A la fin du mois d’Août, nous vous expliquions, de manière prospective, que les versements sur les fonds euros devraient être progressivement limités par les compagnies d’assurance vie. Il s’agissait alors d’insister sur la fragilité du modèle économique de ces dernières qui proposent un taux de rendement garantis alors même que les taux d’intérêt négatifs deviennent la norme.

Au terme de cet article intitulé « Assurance vie : Bientôt impossible de faire des versements sur le fonds euros ?« , nous insistions donc sur la nécessité de porter une réflexion globale sur le sort de votre épargne. Depuis 40 ans, les épargnants sont habitués à placer leur épargne sur des placements garantis, qui combine taux d’intérêt supérieur à l’inflation, garanti du capital et disponibilité, totale ou partielle. C’est d’ailleurs, l’une des raisons pour lesquelles les Français épargnent autant.

Malheureusement, la faiblesse durable des taux de rendement de l’épargne et même les taux d’intérêt négatifs remet en question le confort de l’épargnant qui s’était habitué à s’enrichir grâce à son épargne, du fait d’un rendement supérieur à l’inflation. Aujourd’hui, l’épargne n’est plus source d’enrichissement ; L’épargne est source d’appauvrissement. La seule manière de s’enrichir est alors d’investir son argent comme nous cessons de vous l’expliquer depuis des années (par exemple dans cet article « Êtes vous prêt pour la destruction de la monnaie et de l’épargne ? » ou encore « Épargne : Être capable de prendre des décisions fortes avant qu’il ne soit trop tard ! ».

Aujourd’hui, c’est l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, une instance de la Banque de France qui surveille et supervise l’activité des banques et compagnie d’assurance), par la voix de son vice président Bernard DELAS, qui insiste sur ces conséquences néfastes des taux d’intérêt négatifs pour l’assurance-vie.

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A l’occasion d’un interview dans la presse professionnelle, il explique que :

« Pour le superviseur, les taux bas sont un sujet de préoccupation majeur. Nous vivons avec des taux très bas depuis plusieurs années. Le taux français à 10 ans vient même d’entrer en territoire négatif. Ce phénomène inédit se prolonge et rien n’indique qu’il se terminera rapidement.

[…]

Pour schématiser deux situations sont possibles. Une remontée brutale des taux ou la prolongation pour une durée très longue de l’environnement de taux bas que nous connaissons actuellement.

Dans le premier cas, le marché serait confronté à une grave crise obligataire. C’est un scénario redouté et nous sommes attentifs à ce que les assureurs prennent les dispositions pour être, le cas échéant, prêts à l’affronter dans les meilleures conditions possibles.

Dans le deuxième cas, les défis à relever pour s’adapter à la persistance de l’environnement de taux très bas qui prévaut aujourd’hui sont tout aussi considérables. 

[…]

En assurance vie, la pression est de plus en plus forte sur les frais de gestion et de distribution. Ils sont plus visibles et le consommateur les juge d’autant plus excessifs que le taux de rémunération de l’épargne ne permet plus de les masquer. La baisse continue du rendement des actifs rend par ailleurs nécessaire la poursuite du mouvement de baisse des taux de revalorisation des contrats déjà engagé depuis plusieurs années. Mais cela ne suffira pas.

Il faudra aussi renoncer aux produits en euros offrant à la fois la protection du capital et une liquidité permanente. Les assureurs devront imaginer de nouvelles offres et, étape par étape, habituer leurs clients à prendre une part de risque. C’est une question de pédagogie et d’éducation financière.

 

Les lecteurs fidèles ne sont pas surpris de lire un tel raisonnement puisque c’est ce que nous vous expliquons depuis des années dans nos tribunes quotidiennes. En revanche, lorsque le propos vient du vice président de l’ACPR, l’impact est tout autre.

Nous ne sommes plus dans l’analyse prospective d’un petit blogueur isolé… nous sommes dans la mise en garde officiel de l’instance qui contrôle l’activité des compagnies d’assurance vie.

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Vous ne pouvez plus douter ! Le sujet est grave. Votre épargne est bel et bien en danger ! (comme je vous l’explique depuis des années). Le vice président de l’ACPR est tout simplement en train de nous expliquer :

– Les taux d’intérêt négatifs remettent en cause le modèle économique de l’assurance-vie car soit, nous assistons à une remontée des taux d’intérêt et c’est le risque du faillite à cause du fait d’une grave crise obligataire, soit, les taux restent bas et les défis à relever sont tout aussi considérables ;

Les rendements des fonds euros vont continuer à baisser dans les prochaines années, mais cela ne suffira pas ;

Les compagnies d’assurance vie doivent donc renoncer à proposer le fonds euros aux souscripteurs de contrat d’assurance vie et les inciter à prendre des risques afin qu’ils assument, à la place des compagnies d’assurance vie, les risques financiers liés aux taux d’intérêt négatifs. Bref, le vice président de l’ACPR incite les compagnies d’assurance vie à abandonner leur métier d’assureur au profit du métier de gestionnaire d’actif.

 

Je crois que le vice président de l’ACPR se trompe lorsqu’il explique que « Les assureurs devront imaginer de nouvelles offres et, étape par étape, habituer leurs clients à prendre une part de risque. C’est une question de pédagogie et d’éducation financière.  »

Si ce n’est qu’une « question de pédagogie et d’éducation financière », il devrait savoir que l’épargne ne peut être source d’enrichissement ! Seul l’investissement peut l’être, et malheureusement, la vocation d’un contrat d’assurance vie n’est pas d’investir, mais d’épargner ! CQFD. Vous pouvez relire cet article « Comment placer son argent ou investir dans un monde à taux d’intérêt négatifs ? » pour mieux cerner cette question fondamentale, dont voici un extrait :

« Dans un monde à taux négatifs, dans un monde ou l’épargne n’est pas rémunérée, et même confisquée au gré du temps et du fait d’une rémunération inférieure au taux de croissance nominale de l’économie, il est important de retrouver la définition originelle de l’épargne. L’épargne, ce n’est pas l’investissement. Épargner, ce n’est pas investir.

L’épargne, c’est un stock d’argent dans l’attente d’une consommation future, soit sous forme de dépense, soit sous forme d’investissement. L’épargne n’est pas une fin… mais simplement un moyen. L’épargne permet de préparer un projet de dépense important ou encore permet d’éviter le recours au crédit pour financer un investissement.

Il est peut-être plus simple de définir la notion d’épargne par opposition avec la notion d’investissement.

Si l’épargne est une accumulation passive, une situation d’attente, l’investissement représente une action. Investir, c’est acheter aujourd’hui un actif dont l’exploitation directe ou indirecte permettra de dégager un flux pérenne pour son propriétaire. »

 

A suivre …

Qui sommes nous ?

Leblogpatrimoine.com, au delà d’un site d’informations sur la gestion de votre patrimoine, est la vitrine de la société de conseil en gestion de patrimoine Guillaume FONTENEAU Conseil.
 
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129 Comments

  1. Quand on se dit un pro du conseil, on ne confond pas « Assurance vie » et « fonds en euros ».
    Sauf si c’est juste pour faire un titre à sensation pour attirer les clics et faire du fric sur la crédulité des lecteurs.

    • Guillaume FONTENEAU says:

      Lorsque l’on est pro du conseil, on sait que l’assurance vie, c’est plus de 80% de fonds euros et que s’il y a un problème sur le fonds euros… c’est l’assurance vie qui est remise en question.

      • C’est 80 % de fonds en euros… cela ne veut pas dire que c’est la même chose !!!
        De plus, c’est 80 % sur les anciens versements. Pas sur les nouveaux.
        Enfin, si vous étiez un peu plus pro, vous sauriez que ce taux est plutôt autour de 50 % pour les contrats ouverts et gérés à l’aide d’un conseiller en gestion de patrimoine.
        Et que certains conseillers n’utilisent plus ou quasiment plus les fonds en euros dans leurs contrats depuis des années. Justement à cause de la faiblesse du rendement et des risques sous-jacents qui sont cachés.
        Faire du conseil, c’est commencer par informer, par dire la vérité, par utiliser les bons mots, les bonnes définitions et non tromper les lecteurs en faisant des amalgames de journaleux ou de débutants, juste pour faire du sensationnel et toucher plus de rémunérations par de nombreux clics.

        • Guillaume FONTENEAU says:

          Effectivement soyons précis.

          Depuis le début de l’année, ce sont 87.1 milliards d’euros qui ont été versés sur les contrats d’assurance vie dont 20.5 milliards en unité de compte.

          Ainsi, la répartition entre UC et fonds euros est de 23%. Le fonds euros, c’est 77% des versements en assurance vie en 2019.

          Merci de m’avoir permis de préciser mon approximation.

          Enfin, dans les UC, je suis curieux de connaître quelle est la part des SCPI et autres produits structuré vendus comme des produits garantis alors qu’ils n’en sont pas.

          • Ces 23 % ne vous permettent pas de dire que assurance vie = fonds euros.

            De plus, il s’agit d’une statistique générale.

            La gestion faite par des pros ne donnent pas du tout les mêmes chiffres. Pourquoi ne donnez-vous pas ces chiffres ?

            Un produit vendu comme un produit garantit alors qu’il n’en est pas un, c’est de la publicité mensongère.
            N’hésitez pas à dénoncer cela, je vous appuierai sans problème si vous me citez précisément un tel produit.

            Par contre, je ne vous suivrais pas dans cette dénonciation sans preuve car on tombe encore dans le sensationnel pour faire de l’audimat et tromper le lecteur.

            • fanfan la tulipe says:

              Bonjour

              Si problème sur fonds € c’est tout le contrat qui est en risque d’illiquidité (loi sapin 2). L’illiquidité du contrat est un risque sous-jacent complètement omis à la commercialisation. Bien sûr que l’assurance-vie ne se résume pas aux fonds en € mais c’est le fonds en € qui porte 100 % du risque d’illiquidité du contrat. C’est peut être ce que veut dire Mr Fonteneau
              Pour les SCPI ou les structurés ils sont vendus n’importe comment en banque, ouvertement proposés comme « alternative » aux fonds € alors que cela n’a rien à voir

              Il n’y aura plus de possibilité de souscrire en € sur des contrats sous 3 ans, j’en prends le pari (et tant pis pour le sensationnalisme …)

          • Guillaume: les SCPI ne sont en aucune façon ‘vendues comme des produits sans risque’, que ce soit dans le cadre de l’AV ou en direct; c’est de l’immobilier, donc c’est par nature risqué. Je pense que vous sous-estimez la lucidité des souscripteurs. Dans le cadre de l’AV, vous devez d’ailleurs signer un avenant où c’est écrit noir sur blanc en gros caractères, alors qu’à ma connaissance quand vous achetez un bien immo physique, ni l’agent immobilier ni le vendeur ni le notaire ne vont vous rappeler que votre investissement peu perdre de la valeur (ce qui est pourtant assez courant, notamment ces 10-15 dernières années dans les villes secondaires en perte de vitesse économique), ni que vous êtes à la merci de risques locatifs (qui ont tendance à augmenter), alors que ce serait pourtant très pertinent…

            • Remarque pertinente…
              Les risques devraient même être rappelé par tous ceux qui promeuvent l’immobilier.
              C’est obligatoire pour les produits financiers.
              Aucune raison que cela ne le soit pas pour l’immobilier.

  2. Que faire lorsque l’on a 76 ans et une bonne part de son épargne en fond en euros ?

    A cet âge là on ne va pas se transformer en investisseur ?

    L’assurance vie , même si elle rapporte de moins en moins, me semble rester valable pour un objectif de transmission.

    Etes vous d’accord ?

    • A cet âge là, vous pourriez très bien vivre encore 20 ou 30 ans… soit largement le temps d’un investissement.
      Comment font les gens qui ont 76 ans et qui ne vivent pas en France et qui, donc, n’ont pas de fonds en euros ?
      Et parce que vous croyez que votre fonds en euros n’est pas un investissement en bourse ?
      Il l’est à 90 % environ.

      En clair, on vous a fait croire beaucoup de choses fausses depuis 20 ou 30 ans sur les fonds en euros.

      Les solutions ? Il faut accepter de voir la réalité en face. Le fonds euros est essentiellement constitué de valeurs mobilières cotées en bourse et du risque, vous en prenez tous les jours sans vous en rendre compte.
      Alors arrêtez d’avoir peur. Même en 2008 et 2011 et 2015, les crises n’ont pas ruiné les gens.

    • Guillaume FONTENEAU says:

      Oui, je suis d’accord. Si les taux restent bas, vous serez pénalisé et bénéficierez d’un rendement plus faible que l’inflation, voir proche de 0. C’est le prix aujourd’hui des avantages fiscaux.

      Néanmoins, si vous ne pouvez vous « transformer » en investisseur, ce qui se comprend pleinement, peut être que vos enfants le peuvent ? Envisager une transmission d’une partie de votre capital via donation n’est il pas envisageable ? Si ce n’est pas vous, peut être que vos enfants pourront utiliser votre argent pour l’investir ?

      Qu’en pensez vous ?

      • Je serais curieux que vous m’expliquiez pourquoi ce même argent pourrait être « transformé en investisseur » par le simple fait de changement de nom et que cela serait, du coup, moins risqué pour M. MAZURET alors qu’au lieu d’un risque de perte, il aurait une « perte » totale » puisqu’il ne serait plus du tout propriétaire de cet argent.

        Votre conseil c’est donc : « Puisque vous avez peur de perdre de l’argent, donnez le à quelqu’un d’autre. Ainsi, vous ne l’aurez plus, et vous ne pourrez plus voir les pertes éventuelles. ». Drôle de concept.

        • Guillaume FONTENEAU says:

          Le raisonnement est simple. Passé un âge, il devient difficile d’envisager un placement long terme soumis à volatilité.

          L’horizon d’espérance de vie réduite et le manque d’envie de subir le stress lié à cette volatilité ne permet pas d’investir.

          En revanche, si à certains âges, on peut être « fatigué » de gérer ces choses là, peut être que la génération suivante, les enfants ou les petits enfants auront une perception différente des choses 😉

          • Si vous aviez un peu plus l’habitude et l’expérience du terrain, vous verriez que l’âge n’y ai pour rien.
            Comment font-ils dans les autres pays ?

            Par contre, je n’ai jamais donné comme conseil à un client de donner son argent quand il ne se sentait plus capable de prendre les bonnes décisions. Une donation doit répondre à d’autres motivations. Et pour aider les personnes vieillissantes à gérer leur patrimoine, il y a également des solutions qui permettent de les soulager sans les démunir !!!

            • « Par contre, je n’ai jamais donné comme conseil à un client de donner son argent quand il ne se sentait plus capable de prendre les bonnes décisions. Une donation doit répondre à d’autres motivations. Et pour aider les personnes vieillissantes à gérer leur patrimoine, il y a également des solutions qui permettent de les soulager sans les démunir !!! »

              Tant de sincérité dans cette affirmation et le ton péremptoire dont vous usez pour échanger ne peut que me conforter dans votre totale intégrité.

              • Comme quoi, vos impressions ne reflètent pas forcément la vérité.
                Je vous conseille de vous appuyer plutôt sur des faits précis et vérifiables plutôt que sur vos émotions.

                • J’ai clôt mon assurance vie depuis quelque temps et je ne le regrette pas. Le peu que cela rapportait était encore ponctionné de la CSG et de la CRDS. J’en avais assez d’être une vache à lait.

                  • Voilà la démonstration des conséquences quand on répète sur un blog que l’assurance vie et le fonds en euros, c’est la même chose.

                    Zoé, vous pouvez remercier tous ceux qui, sur ce blog et ces derniers échanges ont encore entretenu cette confusion.

                    C’est pathétique.

                    • Mon assurance vie était à la MMA et je ne me souviens pas si cette dernière était en euro ou … en tous cas je ne regrette pas de m’en être séparée. vous devriez utiliser un ton moins péremptoire pour discuter. J’espère que vous n’êtes pas aussi brutal avec votre épouse lorsque vous lui expliquez quelque chose. et qu’elle ne comprend pas du premier coup.

                  • J’ai fait comme vous, il y a 2 ans tout en gardant quelques centaines d’euros pour l’antériorité fiscale, avant qu’un samedi ou dimanche matin, le gouvernement n’applique la loi Sapin II !

  3. Ce que j’ai appris à l’école : « Épargne = Investissement » est toujours valable, l’un ne va pas sans l’autre. Or le produit Assurance Vie n’est pas adapté comme support d’investissements : il a des coûts d’exploitation trop élevés, propose une offre limitée pour de nombreux produits (Or, ETF, immobilier,…) et ne permet aucune réactivité. La pérennité même de ce produit d’épargne me semble très incertaine car il devient moins intéressant que les livrets règlementés, ne reste que l’aspect succession…

    • Pour info, l’assurance vie permet des investissements en Or, ETF, immobilier… et même bien d’autres choses.

      Vous oubliez également ses avantages fiscaux, sa disponibilité, sa protection face aux créanciers, sa souplesse d’utilisation, etc.

      • Laissez tomber. Vous aurez compris que sur ce blog, assurance-vie = fonds euro épicétou.
        Fin de la discussion, fermez le ban.
        Je pense que c’est plus de la mauvaise foi et de l’idéologie qu’une absence de connaissances; dans ce genre de situation, aucun argument rationnel ne pourra jamais faire évoluer la discussion, c’est une perte de temps.

        • Je crois hélas que vous avez assez bien résumé la situation.

          Sous couvert de renseigner ceux qui n’ont pas la compétence, on trouve sur ce blog des propos qui sont ou bien un manque de connaissances ou bien de la mauvaise foi.

          Tout ça en se revendiquant un pro du conseil et en donnant des leçons aux autres. Bonjour l’égo surdimensionné.

          Il est vrai qu’au pays des aveugles, un borgne est roi.

          • Et donc, si je vous demande quelle est votre réflexion sur ces questions délicates ? Comment orientez vous vos clients dans ce contexte complexe ?

            J’imagine que vous allez m’expliquer refuser de répondre pour ne pas alimenter leblogpatrimoine.com avec des conseils qui seraient de trop bonne qualité que vous réservez uniquement à vos clients ?

            • Guillaume, je vous rappelle que vous gagnez de l’argent grâce à moi et mes contributions (et à celles des autres). Il s’agit donc d’un travail commun dont vous ne partagez pas les fruits. Un jour, peut-être, les blogueurs seront condamnés à rémunérer la participation des autres.

              Vous qui critiquez les commissions touchées par les CGP pour le travail qu’ils font, trouvez-vous normal de ne pas partager les commissions que vous touchez par le travail fourni par d’autres ?

              Et non content du travail que je fais pour vous, vous me réclamez ensuite des solutions pour améliorer le rendement de votre portefeuille calamiteux.

              Pourquoi pas. Mais dans ce cas, on partage les bénéfices !!!
              Je vous fais déjà gagner assez d’argent comme ça.

          • Il est vrai, à vous lire, que vous ne pourriez en aucune façon vous sentir concerné par « l’égo surdimensionné »…
            Le monde est en train de crever de gens comme vous.

            • lol

              Encore?

              Avec Diane, à toutes les sauces, sur tous sujets, le monde est toujours « en train de crever avec des gens comme vous »…!

              Le vice et la vertu

              • Que voulez-vous…Je suis une parisienne d’un âge avancé aujourd’hui fortunée et sans héritiers.
                Alors je distille mes jugements (plus ou moins arrêtés) sur la gente humaine…en attendant celui de Dieu.

                • « gent » sans (e) bien évidemment

                • Magnifique ! romanesque !
                  sans héritiers et fortunée !
                  Si cela est vrai je vous épouse afin de récupérer l’héritage, le monde (le vôtre) ainsi ne crèvera pas….
                  Ce cynisme souriant et éclairé vous convient-il ,gente dame ? (je vous promets un soutien sans failles et une orientation en maison de retraite la plus tardive possible, voire jamais si vous désiriez embrasser d’autres options plus radicales.)
                  Votre – potentiel- serviteur

                  • L’on ne peut qu’être sensible à votre déclaration cher monsieur…
                    Vous ne serez jamais donc riche…si l’on se place d’un certain point de vue (bien que tout soit souvent lié dans la vie).

                • Attendez SVEN, je suis (peut-être) plus jeune que vous. Moi aussi, je vous épouse Diane, je vous ferais connaître les plaisirs de la campagne proche de la mer et vous expliquerai à l’occasion le fonctionnement de l’économie, à ma façon!

                • Voyez-vous Diane, finalement, à part notre grande différence d’âge, nous ne sommes pas si éloignés l’un de l’autre.
                  Je n’ai pas d’héritier et j’étais rentier à 34 ans grâce à mon travail et non par héritage, donation ou gain au loto.
                  Quand on n’a pas besoin de travailler pour vivre, cela permet de pouvoir faire les choses que l’on aime sans chercher à gagner encore plus. On peut avoir d’autres buts. Vous voyez, finalement, je ne suis pas sûr que les gens comme moi fassent crever le monde.

            • « Le monde est en train de crever de gens comme vous. »

              Vous la sortez à chaque blog celle-là !
              Votre imagination ou vos idées toutes faites vous détournent du réalisme.

              • Je radote cher monsieur…je vous le confesse.
                Si seulement mes pauvres neurones pouvaient se conserver voir se multiplier comme ma fortune le fît ces dernières années.
                Le temps…toujours le temps.

                • Ce serait facile de vous dire: on ne peut tout avoir ! même si ça n’a aucun sens !
                  Mais n’est ce pas le devenir de chacun d’entre nous avec ou sans richesse ?
                  Quant aux neurones, sachez chère Madame, contrairement à une idée reçue, qu’ils se multiplient tout au long de votre vie, ce sont les « connexions » qui se perdent et il est donc nécessaire pour en conserver le plus possible de faire fonctionner au maximum son cerveau, comme par exemple sur ce blog et de faire de l’activité physique. Bien à vous!

                  https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-carre/l-edito-carre-01-avril-2019

                • J’espère que vous pensezez à faire des dons pour les associations qui s’occupent d’animaux car eux ne peuvent pas se défendre, ils sont souvent abandonnés, cela me révolte.Si je n’avais pas eu de descendance, j’aurais donné une bonne partie de mon argent à ces associations. Ce n’est chère Diane, qu’une idée parmi d’autres.Je vous souhaite de vivre le plus longtemps possible et surtout en bonne santé.

    • Oulàlà, visiblement, votre connaissance de l’AV date d’il y a 15 ou 20 ans…
      Petits rappels concernant les contrats « modernes » (je ne parle pas du contrat d’il y a 20 ans de votre agence bancaire du coin de la rue, bien sûr):
      – concernant les frais: le standard est désormais 0% sur les versements et les retraits, et 0.5 à 0.6% sur l’encours en UC. Cela n’est pas si énorme. A part le CTO et le PEA chez des courtiers en ligne, je ne vois pas d’enveloppe avec moins de frais. Rappelez-moi le niveaux de frais pour un investissement immobilier physique… comparaison cruelle, non 😉 ?
      – aucune réactivité: c’est certain que si vous êtes un adepte du day trading, il faut vous tourner vers un CTO ou un PEA. Sinon, les contrats d’AV actuels ont un délai d’investissement de T0 + 2 jours. Pas si mal, non ?
      – Offre limitée: c’est un plaisanterie, j’espère ? Obligations, OPCVM de tous horizons (et pas limités à l’Europe comme sur un PEA), ETF, Certificats de métaux précieux, Immobilier (professionnel, locatif, viager) via SCPI/SCI/OPCI, non-côté,panier d’actions européennes en direct (même si là l’intérêt est limité par rapport à un PEA)… citez-moi une enveloppe plus large, SVP ?
      – La fiscalité reste très intéressante avec les abattements de 4600/9200€ sur les plus-values, surtout en ce qui concerne les retraits partiels et le mode de calcul de la plus-value (au prorata du rapport PV/valeur du contrat); c’est l’outil rêvé pour générer des revenus complémentaires à la retraite, lors d’un temps partiel etc
      – La possibilité d’obtenir très rapidement une avance à un taux faible (généralement taux du fonds euros de l’année N-1 + 0.5 à 1 point), qui n’est rien d’autre qu’un crédit de 3 à 6 ans (dont les intérêts sont déductibles dans le cadre d’un investissement immobilier) sans frais de dossier ni assurance
      – Au-delà d’un certain patrimoine, l’avantage successoral reste effectivement intéressant
      – On oublie systématiquement de parler du contrat de capitalisation, le petit frère de l’AV, et de ses avantages vis-à-vis de l’ISF (valorisation à hauteur des versements uniquement) et de donation; certes il a perdu un peu de un attrait avec l’IFI, mais si jamais l’ISF revenait d’une manière ou d’une autre (et c’est hélas assez probable)…
      – l’AV moins intéressante que des livrets réglementés à 0.75% ? Euh, c’est une autre plaisanterie ?
      Le plus gros inconvénient reste pour moi la quasi-impossibilité de transfert (la loi PACTE n’est qu’un trompe-l’oeil sur ce point).

      Bref, tout au contraire de ce qui est écrit ici, c’est un support d’investissement très intéressant et incontournable dans le cadre d’une gestion patrimoniale équilibrée et diversifiée (ce qui signifie que NON, il ne faut pas mettre TOUS son patrimoine dans l’AV… ni dans l’immobilier d’ailleurs).

      • Beau plaidoyer pour l’AV, mais pour la diversification, hors contenu des fonds euros que vous ne maîtrisez pas, vous ne trouverez pas tous les produits que vous citez au sein du même contrat. Pour les coûts, vous oubliez de citer en coût la rémunération des intermédiaires pour les SICAV et autres SCPI. Pour la réactivité, si vous souhaitez invertir sur un nouveau support, vous oubliez qu’il faut remplir un dossier, souvent à retourner par la poste, avant que votre versement soit effectivement investi, à la vente votre T0+2j est une hérésie à notre époque. Pour le rendement, après paiement des contributions sociales et autres frais, il n’y a pratiquement plus de différence avec le livret A. Pour l’avance, il s’agit de vous prêter votre propre argent. Nous pourrions continuer longtemps à échanger sur le sujet.
        Au final l’AV a peu évolué depuis sa création, c’était un bon produit pour nos grands-parents, mais complètement dépassé aujourd’hui.

        • « Au final l’AV a peu évolué depuis sa création, c’était un bon produit pour nos grands-parents, mais complètement dépassé aujourd’hui. »: c’est très intéressant, vous imaginez que l’AV est une enveloppe dépassée parce que… vous en êtes resté aux contrats de vos grand-parents !
          – « vous ne trouverez pas tous les produits que vous citez au sein du même contrat »: si, même s’ils ne sont pas très courants, j’ai pourtant un contrat (de capitalisation pour être précis, mais il existe également en AV) qui propose tous ces supports, sans exception. J’imagine qu’il en existe d’autres. D’autre part, rien n’interdit d’ouvrir 2 ou 3 contrats chez des assureurs différents pour profiter de leurs spécificités – c’est même parfois recommandé, GF a fait un excellent article à ce sujet -.
          – « Pour les coûts, vous oubliez de citer en coût la rémunération des intermédiaires pour les SICAV et autres SCP »: vous avez raison, surtout pour les SCPI: c’est gavé de frais, cela est bien connu. Mais pour ce qui est des frais de souscription, en souscrivant via une AV, vous avez généralement une remise de 2.5 points par rapport au frais ‘grand public’. D’autre part, rappelez-moi les frais lors d’un achat immobilier physique… ça ne serait pas dans les 10% (voir plus en passant par une agence) ? Pour les OPCVM itou, il y a des frais; mais ce n’est pas pire (et même parfois mieux) que via un CTO ou un PEA, certains assureurs vous donnant la possibilité de souscrire avec zéro frais d’entrée à des parts ‘institutionnelles’ ou négociées.
          – « pour la réactivité, si vous souhaitez invertir sur un nouveau support, vous oubliez qu’il faut remplir un dossier, souvent à retourner par la poste, avant que votre versement soit effectivement investi, à la vente votre T0+2j est une hérésie à notre époque. »: euh, désolé de vous contredire mais vous n’avez pas dû souscrire un contrat depuis au moins 10 ans… tout se fait maintenant de manière totalement dématérialisée, souscription, versements, arbitrages, envie des pièces justificatives etc… et ça prend bien 2 ou 3 jours ouvrés, pas plus. Je parle bien entendu des bons assureurs qui ont un site internet bien fichu et réactif; encore une fois, pas du contrat que vous avez souscrit dans votre agence bancaire de quartier (là c’est clair c’est souvent encore le siècle dernier…). Et si J+2 pour la revente est trop long pour vous, bref si vous êtes un adepte du day trading (aucun sens péjoratif de ma part ici), effectivement il faut s’orienter vers un CTO et/ou un PEA.
          – « Pour le rendement, après paiement des contributions sociales et autres frais, il n’y a pratiquement plus de différence avec le livret A. »: désolé de vous contredire encore, avec un contrat bien diversifié et géré de manière semi-active, on peu très bien faire 4 à 6 fois mieux que le livret A (disons 4 à 5%, OK je suis conscient que ce n’est pas non plus transcendant), sans prendre de risques excessifs (mais un peu quand même, bien entendu). C’est ce que je parviens à faire depuis près de 20 ans (donc avec 3 krachs majeurs), et je ne suis pas du tout un professionnel de la gestion d’actifs, juste curieux de nature.

          • Je suis complètement d’accord avec vous.

            Il est dommage que sur un tel blog on continue à cultiver l’amalgame entre « assurance vie » et « fonds euros » et que l’on ne parle pas de tout ce que vous décrivez.

            Encore une fois, les encours 80/20 (fonds euros/UC) sont des statistiques historiques.
            Avant nous étions à 100/0.

            Cela fait plusieurs années maintenant que la répartition sur les nouveaux versements est plutôt autour de 50/50. C’est pourquoi la répartition totale évolue du 100/0 à 80/20 et elle sera au fil du temps de plus en plus UC.

            On peut aussi se dire que la répartition actuelle 50/50 avec des versements 80/20 en banques obligent à des répartitions majoritaires en UC sur les autres canaux de distributions pour rattraper le taux moyen de 50/50.

            Etre trop devant son ordinateur risque de méconnaitre la réalité de la vie.

            Dans tous les cas, l’assurance vie ce n’est pas que du fonds en euros.
            Ce n’est pas qu’une question de sémantique. C’est réellement deux choses complètement différentes.
            Pour preuve, on peut avoir du fonds euros dans un contrat de capitalisation.
            Autre preuve : il existe des contrats d’assurance vie qui ne comportent aucun fonds euros.

            Se dire pro et ne pas savoir cela c’est grave.
            Le pire, c’est d’induire les gens en erreur et de persévérer dans son erreur.

            Il serait temps que Guillaume reconnaisse ses lacunes à ce niveau là. Cela le rendrait plus crédible.

            • Merci Fred pour cette précision qui permet d’apporter une contradiction bienheureuse.

              Nous ne sommes pas d’accord. Votre propos ne me semble pas correspondre à la réalité du marché de l’assurance vie, notamment lorsque vous expliquez que les versements sont aujourd’hui à 50/50 entre le fonds euros et les unités de comptes (car dans les faits, sur les versements bruts, la répartition est de 77/23, même si l’analyse de la collecte nette est différente).

              Je persiste donc à affirmer que l’hypothèse de la suppression du fonds euros… c’est la mort de l’assurance vie. Ce qui fait le succès de l’assurance vie depuis 40 ans, c’est le fonds euros !

              Les Unités de compte n’attirent personne sauf ceux qui n’ont pas le choix d’y épargner pour avoir accès au fonds euros ou autres « marketing » qui laisse à penser que certaines Uc seraient à risque nul (tel que les SCPI et autres fonds à formules). Par exemple, dans les banques, la très très grande majorité des UC sont des fonds à formule avec capital protégé ou garanti.

              Chacun possède un vision personnelle fruit de son expérience. C’est cette confrontation de point de vue qui permet à chacun d’avancer et d’évoluer en toute humilité.

              Néanmoins, je ne suis pas satisfait d’exploiter votre talent et votre savoir à mon seul profit. Je vous libère donc de votre obligation morale de commenter les articles à l’avenir.

              Bien à vous,

              Guillaume

              • Quel prétentieux vous êtes !
                Pour que vous puissiez me libérer, encore faudrait-il que vous puissiez avoir un pouvoir sur moi !!!

                Mais pour qui vous prenez-vous ???

                Ou bien est-ce plutôt la contradiction argumentée qui vous dérange ?

      • Polaris, voilà une bonne synthèse. Et on pourrait encore ajouter bien des choses comme la possibilité de libeller son contrat dans la devise de son choix.
        Pour ceux qui voient la fin de l’euro et la ruine des épargnants, c’est une solution intéressante.

        A noter également que sur certains contrats modernes, les arbitrages peuvent se faire jusqu’à 18h00, annulable jusqu’à 21h00 et exécuté avec les cours du lendemain.

  4. Philippe33 says:

    Je me souviens d’une époque (avant 1980 ) où les livrets d’épargne était à 8 pour cent mais l’inflation était à 13 pour cent , les emprunts à 12 , mon salaire était ajusté tous les mois du taux d’inflation , et pourtant personne ne se plaignait de la dévalorisation de l’épargne bien plus importante à l époque que maintenant . Comment l’expliquer vous ?

  5. papigilles says:

    L’assurance vie n’est pas un investissement, sauf pour l’assureur qui lui investit avec votre argent.Certaines compagnies d’assurances avaient , avant 2000 proposées des contrats avec des garanties minimum de 4,5%. Elles sont,aujourd’hui obligées de tenir leur engagement . Que va-t-il se passer ????

  6. Je suis lecteur assidu, mais plus contributeur, me reprochant de rabâcher les mêmes choses.
    Désolé si mes idées en la matière n’ont pas évolué (ils évoluent sur bien d’autres sujets plus techniques, scientifiques dirais-je)

    Guillaume me semble un peu gonflé, mais ça fait partie de la règle du jeu, que j’accepte volontiers.

    Je le dis et redis ici et ailleurs avant et après: le placement de son épargne ne peut en aucun cas être supérieur à la richesse produite, sinon vous enrichissez les riches et appauvrissez les pauvres.

    Il est vraiment triste que les taux négatifs soient le détonateur, mais « il ne sera jamais trop tard pour tenter de bien faire » Mémoires d’Hadrien

    C’est ce qui se passait en France (et ailleurs avec les néocons et autres apprentis sorciers de la Fiance) et que je dénonce depuis des lustres.
    Mais à la relecture de mes messages, il ne me semble pas avoir été bien écouté par les lecteurs autant que par notre Guillaume.
    Il évolue, tant mieux!

    Je reprends dans le texte, avec mes commentaires amusés

    « Depuis 40 ans, les épargnants sont habitués à placer leur épargne sur des placements garantis, qui combine taux d’intérêt supérieur à l’inflation, garanti du capital et disponibilité, totale ou partielle » Bravo Guillaume, vous commencez à comprendre pourquoi je fais la différence entre un placement et un investissement, depuis plus de 50 ans, ma Famille comprendra! 🙂

    « Les lecteurs fidèles ne sont pas surpris de lire un tel raisonnement puisque c’est ce que nous vous expliquons depuis des années dans nos tribunes quotidiennes » 🙂 « En revanche, lorsque le propos vient du vice président de l’ACPR, l’impact est tout autre » Oui, c’est évident, la même chose que dans mon passé, quand c’est le chef qui le dit ……. mais quand c’est Ankou 🙁

    C’est comme la taxe Tobin modifiée Ankou, notre Lemaire me fait bien rire …

    « il devrait savoir que l’épargne ne peut être source d’enrichissement ! Seul l’investissement peut l’être, et malheureusement » 🙂 C’est ce que je rabâche, vous trouverez ça facilement dans ce forum et ailleurs dans celui des échos, je disais plus précisément que seul l’investissement peut procurer des revenus supérieurs à la richesse produite, mais en aucun cas les placements, ce qui est un peu différent.

    Nous constatons aujourd’hui les dégâts!

    Guillaume, merci pour cette évolution évidente concernant les différences essentielles entre Placement et Investissement.
    Il reste encore à évoluer sur les notions de « rapports » et autres « rendements » émis que pour entuber le français moyen dont je suis.
    Mais c’est une autre histoire.

    « Tout vient à poinct à qui peult attendre » Rabelais

    • Guillaume FONTENEAU says:

      C’est vrai ! Cela fait des années que vous nous expliquer ce qui s’impose aujourd’hui.

    • Merci ANKOU pour vos explications, je suis en passe de signer chez le notaire pour acheter un F4 et un F2 à rénover dans un immeuble qui va être entièrement isolé et avec chauffage individuel. Je vais les louer en meublés.
      La question que faire des revenus que je vais percevoir? Je suis à la retraite depuis un mois .
      Merci pour votre avis

      • Ankou n a pas de réponse à votre question .il’sait faire Des plus values augmenter son capital Par travail et endettement mais quand il s agit de vivre de son capital il
        est coincé comme les autres.D ailleurs votre question est floue apparemment vous voulez encaisser des loyers en meubles donc des revenus mais pourquoi faire ?amortir vos emprunts ou améliorer le montant de votre retraite ?si j e fais erreur. Ankou corrigera ma réponse

  7. vous n’etes pas immortel. A 76 ans, il serait quand même temps de profiter de votre argent, tant que votre santé vous le permet encore. A 76 ans, Ce n’est plus la peine d’épargner, ni d’investir, ça n’a plus aucun sens.

    • A 76 ans… on peut vivre encore 30 ans, voire plus.

      Je vous conseille de lire ou relire la fable de La Fontaine : Le Vieillard et les 3 Jeunes Hommes.

      • Brrrr je l’ai u et relu . C’est un peu fastidieux. J’ai 81 ans et j’aimerai pouvoir tenir ce raisonnement…..et maintenant je donne tout ce que je peux donner. et j’aimerai laisser tout en ordre.

  8. Non à 76 ans on sait que la ligne d arrivée se rapproche mais on sait aussi qu une maison de retraite vaut la peau des fesses pour ne pas être dans un mouroir sordide .Onsait aussi d après les statistiques qu un homme partira avant sa femme et donc à priori il
    Aura tendance à vouloir la protéger en lui
    Permettant d avoir un train de vie correct et ne pas dépendre de ses enfants au titre du code civil
    A défaut d amour filial ..
    Bref faire la cigale à 76 ans n a aucun sens (je vous souhaite d y arriver vous comprendrez alors )
    Si
    Les assurances vies (lesfonds en euros sont foutus )que faut il’faire ?Tout bazarder ?pour en faire quoi ? Replacez dans des assurances vies ne comprenant pas de fonds en euros ce qui aura pour conséquence de faire payer des droits de succession à vos héritiers si tout n’est pas parti en fumée.?garder l argent liquide sur des comptes. Non rémunérés (vu le coût écologique de la vie qui vient réellement mais pas dans les stats ….)investir ; pardon je vais le faire assassiner)placer l argent dans des scpi surcotes et dont le rapport net après impôt nécessite de nombreuses années avant de recouvrer seulement son capital de départ?)
    Bref Guillaumé répète c’est foutu bof pourquoi pas mais bon lescertitudes d’aujourd’hui sont les erreurs de demain

    • « placer l argent dans des scpi surcotes et dont le rapport net après impôt nécessite de nombreuses années avant de recouvrer seulement son capital de départ? »: c’est plutôt vrai mais mais cette problématique est générale à tout le secteur de l’immobilier, y compris le locatif, pas uniquement aux SCPI…

    • Diversifier, donc un peu de tous ce que vous énumérez sans oublier (si vous payez des impôts) les FCPI et FIP, au moins vous aurez gagner dès le départ 18% ou 38% (FIP Corse) de votre investissement/ placement et vous pourrez vous dire, pour reprendre La Fontaine précédemment cité: « un tien vaut mieux que deux tu l’auras » 🙂 🙂

  9. Investir dans l’immobilier c’est de la folie. Cela va provoquer une bulle immobilière comme ce fut le cas en Espagne.
    En Espagne la bulle immobilière à explosé en 2008-2009. Certains investisseurs ont tout perdu. Immeubles vides au 3/4, ils se sont retrouvés seuls à payer les charges, dégradations, squatters (OKUPAS).
    Investir dans un bloc de béton, ça n’a pas de sens. Un bloc de béton n’a aucune valeur. Ce qui a une valeur c’est le terrain.
    Les constructeurs Espagnols posaient leurs blocs de béton n’importe où et les gens achetaient n’importe quoi pour faire comme les autres.
    Les taux d’intérêt pourraient aussi n’augmenter que progressivement si la BCE n’est pas complètement à la masse. Elle a ce pouvoir.

    • Ce n’est pas faux, mais pour très très bien connaitre ce pays (j’y passe au minimum 2 mois par an), il faut tout de même reconnaître qu’en matière d’immobilier, les espagnols ont fait absolument n’importe quoi entre 2000 et 2008. Ils ont construits d’immenses ensembles de ‘viviendas’ dans des zones totalement improbables (mais là je parle de réels déserts, à côté de ça nos De Robien et Scellier à Montauban ou Vichy font réellement figure d’investissement avisé en zone tendue !), alors même que l’Espagne est un pays très largement plus métropolisé que la France (ça fait même l’objet d’un très vif débat dans le pays).

  10. julien bonnetouche says:

    Bonjour,

    je rigole en vous lisant (tous ou presque)
    vous aimez décidément bien vous étriper sur des sujets marginaux !!!

    Un peu d’explication de texte : » ce que veut dire Guillaume  »

    Globalement les particuliers souhaitent la sécurité et continuent d’investir ( en assurance vie puisque c’est le produit majeur proposé en France) dans 80% des cas en obligations, qui ne rapportent plus rien ou bientôt plus rien. (aujourd’hui encore 1 à 2 % du fait des obligations anciennes encore détenues)

    Ils ont peur des actions.

    Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls, puisque les institutionnels en font autant en achetant des obligations d’États à taux négatifs, et semble t il jusqu’ici tout cela se vend bien !!

    la question qui se pose alors est la suivante :

    Combien de temps encore vont ils accepter de perdre de l’argent en le prêtant à des États qui sont endettés jusqu’au cou ? (même l’Italie propose des intérêts zéro ou légèrement négatifs)

    Qui ici a envie d’acheter de la dette italienne qui coûte de l’argent ? Pourquoi pas de la dette grecque alors ?

    Ceux qui ont compris et qui le peuvent ont une parade : ils se jettent sur l’OR et l’immobilier.

    Mais ces deux supports d’investissements ont leurs propres limites, ne serais ce que parce qu’il faut faire la démarche et avoir suffisamment de capital.

    Pour l’instant j’interprète ces comportements de la manière suivante :

    Ils continuent à faire ce à quoi ils sont habitués :

    Gagner petit mais ne pas perdre, c’est ce que croient les particulier.( à tort)
    Et puis ils pensent aussi que les taux vont peut être remonter.

    les « gros » font « rouler » les obligations comme toujours et de toutes façons ce n’est pas leur argent.

    Alors encore une fois, combien de temps cela peut il durer ?

    Je peux tenter un élément de réponse :

    Depuis un bon moment je pense que les bourses cherchent à monter, mais sont freinées par la guerre de Trump.
    Si l’on prend le CAC, c’est la quatrième fois que l’on tente de dépasser la grosse résistance des 5600/5650.
    Chaque fois Trump fait alors un tweet dévastateur.
    le jour où il se calmera, ce seuil sera franchi allègrement, et alors après une hausse de l’ordre de 10% qui se voudrait rassurante, un gros troupeau de moutons de Panurge devrait de précipiter.

    Mon idée est la suivante :

    Entre perdre de l’argent sur des taux négatifs et courir après la hausse des marchés, bon nombre d’intervenant choisiront la deuxième solution.

    Et puis dans ce contexte de taux négatifs, ne faut il pas reconsidérer la valeur des actifs actions ?

    Quelle est la valeur d’une entreprise qui peut emprunter sans que cela lui coûte rien ? Quel doit être son PER ?

    Alors évidemment il y a toujours le risque de perdre le capital en faisant de mauvais investissements.
    Mais pour les très grosses multinationales qui font des dizaines de milliards de profit, où est le risque ?

    Voilà pourquoi je crois à une forte hausse des actions déjà solides dans les temps qui sont devant nous.

    • Assez d’accord sur l’ensemble mais pas totalement.

      Quand on va chez un médecin, on lui demande un conseil et, via une ordonnance, il nous conseille de prendre tel médicament… que l’on prendra ou pas une fois rentré chez nous.
      Sommes nous compétent pour savoir si c’est un bon conseil ? La plupart du temps non. Et la plupart du temps il a raison. Nous avons pris un risque : celui de l’écouter car il est celui qui sait.

      Dans la gestion d’un patrimoine, c’est un peu pareil.
      Celui qui a acheté de la dette italienne il y a quelques temps est sûrement très heureux aujourd’hui. Pourtant, cela pouvait paraitre dangereux d’en acheter. Il y avait marqué dessus : Ne pas dépasser la dose prescrite.

      Alors, bien sûr, il y a ceux qui font peur à tout le monde et qui conseillent de se soigner avec des petites boules de sucre que l’on ne doit pas toucher avec les doigts car le produit actif va disparaitre comme par magie.
      Et il y a ceux qui donnent de bons conseils et qui permettent de bien gérer son patrimoine.

      Il y a ceux qui disent que les vaccins vont vous tuer.
      Et il y a ceux qui sauvent le monde avec des campagnes de vaccinations.
      Etonnament, ce sont les premiers qui font les plus gros blogs.
      Faire peur aux gens, leur annoncer des catastrophes, cela a toujours fait mieux vendre le papier… et les clics.

      Les gens adorent faire les moutons plutôt que de réfléchir par eux-mêmes.
      C’est tellement plus simple ainsi de pouvoir dire ensuite : « c’est lui qui m’a dit de faire ça ».

      Pourtant, de nos jours, on trouve toutes les informations sur Internet.
      Mais cela demande des efforts.

      • Il manque (comme beaucoup d’ailleurs) de la NUANCE dans votre discours même s’il s »avère réaliste la plupart du temps.

        • En quelques lignes, je suis obligé d’aller droit sur les idées pour mieux faire comprendre les choses.
          Si je vais dans les nuances (vous avez raison à ce sujet), il y a de quoi écrire plusieurs pages.

          • Oui mais quand même, quand vous parlez des petites boules sans sucre …. il y beaucoup de discernement à apporter, par exemple combien de gens croient à l’efficacité réelle de ces « médicaments » – entre guillemets apporte une nuance !

            • Croire c’est une chose. La réalité scientifique est que l’on a pas réussi à prouver leur efficacité quand on les soumet aux mêmes tests que les « vrais » médicaments.

              Chacun croit ce qu’il veut.
              Mais je suis rationnel et pour une application des mêmes règles pour tout le monde, surtout quand on fait des comparaisons.

              • Mais là on est complètement d’accord !
                Je suis aussi d’une culture scientifique et forcément rationnelle, donc effectivement quand on sait ce qu’est le nombre d’avogadros, on sait qu’au delà 12 ou 13 CH, il n’y a plus une molécule du produit actif de base -CQFD

                • Ouuuhhh….. ça remonte à loin les 22,4 l !!!
                  🙂

                • charlotte2 says:

                  Nous dérivons vers le nombre D’Avogadro ! Ne croyez vous pas que l’on est hors sujet depuis quelques échanges, Plus d’un vont se demander de quoi on parle .
                  De grâce, revenons sur le sujet .

                  • Oulala !
                    Faut pas être « figée » comme cela ! Ce n’est pas la première fois que l »on « dérive » comme vous dites, juste un peu et sans insister sur le sujet dérivant. Cela ne remet pas en cause le sujet principal et fait aussi la richesse de ce blog qui nous permet « au tournant » d’un sujet principal d’apprendre d’autres choses! 🙂 🙂

  11. Fredy Gosse says:

    Bof ..avant on achetait des bilans aujourd’hui on achète des pertes avec des promesses de gains plus tard ..avant on étudiait soigneusement les bilans les perspective set si on avait un bon tuyau on gagnait..aujourd’hui des ordinateurs decident à la nano seconde d’achats et ventes t selon de seuils prédéterminées on ne sait. trop comment. toutes les cartes sont biaisées et vous nous dites la bourse ….regardez ce que cela rapporte prudemment avec l’honnête essai du rapport à 6% publié par Guillaume. De toute façons si les taux remontent la bourse plongera aussi …. Nous sommes dans une situation mondialisée jamais connue à ce jour et si quelque chose s’écroule tout s’effondrera ,Bourse ,assurance vie; immobilier comptes en banques; généralement la réponse des gouvernants face à des situation sans issue c’est la guerre…….il ya donc dans les 10/20 ans qui vient une forte probabilité d ‘une guerre généralisée

  12. Deux perspectives :
    – Une « ancien monde » avec un effondrement du système (- 30 à 40% en bourse, immobilier) eu égard au nouvel environnement de taux bas. Il s’agit des économistes / investisseurs traditionnels. Ils ont notamment 50% de leurs fonds en liquidité en attendant la chute qui remette le monde à l’endroit.
    – Une « nouveau monde » qui pense que nous sommes partis pour une longue période de taux bas avec gonflement des actifs immobiliers et boursiers. L’épargne traditionnelle n’aurait plus de sens.

    Bien malin qui peut prévoir ce qu’il adviendra. Chacun selon sa sensibilité.

    Pour en revenir au débat initial sur le fond euro, oui l’assurance vie c’est le fond en euros. Lorsque 80% des montants d’assurance vie sont des fonds en euros, le reste est marginal, même s’il existe.
    Et on revient à l’hypothèse 2 (fin de l’ancien monde). Dans un tel cas, le pouvoir politique n’a aucun intérêt à soutenir le fonds en euros (qui finance en grande partie le déficit public) puisque le financement de la dette publique s’effectue par emprunt négatif.

    • Merci, c’est très juste comme réflexion.

      • fanfan la tulipe says:

        entierement d’accord !

        Attention néanmoins a la perception du peuple qui verrait les Etats emprunter open bar a taux négatifs. Les revendications de redistribution vont devenir ingérable et les gilets jaunes vifs vont revenir. L’endettement de l’état pour l’investissement ok mais aujourd’hui on est toujours dans le financement d’un train de vie dispendieux.
        Mais on est parti pour des années de taux ras des paquerettes

    • Certes mais quelle alternative ???
      Vous croyez que les Français, heu les Gilets Jaunes, verts ou bleus, … vont se laisser éternellement dépouillés – au profit des ultras riches, les gens de votre nouveau monde qui s’enrichissent encore plus -, sans réagir ????,
      Cela m’étonnerait beaucoup.

      • Ce n’est pas les GJ qui sont dépouillés mais les zézés (comprendre aisés)… Le courant libéral politique actuel est de privilégier particulièrement les très riches et les démunis. Les autres, on les matraque (cf fiscalité sur l’immobilier locatif).

        • Parce que vous pensez que les GJ n’ont pas tous (ou quasiment) une assurance vie, ou/et un livret A, un PEL et autres LDD, …
          Hé bien si vous pensez cela vous vous trompez lourdement !

  13. Et je suis très amusé par les propos alarmistes (guerre, catastrophe…). La crise de 2008 a montré que nous sommes dans un monde économiquement stable. Les états auront toujours les ressources pour intervenir.

    • Pffff !!!!

    • Vous êtes bien optimiste est j’aimerais être comme vous.

    • A mon avis, les problèmes vont venir de l’intérieur de nos frontières plutôt que de l’extérieur.

      La crise des gilets jaune en est un bon exemple.

      La France a un déficit colossal, nous sommes l’un des pays les plus riches, ayant l’une des meilleures protections sociales au monde… et ce n’est pas encore assez.
      Il en faut encore plus… et la réponse du gouvernement a été d’emprunter de l’argent pour leur en donner encore plus.

      Qui va rembourser les caprices ?
      Vos enfants !
      Ils n’ont pas fini de travailler pour payer des impôts et taxes !!!

  14. julien bonnetouche says:

    Fred,

    Je suis d’accord sur le fait que la dette italienne étant soutenue par la BCE (en réalité l’Allemagne) s’en est bien tirée jusqu’ici.

    Mais il n’est pas très logique d’acheter de la dette à taux négatif sur un pays à la finance chancelante.
    Ce n’est pas psychologiquement séduisant.
    Et surtout il y a mieux à faire.

    Laurent,

    d’accord aussi :

    Mais si comme je le crois, ceux de l’ancien monde se trompent, leur retour sur le marché ( il le faudra bien) ressemblera à une fusée pour les bourses.

    A l’heure actuelle, l’orientation prise par les responsables européens (Bruxelles) semble plutôt aller dans le (bon ) sens d’une relance économique soit au travers de baisses d’impôts, soit d’investissements grâce aux taux zéro.

    les QE restant plutôt réservés au soutien des banques et assurances ( dans lesquelles je n’investirais pas).
    Les allemands trainent des pieds pour des raisons historiques, mais il y viendront probablement par nécessité.

    Quant aux USA la baisse taux est aussi programmée par la FED.

    10 ans de taux bas, il y a de bonnes chances. quel gestionnaire obligataire tiendra le coup sur cette durée ?

    • Dans ce contexte,l’obligation n’a plus d’avenir. Mais d’autres supports prendront le relais. Ce qui revient à notre débat initial.

      • Qu’est que l’obligation avant d’être un produit financier ?
        Une sécurité !
        Et tant qu’il en sera ainsi, l’obligation perdurera.
        Mais le jour où un, des Etats feront faillite, alors là ce sera la fin des obligations souveraines.
        Resteront les obligations corporate avec des bonnes et des moins bonnes.

  15. Arretezvosbetises says:

    vous venez de perdre toute crédibilité en ayant cette analyse aussi stupide. En 2008 il y avait des nuls comme vous qui ecrivaient que c etait la fin de tout.

    C est mon seul et dernier message sur votre blog devenu ridicule

  16. L’article est une réflexion qui demande à être contrée, ce qui est fait régulièrement.

    Vous voilà informé mais visiblement les nerfs sont malades et la réflexion ne fonctionne plus…

    Arrétezvosbêtises, vous cessez donc vos bêtises et c’est bien ainsi

    Merci pour tout.

  17. Serge NUSS Richemond Conseil & Finance says:

    Oh la la. On frise le débat de gillets jaunes (ie ras des paquerettes) sur ce forum en ce moment ! Guillaume, merci de modérer un peu plus certaines réactions publiées.
    Plus sérieusement, voici un article fort intéressant et qui va à l’encontre de ce qui est écrit : http://www.clubpatrimoine.com/wp-content/uploads/2019/09/Romain-DAgnano.pdf

    Pourquoi les investisseurs achètent des obligations à taux négatifs.
    Quelle est la logique ?
    Comment gagne-t-on de l’argent ainsi ?

    Revenons aux fondamentaux : une obligation est un titre de créance, c’est à dire un prêt contracté par une entité, Etat ou entreprise, afin de se financer sur le marché.Le taux d’intérêt, en principe positif, correspond à la rémunération du prêteur, en contrepartie du capital accordé à l’emprunteur sur la durée et selon les modalités de remboursement convenues. En principe, prêter vous rapporte, et emprunter vous coûte…Pourquoi les taux d’emprunt de certains Etats deviennent-ils négatifs ?Les banques centrales déterminent un taux d’intérêt directeur. En Europe, il s’agit de la banque centrale européenne (BCE). Dans sa zone monétaire, le taux d’intérêt directeur détermine les taux auxquels seront rémunérés les dépôts des autres banques et établissements financiers, le taux de refinancement et le taux d’escompte. Le taux directeur influence directement le prix du crédit et de l’épargne octroyés par les banques privées qui répercutent les taux de la banque centrale.Cette politique, combinée à des anticipations d’inflation de plus en plus faibles, se traduit par l’apparition de taux d’intérêt négatifs sur une partie des titres obligataires émis par les Etats de la zone euro, ceux réputés les plus solides, comme l’Allemagne et la France. Au moment où j’écris cet article, l’obligation allemande à 10 ans est à un taux de -0,6%, l’OAT 10 ans française à -0,3%.Si je souscrit à un emprunt français sur 10 ans, en investissant 10000 euros aujourd’hui, je récupère 9970 euros dans 10 ans…Ci-dessous, comparaison entre la courbe des taux d’un Etat français dont la signature offre la «garantie» à l’investisseur vs un Etat plus risqué, l’Italie. L’écart de taux s’appelle le «spread».Dès lors, quel intérêt de se porter acquéreur de tels titres ?De nombreuses personnes se posent cette question, à première vue légitime. Pourquoi devrais-je prêter de l’argent pour que, in fine, on me rembourse moins que le capital investi.
    Cette hypothèse est a priori antinomique par rapport à l’objectif premier d’un acteur économique rationnel qui est d’accord pour prêter contre une rentabilité en contrepartie.En fait, 4raisons principales expliquent que ces papiers soient non seulement souscrits, mais aussi très recherchés.•Ratios prudentielset prix de la garantie .la BCE peut racheter jusqu’à 25 % des titres émis lors de chaque émission, et dans le même temps, la demande pour ces titres sur le marché secondairea augmenté du fait de la réglementation prudentielle qui incite les établissements de crédit à détenir cette catégorie de titres. La réglementation du secteur financier contraint les banques et les assureurs à respecter des ratios de solvabilité, et ces acteurs doivent acheter ces obligations de «bonne qualité», de façon à ce que la part de ces titres dans leurs actifs soit suffisamment élevée pour que le risque global del’établissement financier soit jugé acceptable.Les accords de Bâle III renforcent les exigences de fonds propres des banques. En particulier, la composition du noyau dur des fonds propres de base est définie plus strictement.Le risque souverain bénéficie pour l’heure d’un traitement prudentiel particulièrement favorable, dont la principale justification réside dans l’affirmation que le risque souverain est, dans le cas général, très faible, à la fois dans l’absolu (peu de difficultés de paiement) et en termes relatifs, par rapport aux autres classes d’actifs.Dans les ratio de solvabilité (qui mesurent les fonds propres par rapport aux risques pondérés), ces actifs peuventtoujours bénéficier de la pondération à 0 %avec les règles de Bâle 3.Cela signifie que quand une banque détient une obligation d’Etatfrançais ou allemand, cet actif est pris en compte à 100%, d’où l’intérêt d’en détenir quand on sait que Bâle 3 impose une ratio «Core Tier 1» (fonds propres «durs») minimal à 7 % contre 2% sous les anciennes règles Bâle 2. Pour atteindre ce ratio, ma dette française est prise en compte à 100%, les institutions sont alors quasiment obligées d’y investir pour atteindre ces ratios.L’investissement des banques sur ces titres participe à la faiblesse des taux en accentuant la demande, et payent le prix de la garantie… les phénomènes de peur poussent l’investisseur vers une préférence de payer sa garantie, comme s’il s’agissait du prix du coffre-fort. En effet, au-delà des contraintes règlementaires que nous avons évoquées, il y a également cette réalité financière dans cette recherche de ces titres: les titres des Etats français et allemands sont jugés plus sûr que les dépôts bancaires dans un contexte incertain; certes l’investisseur récupérera un peu moins que ce qu’il a investi, mais il estime qu’il ala certitude de récupérer ce capital un peu rogné.•Une anticipation de la poursuite de la baisse des rendements obligataires, ce qui aurait pour effet, paradoxalement, de valoriser la valeur de ces titres alors même qu’ils sont à ce jour en rendement négatif, puisque la baisse des taux a pour conséquence d’augmenter la valeur du titre obligataire…Si un acteur économique anticipe une poursuite de la baisse des taux (le consensus mise sur une baisse de taux de dépôt de 0,2 points de base pour le porter à -0,6%), il verra alors la valeur faciale de son obligation augmenter: le prix s’ajuste pour s’adapter au taux du marché. Pour prendre un exemple: une obligation d’une valeur de 100 euros me sert au terme d’1 an un coupon de 5 euros. Si le nouveaux taux d’intérêt baisse à ce moment là à 3,5%,mon obligation verra mécaniquement son prix augmenter à 101,45 pour s’ajuster au remboursement à 105 au terme d’un an avec un taux d’intérêt correspondant au 3,5% du moment. Donc, si les taux continuent à baisser, ce qui est plutôt anticipé à court terme, alors la valeur de mon obligation même à taux négatif, va augmenter avec cet ajustement.Un placement obligataire à taux négatif peutdonc être «rentable» si les taux baissent encore davantage, amenant des plus-values sur les titres détenus: le tout est de les revendre tant que les anticipations restent baissières…•Dans un environnement de taux d’inflation négatif (déflation), détenir une obligation ayant un rendement nul voire négatif est un bon choix. Votre rémunération corrigée de l’inflation
    (rendement réel) sera positive. Paradoxalement, vous serez satisfait d’avoir perdu de l’argent (rendement négatif) mais de voir votre pouvoir d’achat progresser (rendement réel positif).Si les acteurs économiques anticipent un scénario «à la japonnaise», le taux négatif peut devenir une bonne opportunité.Un taux d’intérêt nominal à -0.20% avec un taux d’inflation anticipé –à tort ou à raison -en rythme annuel à -0.50% va correspondre à un taux d’intérêt réel de +0.30%…•Une anticipation de l’appréciation de l’euro contre leur monnaie nationale pour le cas des investisseurs étrangers à la zone euro.Prenons l’exemple d’actualité d’un investisseur d’Amérique Latine: en achetant une obligation d’Etat allemand ou français, il achète non seulement une qualité de signature qu’il ne trouve pas dans sa propre zone économique, mais surtout, il a gagné sur le change: quand ma monnaie s’est dévaluée de 30% en 1 an par rapport à l’euro (cas extrême de l’Argentine), mon taux d’intérêt négatif paraît bien peu coûteux puisque mon investissement s’est valorisé de 30% par rapport à ma monnaie nationale. Même si j’avais acheté une obligation me délivrant -0,5% sur un an, mon gain réel reste de 29,5%. Et en l’occurrence, sur fond de Guerre commerciale, inertie des échanges mondiaux, faiblesse des cours des matières premières, les monnaies des pays émergents risquent bien d’être chahutées…ConclusionIl convient néanmoins de relativiser cette situation. Sur les emprunts d’entreprise on peut trouver encore des rémunérations positives et cette situation ne signifie pas que c’est la fin du monde du rendement : il y a des solutions à trouver pour obtenir une rémunération de ses actifs financiers, et cela fera l’objet d’une prochaine chronique.

    • Vous croyez ce que vous écrivez?

      C’est avec de tels raisonnements basés sur un monde irréel que nous sommes dans une spirale infernale.

      Je ne dis pas que vous avez tort, simplement que vous m’emmenez dans le mur. Et j’ai bien l’intention, comme beaucoup d’autres d’y aller seul, comme un grand.

      Et merci de bien vouloir faire attention aux termes utilisés. A chaque fois que vous écrivez « investissement », il faut lire « Placement » qui plus est à certaines reprises spéculatif.

      Mais vous devez avoir raison, je ne suis qu’un pôvre béotien qui n’y connait rien en économie, qui doit suivre comme un mouton les recommandations de ce type, que c’est pour mon bien, qu’on m’aura aidé à mourir intelligemment.

      désolé, mais j’ai décidé de rester bête ! 🙂

      • Pourquoi s’en prendre à ce pauvre Monsieur qui ne fait qu’expliquer (ce que j’avais fait dans un autre blog, il y a 2 ou 3 mois), ce qui se passe avec les taux négatifs ? A t-il une quelconque responsabilité de cet état de fait ?
        Non, bien sûr, il est lui aussi victime comme tout le monde ou profiteur si il sait « jouer » de ses théories explicatives.
        Le monde est devenu fou semble t-il !
        Mais il y a toujours une explication outre celles données par Serge, et celle là est principale à mes yeux, c’est que les taux négatifs annoncent une GRANDE RECESSION !
        Déjà enclenchée d’ailleurs et dont la durée sera la grande question de la prochaine décennie.

    • Tres belle explication pleine de bon sens. Elle confirme que la richesse n’est pas une valeur absolue mais relative. D’autre part, elle confirme également qu’il y a toujours moyen de gagner de l’agent des qu’on sort des classiques « j’achète un appart et mon locataire rembourse mon emprunt « .
      Mais cet enrichissement est souvent réservé à quelQues initiés des marchés financiers et peu accessible au commun des mortels

    • Bon résumé. Bravo.

    • Pour compléter les écrits de Serge et mieux comprendre les taux négatifs et leurs effets:

      http://communautes.agefi.fr/status/17468

  18. Fredy Gosse says:

    conclusion si je suis le raisonnement de Richmond …tous les états insolvables et tous les riches des pays sous développés vont acheter de la dette européenne négative ce qu ils perdent en revenus ils le gagnent en capital….mais alors si les pays sous développés peuvent faire cela pourquoi pas les gérants des assurances vies en euros ?d’autant que les obligations a valeur positive vont valoir une fortune…

    • Je ne comprends pas tous ces raisonnements, prendre en exemple un Argentin dont la monnaie se dévalue de 30% qui aurait son capital augmenté d’autant ? oui mais la monnaie ayant perdu 30% de sa valeur, ça ne change rien ??? sinon, il suffirait de dévaluer pour devenir riche ???? ce que je comprends modestement, c’est qu’il faut diversifier quand on le peut entre fonds euros (oui), bourse en direct ou via OPVCM, immobilier ou SCPI, transmettre (suivant l’âge), et consommer. Et ne pas oublier quelques belles valeurs du CAC40 qui rapportent plus de 5% (Total par exemple) et dont les variations sont assez faibles. Et surtout éviter les banques ….Si Guillaume a d’autres idées, je suis preneur. Quant aux fonds en UC, acheter aujourdhui ne me semble pas opportun car la bourse est au plus haut grâce à l’abondance de l’argent émis par les banques centrales, mais les perspectives de croissance sont limitées, donc la bourse plafonne. Et les UC ont plus de risque de baisse que de hausse dans l’immédiat, surtout si Trump ou Bojo déraillent

  19. julien bonnetouche says:

    Bonsoir,
    si je reprends les 4 points développés par serge sur l’intérêt d’acheter des obligations à taux négatifs, je dois dire que je sors très moyennement satisfait de mon achat :

    -La sécurité de la créance liée à la solidité de l’éméteur : l’Allemagne, par exemple. on peut l’espérer, mais il faut admettre que c’est une maigre consolation et plutôt déprimant. pourquoi pas de l’or alors ?

    -si l’inflation tombe en dessous des taux on y gagne. Certes mais cela marche aussi avec les taux positifs, et en plus, ce ne semble pas être le chemin suivi actuellement.

    -si l’euro de réévalue. oui mais nous on est en euro …. on s’en fiche un peu.

    -on gagne si les taux baissent encore et que nos obligations se réévaluent. oui , mais on retombe juste sur ses pieds car on ne va gagner que ce que l’on a perdu avec les taux négatifs. en tous cas pour les particuliers; les professionnels eux on des trucs pour s’en sortir un peu mieux.

    Et puis tout cela repose sur des paris ; rien de rassurant comme avec des taux fixes;

    Alors quitte à faire des paris autant les faire sur les faire sur les actions ou sur l’immobilier.

    • Trop tard, le train est passé.
      C’était à l’automne qu’il fallait y aller. Maintenant Tout le Monde dit qu’il faut acheter de l’or, il ne va Monter plus Que de 10% . NB : 30% depuis Octobre 😀

  20. Serge NUSS Richemond Conseil & Finance says:

    Bonjour, Guillaume a entièrement raison. L’or cote en monnaie fiduciaire. En ce moment, l’once cote vers 1500 USD. Quand les investisseurs défient la monnaie fiduciaire (le dollar ici, mais aussi l’euro, le Yen, le Franc Suisse etc…), ils investissent dans des actifs réels pérennes : matières premières, or et…. immobilier ou monnaies alternatives comme le Bitcoin ou l’Etherum. L’or cotée en Bitcoin par exemple n’a pas bougée. Est-ce plus clair ?

    • « L’or cotée en Bitcoin par exemple n’a pas bougée » Sérieux ? Depuis quelques mois, je cherche un graph sur lequel on pourrait lire l’évolution des cours des actifs exprimée en OR.

      Auriez vous cela ?

      • Serge NUSS Richemond Conseil & Finance says:

        Il suffit de superposer les graphes des cours BTC/USD avec Gold/USD. En fait BTC a bien plus progressé que l’or. Mais là ce sont de pures considérations techniques qui ont provoqué ce décalage. Mais le principe est respecté : les actifs réels s’apprécient tous par rapport aux monnaies fiduciaires. C’est un fait et votre affirmation est correcte et incontestable.

    • Non, l’or c’est l’or et ce sera toujours de l’or tant que l’on aura pas inventé un moyen de transformer le plomb en or ! Ce n’est pas l’or qui cote en monnaie fiduciaire comme on le répète et l’écrit faussement partout mais la monnaie fiduciaire qui cote en OR, autrement dit ce n’est pas l’or qui fluctue mais bien le papier qui lui est adossé.
      Par exemple si la monnaie (les marchés) s’écroulent, l’or ne bougera pas, il aura toujours la même valeur intrinsèque.

  21. julien bonnetouche says:

    Bonjour,

    Jusqu’ici, le pétrole, le bitcoin et dans une certaine mesure l’OR sont hautement spéculatifs, pour finir par revenir à des valeurs moyennes quelques temps plus tard.

    On a déjà vu le pétrole à plus de 100$ et à moins de 20$ pour se stabiliser autour de 50/70$.
    prix qui semble convenir à tout le monde

    L’Or on l’a vu à presque 2000 $ l’once il y a 10 ans . finalement nous ne sommes encore qu’à 1500$

    Quant au bitcoin… il a aussi fait 20000$ pour redescendre à 4000. nous sommes à 10000$.

    Tout cela n’a rien à voir avec l’immobilier (parisien) qui lui progresse régulièrement.

    Globalement malgré tout sur la distance (20 ans et plus ) l’or fait un peu mieux que le pétrole.

    Quant au bitcoin on n’a pas assez de recul.

    je veux dire par là qu’il faut un peu se méfier des mouvements trop récents.

    Actuellement il y a de l’incertitude, alors l’or et le bitcoin en profitent. mais qu’en sera t il demain ?

    Si les chinois et Trump finissent par trouver un accord par exemple ?

    Si on finit par faire une relance en Europe qui donne des résultats ?

    Pas d’emballement !!!

    • Serge NUSS Richemond Conseil & Finance says:

      Ah les chinois et Trump vont trouver un vrai accord ? Trump est en sursis d’un an ou de 5 ans au mieux et oeuvre dans un régime parlementaire. Le dirigeant chinois est nommé à vie au sein d’un régime autoritaire. Il a tout son temps et la patience. Juste le contraire de son homologue. Vous trouvez que les enjeux sont symétriques ? Au mieux on aura un faux accord qui sera célébré comme une victoire par le joueur de poker (Trump). Les marchés se feront duper au début par Twitter pour retomber très vite quand les détails de l’accord seront révélés et analysés par les cambistes. En plus, les chinois ne le respecteront pas si cela ne les arrange pas. Pas plus que les USA. Souvenez-vous des accords de Paris, Donc ne nous emballons pas. Le temps doit faire son ouvrage. La Chine bougera très progressivement, quand sa demande intérieure pourra compenser à 100% ses exportations. On en a pour 20 ans…

      • Assez d’accord sur votre analyse sauf sur le 100 % et dans 20 ans.

        100 % : avant car il y a une marge de manœuvre et surtout le marché intérieur d l’Asie compensera bientôt celui des pays occidentaux.

        20 ans : avant car l’évolution est de plus en plus rapide.

        Trump a bien compris cela. Il essaie juste de gagner du temps, de retarder l’inéluctable et de garder quelques cartes en main.
        Ses méthodes ne sont pas conventionnelles mais je pense qu’il a très bien compris les enjeux… contrairement à beaucoup d’autres.

  22. Ça peut aller plus vite Trump perd et un Démocrate au Pouvoir …vu leurs programmes tous socialistes et tous pastèques ça finirait mal plus vite
    quant au bitcoin il lui faut énormément d énergie pour en fabriquer j ai lu quelque part l équivalent de la consommation Suisse d aujourd’hui Question stupide mais ou va t on trouver cette énergie entre les bagnoles électriques le bitcoin et la diminution de l énergie nucléaire indispensable au sauvetage de la planète
    J appartiens à une generation qui ne comprend pas l’ancien
    monde celui
    Ou 2 plus 2 égale 4

  23. julien bonnetouche says:

    Oui je sais vous êtes tous pessimistes !!!

    En attendant les bourses sont à la hausse !!

    • Tous pessimistes et pour cause:

      [BCE, the show must go on
      Les banquiers centraux ont ces temps-ci quelque chose de rassurant. Dans un monde dirigé par un certain nombre de dirigeants imprévisibles (Donald Trump), affaiblis (Angela Merkel), à l’horizon incertain (Boris Johnson), inquiétants (Xi Jinping, Vladimir Poutine, Recep Erdogan) ou fragiles (le gouvernement italien), ils sont normalement des boussoles qui indiquent le Nord. Qu’il s’agisse de la Fed ou de la BCE, ils scrutent les données économiques, les analysent et en tirent un certain nombre de conclusions. C’est rationnel. Ce jeudi, Mario Draghi, qui tenait son avant-dernière réunion monétaire avant son passage de relais à Christine Lagarde, a fait ce qu’il avait annoncé ces derniers mois : il a remis du bois au feu pour soutenir une croissance qui flageole. La BCE a annoncé qu’elle se remettrait à acheter, à compter du premier novembre, pour 20 milliards d’euros d’obligations par mois pour une durée indéfinie. Le taux de dépôt va passer à -0,50 % et un système différencié sera mis en place pour ne pas pénaliser les banques. Et pourtant, la question, inconoclaste, est la suivante : les banquiers centraux sont-ils vraiment rassurants ? La Fed abaisse ses taux, à la demande injonctive de Donald Trump (bien obligé de constater que sa guerre commerciale ne produit pas de miracle) alors que la croissance américaine reste solide. La BCE est engagée dans une course sans fin qui renverse tous les dogmes et finira bien par avoir des effets délétères. Depuis 2008, ces institutions poussent en réalité sur un vélo qu’elles ne savent pas arrêter sans crainte de tomber. Les marchés en demandent toujours plus, les politiques aussi parce que les taux d’intérêt faibles ou négatifs selon les pays leur apportent une cagnotte inespérée et allègent la pression sur les finances publiques. The show goes on, mais jusqu’où ?]

  24. La solution ? Un placement légal qui vous rapportera 10, 5 % en quatre mois seulement !!!!
    La poste a annoncé le nouveau tarif au 1° janvier prochain et les timbres qui n’ont pas de valeur faciale affichée seront définitivement valables …
    Par ailleurs, depuis 2015, l’augmentation annuelle moyenne a été de 9.93% par an ….
    Alors ? Elle n’est pas belle la vie ????
    Peut être même qu’en en prenant pour 50.000 euros, on pourra bénéficier d’une ristourne ….!!!!!
    PS : Ça permettra d’intéresser le guichetier pour les reventes !!! Ah ah ah !!!!

  25. Passionnant :

    Appauvrir les épargnants, un pari pour l’avenir

    LE CERCLE – Les banquiers centraux ont réamorcé un cycle de baisse de taux d’intérêt avec l’espoir de soutenir l’investissement et la consommation en opérant une politique de redistribution des épargnants vers les emprunteurs, explique Mathilde Lemoine. Ce faisant, elles accomplissent un acte politique et plus seulement monétaire. L’argent ne peut plus être thésaurisé sans perdre de sa valeur.

    Par Mathilde LEMOINE (professeur à Sciences Po Paris et chef économiste du groupe Edmond de Rothschild)
    Publié à 08h00

    Depuis 2013, il est question que les taux d’intérêt remontent. Non seulement ils n’ont jamais été aussi bas, mais les banquiers centraux ont réamorcé un cycle de baisse de taux d’intérêt. Ils pensent ainsi soutenir l’investissement et la consommation en opérant une politique de redistribution des épargnants vers les emprunteurs. Toutefois, cet impôt sur l’épargne que constituent les taux négatifs a l’effet inverse dans la plupart des pays européens. Il incite à thésauriser. Ce phénomène connu sous le nom de « paradoxe de l’épargne » limite l’effet attendu des taux négatifs sur l’économie réelle. De plus, les travaux économétriques récents montrent que l’épargne est avant tout influencée par des motifs de précaution. Dès lors, la hausse individuelle d’épargne conduit à une baisse de la consommation au niveau agrégé et in fine à une récession. En conséquence, les taux d’intérêt directeurs doivent être encore diminués.

    Réduction du montant épargné

    Certes, les taux négatifs ont des effets plus diffus que l’inflation, mais ils ont un impact similaire en réduisant la valeur réelle du montant épargné. En conséquence, les écarts de situation entre les retraités et les jeunes actifs diminuent. Il s’agit également de supprimer le déterminisme social sans avoir besoin de toucher aux si sensibles droits de succession. Enfin, les frais de « demeurage » forcent les épargnants à investir dans l’économie réelle, quel que soit le risque dont l’évaluation a été rendue plus difficile par l’intervention des banques centrales. De plus, l’éventuelle perte en capital accélérera le processus attendu de diminution de l’épargne.

    Un des rares économistes à avoir proposé l’instauration de taux négatifs est Silvio Gesell (1862-1930). Si ce disciple de Proudhon était un iconoclaste, la relecture de ses travaux est éclairante. Elle montre que la mise en place de taux d’intérêt négatifs n’est en aucun cas un instrument de politique monétaire, mais bien un outil de politique économique. Le fait que l’Eurosystème se l’approprie pose la question de la légitimité démocratique des banques centrales à intervenir directement dans le champ politique.
    Donner un prix nul au temps

    Les politiques monétaires non conventionnelles étaient déjà un moyen de modifier le prix relatif des actifs. Ils ont encore étendu leurs prérogatives en donnant un prix nul au temps. Les conséquences sont multiples et mal appréhendées. Elles sont économiques, mais aussi philosophiques puisque le service du prêt n’a plus de valeur. « L’impatience subjective pour le temps présent » est devenue la norme. Le court terme est privilégié y compris environnemental. Nous parlons ici du temps « économique » et non subjectif au sens de saint Augustin. Bien sûr, les entreprises bénéficient de la faiblesse des taux d’emprunt, ce qui devrait les pousser à investir, mais là encore la réalité est différente puisque ce sont les flux financiers de court terme qui déterminent les valeurs boursières plus que la valeur actualisée des profits futurs.

    Les dix questions qui agitent la finance européenne

    Si la surliquidité fournie par les banques centrales minimise la portée des taux négatifs, le rêve de Silvio Gesell est en train d’être exaucé : le peuple n’est plus exploité par le pouvoir de la monnaie. L’argent ne peut plus être thésaurisé sans perdre de sa valeur. Les Français se sont moqués des retraités allemands qui déploraient leur perte de pouvoir d’achat. Ils ont sous-estimé la détermination de l’Eurosystème à influencer les comportements individuels. Des voix s’élèvent pour une relance budgétaire, mais elle pourrait évincer le secteur privé sans réorienter l’épargne vers des projets entrepreneuriaux de long terme. L’avenir n’aurait plus qu’une valeur individuelle.

    Mathilde Lemoine est professeure à Sciences Po Paris et cheffe économiste Groupe Edmond de Rothschild.

  26. julien bonnetouche says:

    Bonjour,

    Mathilde Lemoine, est une femme remarquable à tous points de vue. Aussi belle à regarder que passionnante à lire ou à entendre. Quel style !!
    La personne qui partage sa vie à tout intérêt à être au niveau…

    le parallèle qu’elle fait entre les taux négatifs et inflation est bien vu et c’est la première fois que je l’entends, même si c’est une évidence.

    Cela dit, je ne suis pas certain que l’impact psychologique soit identique : Le sentiment de dépossession dû à l’inflation est moins prégnant qu’ une perte affichée sur la capital, prélevée par la banque( par exemple)

    Et c’est pourquoi, les réactions peuvent être variées selon les tempéraments.

    Certain pourront effectivement thésauriser davantage pour combler la perte mais il faut avouer que c’est idiot : en valeur absolue, on perdra encore plus que si on ne le fait pas.

    D’autres pourront chercher des solutions alternatives, afin d’essayer de mieux s’en sortir, en prenant du risque bien sur. Mais de toutes façons si l’on n’en prend pas on perd aussi….

    De plus en plus de voix s’élèvent en faveur d’ une relance européenne où profitant de ces taux négatifs les États pourraient lancer des programmes ambitieux tant dans les infrastructures que la recherche ou la formation, mais surtout insuffler de la confiance, denrée qui manque le plus aux épargnants, potentiels investisseurs.

    L’Allemagne traine des pieds.
    Nous verrons bien si l’ Europe parviendra à franchir cet obstacle.
    J’y crois.car nous avons à la tête de l’Europe des gens , surtout des femmes très intelligentes et qui le souhaitent.( comme toujours je suis optimiste !!)

    • Oui, mais à bien y penser, la relance budgétaire est inutile : les taux négatifs, comme encouragement à consommer plutôt que thésauriser devrait suffire.

      Dans son article, elle cite « Jean Silvio Gesell ». Voici ce que l’on peut lire sur wikipédia : « En 1916, il publie son ouvrage majeur L’Ordre économique naturel. Il y présente sa théorie de la monnaie franche qui le rendra célèbre, laquelle consiste en la mise en circulation d’une monnaie fondante c’est-à-dire qui se déprécie à intervalle fixe (tous les mois ou tous les deux mois…).  »

      Dans la nature tout est soumis au changement rythmique du « Devenir et Disparaître » (Werden und Vergehen) – seul l’argent semble soustrait au caractère passager de ce monde. Puisque l’argent, contrairement aux marchandises, ne « rouille » ni ne « s’abîme », le détenteur peut attendre, jusqu’à ce que les marchandises soient assez bon marché pour lui. Des commerçants sont forcés d’abaisser leurs prix, puis ils doivent couvrir leurs frais par des crédits. Le possesseur d’argent fait payer ce besoin par l’intérêt. Ces rentrées d’intérêts ne profitent toutefois pas à la communauté, mais sont prêtés à nouveau (intérêts composés). De cette façon, de plus en plus d’argent est extrait du flux économique. Des richesses « improductives » sont accumulées où elles ne sont pas nécessaires. À l’opposé, l’argent « gagné » est enlevé à la population active. Pour surmonter cette position dominante, l’argent, dans son essence, doit imiter la nature.

      L’argent doit « rouiller » conformément à la proposition de Gesell, ce qui signifie qu’il doit perdre périodiquement de sa valeur. Aussitôt qu’il est « éphémère », il n’a plus de position dominante (« liquidité ») sur le marché par rapport au travail humain et aux produits, de telle sorte qu’il doit se mettre au service du marché, sans intérêts. Ainsi, l’argent sert à l’homme, et pas l’homme l’argent.

      La réévaluation sur le niveau antérieur doit avoir lieu à l’aide de « l’argent libre » (Freigeld). Chacun serait ainsi désireux de ne pas garder son argent trop longtemps. Celui qui n’a pas besoin de biens, peut ainsi payer régulièrement ses dettes, ses factures, son loyer, etc. Ainsi, de l’argent est disponible à tout moment et pour tous.

      C’est pourquoi Gesell lui a donné le nom « argent libre » (Freigeld). Il est à tout moment librement disponible, car personne ne serait stupide au point d’accepter une perte de valeur progressive vers zéro. Un tel argent est un argent vrai, car l’argent doit servir d’agent d’échange, et ne pas paralyser l’économie par son accumulation.

      Argent stable, économie stable

      Par la circulation monétaire constante, sa quantité peut être dosée de telle sorte que le pouvoir d’achat de la monnaie, ainsi que les prix, restent stables. Il y aurait toujours des fluctuations naturelles des prix par le fait d’innovations permanentes. Les produits démodés seraient retirés rapidement du marché, ne serait-ce que par leur don aux nécessiteux. Il n’y aurait pas ainsi de fluctuations importantes dans l’économie, ni déflation ni inflation. D’après Gesell, les désordres sociaux dus à un chômage élevé seraient également éliminés de façon durable.

      La découverte d’un ordre « naturel » de la monnaie, ressenti comme tel par Gesell, a changé sa vie du tout au tout. Il est devenu un réformateur social, ses réflexions furent une contribution importante à la résolution de la question sociale. Ses premiers écrits en seront la conséquence (Die Reformation im Münzwesen als Brücke zum sozialen Staat, Nervus rerum et Die Verstaatlichung des Geldes). Suivirent une abondance de brochures, de livres et d’essais en allemand et en espagnol.

      En 1900, Gesell s’installe à Neuchâtel (Suisse), pour se consacrer à l’agriculture et, en tant qu’autodidacte, à l’étude de la théorie économique. Son principal livre parut en 1916 Die natürliche Wirtschaftsordnung durch Freiland und Freigeld (L’ordre économique naturel fondé sur l’affranchissement du sol et de la monnaie), a été traduit en plusieurs langues et réédité de nombreuses fois.

  27. julien bonnetouche says:

    Bonjour Guillaume,

    c’est une théorie économique intéressante, mais qui a besoin de se confronter à l’épreuve de la réalité pour être validée.

    Les gens consommeront ils davantage ?

    Les hommes ne se comportent jamais exactement comme l’attendent les théoriciens.

    Parc contre je retiens l’idée des intérêts composés, qui s’ils valent pour des taux positifs ne le sont pas pour des taux négatifs. Chaque année on va perdre un peu moins que l’année précédente.

    De mon point de vue, ce sera d’abord une affaire psychologique : perde de l’argent en le mettant à la banque ou en obligations sera très rapidement insupportable pour une majorité de déposants.

    Vers quoi vont ils s’orienter à ce moment là ?

    Tout dépend de leur formation, de leur résistance à la douleur, de leur stabilité émotionnelle, de leur capacité à assumer le risque.
    Préfèrera t on perdre doucement mais surement, ou investir en risquant de gagner mais aussi de perdre davantage ?
    Claquer tout aussi vite que possible ?

    Je crois qu’il y aura un peu de tous les comportements possibles;

    • Un autre article intéressant : https://www.alternatives-economiques.fr/silvio-gesell-un-predecesseur-de-keynes/00018762

      Silvio GESELL : un prédécesseur de Keynes ?
      Denis Clerc et Johannes FINCKH
      01/04/1998
      Alternatives Economiques n°158

      Ignoré de la plupart des livres d’histoire de la pensée économique, Silvio Gesell n’en proposait pas moins de faire disparaître le capitalisme financier. C’est-à-dire la possibilité, pour celui qui détient des capitaux, de s’enrichir en dormant.

      L’avenir aura plus à tirer de la pensée de Gesell que de la pensée de Marx « , estimait Keynes en 1936, dans La théorie générale. L’avenir en question, jusqu’ici, ne lui a pas donné raison. Même si, grâce aux quatre pages que Keynes lui a consacrées dans son maître livre, Silvio Gesell a pu être un temps  » tiré de l’oubli  » (l’expression est de Schumpeter, dans son Histoire de l’analyse économique), il y est largement retourné depuis : son nom est absent de la quasi-totalité des livres consacrés à l’histoire de la pensée économique1 et lorsqu’il y figure, c’est sous la forme d’un résumé des fameuses quatre pages de Keynes. C’est sans doute dommage, car Silvio Gesell peut être considéré, d’une certaine manière, comme l’héritier de Proudhon, puisqu’il propose ni plus ni moins que de faire disparaître le capitalisme financier, c’est-à-dire l’opération qui consiste à vivre en rentier du produit d’un prêt, tandis que d’autres assument le risque de l’entreprise et de la production.

      Comme Keynes, Gesell remet en cause la loi de Say (ou loi des débouchés), c’est-à-dire cette croyance, largement partagée à son époque, que l’offre engendre sa propre demande, par le biais des revenus qu’elle contribue à distribuer. Dans ces conditions, il ne peut y avoir de désajustement autre que sectoriel, donc passager, entre les deux grandeurs. Pour Gesell, il n’en est rien dans une économie monétaire : celui qui détient une marchandise est habituellement pressé de s’en débarrasser, parce qu’elle peut s’abîmer ou provoque des coûts de stockage. Il y a donc, du côté de l’offre, une  » compulsion de vente « . Mais, du côté de la demande, rien ne pousse les détenteurs de monnaie à la dépenser, tant qu’elle ne coûte rien à détenir : c’est ce que Keynes appellera la  » trappe à liquidités « , qui s’ouvre lorsque le taux d’intérêt devient si bas que la possession de monnaie paraît préférable à toute forme de placement, puisqu’elle réduit au moins l’incertitude du lendemain et permet de profiter des éventuelles opportunités qui pourraient se présenter.

      Pour Gesell, cette asymétrie entre les détenteurs de marchandises et les détenteurs de monnaie ne peut prendre fin que si les seconds peuvent espérer un  » tribut « , c’est-à-dire si ce qu’ils achètent peut être vendu plus cher ou dégage un revenu. C’est le cas du taux d’intérêt, mais aussi de l’inflation : lorsque les prix ont tendance à monter, le détenteur de monnaie a avantage à acheter, puisqu’il peut espérer revendre plus cher. Et cet achat, du même coup, pousse les prix à la hausse : dans un régime monétaire normal, la hausse des prix engendre la hausse, et la baisse engendre la baisse. Au moins, l’avantage de l’inflation est d’inciter les détenteurs de monnaie à dépenser cette dernière, ce qui stimule l’offre, puisque les débouchés sont assurés. Mais ce mode de stimulation est injuste pour les créanciers, puisque leurs créances perdent de la valeur. Comment, alors, pousser les détenteurs de monnaie à l’utiliser, comment transformer la monnaie oisive en monnaie active sans pour autant devoir recourir à l’inflation ?

      Une monnaie fondante

      A cette question, Gesell répond par une proposition originale : la  » monnaie fondante  » (ou monnaie franche, ou monnaie estampillée). Si la détention de la monnaie coûte au moins autant que la détention des biens, l’équilibre sera rétabli et le système économique pourra fonctionner sans heurts et sans pénalisation. Une détention qui coûte quelque chose ? Ce peut être par le biais de l’obligation faite aux détenteurs de billets de faire tamponner leurs billets à intervalles réguliers : à chaque coup de tampon, le billet perd une partie de son pouvoir d’achat (et le billet non tamponné n’a plus de validité). Gesell avançait le chiffre de 1 pour mille chaque semaine (5,2 % par an). Avec la monnaie scripturale (comptes bancaires), l’opération est encore plus simple : par exemple, toutes les semaines, l’avoir est amputé d’un certain montant2. Les  » geselliens  » contemporains proposent également un tirage au sort qui, à intervalles irréguliers, annulerait une espèce particulière de billets parmi l’ensemble des types qui circulent : les billets annulés doivent alors être échangés contre de nouveaux billets inférieurs de 5 % aux précédents. On comprend que cette technique encourage les détenteurs de monnaie à la remettre sans tarder dans le circuit. Et, du coup, la thésaurisation est éliminée : la loi de Say peut prendre consistance, mais grâce à une opération monétaire, non grâce aux automatismes du marché.

      Une réforme insuffisante pour parvenir au plein-emploi

      Pour Gesell, cette mécanique monétaire est bien plus qu’une technique : elle est susceptible de transformer en profondeur le système économique lui-même. Celui-ci est en effet à la fois une économie de marché et une économie capitaliste. Ce dernier terme signifie que le détenteur d’un capital peut, en le prêtant, le faire fructifier grâce aux opérations productives effectuées par d’autres, donc grâce au risque assumé par d’autres. Or, la réforme proposée revient, au fond, à imposer un intérêt négatif sur les fonds détenus par une personne. Si je prête cette somme, je transfère à l’emprunteur le coût de la liquidité : cela permet de réduire d’autant le niveau de ma rémunération, puisque, en prêtant, je réalise une économie.

      Keynes a souligné que cela ne suffirait sans doute pas pour faire sortir l’économie de marché de sa tendance structurelle à engendrer du chômage : quand bien même toute l’offre trouverait désormais preneur grâce à la suppression de la trappe à liquidités (fin de la thésaurisation), ce n’est pas pour autant que l’on parviendrait au plein-emploi. Car ce dernier exige également que le montant de l’investissement, c’est-à-dire le rythme de croissance, soit suffisant pour employer tous les bras, et les têtes, qui le souhaitent. C’est pourquoi, estimait Keynes, il faudrait que la banque centrale ne soit pas seulement chargée de taxer la monnaie, mais qu’elle le fasse à un niveau tel que le coût de l’argent, pour l’emprunteur, devienne inférieur, ou à la limite égal, à l’  » efficacité marginale du capital « , de sorte que le flux d’investissement potentiel ne soit pas bridé par le coût des emprunts et se fixe au niveau où le plein-emploi est réalisé.
      Un taux d’intérêt  » fondamental  »

      Gesell n’a pas abordé les choses sous le même angle : en économiste plutôt classique par ailleurs, il pensait que la réalisation de la loi de Say instaurerait automatiquement le plein-emploi. Sans doute, s’il avait vécu la Grande crise, aurait-il rejoint la position de Keynes. Mais il l’anticipe quelque peu, puisqu’il envisage de fixer la dépréciation monétaire à un niveau tel que l’intérêt pur (Gesell emploi le mot urzins,  » fondamental « ) disparaisse dans les transactions monétaires. L’intérêt pur, car, en réalité, le prêt d’argent comporte une rémunération qui doit aussi couvrir le coût technique de l’opération (il faut bien, par exemple, que la banque puisse couvrir ses frais) et le risque assumé par le prêteur. Ces deux derniers éléments demeurent : il ne s’agit pas d’empêcher le bon fonctionnement de l’économie de marché, seulement d’éliminer sa dimension rentière, c’est-à-dire la possibilité, pour celui qui détient des capitaux, de s’enrichir en dormant.

      Zoom Monnaie fondante, deux expériences françaises

      Deux expériences de monnaie fondante ont été tentées en 1956 à Lignières-en-Berry (Cher) et en 1957 à Marans (Charente maritime). Le but était en fait d’échapper au paiement des  » taxes locales « , remplacées en 1967 par la TVA. Elles prirent fin en décembre 1958, suite à une ordonnance interdisant  » l’émission ou la mise en circulation de moyen de paiement ayant pour objet de suppléer ou de remplacer les signes monétaires ayant cours légal.  »

      Keynes, on le comprend, était intéressé par cette démarche : non seulement parce qu’elle reposait sur des concepts proche des siens (l’oisiveté monétaire analysée par Gesell étant proche de la notion de trappe à liquidités qu’il développe). Mais aussi parce que la réforme gesellienne concrétiserait la fameuse  » euthanasie des rentiers  » et moraliserait l’économie. C’est au fond ce qu’il écrit dans un passage peu souvent cité de La théorie générale :  » Un instant de réflexion montrera (…) les énormes changements sociaux qu’entraînerait la disparition progressive d’un taux de rendement propre à la richesse capitalisée. Un homme serait encore libre d’économiser le revenu de son travail afin de le dépenser à une date ultérieure. Mais sa richesse capitalisée ne s’accroîtrait pas. Cet état de choses serait parfaitement compatible avec un certain degré d’individualisme. Mais il n’en impliquerait pas moins la disparition progressive chez le capitaliste du pouvoir oppressif d’exploiter la valeur conférée au capital par sa rareté… Dans l’évolution du capitalisme, la présence des rentiers nous semble marquer une phase intermédiaire qui prendra fin lorsqu’elle aura produit tous ses effets. Et la disparition du rentier entraînera bien d’autres changements radicaux dans ce régime.  »

      Comment redistribuer la rente foncière ?

      Cette idée d’un taux d’intérêt  » fondamental  » nul concrétise la filiation de Gesell avec Proudhon, qui, on le sait, prônait la disparition du loyer de l’argent et, du même coup, du loyer tout court (exception faite de l’amortissement du logement) :  » Par l’analogie des principes et des faits, l’intérêt tomberait aussi à zéro pour les immeubles : le fermage et le loyer finiraient par se confondre dans l’amortissement « , écrit-il dans une lettre de 1849 sur l’intérêt à Frédéric Bastiat (l’économiste ultralibéral, auteur des Harmonies universelles), citée par Michel Herland3. Cette idée d’une économie de marché où seul l’entrepreneur, celui qui prend des risques, serait rémunéré (par le profit), tandis que l’intérêt disparaîtrait, est une idée radicale. Gesell l’a également entrevue. Il penchait en faveur d’une redistribution de la rente foncière par le biais d’une nationalisation des sols et du paiement d’un fermage, tout comme Proudhon (favorable à la nationalisation du sol et des immeubles) et Walras (favorable à la seule nationalisation du sol). Dans ce dernier cas, Walras pensait que la location du sol permettrait à l’Etat de supprimer l’impôt ( » L’impôt direct sur les choses et l’impôt direct sur les personnes poursuivent sans plus l’atteindre l’un que l’autre un principe aussi faux qu’irréalisable « , écrit-il dans ses Etudes d’économie sociale), lequel fausse les rapports de prix, donc éloigne de la situation d’optimalité à laquelle pousse la concurrence.

      On le voit : les idées réformatrices, voire utopiques, ne manquaient pas, y compris sous la plume de grands auteurs respectés. Les grands économistes d’aujourd’hui se montrent au contraire d’une timidité et d’une orthodoxie étonnantes. Peut-être leur faudrait-il relire Gesell… ou Keynes !

  28. Ou Bastiat 😀😀la valeur fondante de la monnaie à période régulière (tout dépend de la période 😀)En Allemagne dès la fin de la guerre de 14/18 la période est devenue brève ,le temps de faire les formalités de vente immobilière d’un immeuble entier on se retrouvait de quoi acheter un studio Le résultat de cette valeur fondante fut la montée irrésistible du nazisme (lire Mein Kampf) forcément dans la mentalité collective allemande cette période les cicatrices sont la.
    Aujourd’hui l
    Inflation Vénézuélienne montre tout le bienfait de la perte de la valeur de la monnaie.
    Bref une solution européenne de grands travaux (verts hum les bons profits) aura quand même du
    mal à passer
    Faut bien chercher un appui théorique chez Keynes n est ce pas , depuis 1945 la France. L a adoré on voit les resultats😢cette théorie suppose que les décideurs publics sont plus efficaces plus honnêtes et plus compétents que les décideurs privés . elle a aussi l’avantage pour les politiciens de donner l’impression aux électeurs qu ils savent ce qu ils font alors que le but de se faire élire réélire pendant que le deep state issu de l ENA dirige le pays
    J enfonce des portes ouvertes mais à mes yeux on retombe toujours sur l’equation Humaine .Quel est le ressort de l’action humaine ?a mon humble avis il n’est pas altruiste de manière générale .l être humain pense d’à bord a ses intérêts personnels familiaux éventuellement nationaux s ils se sent’menacer.
    Le communisme malgré stakhanovisme et statistiques frelatées privant l être humain de s enrichir personnellement a produit des fainéants et du Je menfoutisme De Gaulle vendait des céréales excédentaires à l URSS ..aujourd hui l’Ukraine et la Russie sont de redoutables concurrents .Ne cherchez pas de raisons compliquées ,la nouvelle génération peut s enrichir .si après tous leurs efforts ils se retrouvent avec une monnaie qui rouille ,je vous garantie que les moissonneuse batteuses rouilleront encore plus vite .
    Le moteur humain c’est l avidité que cela plaise ou non.La Chine post.Mao vient de démontrer que réintroduire l’avidité humaine dans le circuit est un carburant de développement fantastique.
    Bref on en revient aux débats classiques rôle de l État minimaliste ou maximaliste
    Enfin nous raisonnons sur des théoriciens d un monde disparu ,le monde que nous abordons est fondamentalement différent tout change à une vitesse foudroyante la masse n’arrive plus à suivre , des métiers inconnus apparaissent tous les jours mais rien n’est fait ou si peu pour essayer de préparer (si possible) a ce monde nouveau (est il
    Normal qu il’y ait un quart d’analphabète informatique dans notre pays et que ce sujet ne soit jamais abordé.
    Personnellement je ne sais pas ce qui va se produire avec la situation actuelle inédite mais je suis sûr que les solutions recherchées dans le passé ou les néo partageux aboutiront à des catastrophes car si l homme invente toujours plus vite psychologiquement il n’a pas varié d un pouce et c’est d ailleurs pour cela que les échecs étatistes se terminent par des camps de rééducation

  29. julien bonnetouche says:

    Complètement d’accord Fredy !!

    Et c’est justement là que ça coince avec les nordiques ( allemands, néerlandais) qui sont des rentiers par essence.
    Ils ne veulent pas des taux négatifs car cela bouleverse trop leur système de fonctionnement et de pensée.
    Il est intéressant de voir les réactions des banquiers centraux de ces pays aux décisions de Draghi hier :

    ça hurle à tout va.

    En réalité je vois les choses de la manière suivante :

    La BCE ( Draghi et ensuite Lagarde) veut obliger les pays concernés à s’engager dans des plans de relance (qu’ils ne veulent pas non plus puisque dépenser leurs sous leur arrache le coeur)

    Ces plans de relance, si ils sont suffisants devraient entre autre chose redonner un peu d’inflation, améliorer le chômage des pays du sud, et dynamiser l’industrie européenne dans son ensemble.

    Mais compter sur la seule politique monétaire pour solutionner le problème , comme Gesell le dit, est une utopie !!

    • Merci Freddy, que du bon sens argumenté.

      Il n’y a rien à relancer qui ne se soit élancé de son propre chef.

      A défaut , la relance restera flaccide.

      La monnaie fondante rendra le terrain glissant, prémisses d’ un hiver patrimonial

      Le credere du crédit/confiance sera éradiqué

      le quotidien ne reposant plus sur rien d’apparemment stable mènera on ne sait où, pendant que d’aucuns essayeront de prendre le train des hypervalorisations en marche. (mais tout fond, disait Icare !)

      Sur ce scénario extrême, sécurité et alimentation deviendront les deux mamelles de la France, et d’ailleurs, puisque l’intangible ne vaut et le tangible prévaut.

  30. Hélas , j’ai une source qui m’a confié que certains gros assureurs vie en France sont inquiets .
    Ces assureurs ne savent plus quoi faire des apports de clients sur les fonds en euros.
    Pour inciter les clients à verser au moins 25 % sur les fonds en UC , ces assureurs sont prêts à dégainer l’arme de frais de versement majorés pour les investisseurs qui ne mettraient pas au moins 25% en UC.
    J’ai une idée pour que les porteurs d’assurance vie retirent( et non pas arbitrer) un peu d’argent sur leurs fonds en euros de leur contrat d’assurance vie : une exonération de fiscalité et de csg et crds sur 10 000 euros d’intérêts lié à ce retrait par an et traçabilité pour que la somme de ce retrait ne soit pas remise sur un fond euros du même ou d’un autre contrat avant deux ans par exemple. Peut être cela favoriserait des dépenses et un peu d’inflation et donnerait une marge de manœuvre aux assureurs … Cela est un problème de « riches » et le vrai problème est celui des inégalités qui gangrène notre société.

  31. un problème de riches ?

    Pas vraiment, tout se tient, et retirer 2000 euros de son contrat de 8000 ne fait pas de vous un Crésus hexagonal.

    Toujours l’excusite socialisante française….

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