Vieillissement de la population, absence de croissance économique, endettement massif des états, … La croissance mondiale est faible, la croissance des pays développés, moteurs de la croissance mondiale, est poussive malgré des politiques monétaires toujours plus excessives et manipulatrices.

Mais avons nous le choix ?  Probablement que le maintien de la valeur des actifs (immobilier, obligation, action, …) à des niveaux de valorisation stratosphérique est la seule solution pour maintenir le système en l’état.

Le vieillissement de la populations des pays développés ne fait que commencer et les conséquences seront insupportables pour nos pays administrés … Les systèmes de retraite, le financement de la santé ne pourront pas résister à ce vieillissement de la population. Faute d’une croissance forte et donc de nouveaux revenus capables d’assurer ce financement, le financement des charges liées au vieillissement de la population passera dans une valorisation excessives des actifs (immobilier, action, obligation).

Faute d’accepter immédiatement l’inévitable baisse de régime d’une économie mondiale qui vit au dessus de ses moyens, on repousse le problème sur les générations futures…

Nous sommes donc peut être (ou pas, seul l’avenir nous le dira), à la veille d’un vaste mouvement de valorisation des actions, nous sommes peut être au début de la construction d’une bulle sur le marché des actions, le retour de l’exubérance irrationnelle chère à Alan Greenspann en 1996. 

Le marché des actions est aujourd’hui le dernier marché dont la valeur fondamentale est encore en rapport avec des indicateurs économiques.

Le PER, indice de cherté des actions, proche de 16,5 est naturellement excessif et supérieur à la tendance de long terme, mais pour le moment, le marché des actions est le seul marché qui ne soit pas TOTALEMENT en déconnexion des fondamentaux économiques de long terme.  

Le marché est trop cher, mais la bulle spéculative sur le marché action est plus petite que sur les autres marchés tels que l’immobilier ou les obligations. En comparant, par exemple la déconnexion du marché action à celle du marché de l’immobilier ou des obligations, on a encore de belles perspectives de valorisation devant nous…

 

Mais, ne cherchez une explication rationnelle dans cette hausse incroyable des marchés actions. N’utilisez pas les outils de l’ancien monde pour expliquer cette hausse vertigineuse, ils ne sont pas compatibles et ne vous donnerons que des indications trompeuses.

Les marchés sont excessivement élevés et ils pourraient le rester pendant de longues années par ce que nous n’avons pas le choix, pas les capacités de subir un nouveau krach financier majeur. Le maintien de la valeur des actifs à des niveaux stratosphériques est un condition de survie du système et n’est pas le signe d’un enrichissement et de création de valeur.

En augmentant considérablement la liquidité mondiale, la valeur nominale des monnaies baisse. Oui, les actifs valent toujours plus chers, mais la monnaie dans laquelle cette valeur est exprimée ne vaut plus rien … Et ne vous inquiétez pas du risque de fin de Quantitative Easing des Etats Unis, avec la faiblesse annoncée de leur croissance économique, le retour du QE4 est pour bientôt.

historique PER

 

 

Une bulle de plus qui explosera …

Mais attention, investir sur les marchés actions est un jeu dangereux ou beaucoup pourraient perdre leur chemise.

Combien de temps, les générations futures accepteront elles le jeu destructeurs des banques centrales ? Et si la prochaine sortie de la Grèce de la zone Euro donnait des idées aux autres pays ?

Que ce passera t’il lorsque les Banques Centrales décideront de mettre fin à leur expérimentation ? Le retour à la réalité pourrait être violent!

La question fondamentale est donc de réussir à capter cette exubérance irrationnelle des marchés actions, sans perdre sa chemise lors du retour à la réalité et aux fondamentaux. 




14 Comments

  1. Réflexion intéressante. Mais peut être ce maintien artificiel des cours va s’accompagner dans le futur de brusques corrections comme on en a connu en 2014. Pas assez importantes pour que les banques centrales interviennent, mais assez pour être meurtrières pour les épargnants ou fonds utilisant le « stop and loss ».

  2. Fredy Gosse says:

    Et si justement le système était fondé sur le printing massif , lui résorbé par des bulles cycliques?

  3. Article très pertinent. Le seul moyen pour les institutionnels de payer une rente future sera via des gains réalisés sur les marchés actions vu que les taux long vont rester bas un moment étant donné l’endettement du privé et du public, ce qui entraîne une inflation nul.

  4. Mais comment cette théorie vous est elle venue à l’esprit Mr Fonteneau ?

  5. Il n’a ni esprit ni théorie Sade l’a dit plus haut.

  6. Sade et Maillot

    Mr Fonteneau ne cherche pas à prédire l’avenir. Il émet une hypothèse (la meilleur preuve le titre de ce billet est bien IDEE et REFLEXION).

    Jusqu’à preuve du contraire il n’est pas inutile de réfléchir, de se poser des questions et de vouloir les faire partager.

    La seule prédiction de Mr Fonteneau est simplement de dire que SI CETTE HYPOTHESE se réalise il y aura des corrections violentes et cela en raison du fait que jusqu’à présent les cours des actions sont toujours revenus tôt ou tard au niveau des fondamentaux et que l’on imagine pas à ce stade que cela puisse changer.

    Pour ma part je trouve intéressant de penser que des cours déjà élevés pourraient continuer de progresser en raison du fait que cela correspond à la perte de valeur de la monnaie de cotation.

  7. Cette réflexion est intéressante et probablement juste à moyen terme.

    Il semble évident que l’on retrouvera dans les 1 à 3 ans à venir une valorisation du CAC équivalente voire supérieure aux années 2000 soit environ 6900 pts.

    A cela, rien d’exceptionnel, mais après ??

  8. szboda says:

    Merci pour cet article !

    Cette idée mériterait un développement:

    la bulle spéculative sur le marché action est plus petite que sur les autres marchés tels que l’immobilier ou les obligations.

    Idem pour celle ci, très liée à la précédente:

    En comparant, par exemple la déconnexion du marché action à celle du marché de l’immobilier ou des obligations, on a encore de belles perspectives de valorisation devant nous

    Déconnexion du marché actions par rapport à l’ économie réelle oui, rachats de leurs propres actions par les entreprises, taux de rendements articiellement gonflés etc…

    Le marché immobilier est il plus déconnecté de la réalite du marché (offre /demande) que celui des actions ?

    Quand aux obligations…on a des risques majeurs en cas de hausse des taux d’intérêt (comme en immo).Pour que les anciennes à taux bas rapportent autant que les nouvelles émissions, cela supposera une forte baisse de la valeur des obligations les plus anciennes.

    Le conclusion de l’ article est habituelle en ce qui concerne tout véhicule d’investissement: il existe un fort risque (gros risque et peu de rendement selon les nouvelles conditions faites à l’ épargne), et l’idée d’en sortir à temps est souvent une chimère.

    • Merci de nous expliquer comment une forte hausse des taux n’affecterait pas trop le marché actions.

      Pour votre conclusion, la solution est de faire comme certains, préférer sortir le premier et laisser les autres s’enrichir derrière vous pour éviter de se retrouver piégé dans la baisse.

  9. Voici un article de Patrick Artus qui explicite cette idée avec un niveau d’analyse nettement plus précis et pointu : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=86636

    Bonne lecture,

  10. Fredy Gosse says:

    voir sur institut Turgot
    Taux zéro et Quantitative Easing : « Why non conventional monetary policies cannot succeed ».
    Par Henri Lepage le jeudi 20 août 2015, 15:01 – Note de synthèse – Lien permanent

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