Après avoir détaillé notre vision prospective pour l’année 2021 au travers 4 articles macro, réalisons ensemble la mise en œuvre pragmatique de cette vision stratégique. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important de relire ces 4 articles stratégiques pour comprendre la mise en œuvre pratique que nous allons vous proposer :

Ainsi, de manière excessivement simplifiée, l’année 2021 pourrait être marquée par :

  • Un retour à la vie normale à partir du second semestre 2021. Les acteurs économiques se sentiront libérés après une année de frustration. Le retour de l’espérance pourrait signer un rebond économique violent qui sera plus particulièrement marqué au second semestre ;
  • Contrairement à la crise de 2008, la politique de sauvetage économique est marquée par un puissant déficit budgétaire qui se matérialise aujourd’hui par une épargne abondante qui attend la fin de la pandémie pour sortir et circuler à nouveau dans l’économie ;
  • Cette puissante croissance économique post Covid sera différente de la croissance d’avant covid. Développement durable, écologie, remise en cause de l’hyper-mondialisation seront les moteurs de la nouvelle croissance économique et permettront de réparer les maux de nos sociétés mis en exergue par les giletsjaunes et autres mouvement populistes ;
  • Après 20 ans d’une puissance économique détruite par l’hyper-mondialisation, nous pourrions entrer dans un nouveau cycle économique nettement plus favorable aux pays occidentaux ;
  • L’inflation pourrait être un sujet pendant le second semestre mais aussi de manière plus durable avec les nouvelles exigences écologiques, de développement durable et de remise en cause de l’hyper-mondialisation ;
  • L’expérience du confinement aura été l’occasion d’accélérer l’adoption de nombreuses innovations. Entre télétravail, click&collect et circuit court , nous pourrions définitivement adopter ces pratiques dans un monde post Covid-19. En 2021, nous allons retrouver une vie normale qui sera probablement différente de la vie d’avant Covid-19.

Comment investir en 2021 dans un monde post Covid-19 ?

ps : En rouge, les changements par rapport à la dernière météo du patrimoine « Météo du patrimoine – Juin 2020 – Quels placements et investissements au second semestre 2020 ? » ;
En Noir Barré, ce qui n’est plus d’actualité ;
En Noir, ce qui ne change pas par rapport à la dernière météo du patrimoine.

Assurance vie en fonds euros.

A court terme : Le rendement sans risque du fonds euros est le meilleur qu’il est possible d’obtenir pour un placement sans risque et relativement disponible. Mais attention, les fonds euros sont sans risque jusqu’au jour où l’ont se rendra compte que ce n’était pas vrai. N’oubliez pas que la loi SAPIN 2 permet de bloquer les rachats en cas de risque majeur et notamment de hausse des taux d’intérêt.
Avec la crise du coronavirus, ce risque de remise en cause de la liquidité des fonds euros augmente. La solvabilité des compagnies d’assurance-vie va être mise à mal, le système ne peut se permettre une décollecte massive. Si tel devait être le cas, la loi SAPIN 2 et l’interdiction temporaire des rachats sera une solution pour protéger les compagnies d’assurance-vie. Ce risque sera d’autant plus important que les taux d’intérêt augmenteront.
L’assurance vie en fonds euros n’est pas un placement disponible et garanti ; C’est dans ces périodes de risque extrême que nous pourrions nous en rendre compte.
 
A long terme : Ce rendement est insuffisant pour espérer s’enrichir et valoriser son épargne. A long terme, le fonds euros est source d’appauvrissement relatif dans un monde ou l’inflation monétaire et les taux d’intérêt négatifs détruisent la valeur de l’épargne et de la monnaie. Mais, avec la chute récente des cours de bourse, nombre d’épargnants en fonds euros doivent se féliciter d’avoir « résister » à la pression de leur banque ou courtier qui insistait lourdement pour qu’ils spéculent en bourse via les unités de compte.
 
 

Assurance vie Eurocroissance.

A court terme : Ce n’est pas un placement à court terme. La lecture et la compréhension du rendement à court terme est difficile et probablement source de déception en cas de hausse des taux d’intérêt ou baisse des cours des marchés action (cf »Quel rendement pour l’assurance vie Eurocroissance ? »).
A long terme : L’assurance vie Eurocroissance est un produit séduisant dont le rendement à long terme devrait être supérieur au rendement de l’assurance vie en fonds euros sauf en cas de forte hausse des taux d’intérêt (mais dans ce cas là,  garantie du fonds euros ne serait pas une meilleure solution ; Cette garantie serait illusoire et l’argent serait probablement bloqué en application de la loi SAPIN 2).

A long terme, c’est peut être le moment de souscrire un contrat Eurocroissance (si le système survit au moment que nous traversons, mais s’il ne survit pas, vous aurez d’autres problèmes que de savoir si votre épargne vaut zéro ou zéro).
C’est le moment pour placer votre épargne à long terme dans un contrat d’assurance-vie Eurocroissance si votre objectif est une épargne de long terme sans risque. Mais attention, l’épargne est bloquée pour une longue période.


 

Assurance vie en unité de compte.

A court terme / A long terme : Les frais de gestion supplémentaires pénalisent le rendement. Seuls les épargnants qui recherchent le dénouement « hors succession » des contrats d’assurance- vie doivent y épargner. Pour les autres, le PEA ou le compte titre seront probablement moins onéreux (et donc plus performants) – cf »Assurance vie, PEA, Compte titre : Quel conseil financier pour gérer votre épargne ? ». ou encore « Souscrire un contrat d’assurance-vie avant 69 ans n’a pas beaucoup d’intérêt.
 

PEL, livret bancaire

A court terme : L’excessive faiblesse des rendements fait perdre de l’argent aux épargnants sauf ceux qui ont la chance d’avoir de vieux PEL ; « Un tient vaut mieux que deux tu l’aura » ; C’est aujourd’hui le seul véritable placement garanti et disponible ;
A long terme : idem, même si la garantie totale du capital et sa liquidité permanente (et non remis en cause par la loi SAPIN 2 contrairement à l’assurance vie en fonds euros) peut permettre de saisir l’opportunité d’une baisse des marchés actions ou immobilier. Ce sont les seuls véritables produits financiers disponibles qui permettront à l’épargnant d’être habile dans son allocation d’actif.
 

Immobilier d’habitation et le logement

A court terme : La crise du Coronavirus va figer le marché immobilier pour quelques mois. Plus rien ne va se passer ; Les vendeurs pourraient ne pas trouver d’acquéreur rapidement. A court terme, il n’y a plus de marché.

Lorsque la pandémie sera vaincue, le marché repartira au gré de la capacité d’emprunt des candidats et donc de l’évolution des taux de crédit immobilier.

Une croissance économique serait évidement accompagnée d’un retour d’un marché immobilier dynamique au second semestre, mais peut être aussi d’un peu d’inflation (et de hausse des taux de crédit immobilier) qui pourrait réduire l’euphorie du marché immobilier (cf »Crédit immobilier : Déjà le retour de la hausse des taux immobiliers ?).

En revanche, le marché devrait être marqué par les nouvelles envies des acheteurs : Maison, calme, jardin… L’effet confinement pourrait être fort dans le marché immobilier (cf. « 2021, l’année du grand bouleversement du marché immobilier de l’après Covid-19« ).

Les candidats à l’acquisition d’un bien immobilier pourraient être confrontés aux nouvelles exigences du HCSF sur l’octroi de crédit immobilier et le calcul du taux d’endettement. Dorénavant, le reste à vivre n’est plus pris en compte et seul un taux d’endettement inférieur à 33% et une durée inférieure à 25 ans permettront d’obtenir un crédit immobilier (cf »Crédit immobilier : La fin du « reste à vivre » pour le calcul du taux d’endettement.« ).

Bien évidemment, vous pouvez retrouver nos analyses et projections dans la nouvelle édition de notre livre « Investir dans l’immobilier« .

 
A long terme : La faiblesse des taux d’intérêt semble s’inscrire dans la durée. Les taux d’intérêt durablement faibles devraient permettre de justifier une nouvelle hausse des prix de l’immobilier dans les régions dans lesquelles les prix sont stables ou en baisse depuis 10 ans ; En revanche, la situation pourrait être plus délicate pour les villes dans lesquels les prix ont explosé depuis 10 ans comme Paris, Lyon ou encore Bordeaux tant les prix sont déconnectés des fondamentaux.

La crise du coronavirus révèle les nouveaux besoins des candidats à l’investissement immobilier.

Ce grand chamboulement du marché immobilier pourrait se traduire par une évolution contrastée des prix de l’immobilier. Les hyper-métropoles telles que Paris et Lyon principalement pourraient vivre un marché immobilier déprimé après des années d’une euphorie spéculative non raisonnable.

À l’opposé, les métropoles régionales et autres villes moyennes pourraient être les gagnantes de ce grand chamboulement. Nous pourrions assister à un mouvement démographique puissant dont ces villes pourraient pleinement tirer profit.

Les villes du Sud et de l’Ouest reconnues pour leur qualité de vie pourraient être les grandes gagnantes de ces mouvements démographiques ; La pression haussière sur les prix pourraient être une conséquence naturelle de ces mouvements démographiques. Les prix de l’immobilier sont parfois très faibles dans ces villes. Nous pourrions être à la veille d’une puissante hausse des prix dans ces villes, une forme de rattrapage.

En revanche, les hyper-métropoles pourrait peiner à attirer les habitants à la recherche d’une meilleure qualité de vie. Les prix doivent s’adapter à la baisse face à ce mouvement démographique puissant. La forte hausse des prix observée depuis 10 ans n’est plus tenable au regard de la réalité de la demande. Les prix de l’immobilier pourrait commencer à baisser en 2021.


Au global, Il n’y a donc aucune urgence à investir. Attendons de voir l’évolution du marché avant d’y revenir sérieusement. Il faut donc continuer à observer le marché… et pourquoi pas faire des offres en dessous du prix de vente pour saisir l’occasion d’un marché qui ne sait pas dans quel sens il doit aller. 
Mais attention, à la tentation d’attendre la grande baisse des prix de l’immobilier. Certains l’attendent depuis plus de 15 ans … et sont passés à côté de belles opportunités.
A court terme, il ne faut pas se précipiter ;
A long terme, ne rien faire est la pire des décisions d’investissement d’autant plus que les prix ne sont pas très élevés sur la majorité du pays. Ce ne sera jamais le bon moment pour investir car vous trouverez toujours une excuse pour ne pas prendre la décision d’investir; 
 

Immobilier d’entreprise – SCPI- de bureaux et de commerces.

A court terme : La crise du Coronavirus est en train de figer le marché immobilier pour quelques mois. Plus rien ne va se passer ; Les vendeurs pourraient ne pas trouver d’acquéreur rapidement. A court terme, il n’y a plus de marché.
 
A long terme : Le marche de l’immobilier d’entreprise est au cœur d’une profonde mutation des usages qui remet en cause sa valeur intrinsèque. L’obsolescence immobilière qui en découle oblige l’épargnant à la plus grande prudence. Les prix et les rendements pourraient baisser dans les prochaines années compte tenu des coûts importants liés à l’adaptation à ces nouveaux usages – cf »SCPI : De sombres perspectives pour l’investissement en immobilier de bureaux !

A long terme, l’absence d’une baisse future des taux d’intérêt ne pourra pas permettre d’expliquer la hausse future des prix. Les qualités intrinsèques devraient être les seuls moteurs de performance, or, celle-ci semblent remise en question avec la mutation des usages. L’adoption massive et accélérée du télétravail illustre parfaitement cette idée de la mutation des usages de l’immobilier d’entreprise (cf »Le télétravail, un tsunami qui va bouleverser l’immobilier de bureaux et l’investissement en SCPI ? »).
De surcroît, la crise économique qui suivra inévitablement la crise sanitaire du Coronavirus devrait fragiliser les entreprises locataires de l’immobilier d’entreprise détenus par les SCPI. Ces baisses de loyers pourraient peser sur la rentabilité future des SCPI et donc sur leur valorisation.
D’autre part, le rendement actuel proposé par l’immobilier d’entreprise est trop faible au regard du risque réel de l’immobilier d’entreprise du fait de sa dépendance totale vis à vis de la santé de l’économie. Ce risque était oublié par les investisseurs qui acceptaient des rendements tous les jours plus faibles en payant toujours plus chers ces biens immobiliers.
Deux éléments importants qui pourraient conduire à une baisse de la valeur des parts de SCPI comme nous vous l’expliquons dans cet article « SCPI : Attendre une baisse de la valeur des parts de SCPI avant d’investir ? ».

En revanche, dans quelques mois, il pourrait être pertinent d’investir dans des SCPI de création très récente afin de profiter de la baisse des prix de l’immobilier d’entreprise pour acheter à bon compte.
 

Investissement dans le capital des entreprises – Les actions

A court terme : C’est la panique ! Il n’y a plus de marché. Le prix des actions n’est plus attaché à aucun fondamentaux. Les fondamentaux sont remis en question. 
Le prix des actions a chuté de 40% depuis 1 mois et demi. C’est une chute historique. C’est le moment de se rappeler la différence entre le prix et la valeur : « Réussir son investissement c’est comprendre que la différence entre le prix et la valeur, c’est la liquidité ».
Les cours de bourse affichent maintenant -+ 6000 points après leur plus bas à 3700 points lors de la précédente version de la météo du patrimoine. Si vous n’avez pas acheté en Mars, vous avez probablement perdu une belle occasion.
C’est maintenant trop tard, mais ne perdez pas espoir, la volatilité est forte et vous devez vous préparer à investir lors de la prochaine baisse qui ne manquera pas de se manifester. N’oubliez pas qu’en bourse, après la hausse vient la baisse … et après la baisse vient la hausse (cf. « Bourse : Ce n’est plus le bon moment pour investir sereinement.« ).
 
A long terme : L’investissement dans le capital des entreprises est l’une des seules stratégies d’investissement qui permettra à l’épargnant d’éviter son appauvrissement relatif. L’épargnant devra donc investir à long terme dans le capital d’entreprises leaders, dont le marché ne sera pas remis en cause dans les prochaines années, et surtout sans chercher à être meilleur que le marché et la spéculation à court terme – cf »Bourse : Investir avec la véritable « gestion passive » pour tirer profit du dynamisme à long terme des entreprises ? ».
Il est impossible de savoir si c’est le bon moment pour acheter des actions, même pour une détention à long terme. Il me semble alors cohérent de se constituer progressivement son portefeuille au gré des excès du marché comme nous le décrivons dans cet article « Faut il profiter des baisses sur le marché action pour investir à très long terme ? Notre mode d’emploi. »
Nous sommes en train de vivre un moment de panique sur les marchés actions. Le moment est peut être venu d’être contrariant et d’investir en suivant l’adage « Acheter au son du canon » comme nous vous l’expliquons dans ces articles : 

Le moment de panique est (à court terme) derrière nous. Ce n’est plus le moment d’investir massivement. Vous devez reprendre vos versements réguliers et attendre la prochaine baisse violente pour y mettre une somme importante. Après le son du canon, propice à l’achat, nous entendons maintenant le son du clairon. Ce n’est pas le moment idéal pour investir (cf »Bourse : Le spéculateur tenté de « vendre au son du clairon » alors que l’investisseur est à la plage »).
 

Investissement dans l’OR

Je n’ai pas d’avis particulier en l’absence d’usage suffisant pour justifier une valeur patrimoniale. L’OR est un valeur refuge dont la valorisation est irrationnelle car n’est pas fondée sur l’usage que l’on peut en tirer.
L’OR est une monnaie dont l’augmentation de valeur traduit la baisse de la valeur des monnaies fiduciaires (cf »Investir ou épargner dans l’OR (lingots, pièces) pour se protéger de la destruction des monnaies ?« ).
Cette crise sanitaire, puis économique du Coronavirus pourrait accélérer la valeur des monnaies dites FIAT (monnaie des états) ; L’OR est il une solution pour se protéger d’une éventuelle faillite du système ?

Et si l’après Covid-19 marquait vraiment le début d’un nouveau cycle économique favorable. L’OR (tout comme le bitcoin) ne serait il pas un actif hasbeen qui ne permettrait pas de profiter de la dynamique ?
 
ps : Et si vous êtes devenu collapsologue et/ou survivaliste, il n’existe qu’une solution : Investir dans votre résilience ! Le reste n’a plus d’importance. Un peu de lecture pour se faire peur :

L’invasion du capitole pourrait marquer l’effondrement de la collapsologie et des vérités alternatives sur lesquels vivent tous les complotistes ! Cette invasion 2.0 marque une prise de conscience forte sur les effets de ces manipulations mentales qui prennent leur origine sur les réseaux sociaux.

C’est la fin de la science de la collapsologie ! La narration qui justifie la hausse de l’OR ou du Bticoin est sur le point de s’effondrer.

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