Le timing est toujours le plus difficile à déterminer dans la mise en place des stratégies boursières.
Nous sommes néanmoins persuadés qu’une consolidation est désormais imminente.
Attention, nous pensons que la récréation est désormais terminée.
Les tensions sont trop fortes, l’élastique se tend de plus en plus. Quelques nouveaux éléments appuient notre thèse qui est effectivement assez contrariante puisque le sentiment acheteur des investisseurs a été rarement aussi élevé (plus de 90%).
Plusieurs statistiques sont venues influencées le marché cette semaine:
- Les mises en chantier ont bondi, en hausse de 14,6% à 596k, contre 539k attendu par le consensus.
- Toutefois, les permis de construire sont ressortis conformes aux attentes, à 562k, mais en baisse par rapport au mois dernier, à 627k.
Le marché immobilier américain poursuit son redressement mais de façon très graduelle.
Plus difficile, la production industrielle a décliné de 0,1% contre +0,5% attendu. Le noyau dur des prix à la production s’est redressé de 0,5% alors que le marché n’attendait que 0,2% de hausse, la hausse des prix des matières premières se traduit donc progressivement à toute la chaîne économique.
Dans le scénario que nous avons exprimé à de nombreuses reprises, la hausse des matières premières sera probablement l’élément déclencheur de la révision à la baisse des prévisions de résultat des entreprises sur 2011, de nature à casser le sentiment exagérément répandu que le marché n’est pas cher (tout dépend des attentes de croissance des résultats !).
Le premier rendez vous à ce sujet pourrait être les résultats du premier trimestre 2011. Notre sentiment est que nous allons entrer dans un mouvement assez net de reprise de l’inflation. D’ailleurs, l’Allemagne ce matin, publie une hausse de 1,2% de ses prix à la production en janvier, 2 fois plus que les attentes. En rythme annuel, la progression est de 5,7% contre 5,1% attendu par le consensus.
Les Minutes du dernier FOMC, publiées au milieu de la semaine, ont permis à la FED de relever ses prévisions de croissance 2011, de 3,4 à 3,9% contre 3-3,6% auparavant, soit au-dessus du consensus moyen des économistes. La FED estime que la croissance devient plus robuste mais pas suffisamment pour que le marché de l’emploi s’améliore de façon significative. Le QE 2 fait de plus en plus débat et la probabilité que son enveloppe soit revue à la baisse augmente. Ceci est également pour nous un élément majeur. Le marché joue depuis un moment les mouvements haussiers uniquement sur la base de l’abondance des liquidités et sur le fait que la classe d’actifs actions serait aujourd’hui la seule qui procurerait un attrait. Ce raisonnement reste faible, d’un point de vue formel car on sait que sans fondement, les liquidités peuvent repartir très vite. Par ailleurs, on a peut être enterré un peu vite le marché obligataire et l’or va encore jouer son statut de valeur refuge. Le danger aujourd’hui serait une combinaison retrait des liquidités progressive de la FED (arrêt des politiques monétaires accommodantes) et hausse progressive des taux d’intérêt, qui entraînerait une réaction assez négative du marché.
On risque aussi de reparler assez vite des dettes souveraines.
Selon des sources de Reuters, les pays membres de l’UE sont de plus en plus convaincus que le Portugal sera contraint à demander une aide d’ici avril pour faire face à ses échéances de dettes. Les taux portugais sont toujours élevés, le 10 ans est installé au-dessus des 7%, un niveau non soutenable à moyen terme sans aide financière des autres pays européens. Enfin, dans un rapport qui sera présenté ce WE au sommet du G20, le FMI estime que la reprise économique se diffuse mais reste inégale. Cette reprise à 2 vitesses inquiète le Fonds. Des signes de surchauffe apparaissent dans les pays émergents et certaines devises semblent nettement surévaluées, notamment le real brésilien et le rand sud-africain.
En conclusion, l’ensemble de ces éléments plaident-ils pour un marché euphorique ? A bien y regarder, la réponse est négative. Certes, on peut se tromper à court terme, mais le risque nous semble toujours important, et nous attendons une remontée prochaine des primes de risques qui fera baisser les cours.
De très nombreuses sociétés ont publié leurs résultats. Il n’y a pas de très grosses surprises. Les chiffres annoncés sont globalement solides (PPR, Schneider, Technip, Cap Gemini). Certaines prévisions peuvent sembler prudentes pour 2011. Des écarts avec les consensus sont constatés pour des sociétés comme BNP ou Swiss Re mais en raison d’éléments exceptionnels. Retraités des données non-récurrentes, les résultats sont de bonne qualité.
Au 17/02, la Sicav est composée d’actions pour 91,5 %, d’obligations pour 1,5%, le cash étant de 7%. Les couvertures étaient à 87%, ce qui donne une exposition nette aux actions de 5,7%, cohérente avec l’attente d’une consolidation imminente. Cette semaine a été plutôt difficile pour nous puisque le marché a continué sa progression. Comme expliqué à maintes reprises, le niveau de couvertures très élevé (mais cohérente avec notre analyse) et un profil défensif font que lorsque l’on assiste à des moments de hausse importants, la sicav aura des performances négatives, et ce sera évidemment l’effet inverse dans des mouvements baissiers. Nous continuons à fortement limiter la volatilité, nous sommes à 5% sur les 100 derniers jours. Pour l’instant, seule la performance sur un an nous satisfait, +7,76%, c’est le challenge qu’il faudra poursuivre.