, l’immobilier ou la pharmacie, la forte rémunération du vendeur est essentielle pour assurer le développement de l’industrie. L’assurance-vie ne fait pas exception.

Une récente étude de Goodvalueformoney estime à 3% par année, les frais de gestion payés par un épargnant sur une unité de compte action (cf »Assurance vie : 2.93% de frais de gestion annuels qui détruisent le rendement !). Ces frais de gestion sont exorbitants et pénalisent fortement l’épargnant dont le rendement ne peut être à la hauteur du risque pris.

Aujourd’hui, nous sommes en 2020 et l’industrie de l’assurance-vie est bousculée par l’émergence des ETF, ces produits financiers indiciels, dont les frais de gestion sont très faibles au regard des OPCVM traditionnels.

Malheureusement, sans frais de gestion, il n’est plus possible de rémunérer le vendeur d’assurance-vie dans les mêmes proportions ; C’est toute l’industrie de l’assurance-vie qui voit son modèle économique remis en question à l’aune du développement des ETF et des unités de compte à frais de gestion réduits comme les titres vifs.

 

 

Vers la disparition des OPCVM au profit des ETF ?

Voici une vidéo de Régis Yancovici dont je trouve le propos passionnant sur cette question de la rupture industrielle majeure que représente l’émergence des ETF et la réduction drastique des frais de gestion.

 

 

A suivre.

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35 Comments

  1. Intéressé says:

    J’ai dans mes contrats d’assurance vie des opcvm qui frais annuels déduits ont une performance de plus de cent pour cent en 10 ans, Cela relativise le montant des frais ?

  2. Erwan Mavic says:

    Ces frais de gestion sur les OPCVM ne sont-ils pas simplement la juste rémunération du travail fourni, de la compétence que n’ont pas les épargnants ?
    Mon mandat de gestion dont vous pensez sauf erreur qu’il est cher et inutile m’a bien amorti le choc du Covid et m’a fait profiter du rebond.

    • Oui, c’est effectivement l’argument régulièrement avancé. Malheureusement, les faits contredisent l’intuition. En effet, 90% des OPCVM ont une performance inférieure à l’indice de référence sur 10 ans.

      • Guillaume,

        Je vous rejoins pleinement… et il faut ajouter que bon nombre d’établissements d’envergure nationale et internationale ont facturé des frais de mandat de gestion sur la totalité des encours gérés alors que les contrats ne détenaient qu’une part d’opcvm…
        J’illustre mes propos par un exemple un contrat d’asv de 500 000€ contenant 200 000 € d’opcvm
        Frais liés à la gestion conseillée : 0,50 % sur la totalité du contrat (y compris le fonds euros)
        Frais appliqués sur le contrat (en sus des précédents) :
        Frais sur fonds euros (de 0,35 à 0,60%)
        Frais de gestion des opcvm : 0,96% prélevés par l’assureur (filiale de l’établissement) qui a le mandat de gestion conseillée

        Lorsque les taux de rendement étaient élevés, ce système était assez opaque pour l’épargnant qui se contentait de la performance…aujourd’hui avec des rendements qui se sont effondrés et plus de transparence sur les frais annuels….ce système encore largement diffusé et pratiqué fait grincer beaucoup de dents chez les épargnants 😉

      • Vous acceptez donc que 10% y arrivent. Sur les milliers qui existe la probabilité d’en détenir en portefeuille est non nulle.

  3. Guillaume G. says:

    Bonjour Monsieur Fonteneau,
    Vous avez raison de pointer les excès tarifaires des assureurs dont je n’oserais pas, dans ces lignes, aller jusqu’à remettre en cause la probité.
    Pour autant, vous basez votre comparaison sur un paramètre particulier.
    Ne perdons pas de vue la fiscalité de l’assurance-vie, qui reste potentiellement avantageuse, jusqu’à présent du moins, vs les produits financiers que sont les ETF.
    Soyons clairs, l’assurance-vie en UC conserve une nette longueur d’avance sur les ETF.
    Cordialement,

    • Je ne suis évidemment pas d’accord.

      1 – Il est possible de trouver des ETF dans l’assurance-vie. Cela règle le problème de la fiscalité attrayante de l’assurance-vie ;

      2 – 3% de frais de gestion annuel = 30% du capital sur 10 ans alors même que l’économie de droits de succession est de 20%.

      Donc, l’assurance vie avant 69 ans n’a pas d’intérêt. … Souscrire un contrat d’assurance-vie avant 69 ans n’a pas beaucoup d’intérêt. (https://www.leblogpatrimoine.com/assurance-vie/souscrire-un-contrat-dassurance-vie-avant-69-ans-na-pas-beaucoup-dinteret.html

      • Guillaume G. says:

        Monsieur Fonteneau,
        1. S’il est possible de trouver des ETF dans l’assurance-vie, cela signifie donc que lesdits ETF donnent lieu aux frais de gestion excessifs desdites assurance-vie, n’est-ce pas ?
        2. Je l’ai souligné également et je vous rejoins, les frais de gestion des assurances-vie sont excessifs ; il n’y a donc pas de débat sur ce point. Pour autant et pour ma part, mais peut-être suis-je chanceux, mes choix de secteurs économiques investis en UC se sont avérés particulièrement rémunérateurs, y compris, et même surtout oserais-je dire, pendant la crise du Covid-19.
        Cordialement,

        • En réalité, il y a deux niveaux de frais de gestion :

          – Les frais de l’assurance vie : Entre 0.75% et 1% par année ;
          – Les frais de l’OPCVM : -+ 2% par année.

          En investissant en ETF à la place des OPCVM, vous économisez 2% chaque année et pouvez espérer un rendement meilleur.

          • Guillaume G. says:

            Monsieur Fonteneau,
            Je m’en entretiendrai avec mon banquier privé car j’ignorais cette subtilité…
            Si vous avez raison, je m’intéresserai très certainement à des ETF adossés à de l’assurance-vie en UC, et ne manquerai évidemment pas de sermonner mon banquier pour ne pas avoir attiré mon attention sur cette question.
            Quoi qu’il en soit, dans cette perspective, le delta de coût ne serait plus de 3 points de pourcentage mais de 2, ce qui ne serait tout de même pas négligeable.
            Cordialement,

            • Vous avez besoin d’un banquier pour constater les différences de frais de gestion entre des ETF, dans ou hors AV, et des OPCVM ?

      • « L’économie de droits de succession est de 20% »
        L’assurance vie n’est t-elle pas hors droits de succession jusqu’à 152500 euros par contrat?

  4. Je crois que c’est bien cela qui rend le sujet d’actualité: la forte baisse des performances d’une part (donc les frais deviennent bien apparents) et les grandes incertitudes sur les valeurs ajoutées des gestionnaires sur les fonds actions et opcvm (chutes et variations fortes comme tout le monde, …)

    • Guillaume G. says:

      Bonjour Bernard,
      La baisse des performances sur les UC n’est pas vraie pour toutes les UC, loin s’en faut.
      Tout dépend du secteur économique, pour peu qu’il ait été arbitré judicieusement.
      Pour ma part, j’ai constaté un  » surplus  » de plus-value latente supérieur à 10 000 euros sur la période  » noire  » que nous avons traversée en mars/avril.
      Autant dire que les frais de gestion, je les ai trouvés indolores vs non seulement les bons choix opérés mais aussi, ne l’oublions pas, le professionnalisme et le sang froid des équipes des gestionnaires de fonds tout au long de cette période incroyable.
      Cordialement,

      • Avec des UCs investies avant la grande chute « covid » ?

        • Guillaume G. says:

          Bernard,
          Non, les gains ont été réalisés pendant l’explosion de la pandémie sur des UC antérieures réinvesties au tout début ou, si vous aimez mieux, suite à des arbitrages entre secteurs investis pendant l’explosion de la pandémie.
          Concrètement, j’ai liquidé l’essentiel de mes positions en  » pierre papier  » pour augmenter temporairement mon exposition aux secteurs minier et aurifère.
          Cordialement,

          • Je comprends que ce ne sont pas les UCs (OPCVM, …) qui ont été bien gérées par leurs gestionnaires respectifs, mais vous qui avez géré activement votre portefeuille d’UCs.
            Si vous étiez en OPCVM / UCs avant la crise et regardez maintenant, votre gestionnaire n’aurait pas mieux fait que les indices (« ne rien faire »).
            Auquel cas ce que je disais des doutes des clients sur les qualités des OPCVM et leurs gestionnaires d’apporter une valeur ajoutée par rapport aux indices et cours bruts resterait vrai.

  5. Adrien Michel says:

    OK avec l’analyse:
    coût des UC en assurance vie 3% par an ( 2% prélevé par les OPCVM et 1 % par la compagnie)
    coût des ETF en assurance vie (1,05 à 1,5% par an ) 0,05 à 0,5% prélevé par l’ETF et 1% par la compagnie.
    Sur les performances voir quantalys .Sur le long terme (5 à 10 ans ) l’ETF est toujours meilleur que l’OPCVM sauf sur des marchés peu liquides ( small caps, pays exotiques), même si l’opcvm peut faire mieux sur 1 à 3 ans.
    Helas, les compagnies proposent trés peu d’ETF ( sauf digital vie, Boursorama ,…)
    Par contre allez voir sur Infogreffe les bénéfices énormes des sociétés de gestion. Tout s’explique.

  6. Pour se démarquer des ETF, la gestion active devrait surtout développer des techniques de gestion de portefeuille plus performantes que le classique Buy & Hold. Le marché des options US a par exemple explosé chez les particuliers ces dernières années. Pourquoi les produits dérivés sont-ils si rares dans les OPCVM ?

  7. 4 raisons pour préférer les ETF :

    – Moins de 10% des OPCVM classiques surperforment le marché et donc les ETF.

    – Ces performances sont ensuite grevées par des frais très importants, souvent supérieurs à 2% par an.

    – Il n’est pas possible d’identifier à l’avance les quelques fonds classiques qui vont surperformer le marché, et surtout pas en s’appuyant sur les performances passées.

    – Les ETF sont plus performants que les fonds classiques, y compris dans les phases de baisse du marché, notamment grâce à leurs frais contenus.

    Du coup (je cite les chiffres de mémoire), en 2019 on doit être à 60 milliards de collecte pour les ETF en 2019 contre 200 milliards de décollecte pour les OPCVM.

    De plus, on commence à voir arriver sur le marché les « ETF actifs », avec les mêmes promesses que les OPCVM, les frais en moins.

  8. L’Unep a enrichi l’offre de son contrat phare « Multisélection Plus » en proposant une offre ETF jusqu’alors réservée aux institutionnels. Dans un contexte de marché de crise, il a été constaté que les performances des ETF se sont régulièrement montrées meilleures que celles des OPCVM, a indiqué l’association d’épargnants. De plus, alors que les OPCVM doivent respecter des règles de diversification, les ETF permettent de se spécialiser sur un marché avec des frais de gestion plus faibles que sur les fonds traditionnels, a précisé l’Unep.

    « Ce sont toutes ces raisons et une demande croissante des CGP, qui nous ont incité à proposer des ETF dans notre contrat », a commenté Patrick Le Maire, directeur du développement de l’Unep.

    « A ce jour, on comptabilise plusieurs milliards de collecte réalisés tous les ans sur les ETF par les institutionnels. On remarque d’ailleurs que les épargnants commencent doucement à s’y intéresser. A contrario, depuis maintenant deux ans aux Etats-Unis, la collecte de l’épargne en ETF est supérieure à celle des OPCVM. De manière générale, on remarque que ce qui se passe aux États-Unis arrive souvent plus ou moins rapidement en Europe et en France avec un certain décalage », a ajouté Christian Cacciuttolo, président de l’Unep.

  9. C’est certain que les ETF gagnent du terrain face à la gestion active lorsqu’elle est chère (frais de gestions + frais d’entrée).
    Les ETF en gestion active ne sont pas vraiment développés en Europe, mais ça commence aux États-Unis. Les asset managers actifs sont gênés par le besoin de transparence, car il faut dire toutes ses lignes tous les jours. Il y a des réflexions sur des ETF semi-transparents.
    Théoriquement un OPCVM coté (un ETF donc) devrait avoir moins de frais qu’un OPCVM non coté, notamment parce qu’il n’y a pas besoin de rémunérer la distribution. Cela étant je ne pense pas que quelque chose empêche de mettre 2% de frais annuels sur un ETF … (d’ailleurs si je regarde la base de données Trackinsight on monte jusqu’à 1,38% par an (je ne citerais pas l’ETF …). Bien sûr, ce n’est pas la norme.

  10. Adrien Michel says:

    Je connais une grand sicav flexible de la place qui est depuis longtemps à prés de 50 % de cash ce qui revient à payer prés de 3 % de frais sur du cash ( opcvm + assurance vie) ………..

    Il est évident qu’un portefeuille à 50 % d’ETF type Lyxor Msci World + 50 % de cash fait mieux, sans souci de gestion.

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