Vous êtes nombreux à ne pas être très optimistes quant à l’avenir de la zone euro et par conséquent à craindre une chute de la monnaie unique « euro ».
Une zone euro qui serait difficilement capable de se mettre en ordre de marché pour continuer d’assurer un niveau de croissance élevé. Entre problèmes énergétiques que liés à la guerre en Ukraine et pyramide des âges peu favorable, les enjeux peuvent effectivement paraître insurmontables.
Les premiers redoutent tout simplement une baisse du taux de change de l’euro vis-à-vis des autres grandes monnaies alors que les plus pessimistes craignent tout simplement l’implosion de la zone euro, une nouvelle crise de défaut des dettes souveraines et donc la disparition, purement et simplement, de la monnaie unique.
L’objectif est alors d’essayer de construire une stratégie d’investissement qui vous permettra de valoriser votre patrimoine dans cette hypothèse de la chute de l’euro… mais aussi dans l’hypothèse d’une erreur d’analyse et d’un système monétaire Euro plus résilient que vous ne l’anticipez aujourd’hui.
Peu importe de savoir qui a raison. Personne n’en sait rien. Attention néanmoins à l’apocalypse cognitive qui a tendance à toujours nous faire craindre le pire (comme vous pourrez le lire dans cet article des échos, le scénario de la chute du dollar peut également se défendre : « Le krach du dollar, la grande peur des marchés pour 2023« )
La facilité trop souvent adoptée par les partisans de la théorie de l’effondrement consisterait à adopter une stratégie hyper-défensive à base d’OR et de cryptomonnaies ou de franc suisse par exemple. Une stratégie qui consisterait à attendre l’effondrement, puis à profiter de la chute anticipée pour saisir des opportunités.
Acheter de la monnaie, ce n’est pas investir, c’est attendre.
Une stratégie passive qui s’avérera perdante à coup sûr. Attendre, c’est prendre le risque d’être passif pendant une très longue période, de laisser passer des opportunités et finalement d’être victime de l’effondrement tant redouté.
Attendre, c’est s’appauvrir.
L’OR, le franc suisse et les cryptomonnaies ne sont évidemment pas des solutions pérennes qui ne peuvent pas être les moteurs de votre stratégie. Elles ne peuvent être que des stratégies de diversification, au cas où… ; des diversifications qui ne représenteront qu’une part minime de votre patrimoine.
Il y a deux manières d’analyser une crise. Certains y verront un appauvrissement, les autres y verront l’opportunité de créer une valeur ajoutée nouvelle. Je crois qu’il faut agir et se mettre en position de marche pour essayer de saisir les opportunités.
Le pire n’est jamais certain (le meilleur non plus).
Il vous faut donc trouver une stratégie offensive qui vous permettra de profiter des opportunités créées par la chute de l’euro, mais aussi de capter la croissance qui pourrait rester solide dans certaines autres parties du monde.
Craindre la chute de l’euro, c’est chercher à investir dans des régions économiques plus puissantes.
La notion de chute est une notion relative. La « chute » s’apprécie par rapport à une autre monnaie ou zone économique.
Deux manières d’appréhender la chute de la parité Euro/dollar par exemple :
- Soit c’est le dollar qui se valorise, car la croissance et la puissance économique de la zone dollar est plus forte que celle de la zone euro ;
- Soit c’est l’euro qui baisse parce que la croissance et la puissance économique de la zone euro se déprécie.
Dans les deux cas, il suffit d’investir dans la zone dollar pour se protéger contre la baisse de l’euro.
Idem pour la zone franc suisse ou autre.
Investir dans une autre zone monétaire est d’une incroyable simplicité. Il suffit par exemple d’investir dans le capital d’entreprises étrangères.
En préparation de cet article, hier, je me suis amusé à acheter quelques actions alphabet (google) côté en dollar aux États-Unis. Cela m’a pris 1 minute et m’a couté 1% de frais de transaction.
Voici l’ordre passé et exécuté en dollars à partir de mon compte-titres ordinaire dans lequel je n’ai pourtant que des euros. .
Je suis donc propriétaire de 10 actions alphabet (google). Demain, si la parité de l’euro baisse face au dollar, alors la valeur de mon (petit) investissement augmentera.
Acheter des actions d’entreprises cotées à l’étranger permet de se protéger contre la baisse de l’euro. Vous devez ainsi rechercher des entreprises cotées dans la zone géographique dont vous jugez la monnaie la plus puissante. Si le franc suisse vous rassure, sachez que Novartis ou encore Nestlé sont des entreprises cotées en Suisse ; Il existe aussi des ETF switzerland par exemple « AMUNDI MSCI SWITZERLAND UCITS ETF – EUR (C) » dont voici les principales lignes :
On peut donc s’amuser à acheter des actions en direct, mais on peut également acheter des ETF investis dans d’autres zones géographiques.
Par exemple, voici la répartition en devise de l’ETF world que vous pouvez retrouver dans le portefeuille de l’investisseur de long terme :
Demain, indépendamment de l’évolution des entreprises cotées, si l’euro baisse par rapport au dollar, le cours en euros d’un ETF world s’appréciera.
Idem pour le franc suisse.
C’est là une manière simple et efficace pour se protéger contre la baisse de l’euro (mais attention, en cas de hausse de l’euro, ce sera l’inverse, votre investissement verra sa valeur baisser du fait de cette évolution du taux de change défavorable).
Se protéger contre la baisse de l’euro, c’est aussi investir dans le capital d’entreprises qui réalisent leur profit dans le monde entier et notamment dans des zones économiques avec des monnaies qui s’apprécieront.
Les entreprises françaises cotées sur le CAC40 sont des entreprises internationales qui réalisent leurs bénéfices dans le monde entier.
Prenons un exemple d’actualité pour mieux comprendre les conséquences de la baisse de l’euro sur le bénéfice en euro des entreprises mondiales.
Sodexo vient de publier les chiffres et de publier ce communiqué ce matin à 8h.
« Sodexo: croissance de 20% du CA au 1er trimestre
(CercleFinance.com) – Sodexo dévoile un chiffre d’affaires du premier trimestre de son exercice 2023 de 6,3 milliards d’euros, en hausse de 20,2% sur un an, avec un effet périmètre de -1,2%, un effet de change de +9,2% et une croissance interne de +12,3%.
Sodexo maintient ses objectifs pour l’exercice 2023, à savoir une croissance interne attendue entre +8 et +10%, portée par notamment par une répercussion de l’inflation de 4 à 5%, et une marge d’exploitation proche de 5,5% à taux constants.
…
Source : Sodexo: croissance de 20% du CA au 1er trimestre
Sodexo a une très forte activité en zone dollar. La faiblesse actuelle de l’euro face au dollar permet donc de majorer le bénéfice de l’entreprise réalisé en dollar, mais exprimé en euro (car Sodexo est cotée à Paris).
Ps : Sujet annexe : cette publication permet également de comprendre pourquoi l’investissement en actions est protecteur contre l’inflation. L’inflation, c’est la hausse des coûts de production, mais aussi des prix de vente et de ce fait du chiffre d’affaires. À taux de marge constant, le bénéfice en profite.
Se protéger contre la chute de l’euro, c’est limiter le montant de son épargne exprimé en euro.
Une baisse de l’euro pourrait être accompagnée d’une forte inflation, car l’importation de produits fabriqués ou libellés en monnaies plus fortes coutera plus cher. C’est ce que l’on nomme l’inflation importée.
C’est par exemple ce qui explique le prix du litre d’essence dans nos stations alors même que le cours du pétrole n’est pas insupportable. C’est la baisse de l’euro face au dollar qui explique le niveau élevé des prix de l’essence.
Vous devez alors limiter au maximum votre stock de monnaie libellée en euro dont le pouvoir d’achat pourrait fondre au gré de la baisse de l’euro. Le pouvoir d’achat de votre épargne risque de baisser en cas de baisse de l’euro.
Vous devez donc arrêter d’épargner et investir dans un actif dont la valeur sera directement ou indirectement indexée sur l’inflation.
- L’investissement immobilier sous toutes ses formes (résidences principale, secondaire et locative) seront évidemment des options d’une grande pertinence, car l’immobilier permet de stocker des matières premières et de la main d’œuvre dont le prix exprimé en euros ne cessent de se valoriser.
- Investir en actions pour les raisons explicitées ci-avant sera également une excellente stratégie.
À suivre.