– Avertissement : le « Défi 6 % » est une initiative pédagogique qui vise à démontrer qu’une prise de risque maîtrisée permet d’obtenir un rendement supérieur à celui des placements sans risque. Le défi 6 % ne fournit aucun conseil ou recommandation d’investissement – Le #defi6% est réalisé par Arnaud SYLVAIN, conseiller financier indépendant –

– Profitez des conseils indépendants d’Arnaud SYLVAIN lors d’un rendez vous de « gestion conseillée » pour 119€ TTC –

 

Rappel des faits

4 000 euros ont été investis sur un contrat d’assurance vie. L’objectif est de montrer qu’une prise de risque maîtrisée permet d’obtenir un rendement supérieur à celui des placements sans risque.

Le défi 6 % vise une rentabilité annuelle moyenne de 6 % et une volatilité maximale de 10 %.

Pour en savoir plus sur cette initiative, vous pouvez consulter les articles suivants :

Et aussi le reporting de Février 2020 : #defi6% : L’année 2020 commence bien ! Objectif 6% de rendement pour votre assurance-vie.

 

Vie du contrat d’assurance-vie sélectionné pour le #defi6%

Juin-décembre 2018 : Une baisse des marchés qui incite à la prudence

4 000 euros ont été versés initialement sur le fonds en euros en juin 2018, puis deux versements trimestriels de 500 euros ont été effectués. Un investissement progressif a été mis en place pour basculer chaque mois 600 euros du fonds en euros vers des unités de compte. Cet investissement progressif devait permettre de rejoindre l’allocation cible en 5 mois.

La baisse des marchés a contrarié cette convergence vers la cible. Plusieurs arbitrages ont été réalisés dès octobre pour aboutir à fin décembre 2018 à une allocation plus prudente. Alors que l’allocation cible comporte 90 % d’unités de compte et 10 % de fonds en euros, une répartition avec 30 % d’unités de compte et 70 % de fonds en euros a été privilégiée.

A fin décembre, il apparaît que ces arbitrages ont permis de limiter les pertes comparativement au portefeuille cible.

 

Qu’est-ce que le portefeuille cible ?

  • Le portefeuille cible correspond à celui qui était initialement prévu :·
  • Une convergence vers l’allocation cible en 6 mois ;·
  • Des versements trimestriels de 500 euros avec une répartition identique à celle de l’allocation cible.·
  • L’allocation cible est l’allocation du portefeuille dont le couple rendement-risque est compatible avec l’objectif d’un rendement annuel moyen de 6 % et d’une volatilité inférieure à 10 %.
Classe d’actifs Allocation cible (%)
Support en euros 10%
Obligations Europe 10%
Obligations Monde 10%
Actions France 5%
Actions Europe 15%
Actions États-Unis 20%
Actions Pacifique 5%
Actions Émergentes 5%
Flexibles prudents 10%
Flexibles 10%
Total 100%

 

Janvier-mai 2019 : le train de la hausse a été manqué

Depuis janvier 2019, les versements mensuels ont été remplacés par des versements trimestriels, afin d’essayer de mieux coller aux évolutions des marchés.

L’orientation prudente, qui anticipait une poursuite de la baisse, n’a pas permis de profiter pleinement du rebond qui s’est mis en place début 2019. Contrairement au portefeuille cible, le portefeuille n’a progressé que très légèrement.

Ce moindre rendement du portefeuille par rapport au portefeuille cible s’explique directement par le choix de réduire sa volatilité. Ce choix aurait été payant dans un marché baissier (moins de volatilité aurait signifié une moindre baisse), il s’est finalement révélé pénalisant.

 

Juin 2019-février 2020 : le défi 6 % à la traîne

En juin 2019, en raison d’une légère rechute des marchés, l’orientation prudente du portefeuille a été renforcée. Les fonds les plus volatils (actions États-Unis, obligations internationales, fonds flexible) ont été cédés et les sommes réinvesties sur le fonds en euros. En contrepartie, il a été décidé d’investir intégralement les versements mensuels en unités de compte.

Cette prudence accrue sur le stock (sécurisation des plus-values), couplée à une dynamisation des versements visait à reprendre la convergence vers la cible en profitant pleinement d’une baisse anticipée des marchés. Il s’agissait de renforcer progressivement la part des UC de manière à profiter pleinement de la hausse qui suivrait la phase de correction.

La baisse anticipée ne s’est pas produite et le défi 6 % n’a que peu profité d’une année 2019 fortement haussière. Alors que le portefeuille cible a progressé de près de 20 % en 2019, la progression du portefeuille a été de 6 %.

L’objectif a été atteint pour 2019 mais l’excès de prudence a empêché de profiter de conditions de marché favorables. En conséquence, l’écart avec le portefeuille cible a approché 15 % début mars. Ces 15 % de rendement en moins sont le prix de la prudence.

 

 

Mars 2019 : un krach qui plonge le défi en territoire négatif

Alors que le défi 6 % avait débuté 2020 sur un rythme compatible avec son objectif de 6 %, le krach survenu début mars a effacé tous les gains accumulés depuis l’ouverture du contrat. C’est désormais une moins-value qui est observée.

Le portefeuille cible a été violemment impacté et affiche désormais une performance inférieure à celle du défi. Maigre consolation.

 

Depuis le point haut touché le 18 février 2020, le portefeuille du défi 6 % a perdu près de 10 %. Le portefeuille cible a quant à lui décroché de près de -25 %.

 

 

Versement programmé du 7 mars 2020

Face à cet effondrement des marchés financiers, il a été décidé d’accélérer la convergence vers la cible. Au lieu de basculer 150 euros du fonds en euros vers les unités de compte, ce sont 300 euros qui ont été arbitrés.

 

Pourquoi le montant de l’arbitrage vers les unités de compte est-il accru et porté à 300 euros ?

L’objectif est de profiter de cette baisse pour converger plus rapidement vers l’allocation cible et profiter pleinement du retournement à la hausse.

 

La phase baissière étant vraisemblablement appelée à durer quelques mois voire plus, l’objectif est de moduler le montant des arbitrages afin d’adapter la convergence à la durée de la phase baissière. L’idéal serait d’atteindre la cible au moment de la reprise des marchés. Il conviendra donc de ne pas se précipiter.

Pour mémoire, la phase de baisse dure en moyenne 506 jours pour l’indice Dow Jones https://www.scalpdaytrade.fr/2018/11/25/krash-boursier/

 

 

Arbitrage du 10 février 2020

Parallèlement à cet arbitrage du fonds en euros vers les unités de compte, un versement programmé de 167 euros a été effectué (100 % en unités de compte).

 

À l’issue de l’arbitrage et du versement programmé, la part des UC demeure à peu près stable, aux alentours de 35 %. Le montant investi en UC a juste permis d’absorber la baisse de leur valorisation.

 

 

Composition du portefeuille au 14 mars 2020.

 

Note : L’investissement dans le fonds H2O Multibonds s’effectue depuis le 1er février avec des parts SR et non plus R. Les parts SR suivent une nouvelle tarification qui rend le coût d’accès au fonds plus élevé. Par ailleurs, le fonds M&G OPTIMAL INCOME FUND EUR A H ACC a été remplacé par le fonds M&G (LUX) OPTIMAL INCOME FUND

 

 

Performances

Globales

Le portefeuille affiche au 14 février 2020 une moins-value de -3,9 % (-291 euros) depuis sa création mi-2018. Même si elle est bien moindre que celle des principaux indices, la correction est brutale.

La quasi-totalité des classes d’actifs s’effondre. Seules les obligations d’État surnagent.

 

Par classes d’actifs

  • Le coronavirus et l’effondrement des prix du pétrole ont provoqué un krach massif des Bourses mondiales.

 

  • Les obligations d’État se maintiennent mais H2O Multibonds, moteur de performance depuis mi-2018, perd -45 % depuis le début de l’année.

 

  • Sans surprise, les fonds flexibles se contractent également.

 

 

Les performances comparées

Sur les 4 dernières semaines, seules les obligations d’État résistent. Les baisses sont impressionnantes, caractéristiques d’un krach.

Classe d’actifs Performance sur les 4 dernières semaines* Moyenne de la catégorie
Obligations Europe

LYXOR EUROMTS ALL-MATURITY INVESTMENT GRADE

-0,43 % -1,13 %
Obligations Monde

H2O MULTIBONDS SR

-47,83 % -4,80 %
Actions France

MONETA MULTI CAPS C

-31,55 % -31,52 %
Actions Europe

TOCQUEVILLE MEGATRENDS

-28,51 % -29,05 %
Actions Europe

LYXOR EURO STOXX 50 (DR) UCITS ETF

-33,79 % -30,55 %
Actions États-Unis

LYXOR DOW JONES INDUSTRIAL AVERAGE D-EUR UCITS ETF

-29,35 % -27,62 %
Actions Pacifique

JPMF PAC EQUITY A

-19,99 % -20,68 %
Actions Émergentes

JPM EMERGING MARKETS EQUITY FUND A ACC EUR

-19,25 % -21,84 %
Flexibles prudents

M&G LUX OPTIMAL INCOME A ACC

-9,16 % -9,00 %
Flexibles

R-CO VALOR F

-24,67 % -12,35 %

* Par rapport à la dernière valorisation fournie par Quantalys au 16 mars.

 

Contrôles des rendements / risque

La volatilité reste inférieure à la limite de 10 % et le rendement sous la cible de 6 %. La décorrélation et la diversification du portefeuille restent satisfaisantes. Le rendement annualisé passé se réduit tandis que la volatilité passée augmente.

Perspectives

La baisse des marchés anticipée depuis la fin 2018 s’est finalement produite, avec une violence qui a empêché tout repli défensif. L’allocation prudente s’est finalement révélée pertinente puisqu’elle a permis de limiter les dégâts.

Dans ce contexte baissier qui devrait vraisemblablement se prolonger plusieurs mois, la stratégie consistera à poursuivre le renforcement en unités de compte et à « acheter au son du canon ». Pour l’instant, l’objectif retenu est celui d’une convergence vers la cible d’ici un an à un an et demi (aux alentours de septembre 2021). Deux canaux seront mobilisés pour cette convergence :

  • Des versements mensuels de 167 euros à 100 % en unités de compte ;
  • Des arbitrages mensuels discrétionnaires du fonds en euros vers les unités de compte.

Comme vous avez pu le vérifier tout au long de l’année 2019 au travers de la divergence entre le portefeuille et le portefeuille cible, rendement et volatilité sont liés. Alors que le portefeuille du défi s’est caractérisé par un couple rendement risque faible (6 % de rendement et 2 %  de volatilité) le portefeuille cible a atteint près de 20% de rendement pour une volatilité légèrement inférieure à 7 %).

Dans les prochains mois, vous allez pouvoir évaluer votre aversion au risque et vous rendre compte de l’importance de bien calibrer le couple rendement-risque de votre portefeuille. Lorsque les marchés sont haussiers, l’excès de risque paie. Dans les phases de baisse, il se paie.

Haut les cœurs et au mois prochain.

Besoin d’un conseil pour gérer votre patrimoine ?

Vous rêvez d’un conseil en gestion de patrimoine qui n’a rien à vendre à part ses conseils ? Ça tombe bien, c’est notre métier !

Qu’il s’agisse d’une simple question ou d’un audit complet de votre situation patrimoniale, nous sommes en mesure de vous accompagner au gré de vos besoins et de vos projets de vie. Pour bénéficier de nos conseils, trois solutions :

 

 

L’assistance patrimoniale – Une solution rapide et efficace pour bénéficier de notre expertise pour gérer votre patrimoine ou trouver les réponses à vos questions fiscales, juridiques, financières. L’assistance patrimoniale, c’est un rendez vous téléphonique d’une durée moyenne de 45 minutes pendant laquelle nous travaillons ensemble sur votre situation patrimoniale – Un service au tarif unique de 69€ TTC –

 

Découvrir en détail notre offre d’assistance patrimoniale

 

Nouveau ! L’accompagnement patrimonial PREMIUM– Un abonnement mensuel pour bénéficier à tous moments des conseils de votre conseiller en gestion de patrimoine indépendant ! – Un service proposé au prix de 250€ TTC / mois (sans engagement de durée – 1 mois, 3 mois, 6 mois, 10 ans, c’est vous qui choisissez pendant combien de temps vous avez besoin de nos conseils).

 

Découvrir notre service d’accompagnement patrimonial

 

– La gestion conseillée – Un service de conseil financier indépendant pour vous accompagner dans la gestion financière de votre épargne ou de votre assurance-vie. Comment diversifier votre épargne sur les marchés financiers ? Quelles unités de compte choisir ? Comment prendre du risque pour espérer améliorer le rendement de votre épargne ?

Découvrir notre service de gestion conseillée

 


7 Comments

  1. BigLebovsky says:

    Merci et bravo

  2. Philippe says:

    Quelques interrogations :

    La plupart des assureurs proposent des stop/loss : pourquoi ne pas en avoir mis en place ?

    Pourquoi poursuivre avec H2O qui vient de faire l’objet d’un 2nd warning en quelques mois ?

    • Bonjour Philippe,

      Je n’ai pas mis de stop/loss en place parce qu’ils sont difficiles à calibrer pour les fonds les plus volatils et peu utiles sur les fonds qui le sont le moins. C’est peut-être une erreur mais ce n’est pas une option que je retiens (pour l’instant).

      Je poursuis avec H2O Multibonds parce que sa part dans le portefeuille reste limitée et que ce fonds, bien que très risqué (6 sur une échelle de 7) délivre des performances exceptionnelles… à la hausse comme à la baisse 😉

  3. La bulle et l'epine says:

    Bonjour,
    L’actualité et votre article me fait réagir.
    Au final, un bon contrat fond euro de la MIF enregistre une meilleure perf que tout le travail et l’energie mis dans la réalisation potentielle de votre defi6%…. surtout que maintenant il va falloir faire preuve de patience et de resilience pour remonter la pente….
    Cela m’amène a une question: les banquiers assureurs ayant amenés les épargnants de force sur des UC contre leurs profils risques initiaux « prudents », va t on voir le retour des procès pour défaut de conseils?

    • Bonjour,

      Le défi 6 % est un projet de long terme qui devait forcément connaître un krach à un moment ou une autre. Ce n’est pas plus mal que ce soit maintenant.

      Et comme c’est un projet de long terme, cela autorise à prendre des risques pour obtenir un rendement moyen plus élevé que les placements sans risque.

      Je vous invite à suivre le défi 6 %. Vous verrez que malgré le krach, il délivrera une performance moyenne en ligne avec son objectif et bien supérieure à celle du fonds euros de la MIF. Après, à chacun d’investir selon son profil de risque. Si vous refusez toute perte en capital, c’est effectivement la meilleure option.

      Par ailleurs, je ne sais pas si les épargnants ont été forcés d’investir dans des unités de compte. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la part d’unités de compte que vous détenez qui importe, c’est le niveau de risque de votre portefeuille.

      Ainsi par exemple, si je détiens 50 % d’obligations d’Etat et 50 % de flexible prudent (soit 100 % d’unités de compte), mon portefeuille est moins risqué que si j’ai 60 % de fonds en euros et 40 % d’actions de pays émergents.

      Le défaut de conseil intervient lorsque le profil de risque de l’investisseur n’est pas respecté et que le risque dépasse son niveau acceptable. Il n’est pas directement lié à la part d’UC en portefeuille.

  4. La bulle et l'epine says:

    Vous avez raison de préciser « Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la part d’unités de compte que vous détenez qui importe, c’est le niveau de risque de votre portefeuille. »…. mais dans la plupart des cas le client et même le banquier ne savent pas au final ce qu’il y a reelement dans un fond.
    Le seul argument avancé par la profession étant  » ne laissez plus votre argent végèté quand le cac 40 a réalisé 26% en 2019, le fond XYZ va vous permettre d’optimiser votre contrat et de bénéficier de droit d’entrée minoré » et maintenant patatra!

    • Il y a un certainement du vrai dans ce que vous dites mais je pense que les torts sont partagés.

      Il appartient aussi aux épargnants de se renseigner sur les placements qu’ils font. Il n’y a pas de rendement élevé sans risque élevé. Est-ce si difficile à comprendre ?

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

NewsletterInscrivez vous gratuitement pour recevoir nos articles par mail.