Des taux d’intérêts encore bas permettant de solliciter des crédits à bon compte, des trésoreries pléthoriques qui n’offrent pas de rémunération suffisante, une demande domestique chinoise qui ne peut que s’accroître, la recherche de l’effet de taille pour maîtriser ses coûts, voilà des raisons pour les entreprises d’accélérer les opérations de fusion-acquisitions.
Je vous parle bien sûr de la thématique porteuse de l’environnement boursier de la semaine, facteur de soutien des indices où les volumes restaient néanmoins des plus limités. Thématique largement alimentée par les principaux bureaux d’analyses qui publient régulièrement la liste de plus en plus étoffée des valeurs potentiellement opéables.
Rappelons tout de même que l’histoire nous a démontré que nombre de rapprochements d’entreprises ne donnaient pas toujours les résultats escomptés. Il faut marier les produits mais aussi les hommes et ce n’est pas Daimler en rachetant Chrysler en 2000, pour le revendre plus tard à perte, qui nous démentira.
Un mot sur le Portugal qui s’est résolu à demander l’aide de la communauté, il est vrai que la hausse des taux avoisinant les 10% sur la dette à 5 ans devenait insupportable face aux besoins de refinancement du pays.
Le fonds de solidarité va donc passer à l’action mais ces solutions transitoires ne résolvent en rien les problèmes de fond sur les dettes souveraines mais, chut, ne parlons pas de restructuration de dettes ou de moratoire quelconque à un an d’élections importantes dans de nombreux pays de l’Europe.
Mr Trichet ne nous a pas surpris en relevant le taux d’intervention de 25 points de base à 1.25%.
Certes, cela peut handicaper les économies périphériques de la zone euro mais à la lecture des indicateurs économiques publiés depuis la fin de l’année, l’économie européenne est sur les rails d’une croissance plus normative que le simple rebond en V de sortie de crise. Les pays périphériques dont les dettes privées sont à taux variable seront quant à eux plus impactés. Lors de sa conférence de presse, le Président de la BCE n’écarte nullement l’hypothèse d’une nouvelle baisse des taux, mais qui devrait être progressive.
Sinon, la France reste fidèle à elle-même, face aux hausses des prix de l’énergie, on réglemente, on freine l’avenir de nos entreprises en fixant arbitrairement des tarifs « non négociables ». Ce qui pousse nos leaders industriels à investir plutôt à l’étranger.
Au cours de cette semaine, le niveau d’exposition aux actions a diminué légèrement et se stabilise autour des 20%.
Le marché reste encore dirigé par les flux via des sorties de marchés obligataires. Il se maintient autour de ses résistances graphiques. Il reste par conséquent dans sa consolidation latérale.
Nous suivons le processus de réduction de lignes détenues et avons nettement réduit le secteur télécom en cédant les opérateurs italiens et allemands. Ce secteur est historiquement classé comme défensif, mais à la lecture de ses variations boursières de moyen terme nous pouvons douter de son caractère protecteur hormis le rendement qui augmente au fur et à mesure de la baisse des cours.
Nous avons renforcé en contrepartie le secteur SSII avec Atos et Cap Gemini et le secteur financier avec Allianz. Secteur sur lequel nous avons une vue tactique et en restant des plus modestes dans nos objectifs de cours.
Pascal BERNACHON
Gérant