Depuis quelques mois, je focalise de nombreuses analyses sur la question de la liquidité des investissements que vous réalisez. Dans cet article « Conséquence du coronavirus sur les marchés actions : lorsque le risque apparaît c’est la liquidité qui disparaît !!« , j’écrivais cette maxime qui illustre parfaitement la question du rendement, du risque et de liquidité d’un investissement :« La liquidité est une qualité exceptionnelle que l’on trouve sur les marchés quand on n’en a pas besoin, qualité qui tend à disparaître quand on en a besoin »
Le risque, c’est la liquidité ! L’investisseur qui s’engage dans un projet d’investissement à long terme doit accepter l’illiquidité de son investissement ; Il doit accepter le risque de ne pouvoir le vendre lorsqu’il le veut à défaut de le vendre à un prix très en dessous de sa valeur. C’est cette capacité à dépasser l’illiquidité qui justifie une partie de l’espérance de rendement supérieur.
L’illiquidité explique pourquoi le prix d’un actif peut paraître en dessous de sa valeur de long terme !
Mais attention, l’illiquidité n’explique qu’une partie de l’espoir de rendement supérieur, elle est un phénomène qui accompagne le cycle économique et qui ne peut supplanter la capacité du modèle économique à générer des bénéfices à long terme.
L’investisseur de long terme qui investit dans un modèle économique rentable doit accepter des périodes l’illiquidité pour espérer tirer un rendement maximum de son investissement ; Mais l’illiquidité peut aussi aboutir à une perte lorsque c’est la valeur du modèle économique qui est, in fine, remis en cause.
L’illiquidité, c’est le risque et malheureusement, la prise de risque si elle est indispensable pour obtenir du rendement, n’est pas suffisante en elle-même ! (cf »Epargne : Prendre des risques ne génère pas un rendement élevé à coup sûr ! Seul le BON risque est rémunérateur ! »).
 

Bio C Bon semble avoir quelques difficultés pour satisfaire les demandes de rachats d’investisseurs.

C’est une rumeur qui circule depuis quelques semaines. Bio C Bon semble avoir quelques difficultés pour répondre à la liquidité. Les demandes de rachat semblent prendre beaucoup de temps pour être satisfaites ;
Pour mémoire, Bio C Bon, c’est une chaine de magasin Bio qui finance son développement via les clients des conseillers en gestion de patrimoine avec une promesse de rendement et de liquidité qui ne nous a jamais semblé raisonnable au regard de la nature même de l’investissement (cf »Alerte AMF pour Marne et Finance et BIO C BON : Attention aux pratiques douteuses ! »).
 
Malheureusement, dans un communiqué, Bio C Bon vient de confirmer ses difficultés pour honorer les demandes de rachat des investisseurs en cause :

– Une baisse du chiffre d’affaires 2019 à cause des gilets jaunes ;

– Une concurrence de plus en plus forte ;

– Et des difficultés d’approvisionnement lié à la mise en service d’une nouvelle plate-forme logistique.

Bref, l’activité commerciale de Bio C Bon n’a pas été excellente en 2019 d’où, semble t’il, des difficultés de trésorerie pour honorer les rachats des investisseurs. 
 
Les épargnants investisseurs qui ont investi dans Bio C Bon s’en trouvent immédiatement affectés puisque l’entreprise ne semble pas en mesure de pouvoir satisfaire la demande de liquidité des investisseurs qui demandent le rachat de leur part.
Rien de bien grave pour l’investisseur en capital de long terme qui sait que le risque d’illiquidité est un risque inhérent à tout investissement en capital risque. Mais l’investissement dans Bio C Bon, ce n’est pas du capital risque ! C’est vendu comme de l’investissement à rendement garanti et liquide à tout moment ! et c’est bien ça le problème ! 
Bio C Bon semble avoir profité de la crédulité des épargnants et d’une confiance exagérée des conseillers en investissement financer pour vendre un risque mal rémunéré, c’est à dire trouver des capitaux, sans avoir besoin de partager la propriété du capital ou une rémunération obligataire à la hauteur du risque.
Voici ce qu’il était possible de lire sur la plaquette commerciale à destination des conseillers en investissement financiers distributeurs de Bio C Bon :

 
On pouvait également lire sur ce document de 2013 :

 

Finalement, les choses ne semblent aujourd’hui pas si simple pour l’épargnant investisseur qui découvre qu’en réalité il doit assumer le risque de l’actionnaire… sans en avoir le rendement !

7% de rendement pour financer du capital risque est bien faible !
L’épargnant investisseur n’a pas d’autres alternatives que de croiser les doigts en espérant que le modèle économique de Bio C Bon retrouve le chemin de la croissance rentable…
Sommes nous simplement dans une crise de liquidité liée au financement de la croissance ou dans la remise en cause de la valeur du modèle économique à long terme ?
Seul l’avenir nous le dira.
A suivre…

Pour aller plus loin :
Conseil personnalisé 
Assistance patrimoniale
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Succession
Assurance-vie et gestion de patrimoine

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