Les marchés se sont quelque peu stabilisés en raison de chiffres économiques assez favorables surtout aux Etats-Unis.Ils viennent de connaître 40 séances de hausse sur 53 (soit 80%) et les 13 séances de baisse ont assez faiblement corrigé. Enfin, l’euro a reculé face au dollar, affecté par la démission du président de la banque centrale allemande, Axel Weber, ainsi que par de nouvelles inquiétudes quant à la situation budgétaire du Portugal.
A la clôture de Wall Street, l’euro baissait face au dollar à 1,3546 dollar contre 1,3601 dollar jeudi.
Les prix du pétrole ont nettement reculé à New York, après l’annonce du départ du président égyptien, mais ils sont restés en légère hausse à Londres.
De retour hier d’un bref séjour en Tunisie, la situation politique et économique est loin d’être claire, les réveils risquent d’être assez douloureux. Le pays connaît désormais une assez forte insécurité et surtout ce sont des grèves catégorielles et des manifestations en tous genres qui secouent le pays. On comprend bien le risque, si le trend de croissance économique venait à se réduire (très probable eu égard aux incidents actuels), ceci fera indéniablement le jeu des islamistes, qui est aujourd’hui la seule force politique réellement organisée. Si ce qui se passe en Tunisie se répliquait au niveau de l’Egypte, il est vraiment à craindre une assez forte déstabilisation politique de la région, avec en ligne de mire la situation d’Israël qui deviendra un réel souci. N’imaginons pas le pire, mais la réalité est moins rose que ce qui transpire dans la presse.
Selon les statistiques, depuis 1928, la semaine comprenant le 14 février, clôture en hausse dans seulement 38,7% des cas contre 52,03% en moyenne.
Par contre, les jours de la Saint Valentin sur un lundi clôture sur un gain dans 63,4% des cas.
La bourse américaine devrait, statistiquement, finir en hausse aujourd’hui ! (mais les statistiques sont faites pour être battues).
Revenons à des choses plus sérieuses et parlons une nouvelle fois de la situation de l’économie américaine puisque plusieurs statistiques sont intervenues en fin de semaine dernière. Vendredi, l’Université du Michigan a annoncé une hausse de la confiance des ménages américains sur le début de février. L’indice global est en hausse à 75,1 contre 74,2 pour janvier. La situation présente s’améliore sensiblement (86,8 contre 81,8) tandis que les perspectives se contractent (67,6 contre 69,3). Les anticipations d’inflation restent stables à 3,4% à un an et à 2,9% en moyenne sur les 5 prochaines années.
Selon l’enquête de la Fed de Philadelphie auprès des économistes américains, la croissance américaine serait proche de 3,6%, en rythme annuel, sur le premier trimestre 2011, et de 3,2% sur l’ensemble de l’année. L’inflation serait, en moyenne, de 1,6% sur 2011. Selon le sondage du WSJ, auprès de 51 économistes, l’économie américaine observerait une croissance de 3,5% sur 2011 contre 3,3% anticipé en janvier. Il s’agirait de la plus forte croissance de l’économie depuis 2003. Mais, le taux de chômage reculerait à seulement 8,6% à la fin d’année (contre 9% actuellement). Le risque d’un retour de la récession est estimé à 12% contre 22% en septembre.
Cependant, le principal risque perçu est la hausse des prix des matières premières. Cette semaine sera aussi marquée par les propositions de coupes budgétaires de l’administration Obama pour le budget 2012 (octobre 2011 à septembre 2012). Selon CNN, le directeur du Budget pourrait annoncer des coupes dans les dépenses/hausse d’impôt représentant 1 100 Mds $ sur 10 ans. L’investissement dans l’éduction serait maintenu mais certaines dépenses seraient gelées sur 5 ans pour économiser 400 Mds $ sur 10 ans. Des coupes seraient aussi réalisées dans les dépenses fédérales, notamment des aides publiques pour des projets aéroportuaires ou d’assainissement. Des hausses d’impôts sont aussi prévisibles dans les prochains mois. Le rapport serait de 2/3 de baisses des dépenses et 1/3 de hausse des impôts.
Les économistes pourraient alors revoir à la baisse leurs projections de croissance en intégrant cette politique budgétaire plus restrictive. En conclusion, on constate que les premiers chiffres relatifs à 2011 sont sur le plan économique dans une tendance en nette amélioration, qui permet de justifier la hausse que l’on vient de connaître. La question étant désormais de savoir s’il reste beaucoup de potentiel pour justifier une nouvelle hausse.