Parfois, le progressisme remet en question le bon sens populaire parfois conservateur. C’est notamment le cas en ce qui concerne l’acquisition de sa résidence principale. De tout temps ou du moins depuis que le droit de propriété existe être propriétaire du toit qui protègera sa famille est l’objectif patrimonial premier du chef ou de la cheffe de famille.

Depuis toujours, la question ne se pose même pas. Le premier investissement patrimonial que l’on doit faire lorsque l’on est stable, c’est d’être propriétaire de son foyer, c’est posséder sa résidence principale. Il ne s’agit pas d’une stratégie d’enrichissement, d’accumulation de patrimoine, seulement d’une stratégie de résilience pour protéger sa famille.

Bien évidemment, l’achat d’une résidence principale n’est pas toujours chose facile et cette recherche de protection, de résilience n’est véritablement acquise qu’au terme du remboursement du crédit qui ne manquera pas d’accompagner ce projet important. Néanmoins, il s’agit depuis toujours d’un objectif majeur pour celui qui construit son foyer et cherche à  protéger sa famille.

La modernité de la période que nous vivons (et qui, je le crois est en train de se refermer) pouvait avoir tendance à remettre en question cette valeur familiale qu’est l’acquisition de sa résidence principale au profit d’une valeur financière qui vise avant tout la recherche des leviers pour s’enrichir.

Selon ces théories modernes, être propriétaire de sa résidence principale doit s’apprécier au regard de sa rentabilité financière. Bref, il convient de « calculer » s’il est financièrement rentable d’être propriétaire de sa résidence principale; Car, dans l’hypothèse d’une rentabilité médiocre, la théorie financière appliquée à l’achat de sa résidence principale veut qu’il est préférable d’affecter l’argent immobilisé dans l’acquisition de cet actif non rentable, dans l’acquisition d’un actif rentable.

C’est bien connu, la résidence principale ne génère aucun cash flow ! Quelle mauvaise gestion de gaspiller sa capacité d’emprunt (et donc sa capacité d’endettement et d’effet de levier) alors même que vous pourriez l’utiliser pour être plus riche (cf »C’est une erreur d’acheter sa résidence principale lorsque l’on veut investir dans l’immobilier locatif ! Vrai ou Faux »).

Dans cette théorie moderne, ces valeurs conservatrices de foyer, de protection de la famille et de résilience sont secondaires ; La priorité est à la maximisation de l’enrichissement.

Je crois que les moments que nous traversons sont en train de balayer ces théories modernes. Plus que jamais, dans la période d’incertitude que nous traversons, l’acquisition de sa résidence principale et le remboursement le plus rapidement possible du crédit immobilier qui y est attaché, doit être votre priorité. Il s’agit là d’une source de résilience indispensable pour pouvoir s’investir dans le long terme et encaisser l’incertitude.

Celui qui est propriétaire de sa résidence principale et qui a remboursé son crédit immobilier est relativement serein face à cette conjoncture dégradée qui menace. Que peut il lui arriver ? Perdre 40% sur ces actions en bourse ? Devoir vendre ses locatif à perte faute de locataires ou tout simplement parce qu’ils les a payer trop cher ? Peu importe, ce n’est pas très grave tant que sa famille est protégée, ces enfants ne dormiront pas dehors même s’il perd 50% ou plus sur ces placements ou investissements.

Nous avons ici un raisonnement conservateur qui est finalement assez proche du raisonnement qui accompagne l’acquisition d’une résidence secondaire. A quoi bon dépenser de l’argent dans une résidence secondaire alors même que cela ne rapporte rien et que vous pourriez utiliser cette capacité d’épargne pour vous enrichir davantage. (cf »Acheter une résidence secondaire, un investissement au rendement non financier inestimable« ).

 

La résilience, une valeur patrimoniale fondamentale.

Est il vraiment possible d’envisager la constitution d’un patrimoine pour celui qui n’aurait pas organisé sa résilience ?

La résilience, comme nous vous l’expliquions dans cet article « Face à l’effondrement, comment investir dans sa capacité de résilience ? », c’est la capacité à résister à un choc.

 

N’est ce pas là un préalable à tout ? Une forme de fondation qui permet ensuite de vous construire de manière solide et durable.

L’acquisition d’une résidence principale ou secondaire ne sont pas des investissements qui ont vocation à être rentables, mais ils permettent d’organiser la résilience sans laquelle vous ne pourrez pas rien construire d’autre.

N’est il pas beaucoup plus facile pour le propriétaire de sa résidence principale de créer son entreprise, de prendre des risques, de faire des pari ?

Organiser sa résilience, c’est organiser sa liberté (cf »Quelle stratégie pour devenir rentier et/ou retrouver la liberté de travailler avec plaisir ?« ).

 

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13 Comments

  1. Ca dépends je pense du métier. Etant donné que à mon avis la plus importante source de résilience, quand on jeune (ça change avec l’âge bien sur) n’est pas le patrimoine accumulé (on peut toujours le perdre, comme aussi la maison: voir incendie, tremblement de terre, confiscation, guerre…) mais sa capacité de continuer à produire (travailler donc) dans toute situation. Pour un cadre qui est habitué à travailler ici et là, se déplacer à l’étranger ou partout en France, l’achat d’une residence principale je le voulais, mais c’était d’une certaine façon une source d’insécurité: je savais que même en cas de crise majeur, mon métier est recherche, si pas où j’habite, au pire ailleurs, pas grave si dans un autre continent. Mais la residence principale est un frein à partir ailleurs. Après pas tout le monde la pense comme moi, qui est très attaché à un territoire, il ne changera jamais à tout prix, et dans ce cas posseder la residence principale protège.

  2. Ne vaut-il pas mieux être libre pour une meilleur employabilité et face aux défis du changement climatique? Etre locataire avec un loyer modéré pour pouvoir épargner en actions par exemple sur 40 ans car demain la taxe foncière flambera … Le propriétaire est un prisonnier idéal pour un pays en récession gourmand de taxes …
    J’ai 55 ans et j’ai reproduis le modèle de mes pères sans réfléchir. Une chance pour moi j’ai acheté ma résidence principale en 1993 remboursée en 10 ans avec un petit emprunt. Aujourd’hui sans aucun crédit je peux affronter la tragédie en cours et la récession à venir.
    Mais avec un crédit élevé sur 30 ans un bassin d’emploi dévasté par une future récession je ne pense pas que je pourrais me sentir serein!
    Je me méfie des certitudes et demain n’est pas écrit.

    • Tout à fait d’accord avec vous. En matière patrimoniale, comme dans la vie, nous reproduisons souvent les schémas reçus de nos parents.

      Pour avoir observé bon nombre de comportements patrimoniaux dans ma carrière, ce cap  »prétracé » peut dévier à quelques occasions :
      – le mariage où l’un des deux conjoints prend le lead sur ce sujet et décide pour deux,
      – les belles rencontres professionnelles qui permettent d’avoir un mentor qui délivre de précieux conseils issus de sa réussite ou encore d’avoir un patron sans héritiers ou dont les héritiers ne souhaitent pas reprendre l’entreprise et qui la revend à bon prix à ses salariés,
      – les accidents de vie (maladie, décès d’un proche, séparation…) qui font qu’on remet tout en cause très brutalement et qu’on souhaite en profiter plus qu’avant.
      etc..

      Comme vous, j’ai acheté et remboursé sur des délais très courts…ceci m’a permis de construire ensuite un patrimoine financier et locatif mais au final à bientôt 55 ans, je ressens ces actifs financiers et immobiliers comme une sorte de prison dorée, je m’explique :

      Avec le patrimoine financier, je pensais pouvoir être retraité avant les autres et vivre en partie de mes intérêts … hélas la baisse drastique des rendements des différents actifs (épargne réglementée, assurance vie, etc..) et les crises successives de 2000, 2008 et 2020 (actions) n’ont pas permis à ce raisonnement de s’appliquer

      Avec le patrimoine immobilier, j’ai plus de satisfactions en terme de rendement mais le prix à payer est élevé… je fais l’entretien et la gestion moi même en plus de mon travail, les prélèvements sociaux sont passés de 0,50% à 17,20% , les cautions sont réduites à un mois, les locataires solvables et qui entretiennent bien sont devenus une denrée rare, les locaux commerciaux sont plus difficiles à louer dans certaines zones…bref le contexte initial s’est durci au fil des ans mais j’avoue qu’avec l’âge on devient aussi moins patient et moins tolérant 😉

      Pour constituer ce patrimoine, il m’a fallu être plus fourmi que cigale et le jour où je fermerai les yeux, d’importants droits de succession seront à régler.

      Alors il me vient parfois à l’esprit de tout vendre et d’en profiter année après année pendant que la santé me le permet mais j’avoue humblement être encore prisonnier du modèle conservateur qui préconisait de construire et de transmettre…

      • Même schéma de vie avec des SCPI (1/2 pleine propriété +1/2 en nue propriété sur 5 à 7 ans)pour la gestion en moins + 1 rente complémentaire du combattant à titre onéreux + portefeuille actions en devenir!
        Mais peu importe si j’ai eu tort ou raison je ne voudrais pas que mes enfants se trompent de chemin … Je leur propose les options possibles tout en me gardant bien de les influencer!
        Je suis convaincu qu’il faut faire les choix selon ses convictions et pas celles des autres.
        On en assume d’autant plus les erreurs ou j’espère les succès.

      • Laurent says:

        J’ai 53 ans , et vos paroles sont miennes , multi propriétaire, ce sentiment de prison dorée me devient de moins en moins supportable , après avoir aqui et vécu énormément de choses divers et variés, la liberté est devenue au fil du temps le sens de ma vie , ma quête, et mon patrimoine le plus grand barrage a celui ci. L’argent et la soif d’en posséder toujours plus est une religion , certain en sont devenu intégriste , mais changer de religion n’est pas chose aisée

        • Laurent, je vous rejoins sur pleinement sur ce concept de liberté contrainte par nos possessions toutes relatives car nous sommes bien loin de l autonomie d un multimillionnaire en euros…
          finalement je me demande si la liberté n’est pas celle du berger corse capable de vivre de peu en quasi autonomie avec des vraies valeurs comme la famille, le respect de la nature, les amis et l’attachement au vrai…

          De mon point de vue, les espaces de liberté se sont réduits comme peau de chagrin ;)…..même la devise d’Hemingway « homme libre toujours tu chériras la mer »…peine à s’appliquer tant les restrictions de tous ordres y sont devenues nombreuses 😉

          • Je vours rejoins tous. Vos paroles sont les miennes. Le chemin est difficile mais se parcours petit a petit. Des failles dans cette religion se profilerons et finirons par la faire voler en eclas. Se liberer de cela est un sentiment fantastique. Je vous souhaite courage. Il faut quon se rencontre au dela du site.

  3. Si on ne veut pas fonder une famille, est parfaitement tri ou quadri lingue et pratique un métier mondialement recherché et bien rémunéré, soit moins de 1% de la population mondiale, c’est sûrement préférable de rester locataire avec une femme dans chaque port.

  4. Bonjour

    Suivre le débat

  5. Guillaume a raison dans ses hypothèses, mais pas dans sa conclusion.

    Il n’est quasi jamais intéressant financièrement d’acheter (et non d’investir) sa résidence principale. Au mot près c’est ce que je dis depuis des lustres, non?
    Alors pourquoi le faire?
    Pour a minima 2 raisons
    – comme moi, parce que j’ignorais, donc j’ai fait une erreur
    – car on met le sentiment avant la finance, c’est finalement un peu moi aussi.

    En résumé, rien n’aurait changé si j’avais loué ma RP, sinon que j’aurais été plus riche!
    Mais à quoi ça aurait servi?
    Enrichir l’État? ses héritiers?

    J’aurais donc bien fait de me tromper? 🙂

    • adnstep says:

      Je pense à peu près comme vous.
      Néanmoins, ayant été balloté au fil des mutations en divers endroits, j’ai pu expérimenter plusieurs fois les deux, et être confronté en divers lieux aux 2 marchés, achat ou location. Rapidement, le simple bon sens vous recommande de ne pas dilapider vos quelques deniers chèrement acquis, et de faire au mieux là où vous êtes. Parfois, c’est plus intéressant d’acheter, parfois, c’est plus intéressant de louer.

      Finalement, je prépare ma deuxième carrière, beaucoup moins nomade, et je suis en train d’acheter ma RP, dans laquelle je resterai à la retraite.

      NB : j’ai souvent utilisé cet outil : http://asi77.free.fr/

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