Nos sociétés actuelles libérées des croyances, traditions et autres comportements dictées par l’irrationalité, deviennent rationnelle, mathématique, ordonnées, algorithmiques. C’est dans cette dynamique rationnelle que nous avons tendance à projeter la gestion de notre patrimoine.
Pourtant, il s’agit là d’une erreur majeure. La vie n’est pas rationnelle, les projets de vie ne le sont pas non plus… Votre gestion de patrimoine ne doit donc pas toujours l’être.
L’un des symboles de cette analyse rationnelle qui n’a aucun sens est notre rapport à l’immobilier, et plus précisément à notre résidence principale ou résidence secondaire. Les raisonnements financiers autour de l’intérêt ou non de devenir propriétaire de sa résidence principale ne sont pas censés.
Acheter sa résidence principale, ce n’est pas faire un investissement financier capable de délivrer une rentabilité pécuniaire. Acheter sa résidence principale, c’est acheter un toit pour sa famille, c’est aménager sa caverne pour faire grandir ses enfants en sécurité, c’est vivre tout simplement.
Cette relation à l’actif immobilier, et notamment à la résidence principale ou secondaire, n’est pas rationnelle ! Il ne faut donc pas y appliquer nos raisonnements financiers.
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les sondages sur le désir des Français à devenir propriétaire : La très grande majorité des locataires rêvent un jour de devenir propriétaire de leur résidence principale. Quelques soit les prix de l’immobilier et leurs perspectives d’évolution future, nous voulons tous, un jour, devenir propriétaire de notre résidence principale.
 
 

Rares sont les locataires qui restent sciemment locataires. Un locataire qui en a les moyens cherche toujours à devenir propriétaire. C’est là un soutien majeur pour le marché immobilier.

Bien évidemment, ce rêve de devenir propriétaire de sa résidence principale n’est pas toujours accessible. Chômage élevé, faiblesse des revenus, faible croissance économique, resserrement des conditions d’emprunt, sont autant de raisons qui freinent l’accès à la propriété.
Soyons néanmoins certain que demain, lorsque le chômage baissera réellement, lorsque les revenus augmenteront (réellement grâce à une croissance durablement forte ou artificiellement grâce à l’inflation), lorsque la croissance s’inscrira dans un mouvement durablement favorable, les locataires actuels chercheront tous à devenir propriétaire de leur résidence principale.
Rares sont les locataires qui restent sciemment locataires. Un locataire qui en a les moyens cherche toujours à devenir propriétaire. C’est là un soutien majeur pour le marché immobilier. Est ce que c’est raisonnable ? rationnelle ? Peu importe, ce n’est pas le sujet !
L’achat de sa résidence principale n’est pas toujours un choix rationnel ! C’est d’autant plus irrationnel que chacun se donnera les moyens de satisfaire ce projet de vie majeur (achat pas cher avec travaux, auto-construction, éloignement géographique du lieu de travail, sacrifice financier sur d’autres postes du budget…)
Acheter sa résidence principale, c’est un projet de vie, le projet de construire un foyer.
Tant que la population augmente, tant que le nombre de foyer augmente, le marché immobilier sera positivement orienté.
De surcroît, les cycles de croissance économique devrait confirmer et accélérer la demande via l’augmentation du pouvoir d’achat induit (baisse du chômage, hausse des revenus, …).
 
Ps : Cet article m’a été inspiré par un lecteur qui m’a fait parvenir ce matin un mail avec le lien vers l’article de l’éditorialiste Jean Marc Vittori : « Et si l’immobilier grimpait pendant des décennies ? »
Extrait :

Avec le train et le métro puis la voiture, les déplacements ont coûté beaucoup moins cher. Des terrains autrefois éloignés sont devenus accessibles. Or la baisse relative des prix du transport s’éteint dans les années 1960, et il paraît peu vraisemblable qu’elle reparte à l’avenir – il serait facile d’argumenter dans l’autre sens. La quantité de terrains utiles a donc stagné depuis. L’urbanisation a renforcé la rareté. Une rareté accentuée par des choix politiques – incitation à l’accession à la propriété, règles d’urbanisme limitant la construction.  Dans l’agglomération de Boston , il y a moitié moins de permis de construire accordés aujourd’hui que dans les années 1960.

« Le coût du transport n’explique pas à lui seul la flambée des prix de l’immobilier. Deux professeurs de l’Imperial College de Londres,  David Miles et James Sefton, vont plus loin dans l’explication . En scrutant eux aussi le marché immobilier à très long terme, ils trouvent que deux facteurs jouent un rôle très important dans l’évolution des prix. D’une part, l’acceptation à payer davantage pour son toit. Or « le logement semble se comporter comme un bien supérieur », relèvent Knoll, Schularick et Steger. Nous sommes prêts à payer toujours plus pour lui, quitte à sacrifier d’autres dépenses. Le poids du logement dans le budget des Français a été multiplié par 2,5 en un demi-siècle. Il peut encore monter.

D’autre part, le prix de l’immobilier dépend aussi de notre acceptation à laisser les villes croître en hauteur plutôt qu’en largeur. « La ligne d’horizon de New York montre qu’il est désormais possible d’ériger des bâtiments d’habitation très hauts sur de petites parcelles »,  remarque David Miles . A Paris, comme dans d’autres villes, cette acceptation semble toutefois proche de zéro. »

Pour aller plus loin :
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