Depuis quelques années, la chute du rendement du fonds euros a obligé les compagnies d’assurance vie à renouveler leur discours commercial pour attirer l’abondante épargne des Français. C’est alors que le discours de l’indispensable diversification des contrats d’assurance vie vers les unités de compte s’est généralisé.

Au delà même du discours, de très très nombreuses compagnies d’assurance vie interdisent aujourd’hui à l’épargnant d’investir l’intégralité d’un nouveau versement sur le fonds euros ! La diversification n’est plus seulement un conseil, c’est une obligation commercial !

L’épargnant qui clame son aversion aux risques et son souhait de ne pas prendre de risque se voit dans l’obligation de placer 10%, 20% ou 30% de son épargne sur les marchés financiers. (cf »N’écoutez pas votre banquier ! Ne faites pas un transfert FOURGOUS pour diversifier votre assurance vie ! » ou encore « Des compagnies d’assurance vie interdisent d’investir en fonds euros ! Faut il céder au chantage ?« ).


Ces pratiques commerciales sont intolérables et mériteront des actions en défaut de conseil lorsqu’un épargnant qui à clamer son souhait de ne pas prendre de risque sur son capital constatera une perte en capital ! (Bien évidemment, nous sommes en haut de cycle boursier, personne ne s’en rend compte … mais vous verrez lors du prochain cycle de baisse…)

 

Toujours est il que les compagnies d’assurance vie construisent l’après fonds euros en encourageant fortement les épargnants à investir en unité de compte. Il faut avouer qu’elles ont tout à y gagner à court terme : Rétrocommission sur les OPCVM, moindre exigence de fonds propres, frais de gestion plus élevés… l’unité de compte, c’est le paradis de la compagnie d’assurance vie qui voit augmenter ses marges financières … tout en réduisant son risque d’exploitation à court terme.

Avec les unités de compte, plus besoin de gérer le risque à la place du client, plus besoin de s’engager dans une promesse de liquidité ou de garantie puisque le risque et la gestion financière sont transférés à l’épargnant, qui n’y connait rien et qui ne veut pas gérer !

Malheureusement, cette stratégie commerciale à court terme sera un échec à long terme et pourrait même accélérer le déclin de l’assurance vie (cf »Le déclin de l’assurance vie est en marche et c’est de la faute des assureurs !« ). En effet, au delà d’un discours contraire aux intérêts des clients, les compagnies d’assurance vie ont construit un modèle économique dont la fragilité est révélée par la prochaine adoption du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital.

 

 


Avec l’adoption du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% sur les revenus du capital, l’assurance vie perd son principal argument commercial.

Dans le prolongement de notre article « Faut il continuer d’épargner en assurance vie ou choisir le compte-titres aux frais plus faibles ?« , il est clair que l’assurance vie va perdre son principal argument commercial ! Avec une fiscalité identique entre l’assurance vie et le compte titre (ou tout autre placement bancaire), les compagnies d’assurance vie ne pourront vendre l’avantage fiscal comparatif de l’assurance vie.

Pourquoi un épargnant irait il placer son argent dans un contrat d’assurance vie alors que le compte titre lui permettrait d’obtenir la même chose sans frais de gestion ? Alors que la fiscalité des compte-titres va redevenir « normal » et quasi-identique à l’assurance vie pourquoi continuer de payer 1% de frais de gestion à la compagnie d’assurance vie ? 

Seule l’économie de droit de succession justifie encore de souscrire un contrat d’assurance vie. Mais Etes vous vraiment certain que votre patrimoine soit suffisant pour être le fait générateur de droits de succession ? N’est il pas prématuré de préparer sa succession à 50 ans alors que son espérance de vie est encore de 35 ans ? Faut il arrêter d’épargner en assurance vie après 152500€ par bénéficiaire ? … 

 

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Bref, bien au delà de la question de l’application du PFU à l’assurance vie, la baisse de l’impôt sur le capital sur les autres placements fait perdre à l’assurance vie son avantage fiscal comparatif !

 

 

Les compagnies d’assurance vie doivent abandonner la stratégie des unités de compte à tout prix… et revenir aux fondamentaux !

Lorsque les épargnants auront compris, il sera trop tard pour l’assurance vie.

Les épargnants n’aiment pas l’assurance vie. Les épargnants aiment le fonds euros pour sa simplicité et surtout pour la capacité à déléguer le risque à un acteur dont l’ADN est dans la gestion du risque. Pourquoi confier votre argent à une compagnie d’assurance vie ce n’est pour gérer le risque ?

Les assureurs doivent se ressaisir et profiter de la décadence inévitable du fonds euros pour se renouveler et construire un nouveau produit financier dont les caractéristiques intrinsèques répondront aux attentes des épargnants :



  • Garantie du capital ou disponibilité (les deux ne sont pas compatibles et c’est la raison pour laquelle le fonds euros ne peut plus apporter satisfaction à un épargnant de long terme) ;

 

  • Simplicité et délégation de gestion (les épargnants ne veulent pas faire de la gestion financière). Ils veulent confier leur argent à un tiers qui prendra et assumera toutes les décisions à leur place ; Assumer le risque à la place de l’épargnant et l’assurer dans la jouissance différé de son épargne n’est pas le cœur du métier d’assureur ?

 

  • Rendement satisfaisant dans le cadre des exigences ci avant exprimées. Garantie, simplicité et délégation du risque ne peuvent rimer avec performances exceptionnelles. Les épargnants ne se contenteraient t’ils pas d’un rendement simplement un peu supérieur à l’inflation ? N’est ce pas suffisant ? On ne devient pas riche grâce à son épargne … l’épargne n’est qu’une protection, une consommation différée qui ne doit pas perdre en pouvoir d’achat. Pour s’enrichir, on n’épargne pas … on investit. 

 

Le contrat Eurocroissance est alors le réceptacle naturel pour l’épargne des Français ! Simple, garantie à échéance, disponibilité relative … Les assureurs doivent arrêter de rêver aux marges exceptionnelles procurées par les unités de compte et se concentrer à nouveau sur le besoin des épargnants pour s’engager enfin vers l’après fonds euros !

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17 Comments

  1. Bonjour,
    Par ce petit commentaire je voulais simplement vous féliciter pour la qualité de vos articles.
    Je suis abonné à votre blog depuis quelques mois et j’ai toujours plaisir à vous lire.
    Continuez ainsi !
    Cordialement

  2. Fredy Gosse says:

    un petit bémol
    Guillaume
    que ce soit en AV ou en Compte Titre , le risque boursier est le même ( cf la copie de l’article de Bertez que j’avais joins à une de mes contributions sur la nouvelle réalité fiscale de contrats futurs en AV)
    je dirais même que certains contrats répondent déjà à vos observations avec des gestions déléguées selon 3 profils différents. et pour des sommes qui ne sont pas astronomiques. MAIS vous n’obligerez personne à prendre des risques une fois la retraite prise..Il y un temps pour tout comme dit le proverbe,seulement voila ce sont les plus jeunes qui ne le savent pas encore ,qui prennent les décisions-:)

    • Attention, la gestion indiciel délégué est une chose … mais la délégation du risque sur un tiers qui assume ce risque est autre chose !

      Ces supports de gestion déléguée ne présentent pour moi qu’un intérêt minime à part celui d’ajouter encore une couche de frais !

      • Fredy Gosse says:

        BOF…
        je ne suis pas assez compétent pour gagner de l’argent en bourse … les rares fois ou j e m’en suis sorti ce n’était pas par déduction mais par instinct ( notamment la veille des bricks and mortars)
        Le problème c’est qu’il faut alors payer des conseillers qui perçoivent des commissions à l’achat et la vente quelque soient les résultats alors avec un gestionnaire délégué à priori s’il n’est pas trop mauvais ,il faut regarder ses performance pendant les grandes catastrophes boursières) on doit pouvoir amortir les chocs..(enfin si le spécialiste n’ a pas changé en cours de route)

        c’est pourquoi comme Ankou j’ai gagné de l’argent avec du concret pas avec des cours aléatoires dépendant d’algorithmes déclenchant selon des seuils dépendant eux mêmes de la religion boursière qui veut que regarder dans le rétroviseur permet de parier sur l’avenir..

        Seulement voila ,titillant les 75 ans , j’ai rempli ma part du contrat,aux plus jeunes de prendre des risques.. Si on me pique aujourd’hui ce que j’ai sauvé de mes investissements et du …Fisc , la morale sera pour les jeunes /n’investissez plus , bouffez tout,la génération suivante a de grandes dents -:)))))))))

        • J’ai lu bertez ! Comme toujours, il est brillant !

        • J’essaie de titiller – les 75 aussi 🙁 – et Guillaume, vainement, il ne bronche pas le bougre ……… 🙂

          Je viens de vendre un de mes investissements immobiliers.
          Environ 30 ans d’ancienneté.
          Je ne vous parle pas de la « rentabilité » qui si elle est définie par en numérateur le gain (prix de vente-prix de revient) et au dénominateur le prix de revient …….. 😉 On peut aussi parler de « rendement » ……….

          Vous comprenez maintenant pourquoi votre question m’intéresse sur « quoi faire du résultat de l’investissement »?
          Guillaume, une idée?
          Il y a consommer, ses enfants, ……… et le … de la crémière.

          • Fredy Gosse says:

            le bougre???comme vous y allez. je sais que c’est » tendance « mais tout de même -:)

            • Je ne me serais pas permis.
              Regardez donc dans vos dicos préférés, la définition première est celle du brave homme, dans mon milieu on aurait dit un joyeux lascar.
              C’est au contraire donc très convivial.
              Plus péjoratif si on adjoint « pauvre »

              Mais rien à voir avec le juron

              Attention à la polysémie, que nous envient nos amis anglo-saxons

          • ah mes deux petits vieux préférés… mais vous n’avez pas le record. Un commentateur régulier avait 96 ans… il y a quelques années

            Quant à vous ankou, votre premier article remonte au 06/12/2011… et voici un extrait : « L’incitation fiscale n’appauvrit-elle pas en résumé, à LT la France? »

            Fedry Gosse, c’est pareil, 23/10/2011. extrait « lisez les petites lignes de votre contrat de location et vous comprendrez vite pourquoi ce produit strictement financier est à fuir comme la peste ;ne vous laissez pas obnubiler par de grands noms gestionnaires ,ils ne vous apportent rien d eplus et souvent beaucoup moins » …

            Bref, vous n’avez finalement pas beaucoup changé ! Il faudrait organiser un dîner un jour 😉

            • Fredy Gosse says:

              Guillaume ,tant que mon dernier neurone tient ,y’a de l’espoir-:)
              Nostalgie….. en classant des vieilleries, je suis tombé sur un article économico politique que j’avais commis il y’ a …. 42 ans
              c’est dur de vieillir là j’étais bon enfin je le pense-:)

  3. « Pour s’enrichir, on n’épargne pas … on investit.  »

    Bravo, 3 fois bravo! On y vient.
    J’attends à la prochaine occasion: Pour s’enrichir, on ne place pas … on investit.

    Merci 😉

  4. Fredy Gosse says:

    mais vous Ankou vous serez toujours jeune-:)

  5. papigilles says:

    Tout est bien dit.On confie son argent à un gestionnaire.Qu’il se débrouille puisqu’il n’oubliera pas de percevoir quelques frais au passage.S’il ne sait pas faire,qu’il change de métier.

  6. Les gérants de fonds ont des performances inférieures au marché en Moyenne.

    Donc, je ne vois pas les épargnants se ruer sur les fonds du type eurocroissance.

    Pour ma part, je pensais depuis un moment revenir au compte titre. Je crois que le moment est venu pour moi de passer à l’action.

  7. Globalement d’accord, comme déjà évoqué sur un sujet très récemment : les seuls véritables intérêts de l’AV sont son fonds en euros (tant qu’il rapporte qqch), sa fiscalité sur le revenu et sur la transmission.

    Le fonds en euros est toujours intéressant, mais de moins en moins et sensible à la moindre remontée des taux.
    La fiscalité attrayante va l’être de moins en moins avec les nouveaux contrats et en fct du montant détenu (enfin, à confirmer en détails avec la loi quand elle sera votée).
    La transmission, oui, mais effectivement, si c’est pour être intéressante quand on a 80/90 ans, alors que les enfants en ont déjà 50/70, quand ils ont déjà construit leur patrimoine (si tout s’est bien passé dans leur vie), pour quoi faire ? Une donation, un « refus » d’héritage et transfert direct aux petits-enfants, etc … permettront d’avancer le transfert de patrimoine quand les bénéficiaires en ont réellement besoin.
    Bref, l’AV va mourir, lentement, mais sûrement.

    Et en effet, quitte à placer en bourse, autant ne pas payer de frais sur des UC à une AV sans la moindre contrepartie/valeur ajoutée.

    ps : grand sourire en lisant les échanges des anciens du blog 🙂

  8. F0710107 says:

    IL n’y a pas de miracle.
    Un placement sans risques et liquide mais qui rapporte beaucoup n’existe pas ( sauf phénomènes temporaires exceptionnels ).
    A chacun d’être conscient de sa capacité à prendre ses risques ( dans la durée ) et à les assumer.
    Le choix des placements ( avec une bonne diversification et sans produits complexes ) devient alors très simple … et très efficace !

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