C’est ma triste conclusion après ma participation à Bordeaux Fintech organisé par Louis Alexandre de Froissard.
Les fintechs de la gestion de patrimoine s’attaquent aux coûts et aux circuits de distribution sans véritable vision de rupture
Les fintechs de la gestion de patrimoine et autres robo-advisors n’ont plus rien à raconter et ne me séduisent plus, tout comme elles peinent à séduire les épargnants ! Ces jeunes sociétés innovent, utilisent le numérique pour faciliter les transactions et les ventes de produits financiers, réduisent les frais de gestion, mais ne révolutionnent rien dans l’esprit.
Bref, elle propose la même chose qu’aujourd’hui, mais moins cher et moins personnalisé ! Ce n’est que de l’industrialisation des pratiques actuelles, la destruction des modèles actuels de distribution, mais en aucun cas une révolution vers une finance nouvelle et adaptée aux bouleversements sociétaux que nous vivons.
Attention, il ne s’agit là d’une sentence qui vise uniquement les Fintechs spécialisées dans la gestion de patrimoine et plus globalement la gestion des finances personnels. L’effervescence et l’innovation restent très forts dans les paiements ou encore le crowdlending avec de véritables modèles économiques et sociétaux qui ambitionnent la construction d’une finance nouvelle au service de la société ! (j’ai en tête des initiatives de rupture telles que portées par Eric Charpentier de Morning.com, qui construit simplement une banque qui n’est pas une banque et Vincent Ricordeau, fondateur de Kisskissbankbank et lendopolis, dont on perçoit l’ambition sociétale derrière le crowdlending).
La révolution est ailleurs, je ne sais pas ou elle est, mais elle n’est pas seulement dans la réduction des coûts et la suppression des intermédiaires.
Les épargnants, les investisseurs cherchent autre chose et probablement une nouvelle finance, une nouvelle pratique du conseil qui casse les codes, bien au delà du mode de rémunération des acteurs.
Nous vivons des changements sociétaux tels que nous ne pouvons nous contenter d’un simple techno-washing qui consiste à mettre du « big-data marketing » et « collaboratif marketing » pour faire la même chose mais le vendre plus facilement. La révolution de la gestion de patrimoine, ce n’est pas seulement l’utilisation du mot « algorithme ».
Les robo-advisors n’apportent rien sauf à réduire les coûts et supprimer les intermédiaires (c’est déjà pas mal, mais j’ai du mal à m’en contenter).
Nous devons aller plus loin dans la rupture ! Comment peut on ambitionner de révolutionner la finance d’aujourd’hui en proposant …. la souscription d’un contrat d’assurance vie au risque systémique qui n’est plus à démontrer.
La véritable révolution est ailleurs et passe probablement par de nouveaux acteurs (dont le capital n’est pas détenu par les tenants du système financier actuel). Ces acteurs devront penser différemment et s’attaquer aux changements sociétaux de très long terme comme le fonds aujourd’hui des acteurs comme Morning.com, le compte nickel, lendopolis, Spears, Terre de liens, ….
Les robo-advisors peinent à séduire les épargnants et s’adressent aux CGPI pour vendre leur solution…
Cela sonne comme la fin d’un magnifique story-telling. Les robo-advisors abandonnent toutes leur modèle économique originel et « draguent » les acteurs traditionnels (banque et cgpi ou courtier) pour leur faire « vendre » leur solution et les gestion financière.
Les robo-advisors comprennent que le marché de l’épargne est compliqué et recherche des intermédiaires pour vendre leurs solutions qui devaient supprimer les intermédiaires. Un appel du désespoir ?! Quel dommage …. mais comment pouvait il en être autrement ? Comment voulez vous révolutionner un secteur en proposant la même chose, mais moins cher. N’est ce pas so 2000 ? Les attentes des épargnants ne sont elles pas ailleurs ?
L’intermédiation est détruite par internet et le numérique… pourquoi s’accrocher aux anciens modes de distribution condamnés par les changements sociétaux en cours ? N’est pas faire preuve d’une incroyable perte de confiance dans sa capacité à disruptive une pratique et une métier ?
– Yomoni annonce à peine 6 millions d’encours après une année d’existence et des campagnes publicitaires très onéreuses… alors que fin 2015, ils annonçaient une ambition à plus 1 milliards d’euros pour 2020. Il va falloir accélérer !
– Advize, nous explique que leur contrat d’assurance vie et leur proposition de service n’est qu’un laboratoire et n’a pas vocation à devenir l’acteur de rupture annoncé pour se transformer en simple fournisseur de solutions pour CGPI
– ….
A suivre, mais j’ai bien le sentiment que la bulle est en train de faire pshiiit !
La raison est simple : Les épargnants veulent une véritable rupture et ne peuvent se contenter du techno-collaboratif-data washing.
Chers amis, la révolution est ailleurs… et probablement davantage dans l’esprit que dans la technologie. Il faut tout remettre à plat à commencer même par la notion d’épargne comme j’essaie de la faire dans cet article « L’épargne est une erreur, débarrassez vous en avant qu’il ne soit trop tard !«