Cela fait maintenant plus de 35 ans que c’est systématiquement la même histoire : A chaque crise économique qui s’accompagne d’une crise dans le bâtiment, le nouveau ministre du logement met en place une loi de défiscalisation pour relancer le marché, inciter les particuliers à investir dans l’immobilier, faire construire ou encore réaliser des travaux.

Et c’est à chaque fois la même histoire. Alors que la croissance est relativement forte, les déclarations d’intention se succèdent et vont toutes dans le sens d’une suppression prochaine du dispositif fiscal d’encouragement à l’investissement immobilier locatif dans le neuf ou dans l’ancien avec travaux. Lorsque la croissance est confortable, nul besoin du dynamisme du bâtiment et du marché immobilier.

Mais, avec l’arrivée de la crise, car la crise arrive toujours, le fameux adage « quand le bâtiment va, tout va » révèle sa pertinence et, c’est alors le ministre du logement ne peut s’empêcher de créer une loi de défiscalisation portant son nom pour relancer le bâtiment via l’encouragement à l’investissement immobilier locatif.

2021 ne devrait pas faire exception. La nouvelle ministre WARGON pourrait bien être à l’initiative d’une nouvelle grande loi de défiscalisation immobilière.

Néanmoins, au regard de l’évolution de la narration autour du déséquilibre du marché immobilier et surtout de la prise en compte du mouvement écologique qui devient dominant, il y a fort à parier que cette nouvelle loi de défiscalisation immobilière Wargon pourrait avoir pour objectif :

  • D’encourager la construction de logement neuf dans un nombre très limité de villes et de régions. On doit pouvoir évoquer les quelques très grandes métropoles en pénurie de logement et quelques zones touristiques sur la côte méditerranéenne et atlantique (Lille, Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Cote d’azur, Ile de France, …) et encore… La révision du zonage du pays en Abis, A, B1, B2 et C pourrait avoir pour conséquence de réduire fortement les zones dites tendues.

Aujourd’hui, il est maintenant un fait qu’on ne manque pas de logement en France (sauf dans de très rares zones) et qu’il faut donc mettre fin à cette idée de la construction de toujours plus de logements partout en France – cf »Immobilier : La vérité sur la pénurie de logements et sur la bulle immobilière en France. »

La construction de logement est consommatrice d’espace naturel et d’artificialisation des sols. D’un point de vue écologique, il est préférable de rénover l’ancien plutôt que de construire dans le neuf. Dans la très grande partie du pays, il ne faut pas encourager la construction de nouveaux logements. Il faut encourager la rénovation des logements anciens.

 

  • De réduire le coût de la rénovation énergétique dans l’immobilier ancien. La rénovation énergétique du parc immobilier sera probablement au cœur de la relance économique du pays. La probable loi WARGON devrait pouvoir d’encourager fiscalement l’investissement dans l’ancien avec travaux, probablement dans le prolongement de la loi DENORMANDIE dont les conditions d’accès sont malheureusement trop complexe pour permettre un dispositif fiscal efficace.

Considérant que la réussite d’un dispositif fiscal repose sur sa simplicité, il faut chercher du côté de ce qui marche déjà. Une amélioration du régime des déficits fonciers avec, par exemple, des charges déductibles bonifiées (par exemple, les travaux de rénovation énergétiques pourraient être déductibles à 150% pour encourager les propriétaires bailleurs à faire des travaux) et/ou une simplification de la loi DENORMANDIE pourraient être des pistes intéressantes.

 

Pour le moment, tout cela n’est que pure fiction. Il existe encore le dispositif PINEL jusqu’au 31/12/2021, même si on sent bien qu’il n’attire plus beaucoup les candidats à l’investissement immobilier locatif neuf.

L’illusion magique de la défiscalisation ne semble plus fonctionner sur les candidats à l’investissement immobilier qui ont bien compris que l’industrie immobilière (promoteur et autre vendeurs de défiscalisation) ressortait comme la seule gagnante du dispositif fiscal PINEL.

Des prix trop élevés pour rémunérer l’industrie limite les perspectives de rendement pour l’investisseur particulier. Il va falloir rénover en profondeur l’approche de la défiscalisation immobilière. L’idée d’un aide à la rénovation doit pouvoir avoir du sens.

A suivre…

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55 Comments

  1. Aujourd’hui un vendeur de Pinel gagne en moyenne 5% du prix de vente d’un bien, donc sur un bien classique à 200.000€, il gagne 10.000€.

    Les bons vendeurs de Pinel gagnent des salaires de joueurs de foot : 10 à 20 000€ par mois.

    Ces très hauts salaires témoignent bien de la difficulté du métier. Les promoteurs n’offriraient pas de rémunération comme ça si c’était facile.

    Aujourd’hui le Pinel fait peur. Il n’y a qu’à taper Pinel arnaque sur google, ce que font bon nombre de particuliers pour se faire un avis, et constater la liste interminable d’articles négatifs sur le sujet…

  2. Guillaume,

    Je ne suis jamais intervenu sur votre forum bien que je sois très souvent d’accord avec votre analyse des sujets.

    Mais aujourd’hui je réagis car je trouve, en ma qualité de professionnel de l’immobilier pendant plusieurs décennies, que votre approche est très pertinente.
    Je suis d’accord en tous points avec votre analyse que bien des politiques devraient intégrer dans leur réflexion!
    Bien sûr qu’il faut placer les aides au coeur de la rénovation et non de la construction, et ce pour tous les arguments que vous présentez.
    Mais évidemment, la rénovation est politiquement moins spectaculaire en terme d’effet d’annonce que la construction. Pourtant, la dictature écologique pourrait s’y nourrir plus facilement pour les raisons que vous avez avancées. (Consommation d’espaces naturels, artificialisation des sols)

    Et pour le Pinel, Oui, 30% trop cher, sauf à le réaliser soi même, sans le prestataire avec sa plaquette cartonnée et glacée.

    Bravo pour cette analyse, fort utile pour vos lecteurs.

  3. Sénèque says:

    Les défisc immobilières sont très rentables pour:
    1) les monteurs
    2) les ditributeurs.

    Je préconisais aux investisseurs obnubilés par la recherche d’une réduction d’impôt de se faire leur propre défisc plutôt que de la payer 25%/30% au-dessus du marché en passant par un promoteur qui se rémunère grassement et arrose la chaîne de distribution pour assurer sa propre rentabilité.
    => A compter du 01/01/2021, la réduction PINEL ne sera accordée que pour les logements d’habitation situés dans des immeubles collectifs. Le législateur oriente vers les flux vers les promoteurs plutôt que de laisser des investisseurs privés réaliser des opérations à moindre coût avec un même effet. Cela témoigne également de la volonté de favoriser la captation de richesse par un secteur dont le lobbying est ainsi récompensé.

    Les défiscs immobilières sont peu voire pas rentables pour:
    1) les personnes qui achètent ces produits. Il suffit de faire une observation à l’issue des 9-10 ans lors de la remise en vente avec de belles …moins-values. En même temps, elles se laissent séduire par les discours commerciaux de « professionnels » qui, bien que percevant des rémunérations élevées comparées aux autres contribuables français, ne réalisent très certainement pas ce genre d’acquisitions !!! Perso, dans les cabinets où j’ai travaillé, aucun CGP ne faisait de défisc immobilière à titre personnel,
    2) Pour l’Etat, qui sous couvert d’une volonté d’une rénovcation énergétique des bâtiments et donc dans un souci « écologico-environnemental » favorise des programmes immobiliers dont les impacts sont bien loin des objectifs recherchés la main sur le coeur.

    Je pense qu’il y a suffisamment de littérature pour inviter à la plus prudence à tout le moins un investisseur en défisc. Maintenant, le fait qu’il y ait toujours autant d’investisseurs doit rassurer les « vendeurs de défisc » qui voient ainsi leurs revenus pérennisés, et je ne plains nullement ceux qui, sous prétexte de ne pas vouloir s’acquitter de leurs impôts, réalisent des opérations très peu pertinentes sur un plan économique. Personne ne leur met le couteau sous la gorge pour signer.

  4. Bonjour, je suis d’accord avec vous globalement.
    Par contre, vous écrivez à propos du DENORMANDIE:
    « dont les conditions d’accès sont malheureusement trop complexe »
    J’ai fait beaucoup de recherches et de rencontres pou un investissement en DENORMANDIE, même au centre des impots. Cela me parait assez simple en fait. Ai je loupé des subtilités?

  5. Guillaume, Sénèque,

    Entièrement d’accord avec vous.
    Il faudrait que cela soit su d’une manière plus large, pas seulement de ceux qui sont
    avisés. Mais les investisseurs en défisc ne cherchent pas à creuser le sujet, éblouis par la réduction fiscale qui ne couvre même pas la perte à la revente, sauf exception.
    La limation prochaine du Pinel au collectif prouve bien à quel niveau se situe la volonté politique…

  6. Bonjour, étant acteur de l’immobilier neuf, en résidence principale, location saisonnière ou Pinel, je pose la question à laquelle je n’ai jamais eu de réponse. Vous déclarez que le neuf est 30% trop cher, alors comment se fait-il que des promoteurs abandonnent des programmes pourtant prévus en commercialisation, car non rentables? Simplement car la somme des coûts, taxes et marges (même avec 7%TTC de commercialisation max, ce qui est bien moindre que dans d’autres domaines) amène à un prix final hors marché. Ce n’est donc pas la volonté de vendre cher, dans la plupart des cas, qui fait le prix de vente élevé. Mais la réalité des charges françaises…

    • La réponse est simple : Il n’y a pas assez d’acheteurs à ces prix là

      Mécanisme de formation du prix des logements neufs : Les prix de logements neufs ne dépendent pas directement des coûts de construction et reflètent en premier lieu les anticipations des porteurs de projet, relatives au futur consentement à payer des ménages.
      Ainsi, à partir d’une estimation de prix de vente futur, un promoteur déduit de ce montant les coûts de construction, qui dépendent surtout du type de projet (ex. individuel ou collectif, facilité d’accès au chantier etc.), les honoraires techniques, assurantiels et financiers, les taxes et les frais de vente. Ce qu’il reste permet de fixer sa marge et sa capacité à acquérir le foncier. Les promoteurs étant en concurrence entre eux, le foncier constructible revient en général à celui ayant l’enchère la plus élevée. Ainsi, une augmentation des prix des logements, se traduit par une augmentation de la capacité d’enchère des porteurs de projet et donc du prix d’acquisition du foncier (et parfois une amélioration qualitative du logement). La proportion de l’acquisition du foncier dans le prix final dépend de nombreux facteurs (type de foncier par exemple), et en particulier de la localisation. En effet, les coûts de construction, à bâti final comparable sont globalement homogènes sur le territoire, mais le consentement à payer des ménages est quant à lui très hétérogène.

      • Il me semble que vous oubliez un élément : la loi SRU, qui impose un certain pourcentage de logement social dans tout programme d’importance. Logement social sur lequel la marge du promoteur est nulle.

  7. Guillaume G. says:

    Bonjour,
    L’idée de freiner les constructions de logements neufs dans les nombreuses zones où il n’y a pas de pénurie parait bonne et, de plus, permet de limiter l’impact sur l’environnement.
    Favoriser par des incitations fiscales la rénovation des logements existants, notamment dans un but d’économies d’énergie également louables d’un point de vue environnemental, parait également devoir être approuvé.
    Ceci étant dit, il faut bien être conscient que cela va pénaliser assez fortement le secteur économique du bâtiment.
    Nos gouvernants vont devoir jongler avec ces deux paramètres.
    Cordialement,

    • « Ceci étant dit, il faut bien être conscient que cela va pénaliser assez fortement le secteur économique du bâtiment. ».

      Le bâtiment, ce sont surtout les milliers d’artisans et non simplement les promoteurs. La rénovation est au contraire un moyen très efficace pour fournir du travail aux entreprises générales du bâtiment.

      • Avec cependant un sérieux écueil : l’explosion des arnaques à l’isolation, à la PAC, au solaire…ce n’est déjà pas brillant !

      • Guillaume G. says:

        Monsieur Fontaneau,
        Je le vois bien avec ceux de mes clients intervenant dans le secteur du bâtiment, qu’il s’agisse de PME (entreprises de maçonnerie générale, VRD, etc.) ou de TPE (artisans), l’activité de rénovation, si elle permet de traverser des périodes de vache maigre et de couvrir les charges à décaisser sans délais, les opérations de construction sont bien mieux rémunératrices en termes de valeur ajoutée.
        Cordialement,

        • C’est vrai qu’en période faste, il devient très difficile pour un particulier de trouver un artisan pour effectuer des « petits » travaux.

          Tant pis pour eux, les gens se sont habitués à embaucher des « auto-entrepreneurs » (qui embauchent eux même d’autres « auto-entrepreneurs ») et, dans ce domaine le bouche à oreille et internet fonctionnent bien.

  8. Principale difficulté : trouver quelqu’un ou un site qui sache réellement calculer une estimation des économies avant/après rénovation. Et vu la complexité du domaine…

    Je m’étonne par exemple que le vent ne soit pas compris dans les calculs de déperdition énergétique.

  9. Bonjour

    Suivre

  10. Bonjour,
    Sauf erreur de ma part, s’il est juste de dire que le dispositif Pinel est ouvert jusqu’au 31/12/2021, cette information est imprécise et insuffisante en cas de construction d’une maison par exemple. En effet, pour bénéficier du Pinel, il faut impérativement déposé un permis de construire avant le 31/12/2020 donc il reste un peu moins de 6 mois. Me confirmez vous ? Cordialement.
    PS : et peut être même l’entrée du premier locataire avant le 31/12/2021 ?

  11. Patrick D says:

    Avec l’arrivée de Mme Wagron au ministère du logement, aucun doute que les lois imposées aux bailleurs vont se « verdir » !
    Je crois que tout sera fait pour pousser à la construction de nouveaux logements « verts » et la rénovation dans l’ancien. Il faudra s’appuyer sur le DPE actuel qui est un mensonge utile pour pousser à construire et rénover.
    Sur un autre sujet, on viens de m’informer que la trêve hivernale qui aurait dû permettre les expulsions dès le 1er avril 2020, et déjà plusieurs fois repoussée, va finalement continuer jusqu’au début de la prochaine trêve. Ce qui veut dire que les expulsions ne pourront se faire qu’au 1er avril 2021, soit 18 mois de trêve hivernale. Bruit de couloir ou réalité ?
    Je rappelle que la durée moyenne de la procédure d’expulsion en France, avec une trêve « normale » de 5 mois, est déjà de 2 ans et 4 mois !
    Si cette trêve de 18 mois est avérée, la procédure moyenne d’expulsion est cette année de 3 ans et 5 mois !

    • La trêve hivernale n’est pas prolongée au delà du 10 juillet, mais l’ex ministre Denormandie a déclaré qu’il avait demandé aux préfets d’éviter toute expulsion sans relogement.

      • Patrick D says:

        Effectivement. Le président de l’UNPI , Mr Demerson, a supposé que puisqu’il était presque impossible de trouver des bailleurs acceptant de prendre des locataires qui ne payaient pas leurs loyers, la demande d’éviter toute expulsion sans relogement revenait à prolonger la trêve hivernale sur 18 mois.
        Mais il y a une grosse différence :
        Pendant la trêve hivernale, le préfet n’a pas à refuser les expulsions et donc l’état n’indemnise pas les bailleurs lésés. Donc le cas d’un refus d’expulsion du préfet en attendant de trouver un nouveau logement, l’état doit rembourser les bailleurs (Même s’il fait ensuite du chantage à la procédure pour diminuer de 50% sa dette !).

  12. Bonjour
    Un autre problème de fond n’a pas été traité : Le financement !
    Avec les recommandations du hcsf, il devient compliqué de financer un investissement locatif.
    Les petits investisseurs privés qui constituent la majorité des propriétaires bailleurs sont aujourd’hui les premiers mis sur la touche

  13. Certains qui se lancent sans apport, ou qui multiplient les investissements sans reins solides seront mis sous la touche. Pas les autres.

    • Guillaume G. says:

      Bonsoir Adnstep,
      Permettez-moi, en lisant vos lignes, de relever que vous ne semblez pas être un initié en matière d’investissement en immobilier de rapport, et que vos propos peuvent apparaître contradictoires.
      Sans doute n’est-il pas inutile de rappeler ici la règle non écrite notoirement reconnue en la matière : ou bien on a les reins solides et la banque finance à 100 % (a minima) ; ou bien on n’a pas les reins solides et la banque exige un apport.
      Les banquiers ne sont en effet pas si inconscients qu’on veut parfois le faire croire, en termes de gestion des risques.
      Il se peut bien sûr que les recommandations du HCSF de fin 2019 aient pour effet de remettre en question cet usage bien établi mais on ne le saura vraiment que dans les mois qui viennent, l’épidémie de Covid-19 ayant suspendu les transactions pendant plus de deux mois.
      Cordialement,

  14. « Les banquiers ne sont en effet pas si inconscients qu’on veut parfois le faire croire, en termes de gestion des risques. »

    Ah ? Si vous le dites.

    • Banquier, je peux vous dire que dans l’ensemble des établissements bancaires, la gestion du risques a pris le pas sur le commerce depuis plus de 10 ans. Quand une banque accorde un prêt, que ce soit à titre privé ou professionnel, c’est seulement après avoir étudié minutieusement la situation financière, professionnelle, personnelle de l’emprunteur et après s’être assuré au maximum que l’emprunteur est en capacité d’honorer le remboursement de ses échéances de prêt. En revanche, les établissements de crédits (cetelem, cofidis, finaref, etc etc…) ne vérifient rien, vous prêtent aveuglement (Pret perso et revolving) en vous demandant simplement de signer une attestation sur l’honneur que votre situation financière vous permet de rembourser votre prêt. J’ai ainsi connu une personne ayant obtenu 32 prêts Conso et revolving avec un encours de remboursement de crédit mensuel de 5500 euros pour 3700 euros de revenus mensuels. Et la personne en a obtenu un 33eme puis un 34eme pour faire face aux remboursements de ces prêts. La suite de l’histoire fera l’objet d’un livre. Petite précision qui a son importance : tous ces établissements de crédits appartiennent aux établissements bancaires. En quelque sorte, les banques sont les vitrines. Les établissements de crédits sont les arrières vitrines et ce qui se passent derrière la façade n’est pas beau à voir ….

      • Je veux bien vous croire. Vous précisez bien : depuis plus de 10 ans. N’est-ce pas depuis qu’elles ont failli être balayées par leurs investissements hasardeux ?.. c’était le sens de ma remarque.

  15. « : ou bien on a les reins solides et la banque finance à 100 % (a minima) ; ou bien on n’a pas les reins solides et la banque exige un apport. »

    Il me semble que même pour des promoteurs ayant quelques années de réussite, les banques n’apportent pas 100%, mais demandent toujours 10 a 20% de fonds propres.

    Mais sans doute, les garanties apportées par les particuliers sont elles meilleures que celles des pros. Ou plus facilement saisissables.

    • Guillaume G. says:

      Cher Adnstep,
      Nous parlons d’immobilier de rapport, activité par essence civile, et non de promotion immobilière, activité par essence commerciale.
      Efforçons-nous d’éviter de comparer deux choses qui n’ont pas grand chose à voir entre elles.
      Une opération de promotion immobilière d’envergure ne sera évidemment pas financée à 100 % par le pool bancaire.
      En revanche, sur un achat d’immeuble de rapport, la banque financera sans problème 100 %, voire plus, en intégrant les frais de vente (droit d’enregistrement, émoluments du notaire et taxe de publicité foncière), voire même des travaux en sus du prix d’achat.
      La conduite à tenir par tout investisseur initié, en la matière, est d’ailleurs la suivante : si la banque refuse de financer à 100 % au moins, alors il convient de jeter l’éponge purement et simplement.
      Cette situation n’a rien d’exceptionnel.
      Cordialement,

      • Intéressant.
        Quels sont les critères de la banque ? Ils portent sur l’investisseur (ses autres biens saisissables, ses liquidités, ses revenus disponibles, c’est ainsi que je traduis les « reins solides »…) ou sur l’investissement (rendement, vide ou loué, emplacement, …) ?

        Prenons deux cas (réels !) :

        1) un ensemble de 3 appartements (2 studios et un F2) sur un même palier, surface totale 106 M2 (25, 27, 54) libres, vendu 200 000€, susceptibles d’être loués 400, 400, et 700, (1500€/mois). Quartier central de grande ville, proche gare, transports, commerces, écoles. Quartier pas top, mais en cours de bohémisation (voies piétonnes, restau végan, recyclerie…)

        2) une maison de 225m2, avec piscine, vue mer, ville côtière recherchée, divisée en : un appart au 1er de 125m2, un appart et deux studios au RDC. Le tout est loué, revenu mensuel de 4700€/mois. Vendue 920 000€.

        Dans les cas 1 et 2, un banquier s’engagerait-il sur 100% de l’investissement ?

      • A 100 % quoi le crédit ou le surplus ?

  16. Bonjour Guillaume,

    Je vous lis tous les jours depuis bien longtemps et je tiens à vous féliciter pour ce blog d’une excellente qualité.

    Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas d’accord avec votre analyse.

    Le neuf est 30% trop cher ???
    Il n’existe pas de produits « Pinel » mais du neuf en VEFA.
    Dire que le pinel est 30% trop cher c’est dire que le neuf est 30% trop cher. Je ne le pense pas.
    LE neuf est neuf. Dernières normes, personnalisation, garantie DO, charges contenues sur 10/15 ans…

    Le problème c’est qu’il y a du bon neuf et du mauvais neuf tout comme dans l’ancien du reste….

    Revenons au coeur du problème : La façons d’acheter
    La distribution dans la promotion immobilière est assurée par 5 canaux :
    1/ Vente en bloc social (imposée par le PLU et/ou la mairie)
    2/ Vente en bloc (institutionnel, fonds…)
    3/ Vente en Réseaux (pseudo CGP, bancaires, réseaux de ventes immos nationaux…)
    4/ Vente en Prescription (CGPI, agences immos, specialistes du neuf)
    5/ Vente direct promoteur.

    Au montage de son bilan le promoteur prévoit des honoraires et des allottements pour 1 ou plusieurs circuit de distribution. Le promoteur accepte de payer des honoraires élevés si et seulement si il n’arrive pas à vendre son produit avec des honoraires plus bas… Logique, non ?

    Il est là le HIC. On ne parle pas des 2 premiers qui ne concernent pas les particuliers mais bien des trois derniers circuits de distribution.

    Quand on accepte de payer 10% d’honoraires HT (la loi de Montgolfier imposant que cela soit inscrit depuis le 01/04/20 dans les contrats de réservation) (et en sachant qu’en fait c’est souvent plus…) en prenant un lot que le promoteur a sorti des circuits moins cher, c’est accepter de payer trop cher son bien et donc de le surpayer.
    Acheter un appartement où 100% des lots sont vendus en pinel, c’est ne pas s’informer.
    Ne pas vérifier l’emplacement, les prestations c’est acheter trop cher.

    Aujourd’hui le consommateur a tous les outils.

    Je vends de l’immobilier depuis 25 ans et exclusivement du neuf depuis plus de 10 ans (chez un promoteur et à mon compte).

    Dans ma société, j’ai fait le choix de sélectionner des projets, le plus souvent en exclusivité, et je prends des honoraires raisonnables. Les clients font des bons investissements et en plus il bénéficie de la cerise : le pinel. Je vends aussi en RP car ce sont de bons emplacements avec de beaux projets.

    LE client, s’il fait l’effort, peut-etre lui aussi le grand gagnant de l’investissement Pinel et je ne vous cache pas que la demande reste très forte. C’est plutôt l’offre de qualité qui est rare.

    Je suis un peu long mais je peux être dithyrambique sur le sujet.

    Le neuf n’est pas un mauvais investissment, le choix d’un mauvais lot sur un mauvais projet avec un mauvais distributeur génère un mauvais placement.

    Cela reste le seul investissement patrimonial qui bénéficie de l’effet de levier du crédit.

    Encore merci pour votre blog et à votre disposition si vous avez des amis qui recherchent du neuf de qualité 😉

    Bien cordialment

  17. François says:

    Région toulousaine, malgré le sinistre économique annoncé sur l’industrie aéronautique suite au COVID, les chantiers en première en deuxième couronnes se multiplient sans baisse de prix et sous toutes formes, dont PINEL. Certainement la migration de +10 000 foyers / ans qui ne semble pas se ralentir.
    Les prix du neuf sont peut-être surévalué, mais cela reste la loi de l’offre e de la demande en fonction de la proximité des commodités.
    Au niveau promotion, construction et traitement des permis, l’arrêt de trois mois semble davantage lié à l’effet du confinement concomitant au renouvellement des municipalités qui gèlent les annonces trois mois avant, plus trois mois pour la constitution des nouvelles commissions d’urbanisme auquel on rajoute deux mois avec l’arrêt des réunions durant les congés estivaux

  18. julien Bonnetouche says:

    Bonjour,

    Je profite de cette chronique immobilière pour faire un point sur l’état du marché.

    Dans cette période post confinement, les tendances antérieures se poursuivent :

    C’est la hausse dans les zones tendues, avec un prix moyen à Paris de 10750€ prévu par les avant- contrat pour le mois d’août.

    Comme je l’avais signalé précédemment la demande reste forte, et les prix des appartements des arrondissements centraux ( 9eme, 10eme 11eme) tournent autour de 12500e/m2 et ,2eme,3eme, 4eme,5eme entre 13000 et 15000€/m2.
    Dans les annonces c’est la valse haussière des étiquettes….

    Ceux qui avaient prédit un effondrement devront encore attendre.

    Les résidences secondaires à la campagne, représentent une portion congrue du marché (4%) Donc, pas de passage à l’acte post confinement non plus en vue, en rapport avec une demande d’oxygène.

    Sur le marché de la location toujours à Paris, cela semble redémarrer, y compris de la part d’étrangers hors Europe. On suppose qu’ils voient la France comme un endroit sécure où l’épidémie est passée ce qui n’est pas le cas partout ….

    Les 20000€/m2 à Paris sont courant dans le haut de gamme.

    Ce prix sera sans doute atteint pour les quartiers juste en dessous, dans un délais de quelques années.

    L’inflation des actifs est devant nous !!

    Une remarque générale :

    les différences de richesses entre « pauvres » et « riches » du monde entier, sont appelées à s’accentuer comme jamais vu depuis la dernière guerre, de par le simple fait des politiques financières menées par les banques centrales.( taux zéro et pompe à phynance)

  19. julien Bonnetouche says:

    Oui cela correspond assez bien à mes informations.

    Le chômage prévu pour les mois à venir touchera en priorité les plus fragiles et les moins formés qui de toutes façons n’ont pas vraiment les moyens d’acheter de l’immobilier ou alors à la marge en province dans des endroits déjà peu chers.

    Cela ne devrait donc pas influer beaucoup sur les prix des zones tendues.( sauf peut être un peu Toulouse avec Airbus et les sous traitants de l’aéronautique mais François semble dire le contraire, la crise de l’aéronautique ne durera pas éternellement…)

    • Je vois mal l’État ne pas soutenir à bout de bras l’un des seuls secteurs exportateurs. Ce qui ne veut pas (plus) dire soutenir à tout prix l’emploi, mais accompagner les évolutions nécessaires.

      • François says:

        Pour Airbus, outre l’Etat, il y a l’Europe derrière.
        Les subventions vont certainement prendre l’aspect d’avance sur des projets à couleur verte comme le moteur électrique ou à hydrogène adapté à l’aviation, ce qui est légal pour l’OMC.
        Maintenant, il y a aussi un plan social conséquent qui touchera davantage les sous-traitants et les intérimaires. D’après les bruits locaux, retraite anticipé pour tous les plus de 52 ou 55 ans, reprise de tâches sous-traités par Airbus et départs volontaires.
        Retour à la normale prévu entre 2022 et 2024.

        En piste peut-être une diversification des entreprises entre l’informatique, le spatial, une université tournée vers l’écologie, la recherche médicale, …..

        • Ça va accélérer le mouvement de concentration autour de Toulouse et Bordeaux et la fermeture d’ateliers entre les deux. Globalement, on est toujours dans l’aménagement territorial dû à la mise en place des pôles d’excellence par Juppé.

          Daher, gros sous-traitant (10 000 employés dans le monde) implanté à Marignane, devrait supprimer jusqu’à 10% de ses effectifs, surtout à Nantes (pièces composites pour l’A350), vendre une usine dans le Loir-et-Cher, et supprimer 1300 postes d’intérimaires sur 1700.

          • François says:

            Un de mes fils travaillait chez un sous-traitant d’ingénierie sur le site ce Daher à Tarbes.
            Egalement gros dégagements sur site.

  20. Quand on investit dans l’immobilier, on vise le long terme.
    Aujourd’hui, il n’est pas très compliqué de prévoir la situation économique à 2 ans.
    Elle sera fortement liée au nombre de nouveau cas covid.

    Choix cornélien entre laisser les avions voler https://www.flightradar24.com/38.54,16.57/4
    pour soutenir l’économie (dont l’industrie aéronautique)
    et choisir de limiter la propagation du virus https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

    Rappelons que c’est par l’aérien que le virus s’est propagé si rapidement à l’échelle mondiale.
    Sans vaccin ou traitement efficace, pas de reprise économique probante.

  21. Le neuf est à l’arrêt : le nombre de permis de construire a dégringolé de plus de 45% de Mars à Mai par rapport aux trois mois précédents.

    Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au logement a annoncé qu’entre 4 et 5 milliards seront affectés au secteur du bâtiment dans le cadre du futur plan de relance.

    « On sera autour de 4 à 5 milliards rien que pour le bâtiment et la rénovation », a indiqué Emmanuelle Wargon au micro d’Europe1/Les Echos/Cnews, soulignant que des discussions sur ces enveloppes étaient en cours « avec Bercy ». Elle a rappelé que le secteur représentait « 10 % du produit intérieur brut français ».

    « Il n’y a pas de contradiction entre l’écologie et l’économie », a souligné Emmanuell Wargon, précisant que beaucoup d’investissements seraient consacrés aux bâtiments publics tels que « des universités, des écoles, des hôpitaux » mais aussi « du soutien aux ménages », dont les modalités restent à définir.

    « Quand on rénove massivement les bâtiments publics (…), quand on aide les particuliers à faire des travaux chez eux, on soutient un secteur économique et on avance vers une économie plus verte », a-t-elle ajouté.

  22. François says:

    L’arrêt des permis était incontournable durant la période précédant les élections municipales jusqu’à la nomination des nouvelles équipes, puis leur mise au travail.

  23. Étiez-vous au courant de cette nouvelle obligation pour les bailleurs ?

    Les locataires vont recevoir leur consommation détaillée d’eau et de chauffage.

    Web Figaro
    Par Stéphanie ALEXANDRE

    Dès fin octobre 2020, les bailleurs devront transmettre à leurs locataires une note sur leur consommation de chaleur, de froid et d’eau chaude. Cette nouvelle obligation concerne les biens immobiliers en copropriété, comme ceux individuels.

    À partir du 25 octobre 2020, lorsque l’immeuble est équipé d’une installation centrale de chauffage, de froid ou d’eau chaude sanitaire et muni des dispositifs d’individualisation des frais télé-relevables, le bailleur devra transmettre au locataire une évaluation de la consommation de chaleur, de froid et d’eau chaude sanitaire de son local privatif, selon des modalités qui seront prochainement définies par décret en Conseil d’État.

    Pour les logements en copropriété, le propriétaire devra fournir au locataire les informations qu’il a reçues de la part du syndic de l’immeuble.

    Actuellement, un mois avant la régularisation des charges, le bailleur communique au locataire le décompte par nature de charges ainsi que, dans les immeubles collectifs, le mode de répartition entre les occupants. Dès le 25 octobre 2020, il devra également fournir une note d’information sur la consommation individuelle de chaleur, de froid et d’eau chaude sanitaire du logement. Le contenu de ce document sera bientôt détaillé par un décret.

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