Voilà une excellente question à laquelle nous aimerions tous avoir une réponse. Le fonds euros des contrats d’assurance vie, c’est encore -+ 85% des 1600 milliards d’euros de l’épargne placée en Assurance vie.

C’est ÉNORME ! Le placement préféré des Français ! C’est incontestable ! Malheureusement, et nous vous mettons en garde depuis presque 10 années maintenant (et, oui, dès les premiers articles publiés ici en 2009, nous vous mettions en garde contre la faiblesse des rendements à venir), ce placement phare n’est plus un bon placement pour les épargnants qui souhaitent l’utiliser pour placer leur épargne à long terme.

Comme nous vous le détaillons dans notre dernier livre « Assurance vie et gestion de patrimoine« , la faiblesse des rendements des actifs obligataires, mais aussi la disponibilité totale des capitaux à tout moment, interdisent un rendement attrayant dans un contexte de remontée ou même de stabilité des taux d’intérêt.

Depuis presque 40 ans, les taux d’intérêt sont perpétuellement en baisse. Ainsi, les fonds euros, nés à la fin des années 70, au début des années 80, ce sont construits autour de la baisse de ces taux : Au gré de la baisse des taux d’intérêt, les fonds euros composés pour environ 80% d’actif obligataires, ont accumulé des plus-values obligataires à l’origine de la distribution d’un taux de rendement nettement supérieur à l’inflation. Les épargnants en assurance vie se sont enrichis, sans effort et on pleinement profité de la baisse des taux d’intérêt, tout en disposant d’une épargne garantie et sans risque.

Le fonds euros est une exception Française qui peut expliquer le goût pour l’épargne des Français : Lorsque l’épargne sans risque vous permet de vous enrichir sans effort, pourquoi chercher à investir dans l’économie réelle ?  

 

L’année 2018 a marquée une rupture dans les perspective de rendements des fonds euros !

En 2018, et ce sera la première année, le rendement du fonds euros devrait être inférieur à l’inflation ! La piètre performance des marchés actions et la hausse des taux d’intérêt pendant toute l’année 2018 ne laisse guère d’optimisme.

Cyrille Chartier-kastler fondateur du cabinet Facts & Figures estime que le rendement 2018 devrait être en moyenne de 1.60% (contre 1.80% en 2017) alors que l’inflation devrait proche de 2% pour cette même année.

 

Mais surtout, 2018 marque une rupture majeure pour les gestionnaires de fonds euros ! Après 40 ans de taux d’intérêt en baisse permanente, nous entrons dans une phase ou les taux ne peuvent plus baisser, ils pourraient même augmenter faiblement au gré d’une inflation qui pourrait réussir à s’imposer !

La hausse des taux d’intérêt est un sujet majeur pour les compagnies d’assurance vie dont les fonds euros sont placés à hauteur de -+ 80% en actif obligataire dont la valeur évolue à l’inverse des taux d’intérêt : Lorsque les taux d’intérêt baissent, comme c’est le cas depuis 40 ans, la valeur des obligations augmente ; Lorsque les taux d’intérêt montent, la valeur des obligations baisse.

 

La fin de la baisse des taux et la perspective d’une hausse pose la question de la solidité des fonds euros.

La fin de la baisse des taux et la perspective d’une hausse pose la question de la solidité des fonds euros. Demain, les compagnies capables de servir les meilleurs taux de rendement seront peut être les compagnies dont les réserves et autres plus-values latentes seront les plus élevées.

Cyrille Chartier-kastler fondateur du cabinet Facts & Figures vient de publier le classement des principales compagnies d’assurance vie en fonction de leur niveau de réserve, provision et autres plus-values immobilière ou action au 31/12/2017.


Ces données sont fondamentales car elles permettent de chiffrer la capacité de la compagnie à maintenir un haut niveau de rendement dans les prochaines années. Attention, il ne s’agit pas d’affirmer que les sociétés dont le niveau de réserve et de plus-value latente est élevé seront celles dont le rendement futur sera le meilleur à coup sur ! Mais il est certain que cette réserve de rendement futur permettra de sécuriser l’épargnant et lui assure de la bonne gestion passée du fonds euros.

Toutes les compagnies d’assurance vie ont accès au même marché financier :

  • Certaines prennent plus de risque qui leur permet d’afficher un rendement meilleur, mais plus de risque ; d’autres prennent moins de risque qui leur permet d’afficher un moins de risque.
  • Certaines distribuent l’intégralité des revenus générés et refusent de se constituer des provisions … d’autres préfèrent assurer la stabilité du rendement à long terme.
  • Certains préfèrent la sécurité des obligations d’état, d’autres préfèrent le dynamisme des obligations d’entreprise et notamment d’entreprise financier telles que les banques ;

 

Avant de vous livrer le classement des compagnies d’assurance vie, quelques définitions importantes proposées par Cyrille Chartier-kastler :

 

Définition de la réserve de capitalisation du contrat d’assurance vie :

La réserve de capitalisation est une réserve :

  • alimentée par les assureurs-vie avec les plus-values réalisées lors de la cession d’obligations, en sachant que l’usage est habituellement de conserver les obligations jusqu’à leur échéance ;
  • ponctionnée symétriquement pour compenser les moins-values obligataires qui se sont concrétisées, ce qui a par exemple été le cas historiquement lors de la restructuration de la dette souveraine grecque.

 

La réserve de capitalisation n’intègre pas les plus et moins-values latentes sur les obligations. Compte-tenu du fonctionnement de la réserve de capitalisation, les plus et moins-values obligataires éventuellement réalisées lors de la cession d’obligations n’affectent pas le rendement financier du fonds en euros et la participation aux bénéfices (alimentés en revanche par les coupons et intérêts dégagés sur ces mêmes obligations).
La réserve de capitalisation est l’un des « coussins » permettant aux assureurs-vie d’amortir d’éventuelles évolutions de taux d’intérêt et de stabiliser le rendement de la poche obligataire de leur fonds en euros.
Notons enfin que la réserve de capitalisation appartient aux assurés, c’est-à-dire aux détenteurs de contrats d’assurance-vie.

Définition de la Participation aux bénéfices (PB) du contrat d’assurance vie

Toute compagnie d’assurance-vie est tenue de reverser à ses assurés un minimum :

  • de 90 % de ses bénéfices techniques,
  • et de 85 % de ses bénéfices financiers,en vertu de la règle imposée par le Code des assurances depuis la loi du 17 décembre 1966 sur la participation aux excédents.

Cette rémunération peut être reversée aux assurés :

  • soit sous forme de participation aux bénéfices immédiate au titre de l’exercice qui vient de s’écouler,
  • soit via une alimentation de la provision pour participation aux bénéfices (PPB).

 

Les règles de participation aux bénéfices s’appréhendent globalement au niveau de chaque compagnie, ce qui explique qu’un même assureur-vie peut, en toute légalité, servir des taux de rendement différents à deux assurés investis sur un même fonds en euros. Les conditions générales d’un contrat d’assurance-vie précisent les modalités d’affectation de la participation aux bénéfices.

Le taux minimum garanti (TAG) éventuel et la provision bénéficiaire constituent le taux de rendement servi à l’assuré (avant déduction des frais et des prélèvements sociaux). Ils font partie des éléments que l’assureur a l’obligation de communiquer chaque année au souscripteur / adhérent (pour les contrats de plus de 2 000 euros d’encours).

Compte-tenu de la forte baisse des rendements obligataires, il est désormais fréquent que la participation aux bénéfices d’un fonds en euros ne permette pas de verser à tous les assurés le taux minimum garanti (TAG) contractuellement prévu pour certains d’entre eux. Dans ce cas, la compagnie verse le TAG contractuel à ses assurés qui en bénéficient en « ponctionnant » la participation aux bénéfices des autres.

 

Définition de la Provision pour participation aux bénéfices (PPB) du contrat d’assurance vie

Les assureurs-vie ne sont pas obligés de distribuer immédiatement la participation aux bénéfices (PB) prévue par la législation.

La partie non distribuée de la participation aux bénéfices vient alimenter la provision pour participation aux bénéfices (PPB). Très souple d’utilisation, la Provision pour participation aux bénéfices est la véritable variable d’ajustement des taux de rendement, car elle permet de lisser dans le temps les taux de rémunération servis aux assurés au titre des contrats et fonds en euros.

La Provision pour participation aux bénéfices appartient aux assurés mais c’est un bien collectif (il n’est pas possible de réclamer sa quote-part de Provision pour participation aux bénéfices lorsque l’on rachète son contrat).

A la différence de la réserve de capitalisation pour laquelle un assureur-vie peut décider de l’alimenter dans le temps sans en restituer tout ou partie à ses assurés, la participation aux bénéfices (PB) provisionnée à l’issue d’un exercice doit être restituée aux assurés dans un délai maximum de 8 années.

Concrètement, cela signifie que la quote-part de participation aux bénéfices (PB) qui pourrait être mise en réserve par un assureur-vie à l’issue de l’exercice 2018 devrait obligatoirement être reversée aux épargnants d’ici au 31 décembre 2026 au plus tard. Mais les épargnants de demain qui en bénéficieront ne seront pas nécessairement les mêmes que ceux d’aujourd’hui.

 

 

Classement des fonds euros d’assurance vie en fonction du niveau de réserve, provision et autres plus-value immobilier et action

Groupe d’appartenance Niveau de PPB à fin 2017
Poids sur les encours en €
Niveau des Plus-values latentes sur Actions à fin 2017
Poids sur Encours en €
Niveau des Plus-values latentes
sur Immobilier à fin 2017
Poids sur Encours en €
Niveau de la Réserve de capitalisation à fin 2017
Poids sur les encours en €
Total PPB + PV
Prévoir Vie 3,06% 9,62% 7,46% 1,90% 20,14%
Carac 2,52% 5,45% 6,33% 2,25% 14,30%
GPM Assurances 5,58% 7,06% 0,39% 2,12% 13,03%
GMF Vie 5,61% 3,92% 2,40% 1,57% 11,93%
MMA Vie S.A. 4,64% 3,71% 2,49% 3,14% 10,84%
CNP Assurances 4,41% 4,96% 1,37% 0,85% 10,74%
SMA BTP Vie 4,55% 4,49% 1,50% 0,51% 10,54%
MIF 2,96% 4,13% 3,18% 3,28% 10,27%
ACM Vie S.A. 5,05% 4,12% 1,08% 0,56% 10,25%
Cardif Assurance Vie 4,45% 3,72% 1,97% 1,46% 10,14%
Prépar Vie 4,76% 4,46% 0,52% 0,81% 9,74%
Prédica 4,32% 2,11% 1,99% 0,93% 8,42%
Matmut Vie 6,85% 1,37% 0,03% 0,00% 8,25%
La Mondiale 3,95% 2,81% 1,14% 2,12% 7,90%
MAAF Vie 3,44% 4,03% 0,40% 3,32% 7,87%
Génération Vie 7,70% 1,72%

2,86%

0,00%

1,59%

0,97% 7,70%
Allianz Vie 2,43% 3,82% 1,42% 2,47% 7,67%
AXA France Vie 1,24% 3,24% 2,98% 0,00% 7,46%
ACMN Vie 4,73% 2,16% 0,47% 0,62% 7,36%
Generali Vie 2,71% 1,73% 2,85% 1,92% 7,29%
Unofi Assurances 4,46% 1,20% 1,62% 2,38% 7,28%
Swiss Life Assurance et Patrimoine 1,78% 1,75% 3,66% 1,65% 7,19%
Mutavie 4,11% 1,99% 0,89% 2,73% 6,99%
Sogécap 4,57% 1,01% 0,85% 0,84% 6,43%
Neuflize Vie 3,42% 2,33% 0,61% 2,97% 6,36%
Assurances Mutuelles Le Conservateur 4,22% 1,42% 0,62% 1,24% 6,26%
Milleis Vie (ex. Barclays Vie) 5,54% 0,47% 0,13% 1,23% 6,14%
Parnasse MAIF 3,31% 2,17% 0,45% 1,60% 5,93%
Mutex S.A. 1,09% 4,72% 0,07% 11,26% 5,88%
Aréas Vie 2,51% 1,84% 1,13% 2,96% 5,48%
Aviva Vie 2,17% 1,29% 1,52% 1,63% 4,98%
HSBC Assurances Vie 3,81% 0,38% 0,59% 0,78% 4,78%
Groupama Gan Vie 1,66% 1,47% 1,61% 2,80% 4,74%
MACSF Epargne Retraite 2,14% 1,42% 0,94% 1,57% 4,50%
Capma & Capmi 0,64% 2,10% 1,71% 6,15% 4,45%
BPCE Vie 3,49% 0,90% 0,03% 0,28% 4,42%
Suravenir 2,32% 1,02% 1,05% 0,31% 4,39%
Antarius Vie 2,20% 1,58% 0,22% 0,44% 4,00%
Gresham 1,65% 0,41% 1,17% 3,22% 3,23%
Ageas France 1,07% 0,62% 1,49% 0,61% 3,18%
SAF BTP VIE 2,38% 0,80% -0,01% 5,57% 3,17%
Apicil Assurances 1,01% 1,89% 0,08% 2,53% 2,98%
AGPM Vie 2,07% -0,06% 0,65% 0,03% 2,66%
Spirica Vie 0,48% 0,97% 0,70% 0,25% 2,15%
Aviva Epargne Retraite 0,85% 0,54% 0,14% 1,25% 1,53%
Oradéa Vie 1,12% 0,09% -0,03% 0,01% 1,18%
La Mondiale Partenaire 0,77% 0,18% 0,00% 1,42% 0,95%




18 Comments

  1. Bonjour ,
    Je ne vois pas le tableau dans son ensemble mais uniquement jusqu’à la colonne 5 en partant de la gauche.
    Merci.

  2. après vous préférez les sicav au moins -5% en moyenne cette annee……

  3. Je croyais que les AV étaient peu sensibles à l’évolution des taux à court terme car elles gardaient leurs obligations j’usqu’à leur remboursement ? Le reste me semble assez marginal et je ne me vois pas monter une stratégie là-dessus, à moins que quelque chose ne m’échappe ?

    • Oui, vous avez raison. Ce que je souhaite expliquer c’est simplement que lorsque les taux sont en hausse ou au moins stable, le gestionnaire doit courir après le rendement afin de limiter la comparaison défavorable avec l’inflation.

      Avec une inflation à 2% et un rendement net de 1.60% … Il devient compliqué de retenir l’épargnant qui pourrait être tenté d’aller voir ailleurs. Pour éviter une telle situation, les assureurs pourraient commencer à consommer les provisions et autres PV.

      Le risque est la sortie des épargnants qui obligerait l’assureur à liquider des obligations en MV

      • Retenir l’épargnant n’est pas lié à une comparaison entre rendement et inflation.
        On a du mal à retenir l’épargnant lorsque d’autres produits avec des contraintes assez similaires offrent un meilleur rendement. Ce n’est pas seulement une hausse de l’inflation qui les fera apparaître….

  4. Bonjour,

    Ce classement ne sert pas à grands chose.
    En réalité, les assureurs font ce qu’ils veulent et en plus s’ils redistribuent ca sera sur le dernier contrat en date délaissant les vieux contrats…

  5. Hélas, les épargnants actuels n’ont que très peu de chances de revoir un jour leurs gains passés accumulés dans la PPB. En effet, les assureurs choisissent presque toujours d’améliorer les performances des nouveaux contrats « stars » (aujourd’hui les contrats internet ou à forte composante immobilière), grace à la PPB plutôt que de rendre la performance sur les vieux contrats « vaches à laits » (les très vieux contrats et les contrats bancaires), et ce même si les deux types de contrats sont adossés au même actif.

    Concrètement, pour surperformer le marché des fonds en euros, il vaut mieux réouvrir régulièrement des nouveaux contrats. La difficulté étant dans ce cas de jongler entre la période de détention minimale de 8 ans pour bénéficier de l’avantage fiscal et le fait d’être sur des contrats récents.

    • Oui, mais toutes les compagnies ne raisonnent pas ainsi et heureusement. Certaines compagnies n’ont qu’un seul contrat et ne pratiquent donc pas de la sorte.

      • Bonjour Guillaume,

        Quelles sont ces compagnies ?

        Merci par avance.

        • La MAIF, MIF, MACIF, … et autre (il s’agit le plus souvent des petites compagnies « non commerciales » qui ne courent pas après l’épargnant… Oubliez les banques et autres compagnies telles que AXA, Allianz ou COVEA.

          Une autre option est le fonds euros cantonné qui interdit à l’assureur de « taper » dans l’épargne des assurés.

  6. II reste quelques briscards qui ont à la fois une allocation prévoyante et prudente sur les allocations du fonds général.
    Il faut aller aux AG, à défaut se renseigner sur la politique maison, voire tenter de l’infléchir (moins de ? plus de ?), humer les tendances du « bouquet de tête » de la compagnie.

    Mais tout ceci serait utile si l’on n’avait pas Sapin 2 et sa réitérée spoliation possible : quand on voit le tour de passe-passe sur le Loto patrimoine et ses PS ou la fiscalité écologique alimentant ce jour le budget général, on peut craindre le pire en matière de gouvernance même corporate quand les rations sont maigres….
    Je rends hommage au travail de clarté argumentée de Cyrille Chartier-kastler, mais l’assurance vie , magnifique instrument, reste t elle la solution patrimoniale suffisante dans un monde endetté et incertain…?

  7. La solution est de nous laisser le choix de sortir des fonds pour sans impôts pour réinvestir dans un autres assureur plus compétitif la est la véritable concurrence

  8. Bonjour

    Article très clair comme souvent sur un sujet assez technique.

    J’aurai 1 remarque et 1 question à vous soumettre.

    Ma remarque porte sur la PPB. En effet, vous avez raison d’indiquer qu’elle est constituée en année N et doit ensuite être restituée aux assurés au plus tard en N+8. Cependant, dans la pratique, il est évoqué une PPB « perpétuelle ». Cette technique comptable permet de maintenir un volant de PPB dans le temps en l’utilisant partiellement chaque année pour la distribution du rendement et en parallèle l’alimenter avec une partie du taux brut de l’actif général.
    Technique qui a pour intérêt de ne pas contraindre l’assureur à la restituer à une date précise, lui laissant ainsi beaucoup de marge de manœuvre pour piloter les rendements distribués. Par ricochet, l’épargnant se retrouve plus exposé aux politiques commerciales de ces assureurs dans le pilotage du fonds euros.

    Ma question porte sur l’utilisation dans le temps des différentes réserves évoquées dans votre article. J’ai cru comprendre que ces réserves étaient prises en compte dans le calcul de différents ratios de solvabilité (solvency II). Si cela s’avère exact, n’y-a-t-il pas un risque que les assureurs soient plus intéressés à protéger leur solvabilité que le rendement distribué à leurs assurés ?

    D’avance merci pour votre retour,

    Benjamin

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