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Le rallye de fin d’année a déjà eu lieu, on ferme …. ! L’édito de Jean Noel VIEILLE, Gérant KBL RICHELIEU Flexible
Les dernières semaines de l’année boursière sont souvent délicates car le marché n’obéit plus vraiment à des fondamentaux, mais à des éléments techniques et aussi psychologiques. Du côté technique, il y a le traditionnel habillage des portefeuilles de fin d’année, « le window dressing ».
Les portefeuilles à cette date étant publiés (souvent l’arrêté des comptes), le jeu des gérants consiste à sortir les principaux « cadavres » et à se positionner sur des titres qui ont bien performé (au risque d’avoir à gérer vis à vis du client un différentiel de perception de la performance). De même, les gérants qui ont des performances correctes vont plutôt éviter de prendre un risque supplémentaire alors que les plus téméraires vont vouloir récupérer leur retard. Cette année, les performances des fonds des principales maisons de gestion étant plutôt assez bonnes, la fin d’année pourrait désormais être un peu plus calme, d’autant que nous venons de vivre sur décembre un rebond très significatif puisque par exemple le CAC a progressé de plus de 300 points, soit +8,8% (il y avait de quoi se refaire une perf annuelle juste sur ce mois !). Nous avons donc déjà eu le rallye de fin d’année !
Nous sommes assez dubitatifs sur les raisons de cette poussée de fièvre. Nous rappelons ici nos convictions fortes et nos simulations sur le début d’année. Nous réfutons toujours l’idée que la reprise économique soit durable. Par exemple, les chiffres publiés hier sur les ventes de maisons anciennes aux Etats-Unis ont été moins fortes qu’attendues, seul le prix a montré un signe positif 0,7% de hausse sur octobre contre -0,2% prévu, sachant pour nuancer ce propos que le chiffre du mois précédent, -0,7% a été révisé à -1,2%, donc il est toujours difficile de réaliser des comparaisons. De même, la croissance du PIB au 3T n’a été que de +2,6% contre 2,8% attendue et la consommation est également moins favorable. Certes, on assiste bien à une croissance plus forte, mais elle reste un peu en dessous des attentes.
Aujourd’hui, seul Bernanke reste confiant à 100% dans sa capacité à agir rapidement pour enrayer un dérapage de l’inflation. Mais ces prévisions sont faillibles puisque c’est lui en 2007 qui a maintenu que les prix de l’immobilier outre-Atlantique ne baisseraient pas, et qui a aussi initialement banni la notion même de bulle des prix de l’immobilier !
On doit alors se demander si on ne va pas assister à un remake de ce qui a déjà été observé dans le passé, en 2005-2007 et en 1999-2000. Dans les deux cas, les conditions monétaires accommodantes se sont traduites par des bulles spéculatives et ont induit des comportements imprudents de la part des investisseurs. Ces bulles se situent du côté des pays émergents et des commodities.
A en croire l’histoire, les craintes liées à la croissance qui sont apparues cet automne ressurgiront inévitablement en 2011. Evidemment, nous pourrions assister à une nouvelle tentative des autorités pour soutenir artificiellement les marchés actions afin de doper l’activité économique; un effort finalement vain qui risque de générer une succession de bulles, suivies fatalement d’un éclatement, chaque phénomène étant plus important et plus dangereux que le précédent.
Alors quel scénario jouer pour le mois de janvier ? Ce mois est généralement volatil, mais il reste assez souvent baissier, ce fut le cas au cours des trois dernières années. Il existe toutefois pour cette année une possibilité de hausse qui ne serait dictée que par des effets micro-économiques, à savoir la publication des chiffres d’affaires et des résultats 2010. On peut tabler, comme lors du dernier trimestre sur des données conformes aux attentes même si l’effet de base va commencer à être plus difficile (le Q4 2009 était en effet déjà en revovery, donc le delta de croissance sera moindre). Nous aurons probablement à nouveau une volatilité forte avec des secteurs plus enclins à délivrer de la croissance que d’autres. L’élément déterminant sera aussi ce que les entreprises vont dire en termes de perspectives et là il existe sérieusement un risque opposé, c’est que les entreprises commencent à considérer que les objectifs sur 2011 sont un peu trop élevés. Dans cette hypothèse, nous aurions alors un effet assez négatif, révision des résultats en baisse, donc pression sur le marché. Si on couple cela avec une remontée progressive des taux et à un zeste de doute sur les dettes souveraines, on pourrait commencer l’année avec quelques déceptions. La vigilance doit rester de mise !
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