Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les unités de compte des contrats d’assurance vie étaient systématiquement les unités de compte qui comportaient le plus de frais de gestion ?

En effet, lorsque vous placez votre épargne en unité de compte dans un contrat d’assurance vie, vous n’investissez pas directement dans tel ou tel SICAV ou FCP… Vous êtes le créancier de la compagnie d’assurance vie qui s’engage à valoriser votre épargne au même rythme qu’un sous-jacent qui peut être un FCP ou une SICAV.
Ainsi, C’est la compagnie d’assurance vie qui investit elle même dans ces FCP ou SICAV afin de garantir sa capacité à faire évoluer la valeur de votre épargne au même rythme que le sous-jacent. On comprend le risque de solvabilité que prendrait une compagnie d’assurance vie qui ne détiendrait pas les fonds qu’elle vend à ses clients via les unités de compte.
Mais alors, pourquoi la compagnie d’assurance vie n’investit t’elle pas dans les parts de ces fonds dédiés aux institutionnels. Les frais de gestion sont effectivement moindre que les fonds « grand public ». Cela serait manifestement dans l’intérêt des épargnants.
 
 

Pourquoi une compagnie d’assurance vie choisit elle volontairement de payer les frais de gestion les plus élevés ?

Pourquoi les compagnies d’assurance vie ne proposent t’elle pas de placer votre épargne dans des parts institutionnelles dont les frais de gestion sont plus faibles ? Ce sont des questions que nous nous posons depuis longtemps et que nous avons largement dénoncé dans ces articles :

 
La réponse nous est donnée par l’Autorité Européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA), autorité directement issue de la commission européenne. 
Extrait d’un récent rapport de l’EIOPA :

  • « les assureurs investissent une proportion significative des UC dans des fonds qui leur offrent une rémunération plus élevée »
  • « La sélection des gestionnaires d’actifs et des investissements, dans certains cas, est contrainte par les relations commerciales existantes avec ces asset managers et ne suit pas les règles de gouvernance adaptées »
  • Cette pratique peut « « nuire au client » »
  • Dans l’intérêt des consommateurs, l’EIOPA demande à l’ACPR de« fournir des règles aux assureurs sur la façon d’appliquer les principes de la DDA (directive sur la distribution d’assurances) et Solvabilité 2 en matière de conflits d’intérêts pouvant naître de ces pratiques de rémunération »

 
 

Les rétrocessions sont versées aux compagnies d’assurance vie… mais surtout aux réseaux de distribution tels que les courtiers ou les CGPI

Faut il craindre une prochaine interdiction du versement de ces rétrocessions aux réseaux de distribution ? Je crois que c’est le sens de l’histoire ! La protection du consommateur et des épargnants passe par une totale transparence sur le mode de rémunération de la compagnie d’assurance vie.
Dans l’intérêt des épargnants, la rémunération des différents acteurs ne doit pas être la source d’un conflit d’intérêt.
En effet, la rémunération de la compagnie, du courtier ou du CGPI est de deux natures. Ils perçoivent d’une part une partie des frais de gestion prélevés par la compagnie d’assurance vie sur les frais de gestion du contrat, mais également une partie importante des frais de gestion des FCP ou SICAV dans lesquels l’épargne place son argent.  Les conseils du distributeur ne sont ils pas liés à l’importance de ces rétrocessions ?
La réponse est alors très simple : Il faut interdire la pratique des rétrocessions comme cela est déjà le cas pour les PERP et autres contrats d’assurance vie Euro-diversifiés ou Euro-croissance (La vraie raison de l’échec de ce produit financier pourtant prometteur ?)
 
A suivre …

Pour aller plus loin :
Conseil personnalisé 
Assistance patrimoniale
Bilan patrimonial
Accompagnement patrimonial
Livres / Formations 
Succession
Assurance-vie et gestion de patrimoine

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