Depuis quelques temps, au travers de quelques articles, je vous fais part de mes doutes sur l’intérêt des plateformes de crowdfunding, sur leur modèle économique, sur la qualité de leurs conseils et surtout sur le niveau de valeur ajoutée pour l’épargnant investisseur (cf »Le crowdfunding, derrière une idée géniale, une réalité qui laisse parfois interrogatif … et Crowdfunding, Attention, ça devient parfois du « grand n’importe quoi » !)
Entre des projets pas toujours viables et cohérents et un mode de rémunération qui encourage de privilégier le volume à la qualité, j’en suis même à m’interroger sur l’avenir des plateformes de crowdfunding, doutes émis notamment dans cet article « Crowdfunding : Et si on se passait des plates-formes ?« .
 

Le crowdfunding indépendant, le retour aux origines de la désintermédiation financière rendue possible par le web

Et là, hier, je tombe sur un article publié sous le titre « Crowdfunding indépendant «Le maître est l’enfant» . Une véritable révélation de l’intuition dont je vous fais part depuis quelques mois.
L’article décrit l’expérience d’un porteur de projet qui souhaitait faire financer un film documentaire sur Maria MONTESSORI. Morceaux choisis de cette expérience :

« J’ai bien évidemment fait le tour des plateformes de crowdfunding et les ai étudiées avec soin avant de décider de ne pas avoir recours à leurs services. Que ce soit les plateformes généralistes (Kisskissbankbank, Ulule, etc.) ou les plateformes spécialisées dans l’audiovisuel (notamment Touscoprod).

Je me suis alors demandé ce qu’elles pouvaient m’apporter – la réponse principale était : une solution technique clé en main (et peut-être un peu de trafic et des conseils, même si je n’en étais pas très convaincu). »

« Je me suis rendu compte que les solutions que pouvaient m’apporter les plateformes ne me satisfaisaient pas complètement. Je me suis alors un peu renseigné sur la faisabilité de créer sa campagne de crowdfunding soi-même… et me suis jeté à l’eau ! »

« Je me rends compte que le fait de ne pas être sur une plateforme de crowdfunding n’est finalement pas pénalisant, et c’est peut-être même le contraire. Il faut dans tous les cas savoir mobiliser sa communauté et activer les bons leviers de communication. »

Voilà, vous disposez là d’un aperçu de ce que pourrait être l’avenir du crowdfunding : Le crowdfunding indépendant, c’est profiter de la force du financement participatif sans utiliser l’intermédiation des plateformes de crowdfunding.

Le porteur de projet (entreprise qui cherche des fonds pour financer ses investissements) gère sa propre campagne de crowdfunding, mobilise sa communauté, mobilise des leviers de communication pour attirer les épargnants et les investisseurs.

Relisez notre article « Crowdfunding : Et si on se passait des plates-formes ?« , tout y est déjà :

« J’ai le sentiment que l’avenir du crowdfunding ne passera pas par le développement des plates-formes dont l’équilibre économique paraît délicat.

Demain, le porteur d’un besoin de financement ne pourrait il directement émettre sa demande de financement via son propre site web tel que le fait LYMO aujourd’hui. Ensuite, libre à lui de faire la publicité autour de sa demande de financement sur le web, dans les réseaux physique ou sociaux.

On peut même imaginer l’émergence d’un site internet, style Leboncoin ou notre, qui recenserait l’ensemble des offres disponibles. Chacun pourrait alors librement investir dans tel ou tel projet. Les épargnants non autonomes pourraient se faire accompagner dans leur diversification dans le crowdfunding via les CGPI – CIP et des honoraires de conseil.

Des organismes de notation indépendants chargés de « noter » la qualité des projets à financer et d’aider les épargnants dans la sélection des projets à financer pourraient même émerger. »

Les plateformes de crowdfunding, une erreur dans l’histoire du crowdfunding ?

L’émergence du crowdfunding indépendant, c’est à dire du crowdfunding sans l’intermédiation des plateformes de crowdfunding, est probablement un retour aux sources. Pourquoi le web serait il à l’origine d’une nouvelle source d’intermédiation ? Le web c’est la désintermédiation, la création des plateformes de crowdfunding est alors contre-intuitive : créer un intermédiaire coûteux dans un monde sans intermédiaire. 

L’intention du législateur était elle véritablement dans la création de plateformes de crowdfunding ? Faut il voir les plateformes de crowdfunding comme la seule solution possible pour faire du crowdfunding ?

Je ne crois pas. Les plateformes de crowdfunding ne sont, à mon sens, que le fruit de l’ambition d’entrepreneurs qui ont cru voir dans le crowdfunding, la nouvelle intermédiation financière et ont été créées par des « as » du capital investissement et du private equity rompus aux mécanismes de la finance des années 2000.

Il ne me semble pas possible d’utiliser les codes de la finance 1.0 pour développer le crowdfunding. 

Aujourd’hui, pour être rentable une plateforme de crowdfunding « prêt aux entreprises » doit prêter 100 millions d’euros chaque année alors qu’on estime à 31 millions le montant total des prêts octroyés en 2015. Autant dire qu’il va y avoir de la casse !

Cet incroyable objectif de collecte oblige à une course folle vers les volumes : Il faut financer pour survivre (car si les épargnants sont nombreux, les projets intéressants et viables sont trop rares. Comme je le dis depuis de long mois : il n’est pas difficile de trouver de l’argent presque gratuit dans une banque pour un projet sérieux et viable, le recours au crowdfunding Lending est réservé aux entreprises qui ne trouvent pas de prêt bancaire et qui sont condamnées à payer 3 fois plus d’intérêt pour se financer – Un entrepreneur n’accepte pas de payer 6% à 10% d’intérêt pour le plaisir alors que les banques prêtent à 3%. )

Cette course aux volumes pour assurer la rentabilité de la plateforme de crowdfunding lending n’est probablement pas saine et pourrait être source de fortes déconvenues. 

Le crowdfunding ne peut être une source d’enrichissement et un modèle économique par lui même, ce n’est qu’un nouveau moyen de financer un projet d’investissement.

 

Le crowdfunding indépendant suppose une professionnalisation du conseil pour accompagner les épargnants dans ces nouvelles formes d’investissement.

Demain, le développement du crowdfunding indépendant suppose, pour les épargnants qui en ont le besoin, un accompagnement de haut niveau. Si tous les porteurs de projet peuvent réaliser leur propre campagne de crowdfunding, il devient nécessaire qu’un organisme indépendant se charge d’apprécier la qualité et le niveau de risque du projet.

Cet accompagnement des épargnants qui en ressentent le besoin doit nécessairement être réalisé :

Par un professionnel capable de noter la solidité financière du porteur de projet ;

Indépendant, c’est à dire uniquement rémunéré par l’épargnant qui a besoin de conseils pour sélectionner les projets de crowdfunding ; A ce titre, souvenez vous qu’un Conseil en Gestion de Patrimoine Indépendant (CGPI) ne peut recevoir de l’argent de la part d’une plateforme de crowdfunding (cf »Crowdfunding, les CGPI CIF peuvent ils être rémunérés par les plateformes ?« 

– et généraliste, le professionnel doit avoir une vision globale des projets à financer et non se contenter d’un partenariat « apporteur d’affaire » rémunérant l’apport de client ;

Le crowdfunding est toujours une idée révolutionnaire pour améliorer le financement de l’économie. Il faut juste l’organiser pour l’intérêt de tous, et comprendre que le crowdfunding, c’est la désintermédiation financière. Les plateformes ne sont donc probablement pas la solution. 

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