Il est de coutume de moquer le comportement sécuritaire des épargnants français. En effet, malgré le potentiel de gain certain de l’investissement en actions à long terme, les épargnants effrayés devant la perspective d’une perte en capital préfèrent sécurité et liquidité plutôt que volatilité et rendement élevé.

Comment ne pas comprendre cette crainte devant l’investissement en actions ? Qui a envie d’investir dans un actif dont on vous promet le risque de perdre votre épargne ?

Pourtant, et je concède la provocation du titre, investir à long terme dans le capital des entreprises cotées est sans risque ou presque pour celui qui saura y investir avec méthodologie.

Essayons de réfléchir ensemble sur les 5 conseils à suivre pour espérer investir sans risque ou presque sur le marché actions.

1- Investir à long terme, voire très long terme.

C’est le premier secret de la suppression du risque lorsque vous investissez sur le marché actions. Investir sur le marché actions, c’est investir à très long terme.

Lors de mes rendez-vous de consultation patrimoniale, j’explique régulièrement que vous devez être prêt à ne pas avoir besoin de votre argent avant les 15 prochaines années glissantes ; Ce temps d’investissement sera d’autant plus long que le prix des actions (cours de bourse) sera élevé.

L’AMF a publié une infographie très explicite que permet de mesurer le ratio « rendement/risque » de l’investissement sur le marché action depuis 1950 :

Ce graphique construit à partir de l’évolution de la bourse de Paris depuis 1950, dividendes réinvestis et inflation déduite. montre que plus la durée de l’investissement en actions est long, plus le risque est faible.

2- Investir de l’argent dont vous n’avez pas besoin pour être capable de gérer le stress de la volatilité.

Investir à très long terme suppose d’investir de l’argent dont vous n’avez pas besoin pour vivre, manger ou encore satisfaire un prochain projet d’investissement ou de consommation identifié à date ;

Ne pas avoir besoin de votre argent, c’est le second secret de la réussite de votre investissement sur le marché actions.

Si le risque de perte en capital paraît relativement faible pour celui qui accepte d’investir à très long terme, la volatilité des cours de bourse, c’est à dire la variation à la hausse ou à la baisse, est parfois très importante est à l’origine d’un stress qui est à l’origine des principales erreurs de l’épargnant.

La financepourtous explique la volatilité en ces mots très justes :

« La volatilité d’un actif sera d’autant plus forte que les cours des marchés sont instables. La volatilité est une dimension très importante du risque : plus la volatilité d’un produit est grande, plus fort est le risque associé à ce produit. C’est normal : si le prix d’un produit varie beaucoup, on n’est pas sûr de pouvoir le revendre avec profit ou même sans perte.

Les actions constituent un titre financier volatile pouvant être sujet à des mouvements de prix significatifs. A court terme, elles connaissent ainsi une plus grande volatilité que d’autres actifs. mais si on prend une période de référence plus longue, de plusieurs années, la volatilité des actions diminue et peut même être inférieure à celle d’autres actifs. »

La finance pour tous – Définition de la volatilité

Ainsi, être capable d’accepter la volatilité est une condition indispensable pour investir sur le marché actions. Vous devez être capable de subir une chute de la cotation de votre portefeuille de 5%, 10%, 15% ou même 30% à court terme ; Vous devez être capable de comprendre que la cotation actuelle de votre portefeuille ne représente pas la valeur de votre patrimoine, il ne s’agit que d’une cotation à l’instant qui peut être déconnectée de la valeur de long terme de vos actions, tant à la hausse, qu’à la baisse.

Cette volatilité est source de stress ! Personne n’aime constater une forte baisse de la cotation de son portefeuille. Ce stress de la volatilité est d’autant plus compliqué à gérer qu’il s’accompagne toujours d’une conjoncture économique dégradée et d’un pessimisme fort sur les perspectives économiques.

Pour être capable d’accepter le stress, l’épargnant devra se sentir indifférent face à ces évolutions erratiques de la cotation de son portefeuille.

Lorsque les cours de bourse seront très élevés, l’épargnant ne devra pas tomber dans l’euphorie qui l’encouragerait à investir au pire moment ;

Lorsque les cours de bourse sont très faibles, l’épargnant ne devra pas sombrer dans la dépression et le pessimisme excessif qui le pousserait à vendre son portefeuille au pire moment.

La meilleure attitude, c’est l’indifférence et la confiance absolue dans la puissance du capitalisme à long terme. Il est donc indispensable de ne pas avoir besoin de ces sommes pour pouvoir se dire en permanence : « Ce n’est pas bien grave, on verra dans 15 ans lorsque j’aurais peut être besoin de l’argent… » et au contraire, réussir à investir en actions lorsque vous en avez le moins l’envie.

D’où la nécessité de ne pas avoir besoin de l’argent sur les 15 prochaines années en permanence. Dès que je sais devoir dépenser mon épargne dans X années, il faut réduire la volatilité car le stress inhérent pourrait devenir difficile à gérer.

3- Éviter d’investir au plus haut.

Plus l’investissement en actions sera réalisé alors que les cours de bourse seront élevés, plus la durée d’investissement devra être longue pour réduire le risque de la volatilité.

L’investissement en action est une addition de cycle. La baisse des cours suit toujours la hausse ; La hausse suit toujours une baisse.

Celui qui investit alors que les cours de bourse sont manifestement élevé, c’est à dire après une forte hausse, prend le risque d’investir juste avant une baisse. CQFD.

Ce n’est pas plus compliqué que cela.

L’investisseur de long terme devra donc éviter d’investir en haut de cycle, c’est à dire après une hausse. Néanmoins, il semble vain d’attendre une forte baisse avant d’investir tant il est impossible de l’anticiper et de connaître avant survenance de son ampleur.

L’idéal est donc d’investir progressivement. Notez que la progressivité devra être d’autant plus longue que les cours sont élevés, c’est à dire que la hausse récente sera importante.

A l’occasion d’un repli des cours de bourse qui ne manquera pas d’arriver ou jour ou l’autre, l’investissement pourra alors aisément être accéléré pour saisir une baisse des cours pour investir à un prix plus attrayant.

Simple et efficace pour éviter d’investir au plus haut.

4- Ne pas tomber dans le piège de la spéculation et diversifier.

Investir sur le marché actions, c’est investir à long terme dans le capital des entreprises. Cela suppose donc d’investir à long terme dans le capital des desdites entreprises cotées.

Il ne faut pas confondre « Investir à long terme dans le capital des entreprises cotées » et « spéculer sur le marchés boursier ».

La spéculation est totalement opposée à la notion d’investissement de très long terme. La spéculation, c’est jouer avec la variation du cours des actions à court terme. C’est jouer sur les forces de l’offre et de la demande, c’est à dire avec la quantité d’acheteurs et de vendeurs d’actions à l’instant donné, et cela indépendamment de la valeur de long terme de l’entreprise.

Jouer à la spéculation ne permet pas de respecter le critères N°1 de l’investissement à long terme. La spéculation est une somme d’investissements de court terme.

De surcroît, l’investisseur de long terme devra être humble devant ses compétence et admettre qu’il ne connaît rien. Il devra donc limiter le nombre de ces décisions d’investissement et se contenter d’investir de manière diversifiée dans de grands marchés.

Pour l’épargnant de long terme, une exposition très générique aux principaux indices sera très largement suffisante (CAC40, CAC MID 60, Eurostoxx 50, Msci World – Mais attention aux risques additionnels tels que l’effet de change et une surexposition à certaines classe d’actif-, …)

Un investissement dans le capital des entreprises cotées qui devra être effectué dans manière suffisamment diversifiée afin d’assurer une valorisation moyenne du marché et éviter le risque spécifique de telle ou telle entreprise.

5- Sélectionner un support d’investissement dont les frais ne détruiront pas le rendement.

Enfin, et c’est le dernier point, mais aussi l’un des plus important. Investir à long terme dans le capital des entreprises cotées n’est pas très compliqué et repose pour beaucoup sur la théorie d’un véritable investissement passif, dont le plus difficile consiste à ne rien faire et à se laisser porter par la dynamique haussière intrinsèque au capitalisme (cf. « Bourse : Le plus compliqué pour l’investisseur est de réussir à ne rien faire !« ).

Malheureusement, les épargnants ne captent pas toujours toutes la performances de leur investissement. En cause, la captation de la valeur par la multiplication des intermédiaires qui se « payent sur la bête ».

On peut évoquer :

  • Les frais de gestion des contrats d’assurance-vie qui rémunèrent principalement le vendeur du contrat d’assurance-vie ;
  • Les frais de gestion de l’unité de compte dont une part non négligeable sont également reversés aux vendeurs de l’unité de compte (frais tellement élevé que les gestionnaires de portefeuilles ne parviennent pas souvent à délivrer une performance supérieure à leur indice de référence) ;
  • … et généralement tous les frais prélevés par l’industrie de la gestion financière qui ajoute une complexité onéreuse et parfois sans valeur ajoutée pour justifier sa rémunération (cf »Investir en bourse n’est pas complexe ! La complexité est marketing pour justifier les frais de gestion« )

L’épargnant devra donc être attentif aux frais et chercher les stratégies pour limiter la rémunération des intermédiaires en souscrivant des titres en direct dans un PEA ou un compte titre ou encore via des produits indiciels tels que les ETF par exemple.

Conclusion : Les 5 conditions à respecter pour investir en actions sans risque ou presque.

Au final, l’investissement en action doit pouvoir être relativement sans risque dès lors que l’on respecte ces 5 conditions :

  • 1- Investir à long terme, voire très long terme ;
  • 2 – Investir de l’argent dont vous n’avez pas besoin pour être capable de gérer le stress de la volatilité ;
  • 3- Éviter d’investir au plus haut ;
  • 4- Ne pas tomber dans le piège de la spéculation et diversifier ;
  • 5 – Sélectionner un support d’investissement dont les frais ne détruiront pas le rendement.

Et si vous ne vous sentez pas capable de respecter ces 5 conseils, il ne faut pas investir car vous serez déçu et n’obtiendrez pas le rendement espéré.

Il ne vous reste alors plus que l’investissement immobilier locatif !

Besoin de nos conseils ? Découvrez nos offres et services :
Conseil personnalisé 
Bilan patrimonial
Accompagnement patrimonial
Livres / Formations 
Investir dans l'immobilier
Succession
Assurance-vie et gestion de patrimoine
Crédit immobilier 
Comparateur de crédit immobilier
Comparateur d'assurance de prêt
Expertise comptable 
Expert-comptable spécialiste
en location meublée et SCI

49 commentaires