Mais pourquoi le nombre de logement vacant explose t’il depuis 2006, dans un pays dont la légende urbaine veut qu’il manque 800 000 logements et que la solution est donc de construire toujours plus de logements ?

Faut il remettre en cause la qualité des statistiques de l’INSEE ? Ou croire au contraire que la légende urbaine qui veut qu’il manque des logements en France n’est pas la vérité ?

 

Une récente publication de l’INSEE révèle l’explosion du nombre de logements vacants depuis 2006.

C’est sans appel, le nombre de logements vacants explose depuis 2006 et c’est l’INSEE qui l’affirme dans une publication récente (cf « Le parc de logements en France au 1 er  janvier 2016« ).

 

1986-1991 1991-1996 1996-2001 2001-2006 2006-2011 2011-2016
Ensemble des logements 1,10% 1% 1% 1,20% 1,10% 1%
Résidences principales 1,10% 1,10% 1,20% 1,30% 1% 0,80%
Résidences secondaires et logements occasionnels 2,10% 0,40% 0,40% 0,90% 0,40% 1%
Logements vacants 0,20% 0,60% 0.2% -0,30% 4,10% 3,40%

 

Les chiffres sont très élevés et il est surtout très difficile de trouver la raison de ce changement brutal de tendance. L’INSEE de se contenter de préciser que « Depuis 2006, le nombre de logements vacants s’accroît dans l’ensemble des unités urbaines sauf celle de Paris. »

 

nombre-de-logements-vacants-depuis-2006

 

 

Et plus surprenant, 57% des logements vacants sont situés dans des zones réputées comme étant sous tension locative.

C’est une analyse donnée par Julien CARNOT dans un article récent sous le titre « 57% des logements vacants sont en Zone PINEL : Remobiliser les logements vacants par un service aux propriétaires« . Contrairement à une idée reçue, les logements vacants ne sont pas situés dans les zones abandonnées par la population. En effet, il est de bon ton d’affirmer que l’explosion des logements vacants s’explique par les mouvements d’une population qui abandonne certains territoires pour ce concentrer dans certaines zones urbaines.

Cette idée ne suffit pourtant pas à expliquer l’importance des logements vacants puisque 57% des logements vacants sont situés dans des zones considérées comme tendues. Pourquoi trouve t’on autant de logements dans ces zones dites tendues ou les Français éprouvent le plus de difficulté à se loger.

Le zonage A / B / C caractérise la tension du marché du logement en découpant le territoire en 5 zones, de la plus tendue (A bis) à la plus détendue (zone C). Le zonage A / B / C s’appuie sur des critères statistiques liés aux dynamiques territoriales (évolution démographie, etc.), à la tension des marchés locaux et aux niveaux de loyers et de prix.

  • Zone A bis : comprend Paris et 76 communes Yvelines, des Hauts de-Seine, de Seine-St-Denis, du Val-de-Marne et du Val-d’Oise ;
  • Zone A : agglomération de Paris (dont zone Abis), la Côte d’Azur, la partie française de l’agglomération genevoise, certaines agglomérations ou communes où les loyers et les prix des logements sont très élevés ;
  • Zone B1 : comprend certaines grandes agglomérations ou dont les loyers et le prix des logements sont élevés, une partie de la grande couronne parisienne non située en zone Abis ou A, quelques villes chères, les départements d’Outre-Mer ;
  • Zone B2 : villes-centre de certaines grandes agglomérations, grande couronne autour de Paris non située en zone Abis, A et B1, certaines communes où les loyers et les prix des logements sont assez élevés, communes de Corse non situées en zones A ou B1 ;
  • Zone C  : reste du territoire.

 

logement-vacant-zone-pinel

 

logement-vacant-france-2013

 

 

Ces données sont de nature à remettre en cause toute l’analyse de la problématique du logement en France.

En effet, si le problème du mal logement est une réalité à laquelle nous sommes tous confrontés, la réponse n’est probablement pas la construction de toujours plus de logements.

Le problème du logement est France est il une question de quantité de logements disponibles ou simplement le constat de prix de l’immobilier totalement déconnectés d’une économie réelle dévastée.

 

Besoin d’un conseil pour gérer votre patrimoine ?

Leblogpatrimoine.com, au delà d’un site d’informations sur la gestion de votre patrimoine, est la vitrine de la société de conseil en gestion de patrimoine Guillaume FONTENEAU Conseil.
 
 
Ce sont trois livres de conseils pour vous permettre d’optimiser la gestion de votre patrimoine : « Investir dans l’immobilier » ; « Succession » et « Assurance vie et gestion de patrimoine« . Déjà des milliers d’exemplaires vendus à ceux qui veulent comprendre comment investir, valoriser leur patrimoine ou le transmettre !
 
 
Le cœur de notre métier est le conseil en gestion de patrimoine indépendant. En accord avec nos convictions d’indépendance du conseil, nous ne sommes pas intermédiaire financier ou immobilier. Nous sommes rémunérés exclusivement par honoraires de conseil :
 

Nouveau ! L’assistance patrimoniale – Une solution rapide et efficace pour répondre à vos questions, lever un doute ou simplement solliciter notre avis sur votre situation patrimoniale. Comme nous vous l’expliquons dans cet article « Comment rendre la gestion de patrimoine accessible à tous ? », l’assistance patrimoniale, c’est un rendez vous téléphonique d’une durée de 30 à 45 minutes pendant laquelle nous travaillons ensemble sur votre situation patrimoniale – Un service au tarif unique de 69€ TTC –

 

Réserver un rendez vous d’assistance patrimoniale

 

Le bilan patrimonial – L’analyse exhaustive et approfondie de votre situation patrimoniale. – Tarif variable selon la complexité de votre situation / En moyenne, ce service est facturé 590€ TTC.

 

Découvrir notre offre de conseil patrimonial


8 Comments

  1. Bonjour Guillaume,

    Vous écrivez :

    « Le problème du logement en France est il une question de quantité de logements disponibles ou simplement le constat de prix de l’immobilier totalement déconnectés d’une économie réelle dévastée ».

    Autrement écrite, j’entrevois deux questions dans votre phrase :

    – Y-a-t-il trop de logements disponibles en France ?
    – Le prix des locations est-il trop élevé ?

    Je vous suggère d’en ajouter une troisième :
    – La législation sur les loyers ne bloque-t-elle pas chez les bailleurs, le désir de louer leurs biens ?

    • En fait, je ne dis pas tant que les loyers sont trop élevés, mais plus globalement que les prix de l’immobilier sont trop élevés. Le problème du logement en France est une question de marché locatif mais aussi de la propriété immobilière.

      « La législation sur les loyers ne bloque-t-elle pas chez les bailleurs, le désir de louer leurs biens ? ». OUi, c’est un discours qui est souvent tenu ici, dans les commentaires. Pour autant, quelles modifications majeures depuis 2006 ? Quelle nouvelle législation explique ce changement de régime depuis 2006 ? (pour mémoire hollande n’est arrivé qu’en 2012).

      Ne serait ce plutôt une paupérisation accélérée des locataires… qui conduit à une hausse des impayés … et donc au raz le bol des propriétaires ?

  2. Il serait bon d’analyser le type de logements vacants. Plusieurs causes possibles. Des résidences secondaires réèlles. D’autres qui sont en fait louées sans déclarations. Quelques résidences de tourisme sans gestionnaire, restées vides. Des logements trop anciens dont les travaux de rénovation sont trop couteux, et qui sont condamnés à disparaitre. D’autres en cours de travaux, voire en attente de locataires. Des successions trop longues à se régler. Des propriétaires excédés par les tracas dûs aux locataires indélicats. Des ventes qui tardent à se concrétiser, à cause de la chute des prix de l’immobilier enregistrée à partir de 2007, ou à cause des plus-values devenues trop imposées.
    De quoi expliquer non pas « l’explosion… depuis 2006 », mais une tendance évolutive de +4% sur 5 ans, entre 2006 et 2001, soit 104000 logements vacants supplémentaires sur 5 ans. Pas catastrophique, mais encore une fois les différentes mesures fiscales ou règlementaires contraires aux intérêts des propriétaires trouvent là une conséquence.

    • Bonjour,

      Je suis dubitatif quant aux 800.000 logements manquants en France, peut-être devrait-on préciser 800.000 logements « décents ».
      Les analyses de M Ponteneau et de Pardou me semblent complémentaires et très pertinentes. Comme toujours, l’explication vient de plusieurs facteurs et tout est dit.
      Effectivement, on entend souvent des propriétaires ne pas vouloir remettre un logement en location puisqu’ils n’ont pas les moyens d’y faire des travaux. D’autres sont échaudés par l’attitude des locataires (voire des gestionnaires qui ne sont pas tous excellents).
      Dans Paris certains disent aussi que le plafonnement des loyers est une peine supplémentaire. Enfin peut-être certains utilisent-il l’immobilier pour immobiliser un capital faute de vouloir le placer sur un support financier dans une banque, et sans aucune intention d’obtenir un rendement.
      Beaucoup de facteurs donc qui n’incitent pas les propriétaires. Encore un mal très français.
      Espérons comme vous dîtes que le rapport propriétaire / locataire soit à un moment rééquilibré.

  3. Lorsque l’on écoute les auditions d’Emmanuelle Cosse au parlement on comprend que la seule chose qui interesse les gouvernements c’est la CONSTRUCTION.

  4. Pour comprendre l’explosion du nombre de logements vacants, dont une bonne partie dans des zones tendues, peut-être faudrait-il, si ce n’est déjà fait, mener une enquête auprès de leurs propriétaires pour savoir :
    1. leur âge.
    2. la localisation de leur bien, son prix ou son loyer ainsi que les charges.
    3. les raisons pour lesquelles ils ne louent pas leur bien ou ne le vendent pas.

    Cela permettra de déterminer les principales causes de la vacance et de proposer des solutions judicieuses pour les remettre sur le marché dans les zones tendues.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

NewsletterInscrivez vous gratuitement pour recevoir nos articles par mail.