Depuis 2008, nous savions tous que les épargnants et les détenteurs de patrimoine paieraient au final les conséquences de la crise financière : Hyper-inflation, Faillite et défaut général des états surendettés, Ponction sur l’épargne pour sauver les états de la faillite, Bail in… Rien de cela n’est arrivé et n’arrivera car la solution est ailleurs : Les taux d’intérêt négatifs.

Les taux d’intérêt négatifs, c’est la stratégie trouvée par les banques centrales pour régler le problème du surendettement des états et faire payer les conséquences de la crise aux seuls agents économiques qui en ont encore les moyens. La crise de surendettement sera réglée par une destruction du patrimoine des rentiers (même si je déteste ce mot, car il ne reflète pas la situation des détenteurs de patrimoine en 2016) au profit des emprunteurs.

Avec les taux d’intérêt négatifs :

– En 2016, les détenteurs de patrimoine devront payer pour le posséder ;

– En 2016, les emprunteurs et les agents économiques structurellement en demande de financement seront payés pour emprunter.

La situation est bien celle-ci : En 2016, il est plus simple de ne pas posséder de patrimoine et de s’endetter pour se le constituer que de jouir des revenus d’un patrimoine déjà constitué. 

Les taux d’intérêt négatifs, soit en réel, c’est à dire après imputation de l’inflation, soit en nominal, c’est à dire brut, sans prise en compte de l’inflation, permettent à l’agent économique structurellement endetté (état, mais également entreprise et certains ménages en constitution de patrimoine) de s’enrichir sans rien faire. L’évolution du coût de la vie suffit à rembourser tout ou partie de ses crédits.

Un état qui emprunterait 100€ au taux d’intérêt négatif de -1% verrait sa dette anéantie en 100 ans. Plus besoin de rembourser ses crédits, les taux d’intérêt négatifs le font pour vous. 

 

Bien évidemment, si l’emprunteur et l’agent économique structurellement en demande de financement est le grand gagnant des taux d’intérêt négatifs, le détenteur d’un patrimoine passif (monétaire et ou obligataire et/ou fonds euros des contrats d’assurance vie et même immobilier locatif) paiera ce taux d’intérêt négatif.

Le détenteur de patrimoine verra son patrimoine baisser au rythme du taux d’intérêt négatif.

Les taux d’intérêt négatifs opèrent un transfert de patrimoine entre créancier et débiteur : Le débiteur, c’est à dire celui qui en endetté, est payé par le créancier, c’est à dire celui qui prête. 

 

 

Immobilier, obligation, placement bancaire, fonds euros des contrats d’assurance vie sont touchés par les taux d’intérêt négatifs et détruisent la valeur du patrimoine de leurs détenteurs.

Lentement mais surement, un peu à l’instar d’un impôt invisible sur le capital, les taux d’intérêt négatifs ponctionnent la valeur du patrimoine des détenteurs d’un patrimoine passif (=-+ rentiers). Un patrimoine passif (terme inventé à l’instant par votre serviteur), c’est un patrimoine qui n’est pas géré et qui ne peut s’adapter à l’évolution de la conjoncture.

Reprenons la définition LAROUSSE de la rente : « Revenu périodique, non obtenu par le travail, contrepartie du droit du propriétaire d’user de sa terre (rente foncière) ou provenant d’une ressource rare (rente pétrolière) ».

Un patrimoine passif c’est un placement bancaire dans un livret A, un PEL, les obligations, un fonds euros des contrats d’assurance vie dans la mesure où ils sont constitués à plus de 80% d’obligations, et même un bien immobilier locatif.

En effet, dès lors qu’il coûte de détenir une épargne monétaire ou une obligation, votre patrimoine se détruit irrémédiablement avec le temps.

Pour l’immobilier, les conséquences sont identiques, même si elles sont à mon sens moins visibles : Les loyers baissent un peu partout en France, les charges augmentent, les impôts sur les revenus fonciers toujours très élevés. Au final, le revenu généré par le bien immobilier peine à couvrir les charges annuelles générés par ce dernier.

Au gré des années, et la mécanique s’accélère avec la baisse des loyers induite par la déflation, et le propriétaire immobilier locatif doit payer pour mettre son bien immobilier en location car les charges sont supérieures aux revenus. Cet excès de charges consomme et a pour conséquence de réduire le patrimoine du propriétaire immobilier. 

Le propriétaire immobilier qui se considère comme bénéficiaire d’une rente (= Revenu périodique, non obtenu par le travail) se verra ponctionné par les taux d’intérêt négatifs. Pour éviter ces conséquences désastreuses pour la valeur finale de votre patrimoine, vous devez vous considérer comme entrepreneur de votre patrimoine et de votre actif immobilier (cf »Pour devenir riche, il ne faut pas épargner, il faut investir !« ).

Investir dans l’immobilier locatif, ce n’est plus bénéficier d’une rente, vous devrez « travailler » pour en tirer un profit. Ce pourrait être la réalisation de travaux pour adapter l’immeuble aux besoins du locataire et donc assurer la pérennité des loyers, envisager la location meublée ou la location saisonnière avec services annexes pour majorer le revenu obtenu de l’actif immobilier, …

 

 

Pour ne pas subir les taux d’intérêt négatifs, il faut s’endetter ou investir dans l’entreprise, structurellement en demande de financement

 S’il est admis que les taux d’intérêt négatifs détruisent la valeur du patrimoine passif ou du rentier, ces derniers pourraient faire la force des agents économiques structurellement endettés.

Les plus jeunes ménages en constitution de patrimoine pourraient être naturellement les gagnants des taux d’intérêt négatifs puisque les crédits immobiliers seront remboursés par les taux négatifs : Vous êtes payés pour emprunter !

La seule solution pour ne pas subir les affres des taux d’intérêt négatifs ne serait elle pas de s’endetter pour investir et devenir entrepreneur de son patrimoine et d’investir dans un actif structurellement en demande de financement, c’est à dire dans l’entreprise.

Face aux taux d’intérêt négatifs et cette ponction latente sur les patrimoines des rentiers, il faut réagir et modifier sa manière d’investir.

Investir dans l’entreprise, c’est investir dans un agent économique structurellement endetté et investisseur : La survie à long terme d’une entreprise repose sur sa capacité à investir, à s’adapter à un monde économique profondément bouleversé. L’entreprise qui se considère comme la rentière de son marché n’a pas d’avenir.

Investir dans l’entreprise me semble être la seule solution pour éviter les conséquences des taux d’intérêt négatifs et la destruction patrimoniale qui en découle. Il faut alors disposer d’une vision entrepreneuriale de la gestion de son patrimoine :

– Avoir une gestion active de son investissement immobilier et ne plus le considérer comme une rente ;

– Investir à long terme dans le capital d’une entreprise (action) ;

– Investir dans les PME grâce au crowdfunding ;

– … Bref ne plus se considérer comme un rentier de son patrimoine (rente = Revenu périodique, non obtenu par le travail).

Et vous qu’en pensez vous ?

Les taux d’intérêt négatifs sont ils la solution trouvée par les banques centrales pour régler le problème de l’endettement des Etats sur le dos des détenteurs de patrimoine ?

 

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35 Comments

  1. La véritable catastrophe issue de la politique des banques centrales est bien la mise en place des taux négatifs. Plus vite ils disparaîtront et mieux ce sera. Nous sommes dans une fiction économique et comme toute fiction sans réalité (logique 🙂 ) économique. Un changement de politique radical s’impose et vite. Les taux négatifs n’ont pas vraiment aidé le Japon, précurseur en la matière. Création artificielle de liquidités, excédents de réserves, les banques centrales centrales qui ont le pouvoir excellent dans ce qui est démontré dans l’article de Guillaume un fléau même si l’on a l’impression qu’au final nous sommes gagnants. Lourde erreur.

  2. Fredy Gosse says:

    si la « rente » disparait qui est pourtant le socle du capitalisme celui ci disparait aussi….car d’ou viendra l’argent pour investir? ,de la manne biblique des banques centrales?les marxistes n’ont pas eu la peau du capitalisme mais les Etatistes pour continuer à garder le Pouvoir sont en train d’y arriver…
    mais pourquoi s’inquiéter ,probablement l’invasion ethnique que nous subissons aura des effets bien plus rapides , avec la résurrection des nationalismes face à l’angélisme » merkelien » car ce qui entre enAllemagne est libre de circuler dans l’espace schengen
    ce qui se passe en Suède ou au Danemark devrait nous interpeller , il est vrai que nous avons aussi le Neuf Trois chez nous (et pas seulement) excellent article du maire PS d Montfermeil sur le sujet

  3. Bonjour,

    Vous dites :  » Les plus jeunes ménages en constitution de patrimoine pourraient être naturellement les gagnants des taux d’intérêt négatifs puisque les crédits immobiliers seront remboursés par les taux négatifs : Vous êtes payés pour emprunter !  »

    Vous en connaissez parmi des particuliers qui souscrivent des crédits immobiliers à taux négatifs ? Si OUI, je suis intéressé…

    • emprunter à 2% en 2016 sur 25 ans… sera un crédit à taux négatif en cas d’inflation supérieure à l’avenir 🙂

      merci pour cette remarque…

      • Bonjour,

        en fait, il n’y aura plus d’inflation. La BCE provoque l’effet inverse.
        L’afflux de liquidité entraine une augmentation des actifs mais pas une augmentation des investissements ou de la demande. Résultat, les banques vont dégraisser, les assurance vie s’auto détruire et les prix baisser pour sauver les marges des entreprises. La population européenne arrive au papy boom donc il n’y aura pas de miracle puisque les entreprises n’investissent plus et ne pensent qu’a reverser des dividendes.
        Seule bonne nouvelle, la déflation apporte généralement son flot de nouveaux entrants.
        cf l’étude de Guido Hulsmann.

  4. Fredy Gosse says:

    je ne résiste pas à vous proposer le lien suivant
    http://h16free.com/2016/02/24/46880-la-triple-faillite-de-la-region-poitou-charentes

    appliquer cela au niveau national ….
    mais je reviens sur le intérêts négatifs bien sûr qu’il tueront les rentiers si les banque centrales continuent.Rappelez vous d’une chose en 50ans le capitalisme avec des rentiers a construit pratiquement toutes les lignes ferroviaire françaises , que le socialisme des années 60 n’a pas eu l’argent pour construire des trains à suspension magnétique que les japonais ,eux, ont repris ( déjà le rentier était plumé) L’Eta a construit 45 KM du côté d’Orléans mais après impossible de trouver le financement Depuis il a conçu le TGV qui est un gouffre e à pognon entretenu par les contribuables, c’est quoi la suite? le tout Etatique , la création électronique déchaînée pour appliquer le volontarisme façon Ségolène, Cchirac ,façon 93 etc…

    la seule chose que nous ignorons c’est quand et par ou le système va craquer en premier

    • Excellent article.

      Image réaliste des Politiques de tout bord qui prêchent pour leur paroisse avec l’argent du bon peuple.

      Notre département a décidé une augmentation de 66% de la part départementale des taxes locales. C’est évidemment préférable à la solution de diminuer les dépenses …….. 🙂

    • PPLBLS says:

      Il n’y a jamais eu de train à lévitation magnétique en France. Mais seulement le prototype d’un train sur coussin d’air BERTIN sur une ligne de 10 km de long. Pour ce qui est des socialiste au pouvoir en 1960, je en savais pas encore que Charles de Gaulle était socialiste…Qu’en au rentiers qui ont construite toutes les lignes ferroviaire, si l’état ne s’en était pas mêlé sous la troisième république, les voyageurs seraient encore obligés de changer de gare à Bourg en Bresse ou à Lyon où elles n’étaient pas connectées…

      • Fredy Gosse says:

        Hum….
        admettons j’ai dit une….bêtise technique sur le train ….. pas sur la réalité économique , pas de financement public possible et plus assez de capitaux privés …déjà….
        De Gaulle , un sujet que j’adore,on croirait entendre Clavier ….dans un de ses derniers films ,touche pas à mon icône…
        je reconnais à notre statue du commandeur un mérite :celui d’avoir donné le droit de vote aux femmes , pour le reste, je lui attribue la paternité de tous nos malheurs actuels….
        l’ENA…… (peut être êtes vous énarque) du classement de sortie et surtout de vos relations vous voila marquis à vie…. (au minimum)
        la sécu établit sur le modèle en construction sous Petain et que les mêmes hauts fonctionnaires devenus Gaulliste au bon moment ( vous savez comme un certain President décoré de la francisque , mais il y en a tant d’autres)
        comment croyez vous que ce projet soit sorti aussi rapidement.
        les syndicats dits représentatifs….. vaste sujet toujours d’actualité …. vous aimez ? moi pas
        les conventions collective étendues ….. circulez y a rien à voir
        les nationalisations ,une bonne régie ……pour repas désespérer Moscou -:)
        les programmes d’enseignement et l’enseignement laissés aux communistes….nous en payons tous les jours le prix , L’économie vue par l’Education nationale…..la dénonciation de l’assimilation
        :la culpabilisation de l’homme blanc ,aujourd’hui la propagande verte etc etc…….
        le plan …..et oui moi à mon échelon j’ai participé à l’élaboration d’un plan de développement outre mer , quelle rigolade…j’ai même rédigé, sur ordre, un texte sur les incitations et avantages économiques à accorder aux entreprises pour qu’elles embauchent alors qu’elles ne payaient pas localement encore d’IS et les individuels d’IRPP( il est vrai que comme gribouille il y avait un projet d’assimilation fiscale à la parisienne dans le tiroirs de la rue Oudinot et plus haut)
        confidence ..pour confidence j’ai démissionné face à ces absurdités. l’Administration je connais donc de l’intérieur et j’ai vu comment ça fonctionnait .Croyez moi l’intérêt général c’est l’intérêt de l’Administration .
        continuons la description du « liberalisme » Gaullien , ça ressemblait quand même un peu au socialisme mussolinien;( horreur, je dis des horreurs) :tout par l’Etat rien hors l’Etat et rien contre l’Etat.et le capitalisme à un capitalisme de connivence qui existe toujours d’ailleurs…
        Pour que le socialisme fonctionne et c’est la condition première et incontournable, il ne faut pas de concurrence internationale Gaullisme et trotskisme même combat…. et là il faut dire que l’époque Gaulliste fut très imaginative…et très protectionniste ….c’est comme cela que des milliards furent engloutis pour prolonger la survie douloureuse de secteurs entiers dont tous les experts savaient que c’était foutu mais dont le Grand Homme ne voulait pas entendre parler par nationalisme exacerbé ou pour dépenser de l’argent uniquement pour être contre….et d’abord les américains ( ok je reconnais qu’il avait des raisons personnelles ,lui que ce charmant » Delano » avait sérieusement envisagé d’e l’éliminer )
        et j’arrêterai sur l’agriculture productiviste et protégé ,d’abord il y avait des besoins après la guerre
        mais surtout que les contribuables ont payé lourdement:nos surplus servaient à nourrir l’URSS ,à travers notre fameux milliardaire rouge Doumeng..(en espérant qu’il n’ y’ ait pas eu de retour de financements politiques)
        Mais comment osez vous… les trente glorieuses…. c’est lui ..taratata…. il y’a toujours ce qu’on nous a montré à travers l’absence de libertés d’opinion (radio et tv muselés) et ce que le français n’ont pas vu et dont ils paient tous les jours l’addition;il ne suffit pas de sauter en criant l’Etat,l’Etat,l’Etat…-:)))))))))))))))
        l’Etat est la plus grande fiction par laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde
        De Gaulle pas socialiste…. si vous grattez un peu vous trouvez sans problème un authentique
        anti libéral comme les cocos ,les trostkos , les socialos ,les fachos alors ajoutons les gaullos____ y a plus de bêbêtes show mais ce n’est pas rigolo
        bonne matinée

  5. « Avoir une gestion active de son investissement immobilier et ne plus le considérer comme une rente »: même dans certains cas, ça ne le fera pas: loyers en baisse certes, mais dans certaines configurations, l’offre est abondante en appartements neufs RT2012, avec des loyers qui vont tirer à la baisse, et des locataires à la limite de l’insolvabilité, tandis que l’ancien en concurrence, sans qualité ni parking et avec des charges (de chauffage notamment) bien plus importantes, ces mêmes locataires quasi insolvables (je le répète exprès) font la moue. D’où votre propriétaire ne peut de toutes les façons pas suivre. J’ai prévenu maintes fois que l’immobilier ancien était beaucoup trop cher, se trouvant en concurrence avec du neuf (peut-être moins bien placé, mais avec du parking par exemple, et, surtout, pour un locataire qui n’y a de toutes les façons -neuf ou ancien, pas d’avenir). Vous avez hurlé sur les taux négatifs? Moi, je vous dis, dans certains cas, c’est le travail qui va être payé en négatif. La vraie entreprise, en pareil cas, risque de s’appeler « sauve qui peut ».

    Quant à investir dans une entreprise à travers ses actions (bourse ou private equity, pour faire simple), ou au travers du crowdfunding ou du crowdlending: C’est OK, il y aura toujours des pépites, des marchands de canon et des « boites qui déboitent » Mais vous conviendrez, qu’à partir du moment où ce n’est pas vous qui serez aux commandes, vous ne saurez pas si elles peuvent emprunter de l' »argent gratuit » et soi-disant bénéficier de ces taux négatifs . De plus, si l’économie est appelée toute entière à fonctionner comme une junkie, toujours sous perfusion, on peut se demander comment l’entreprise en question va pouvoir longtemps rester indépendante de sa banque, et la banque de la banque centrale, et la banque centrale du FMI.

  6. Excellent article, excellents commentaires, le nouveau marronnier disruptif dont on parle dans les chaumières (BFMTV, Bertez et autres) car il va durablement s’installer.

    Qui aurait pu imaginer que l’euthanasie du rentier de Keynes pouvait s’entendre en sens inverse que l’érosion inflationniste ?
    Nous y sommes… très fort, et quasi invisible,mais ô combien douloureux à venir.

    Voyez le Japon qui se précipite sur les coffres forts pour y stocker le cash (tant qu’il n’est pas électroniquement remplacé !)
    Mais eux au moins bien que vieillissants n’acceptent pas ce déluge migratoire, et ce de longue date, puisqu’ils auront de toute façon la robotique…

    Comprenez la subite apparition des frais bancaires de tenue de compte ( à l’heure électronique en 2016 !!) puisque votre argent , simple créance envers vous du banquier, ne plus être joué sur les marchés qui ne rapportent plus guère, il faut bien tondre le déposant, mais là au moins c’est visible !

    Comprenez le subit engouement des »autorités » pour la monnaie non cash( = électronique paiement avec ou sans contact) pour cause de « terrorisme » (lol) , hygiène (les mains sales de certains ministres par exemple ?? :=)) ) , coût, praticité => en fait contrôle absolu et total sur la vie d’un individu que l’on peut condamner à la mort tout court en cas de fermeture des flux.

    Comprenez enfin les lois liberticides soit disant contre le terrorisme, qui permettront aux plus récalcitrants de plier.

    Comprenez aussi les flux migratoires bientôt redirigés en masse chez nous si l’on ne ferme pas les frontières, qui permettent une homogénéisation finale de la masse de »consommateurs » , après le chaos conflictuel salarial, religieux et ethnique que cela va engendrer.

    Point de théorie du complot ici, mais une vision lucide qui fait qu’on ne peut abstraire nos calculs patrimoniaux de mise en gestion dynamique de nos avoirs, de la situation géopolitique et financière qui accélère à grande vitesse sous nos yeux, mais hélas avec une mise en perspective difficile car nous sommes poissons rouges en notre bocal…

  7. Ceci étant pour revenir aux calculs, il est évident qu’il s’endetter maintenant, avec discrimination.
    Mais s’endetter même à taux bas implique une pérennité du revenu du travail ou revenu locatif, et cela n’est pas gagné, ici en tout cas.
    D’où d’ailleurs la morosité du moral national qui ne peut mettre de mots sur tout cela mais le sent dans ses tripes….

    Car le seul recours à la location meublée (on va voir l’évolution fiscale des amortissements) ou saisonnière, faire des travaux, ne suffira peut être pas à maintenir des flux entrants : la circularité économique exigera que vos locataires eux aussi ne subissent pas une baisse de revenus, que la législation des rapports ne se durcisse pas encore plus, etc…

    Hélas tout se tient, vogue le même navire, et même si l’on peut tirer profit de quelque niche de crowdfunding ou belle entreprise, la majorité va souffrir et nous en faisons partie.

    Une des solutions sera l’internationalisation des patrimoines

    P.S. je ne suis pas pessimiste, je tente de trouver …..

  8. L’internationalisme des patrimoines 🙂 j’adore 🙂 : )
    Grand succès en vue.

  9. L’internationalisme, on verra !!!!

    l’internationalisation, on y travaille….

  10. Oui, et il y en a bien d’autres -des travailleurs de l' »ombre » (l’ombre au sens que Michel-Ange lui donnait quand il dit cette phrase sublime « Le soleil est l’ombre de Dieu ») qui s’occupent pour nous de la fin du couplet « L’Internationale sera le genre humain »…Enfin, certains se rendent compte que les deux faces opposées sont en fait de la même pièce!
    En attendant, « multinationalisez » vos patrimoines!

  11. Je sais bien que la gauche se déchire mais nous, nous ! 🙂 il faut arrêter de délirer. C’est un blog sérieux ici :).
    Humour humour sur un sujet qui n’en a pas.

  12. @ Jérome Antoine
    Vous dites « Moi, je vous dis, dans certains cas, c’est le travail qui va être payé en négatif »
    Il me semble que c’est déjà le cas en France pour les éleveurs de cochon et vaches à lait !

    Pour les propriétaires de logements loués via une SCI, la solution serait peut-être de prendre un emprunt pour se faire rembourser les comptes courants et de placer le cash à l’étranger ..

  13. J’apprecie le constat de Guillaume, et aussi les mails de sven (que je partage tres largement).
    Effectivement, les taux negatifs sont de l’impot sur l’epargne, on parle aussi de repression financiere… (tout cela allant avec la repression sur le cash etc.).
    Internationalisation et ouverture a des classes diversifiantes me semblent la seule voie possible, car si certains perdent, d’autres gagnent , toujours.
    Faut-il encore s’endetter? C’est question de situations individuelles, mais aussi de perenite des revenus…
    Les Japonais meme si nous rigolons jaune, nous donnent une idee de ce qui nous attend, au Japon ce qui marche mieux ce sont les Smalll/Mid Caps, mais deja 7 compagnies d’assurance vie en failliite…
    Une reflexion: Croyez-vous serieusement que la dette gratuite cela va durer longtemps, que les realites ne vont pas imposer un nouvel ordre monetaire base sur ceux qui peuvent VRAIMENT rembourser et que l’on ne prete qu’au riche et que l’argent va a l’argent (je sais cela semble des poncifs, mais parfois…).
    Quand la monnaie n’a plus de valeur, qu’est-ce qui reste? Un Mega=Krach, Or, terres, force de travail creatrice de valeur, un toit, de quoi bouffer ou donner a bouffer ou boire (de l’eau), bref, ce qui est VRAIMENT important,, donc aussi ne PAS faire confiance a nos gouvernants (C’est pas grave, c »est l’Etat qui paie, dit notre PR), ne pas faire confiance, mais verifier TOUT, bref un peu de parano ne fait pas de mal parfois, mais ou aller?
    Un peu d’or (je sais on va me tirer dessus), avoir son propre toit, ne pas croire que les migrants vont nous sauver, ils vont juste servir nos gouvernants a nous faire accepter que notre systeme social doit etre « alllege », pousser nos enfants et nous meme a nous adapter a un monde du travail ou seuls ceux qui savent se projeter dans les technologies et le progres auront de quoi vivre pour payer les charges des chomeurs, retraites, malades, migrants, Etat et fonctionnaires a financer. Comme il n’y en aura pas pour tout le monde, apprenez a vous battre dans tous les sens du terme pour defendre le bifteck et investissez dans ce qui a le plus de plus–values a court-moye terme,, prenez vos gains regulierement et diversifiez aussi vos comptes (France et ailleurs), assurance-vie (France et ailleurs), vos actions (Frannce et ailleurs), et selon vos preferences, coonsiderez aussi d’aller viivre aillleurs! Toutes mes excuses pour la longueur du message.

  14. Pour ma part, au contraire, je serais plus enclin à une relocalisation des patrimoines pour favoriser des investissements pour que les agents locaux en besoin de financement puissent capter des ressources auprès de ceux en capacité (cela rejoindrait également partiellement un article précédent sur le financement participatif sans plateforme, ou alors une plateforme locale). La dimension locale pourrait accorder plus de sens et de responsabilisation pour les parties à l’inverse de mouvements financiers opportunistes aujourd’hui sur des échelles temps inverses à la notion d’investissement.

    Ensuite, sur les taux d’intérêt négatifs, évidemment qu’il s’agit d’un changement de paradigme important (lorsqu’on observe les prêts à taux variable actuellement on arrive à des éléments où les banques vont devoir réagir – ce qu’elles font, à voir comment les usagers vont réagir. Exemple avec un dossier où le taux était Euribor 3 mois + marge de la banque à 1.72%: au début du prêt, le taux était de 1.81% avec un Euribor à 0.09%, aujourd’hui, le taux est à -0.2%, soit un taux de 1.52% qui rogne la marge initiale de la banque). Sur l’épargne, il convient d’être vigilant dans son allocation globale.

  15. Certes, Yves B. mais je serai paradoxal : la relocalisation partielle n’empêche pas l’internationalisation.

    La responsabilisation, moi je veux bien, mais cela marche dans un monde non bisounours où les différents acteurs respectent des lois stables, en bref si tout le monde joue le jeu.

    Je ne suis pas cynique disant cela, mais force est de constater qu’il n’en est presque rien à cette époque.
    (pour qui a connu le retrait de la parole et signature de l’Etat, la modification d’en haut des règles synallagmatiques impactant les rapports entre particuliers qui changent alors de comportement et s’engouffrent dans la brèche, etc…)

    Comprenez moi : je ne prône pas le « sauvequipeut » mais je reste vigilant sur les grands mots « collaboratif, circulaire, lendemains qui chantent, solidarité, non opportuniste », tous signes habilement manipulés par des tiers qui ne les incarnent pas d’un iota le plus souvent.

  16. « La crise de surendettement sera réglée par une destruction du patrimoine des rentiers »

    Pas tout à fait d’accord.
    Une solution effective consiste effectivement, par la voie des taux négatifs, à spolier les détenteurs de patrimoine bancarisé.

    Tout ce qui n’est pas dans le circuit de la Finance est, pour l’instant, exclus.

    « Au final, le revenu généré par le bien immobilier peine à couvrir les charges annuelles générés par ce dernier. »
    Vous ne poussez pas le bouchon un peu loin?
    Ou vous le faites exprès, ou vous n’êtes pas fait pour investir dans l’Immobilier.

    « Investir dans l’immobilier locatif, ce n’est plus bénéficier d’une rente, vous devrez « travailler » pour en tirer un profit. »
    Vous ne trouvez pas ça normal? C’est le contraire qui était inacceptable, et insuffisamment taxé.
    Et j’insiste lourdement, même si vous faites fi de mes réflexions: vous avez là un exemple patent de la différence entre du placement et de l’investissement.

    « Il faut alors disposer d’une vision entrepreneuriale de la gestion de son patrimoine : »
    C’est exact

    « – Avoir une gestion active de son investissement immobilier et ne plus le considérer comme une rente ; »
    C’est encore exact

    « – Investir à long terme dans le capital d’une entreprise (action) ; »
    Ce n’est pas un investissement, mais un simple placement, avec toutes ses conséquences

    « – Investir dans les PME grâce au crowdfunding ; »
    Je n’ai jamais cru dans les intermédiaires.

    Ce que j’en pense de façon globale: bien d’accord avec vous sur le principe! Nos apprentis sorciers n’ayant pu résoudre les dysfonctionnements majeurs du monde par des plâtrages sur des jambes de bois, utilisent ce dernier ressort pour alléger (annuler?) la Dette des États qui sera impossible de rembourser.

    Dernière étape avant la chute finale?

  17. Ah tiens ! peut être à l’origine de l’article …

    http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/les-actions-des-banques-centrales-sont-elles-toujours-efficaces-2502-763182.html

    vers 18.14 , h. de Castries reprend le fait que l’on entre dans un monde inconnu avec les taux négatifs, et comment selon lui s’en protéger.
    Toute l’interview est très intéressante et frappée au sceau du bon sens, même s’il prêche pour sa paroisse, en bon capitaine d’industrie

    Le nouveau marronnier vous disais-je….. mais un arbre qui doit porter les fruits de l’interrogation …..puis de la connaissance !! pour éviter la châtaigne finale……

    • @Guillaume !!!
      Très important
      Bien écouter H de Castries les 5 dernières secondes.

      Il conseille quoi?

      Investir dans les actions? Que nenni

      Il conseille, pour ceux qui ont de l’épargne, de placer cette épargne en Bourse et non de l’investir. Et faire confiance aux entreprises qui investiront, si elles l’entendent, cette épargne (ou la distribueront sous forme de dividendes aux actionnaires).
      Et les autres? Les sans-dents? pas un mot!

      Peut-être allez-vous entendre cet éminent patron d’industrie plutôt qu’un vulgum pecus nommé Ankou? 🙂

      Patron qui par ailleurs n’a aucun scrupule de remettre sur la table l’esclavage pour diminuer le chômage, une sorte d’esclavage moderne 2.0 quoi!

      Stéphane Soumier avait bien du mal à se contenir.
      Et H de Castries a au moins eu l’honnêteté de dire que les 40 M€ donnés au patronat étaient directement allés aux actionnaires. Un peu comme les milliers de M$ des BC dispersées dans la nature.

      Ce système ne peut plus fonctionner.

  18. Guillaume,

    La baisse des taux n’a fait que gonfler les autres actifs donc les rentiers ne se portent que mieux avec ces taux.
    Ils ont de la plus-value et du revenu (ex dans l’immobilier, les fonds obligataires)
    L’emprunteur a besoin d’inflation quand on s’endette à taux fixe si en année N+2 l’inflation est de 6% votre salaire est censé augmenté de 6% alors que votre crédit reste stable… ( on s’endette à 2% mais l’inflation est à 0% voir négative)
    Votre vision suppose l’arrivée à l’échéance d’un passif et le remplacement de ce dernier par un nouveau passif qui a un rendement plus faible….
    Les taux faibles permettent uniquement à notre génération d’accéder à la propriété sur 25 ans à un taux faible en payant à prix d’or de l’immobilier que nos parents ont payés sur 10-15 ans avec une inflation très forte.
    Il vaut mieux s’endetter à 10% si mon salaire augmente de 12% avec un crédit sur 12 ans que de s’endetter sur 25 ans à 2.2% quand le salaire des actifs n’augmente pas 🙂
    Bonne soirée
    Sam

    • « Il vaut mieux s’endetter à 10% si mon salaire augmente de 12% avec un crédit sur 12 ans que de s’endetter sur 25 ans à 2.2% quand le salaire des actifs n’augmente pas 🙂 »

      Pas faux

      • Pas faux, encore que…
        Vous aurez eu une épargne forcée avec de l’argent pas à vous, certes avec un peu d’intérêts, pour votre RP, que vous n’êtes pas obligé de payer à prix d’or si vous êtes fin chasseur.
        Si bien sûr vous achetez du neuf- souvent avec malfaçon -, à tarif démentiel……

        Ne pas oublier que dans les années 50, pas de crédit, seulement du crédit vendeur une fois que l’on avait un capital suffisant pour nouer la vente.

        De toute façon, ce genre de projection comparative n’a aucun intérêt si l’on se dirige vers une niponnisation de l’économie, car cela restera une … hypothèse d’école ou un voeu pieux, selon la chapelle ou le mouvement auquel on appartient.

        • Sven,
          Quand je parle à prix d’or c’est comparativement au prix réel qu’on devrait avoir. Je veux dire que la baisse des taux qui a pour but de relancer la consommation n’a provoqué qu’une bulle des actifs et donc un enrichissement des rentiers 😉

          Dans le contexte actuel, pour les nouveaux il faudra s’endetter et prendre plus risque tout simplement et sur ce point là je suis tout à fait d’accord avec Guillaume 🙂

  19. Et puis encore, Xavier Lépine , de la Française AM, bien réaliste aussi…. il reste des poches roses, mais il y a urgence à changer de paradigme…

    Ça craque ! Où sont les points de repères ?
    26/02/2016
    L’année dernière pratiquement jour pour jour j’écrivais « Ça va péter » où j’évoquais les fortes probabilités d’occurrence d’une crise liée à la combinaison de multiples facteurs : de la mondialisation à la disruption, du surendettement des Etats à l’inégalité de la répartition des richesses, de la montée des risques géo-politiques aux risques écologiques.

    Les marchés sont généralement mono-maniaques mais depuis le début de l’année, c’est bien un sentiment de craquage généralisé auquel nous assistons.

    Nous assistons de fait à une dégradation de l’environnement sur la quasi-totalité des points macro-économiques et politiques, et observons concomitamment une anticipation de l’érosion de la profitabilité des entreprises, les chefs d’entreprises annonçant des perspectives modestes pour 2016. Stratégie de communication ou réalisme…

    La perte de confiance dans les Banques Centrales : plus de la moitié des pays occidentaux ont des taux à moyen terme négatifs. De fait, ce ne sont plus des taux de marché mais des taux longs « administrés » par les Banques Centrales pour assurer la soutenabilité de la dette accumulée depuis 30 ans. La conséquence est connue, il n’y a plus de rémunération ni du risque ni du temps et de fait, ayant perdu largement les repères de valorisation, les marchés oscillent entre l’espoir et la peur d’une nouvelle action de la BCE ; la nouvelle perception de l’action des Banques Centrales, pompiers ultimes du système, indique aussi à quel point le système est aujourd’hui sous l’effet de soins palliatifs qui font migrer son fonctionnement du rationnel à l’irrationnel.

    Du côté des investisseurs, la crise actuelle est également une crise de la régulation : il n’y a plus d’acheteurs de Long terme ni de fournisseurs de liquidités/market maker. Les médicaments sont en train de tuer le malade.

    Solvabilité 2 est mis en place depuis le 1er janvier et la baisse des taux longs gouvernementaux (base du calcul pour l’actualisation des passifs), -0,45 % pour l’OAT, a des conséquences dramatiques pour les ratios de solvabilité au 31 mars des compagnies d’assurance ; l’impact, toute chose égale par ailleurs, est de l’ordre de 1,6 % de besoin en fonds propres supplémentaires (soit, par exemple passer de 7 à 8,6 % de besoin de fonds propres). Concrètement, les assureurs-vie, ne pouvant pas facilement augmenter leurs fonds propres, allègent encore plus leurs positions en actifs risqués consommateurs de SCR (Solvency Capital Requirement).

    Côté banques, la position du régulateur n’est pas plus encourageante, les besoins de « bail in » supplémentaires pénalisent fortement les banques qui ont une activité de marché. Leur réponse est double : réduction supplémentaire de leurs activités pour compte propre et émission de dette subordonnée Tier One qui se traite sur des rendements de l’ordre de 10 %, l’excès de cash étant replacé à taux négatif auprès de la Banque Centrale Européenne.

    Côté Fonds souverains la situation n’est pas meilleure entre une Chine qui ralentit et dont les réserves de devises se réduisent et les pays pétroliers qui subissent de plein fouet l’effondrement du prix de l’énergie fossile… ils n’investissent plus, voire ils désinvestissent.

    Après un monde bi-polaire (USA, URSS), multipolaire, le monde est devenu apolaire, que ce soit sur le plan politique ou sur le plan économique et financier. Le centre est partout et la circonférence est nulle part comme dirait Blaise Pascal.

    La crise Syrienne, la montée de Daech, l’ouverture de l’Iran, la peur de l’Arabie Saoudite plus préoccupée par l’Iran que par l’effondrement du prix du pétrole, l’Ukraine dont on ne parle plus, la montée de l’extrémisme religieux, la permanence du conflit Israelo-palestinien… les alliances de circonstances entre la Russie et l’Occident, une partie du monde arabe et soit la Russie, soit les USA… il n’y a là que sources d’incompréhensions croissantes et de montée des nationalismes d’extrême droite sur fonds de théorie du complot et de dénis collectifs.

    Du côté des principaux pays, la situation politique ou économique n’est guère plus encourageante : la crainte du Brexit qui affaiblirait l’Europe et des poussées de fièvre sur le thème du Frenchexit ou du Germanexit qui s’ensuivraient ; la BCE qui renforcerait alors son action de soutien des spreads des périphériques ; l’Allemagne où la politique d’immigration d’Angela Merkel a clairement affaibli l’icône aussi bien à l’intérieur de l’Allemagne que dans les pays limitrophes ; l’immigration, qui était absente des risques identifiés par Davos l’année dernière et qui est tristement passée comme étant le premier des risques pour l’Europe ; le cirque des élections américaines qui n’est pas sans rappeler la chute de l’Empire ; les BRICS volent en éclats : la Chine qui, en dépit de la chute du prix du pétrole, est rentrée dans un cycle de croissance normalisée, le Brésil en situation de récession confirmée, la Russie qui n’a pas su évoluer vers autre chose qu’une économie du tout-énergie fossile…

    Si on ne peut pas encore dire « ça pète », il s’agit bien de craquements dans beaucoup de domaines clés.

    Dans cette situation, les recommandations de l’Asset Manager sont claires : un contexte de Deflastag – Déflation/stagnation – privilégie le créancier à l’actionnaire :

    Les écartements de spread sont aujourd’hui liés à des phénomènes de flux (de gros vendeurs et pas d’acheteurs) et non pas à une détérioration proportionnelle du risque de crédit. Il serait quand même paradoxal qu’une banque comme Deutsche Bank fasse faillite parce qu’on lui demande de renforcer ses fonds propres pour que précisément elle ne fasse pas faillite ! Des rendements autour de 10 % pour la dette Tier One des banques, sont clairement une opportunité !

    La dette des compagnies pétrolières US qui se traitent sur la base de rendement de 10 % à 15 %, c’est-à-dire à des niveaux de défaut… Elles ne feront pas toutes défaut, et après consolidation du secteur, les 80 % de compagnies survivantes se traiteront sur la base de rendement moyen de la dette HY US voisin de 7 %… offrant un potentiel de performance très substantiel…

    L’immobilier tertiaire : les taux longs resteront bas et les spreads continueront de se réduire. Une hausse modérée des taux longs refléterait une amélioration de l’activité économique et donc une baisse des taux de vacances. Si par contre, la hausse des taux longs était liée à un changement de stratégie de la BCE ou une perte de confiance, là également un risque qui peut être partiellement couvert par l’achat de cap sur les taux longs. En tout état de cause, un rendement de 4,5 à 5 % net fait la différence.ts de repères ?
    26/02/2016 PARLONS FINANCE
    L’année dernière pratiquement jour pour jour j’écrivais « Ça va péter »* où j’évoquais les fortes probabilités d’occurrence d’une crise liée à la combinaison de multiples facteurs : de la mondialisation à la disruption, du surendettement des Etats à l’inégalité de la répartition des richesses, de la montée des risques géo-politiques aux risques écologiques.

    Les marchés sont généralement mono-maniaques mais depuis le début de l’année, c’est bien un sentiment de craquage généralisé auquel nous assistons.

    Nous assistons de fait à une dégradation de l’environnement sur la quasi-totalité des points macro-économiques et politiques, et observons concomitamment une anticipation de l’érosion de la profitabilité des entreprises, les chefs d’entreprises annonçant des perspectives modestes pour 2016. Stratégie de communication ou réalisme…

    La perte de confiance dans les Banques Centrales : plus de la moitié des pays occidentaux ont des taux à moyen terme négatifs. De fait, ce ne sont plus des taux de marché mais des taux longs « administrés » par les Banques Centrales pour assurer la soutenabilité de la dette accumulée depuis 30 ans. La conséquence est connue, il n’y a plus de rémunération ni du risque ni du temps et de fait, ayant perdu largement les repères de valorisation, les marchés oscillent entre l’espoir et la peur d’une nouvelle action de la BCE ; la nouvelle perception de l’action des Banques Centrales, pompiers ultimes du système, indique aussi à quel point le système est aujourd’hui sous l’effet de soins palliatifs qui font migrer son fonctionnement du rationnel à l’irrationnel.

    Du côté des investisseurs, la crise actuelle est également une crise de la régulation : il n’y a plus d’acheteurs de Long terme ni de fournisseurs de liquidités/market maker. Les médicaments sont en train de tuer le malade.

    Solvabilité 2 est mis en place depuis le 1er janvier et la baisse des taux longs gouvernementaux (base du calcul pour l’actualisation des passifs), -0,45 % pour l’OAT, a des conséquences dramatiques pour les ratios de solvabilité au 31 mars des compagnies d’assurance ; l’impact, toute chose égale par ailleurs, est de l’ordre de 1,6 % de besoin en fonds propres supplémentaires (soit, par exemple passer de 7 à 8,6 % de besoin de fonds propres). Concrètement, les assureurs-vie, ne pouvant pas facilement augmenter leurs fonds propres, allègent encore plus leurs positions en actifs risqués consommateurs de SCR (Solvency Capital Requirement).

    Côté banques, la position du régulateur n’est pas plus encourageante, les besoins de « bail in » supplémentaires pénalisent fortement les banques qui ont une activité de marché. Leur réponse est double : réduction supplémentaire de leurs activités pour compte propre et émission de dette subordonnée Tier One qui se traite sur des rendements de l’ordre de 10 %, l’excès de cash étant replacé à taux négatif auprès de la Banque Centrale Européenne.

    Côté Fonds souverains la situation n’est pas meilleure entre une Chine qui ralentit et dont les réserves de devises se réduisent et les pays pétroliers qui subissent de plein fouet l’effondrement du prix de l’énergie fossile… ils n’investissent plus, voire ils désinvestissent.

    Après un monde bi-polaire (USA, URSS), multipolaire, le monde est devenu apolaire, que ce soit sur le plan politique ou sur le plan économique et financier. Le centre est partout et la circonférence est nulle part comme dirait Blaise Pascal.

    La crise Syrienne, la montée de Daech, l’ouverture de l’Iran, la peur de l’Arabie Saoudite plus préoccupée par l’Iran que par l’effondrement du prix du pétrole, l’Ukraine dont on ne parle plus, la montée de l’extrémisme religieux, la permanence du conflit Israelo-palestinien… les alliances de circonstances entre la Russie et l’Occident, une partie du monde arabe et soit la Russie, soit les USA… il n’y a là que sources d’incompréhensions croissantes et de montée des nationalismes d’extrême droite sur fonds de théorie du complot et de dénis collectifs.

    Du côté des principaux pays, la situation politique ou économique n’est guère plus encourageante : la crainte du Brexit qui affaiblirait l’Europe et des poussées de fièvre sur le thème du Frenchexit ou du Germanexit qui s’ensuivraient ; la BCE qui renforcerait alors son action de soutien des spreads des périphériques ; l’Allemagne où la politique d’immigration d’Angela Merkel a clairement affaibli l’icône aussi bien à l’intérieur de l’Allemagne que dans les pays limitrophes ; l’immigration, qui était absente des risques identifiés par Davos l’année dernière et qui est tristement passée comme étant le premier des risques pour l’Europe ; le cirque des élections américaines qui n’est pas sans rappeler la chute de l’Empire ; les BRICS volent en éclats : la Chine qui, en dépit de la chute du prix du pétrole, est rentrée dans un cycle de croissance normalisée, le Brésil en situation de récession confirmée, la Russie qui n’a pas su évoluer vers autre chose qu’une économie du tout-énergie fossile…

    Si on ne peut pas encore dire « ça pète », il s’agit bien de craquements dans beaucoup de domaines clés.

    Dans cette situation, les recommandations de l’Asset Manager sont claires : un contexte de Deflastag – Déflation/stagnation – privilégie le créancier à l’actionnaire :

    Les écartements de spread sont aujourd’hui liés à des phénomènes de flux (de gros vendeurs et pas d’acheteurs) et non pas à une détérioration proportionnelle du risque de crédit. Il serait quand même paradoxal qu’une banque comme Deutsche Bank fasse faillite parce qu’on lui demande de renforcer ses fonds propres pour que précisément elle ne fasse pas faillite ! Des rendements autour de 10 % pour la dette Tier One des banques, sont clairement une opportunité !

    La dette des compagnies pétrolières US qui se traitent sur la base de rendement de 10 % à 15 %, c’est-à-dire à des niveaux de défaut… Elles ne feront pas toutes défaut, et après consolidation du secteur, les 80 % de compagnies survivantes se traiteront sur la base de rendement moyen de la dette HY US voisin de 7 %… offrant un potentiel de performance très substantiel…

    L’immobilier tertiaire : les taux longs resteront bas et les spreads continueront de se réduire. Une hausse modérée des taux longs refléterait une amélioration de l’activité économique et donc une baisse des taux de vacances. Si par contre, la hausse des taux longs était liée à un changement de stratégie de la BCE ou une perte de confiance, là également un risque qui peut être partiellement couvert par l’achat de cap sur les taux longs. En tout état de cause, un rendement de 4,5 à 5 % net fait la différence.

    En dépit de notre préférence pour la dette, on peut aussi revenir sur les actions en couvrant une partie du risque de prophétie auto-réalisatrice via des stratégies optionnelles, leur taux de dividende fait sens dans un contexte où les taux à 5 ans sont négatifs…

  20. Enfin, l’excellent Bruno CRASTES, et son analyse décapante, dans le fil de notre sujet :

    vidéo

    http://www.n3d.eu/article/Bruno_Crastes__mises_en_garde_pour_2016/365

  21. Jean Claude says:

    Guillaume nous dit :

    « emprunter à 2% en 2016 sur 25 ans… sera un crédit à taux négatif en cas d’inflation supérieure à l’avenir »

    Oui , c’est vrai et alors ?
    Il y a 20 ou 30 ans lorsque l’on empruntait sous une inflation galopante , c’était vrai aussi voir bien mieux , c’est juste le curseur qui n’est pas au meme endroit .
    Le probleme est bien pour les detenteurs de patrimoine financier et pas les emprunteurs
    Quant a l’immobilier , je pense que c’est un actif toujours interessant mais qu’il faudra plus que par le passé gerer de facon entreprenariale comme dit plus haut par Ankou .
    Quant a De Castries , allez petits gars dans les actions , c’est logique qu’il dise ca , les placements en fonds euro le genent , il veut des UC et prepare l’eurocroissance

  22. Vous écrivez :
    « La situation est bien celle-ci : En 2016, il est plus simple de ne pas posséder de patrimoine et de s’endetter pour se le constituer que de jouir des revenus d’un patrimoine déjà constitué. »
    « Un état qui emprunterait 100€ au taux d’intérêt négatif de -1% verrait sa dette anéantie en 100 ans. Plus besoin de rembourser ses crédits, les taux d’intérêt négatifs le font pour vous. »
    … et à mon avis, ce sont de grosses bêtises !

    Déjà, celui qui ne possède aucun patrimoine aura pas mal de difficulté pour emprunter.
    Ensuite, celui qui n’a pas de patrimoine aura toujours bien moins que celui qui possède un patrimoine.
    Par ailleurs, je peux vous affirmer que celui qui possède un patrimoine suffisamment important pour générer (net d’impôt, et de l’inflation proche de zéro) plus que son propriétaire ne dépense continue de s’enrichir assez facilement (et c’est possible, avec un minimum de bon sens, nul besoin de faire appel à des CGP particulièrement géniaux…).
    Donc je ne vois pas en quoi ce serait plus facile pour celui n’ayant pas de patrimoine.

    Emprunter 100€ au taux d’intérêt négatif de -1% ne permettra pas à la dette de s’éteindre : un élève normal de lycée (donc à plus forte raison un CGP) devrait connaitre les intérêts composés : après 100 ans (si le taux reste constant à -1%) la dette de 100€ sera devenue une dette de 36.6€ (=100 * (0.99^^100)).

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