C’est le titre de l’article que je voulais écrire hier, avant l’annonce de la banque centrale Européenne sur l’avenir de sa politique monétaire. Les acteurs de marché action étaient tous persuadés que la décision de Mario DRAGHI serait l’annonce d’une politique toujours plus expansionniste, toujours plus favorable à la spéculation financière, toujours plus favorable à la constitution de bulle sur les actifs. 

Nous vous expliquons depuis de longs mois que les bourses sont guidées par la politique monétaire des banques centrales et par l’injection toujours plus forte de liquidités dans le système économique et financier.

Dès 2013, nous vous écrivions : « Stratégie d’investissement : La fabrication de la bulle ultime à l’éclatement incertain…« . Dans cet article, nous vous expliquions que les banques centrales et leur politique monétaire non conventionnelle était à l’origine de la déconnexion toujours plus grande entre l’évolution des marchés financiers dopés par la liquidité et l’économie réelle marquée par la déflation et l’absence de croissance économique.

Les banques centrales sont à la manœuvre et font de la valorisation des actifs un élément de relance de la croissance économique. L’éclatement de la sur-valorisation que nous constatons sur l’ensemble des actifs ne peut être que la volonté des banques centrales : Les banques centrales ont organisé la hausse des cours de bourse, elles seront à l’origine de leur baisse.

C’est dans ce contexte que nous vous affirmions depuis quelques mois « L’irréversibilité des politiques monétaires non-conventionnelles ? Plus rien n’arrête la liquidité mondiale … » : Nous considérions que les banques centrales étaient allées trop loin dans leur politique monétaire pour faire marche arrière sans prendre le risque d’être à l’origine d’un nouveau krach financier. Lorsque la relance économique repose sur un valorisation sans fondamentaux des cours de bourse, il devient quasi-impossible de changer la politique monétaire à l’origine de cette déconnexion sans faire baisser les cours de bourse et prendre le risque d’une nouvelle crise financière. 

 

Le 03/12/2015 marque un changement de paradigme. C’est la fin de la fête, la banque centrale européenne reprend la main.

Ce qui devait arriver arriva.

Mario DRAGHI n’a pas été à la hauteur des attentes des acteurs de marché et il n’augmentera pas les rachats d’actifs mensuels (et se contente de prolonger la durée du quantitative easing de 6 mois).  A l’instar d’un dopé qui attend régulièrement l’augmentation de sa dose, les marchés financiers en attendaient davantage.

Suite à cette annonce, le CAC40 a baissé hier de -3.58% à 4715 points (+10.57% depuis le début de l’année 2015).

Cette volonté de ne pas satisfaire les attentes des acteurs de marché est essentielle et pourrait marquer un changement de paradigme. En effet, la situation était devenu intenable : Les marchés financiers exigeaient toujours plus de mesure pour alimenter la hausse des cours de bourse. Cela ne pouvait pas durer éternellement.

Christopher Dembik, économiste chez Saxo Bank explique «C’est la première fois que Mario Draghi déçoit les marchés. Il était pourtant connu pour toujours répondre à leurs attentes, voire même aller au-devant. Une déception était inévitable à terme. A force de vouloir systématiquement surprendre les investisseurs, la BCE arrive à court d’outils. On peut baisser davantage le taux de dépôt, prolonger le « QE », voire le diversifier, mais il y a assez peu de chances pour que ces dispositifs aient un impact suffisant sur la macroéconomie européenne pour faire redémarrer durablement la croissance

Stéphanie Villers, chef économiste chez Humanis «Draghi déçoit les marchés qui voudraient vivre sous perfusion artificielle totale. Mais il a raison de ne pas assister totalement les marchés pour se laisser de nouvelles marges de manœuvre si la situation économique s’enlise davantage en 2016 notamment à cause des tensions géopolitiques incluant la menace terroriste».

 

Même Janet YELLEN, présidente de la Banque Centrale des Etats UNis, fait le constat du retrait de l’interventionnisme de la banque centrale Européenne et commente « les marchés s’attendaient à une intervention de la BCE qui n’est pas intervenue« .

 

Est ce le début de la fin d’une politique monétaire au service de la valorisation des actifs ? Dans les prochains mois, seule la croissance économique pourra justifier une augmentation des cours de Bourse. La perspective d’une hausse perpétuelle de la liquidité injectée par les banques centrales ne pourra plus expliquer la déconnexion entre cours de bourse et économie réelle. 

Nous assistons peut être à un retour aux fondamentaux!

 

La politique monétaire et les taux d’intérêt resteront faibles pour une longue période, mais elle ne sera plus dictée par les attentes des acteurs de marché.

Ce n’est plus la bourse qui fait la politique monétaire, mais la politique monétaire qui fait la bourse!

 

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2 Comments

  1. Bonjour,

    Houla Guillaume…que d’anticipation bien trop optimiste à mon sens !!

    Vous concluez sur UNE SEULE action de Mario Draghi qu’il revient aux fondamentaux. Je trouve que vous allez bien trop vite, bien trop loin. En effet :

    – tout ce qui a été fait jusqu’à présent favorise les bulles, les marchés, les intermédiaires, etc. à part l’économie réelle
    – les décisions d’hier vont encore dans ce sens puisqu’elles amplifient encore le mouvement
    – il ne faut pas confondre une moindre accélération du QE avec un arrêt ou une diminution du QE, erreur que j’ai l’impression que beaucoup font
    – la BCE s’est montré prudente par tactique, attendant les décisions de la FED car c’est la FED qui décide de la politique monétaire mondiale. Suivant ce qui est décidé sur le relèvement des taux par la FED, la BCE pourra toujours adopté une position encore et toujours plus expansionniste dès le début 2016

  2. Bonjour,

    Plutôt d’accord avec Chris, il n’ y a pas encore de « changement de paradigme ». Les opérateurs avaient simplement cru comprendre que le QE serait augmenté en volume mensuel dès maintenant, d’où la sur-réaction à la baisse.

    Pourtant il a bien été décidé :

    1. d’abaisser le taux de rémunération des dépôts de -0.2% à -0.3%.
    2. d’étendre les rachats d’actifs aux collectivités locales.

    Et la prolongation du QE de 6 mois l’augmente de fait de 1140 à 1500 milliards d’euros.

    Pour reprendre l’image de l’article : le junky n’a peut être pas eu sa dose maintenant, mais il l’aura dans quelques mois. En attendant il devra se contenter du tout venant.

    Laurent @nos_finances

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