Les épargnants ont deux obsessions qui motivent leur effort d’épargne : La préparation de la retraite et le financement de la maison de retraite et de la dépendance afin de ne pas être une charge pour les enfants.

Comment financer ses dernières années de vie ? L’épargne d’une vie, votre assurance vie sera t’elle suffisante ? Devrez vous vendre votre maison ou votre appartement ? Les enfants auront ils les moyens de payer la maison de retraite ou l’aide à domicile ?

Toutes ces question sont au cœur de la gestion de patrimoine !

Il s’agit là d’une préoccupation majeure pour nombre d’entre vous. A l’occasion de la publication de l’observatoire 2018 de la mutualité Française et du rapport d’octobre 2018 de la DRESS, analysons ensemble le coût de la dépendance afin d’essayer de répondre à cette question : Aurez vous assez de patrimoine pour financer la maison de retraite ou votre dépendance ?

Mais avant d’analyser le coût de la dépendance, il convient de la définir. De quelle dépendance parlons nous ? S’agit il d’une dépendance de légère d’une personne ayant seulement besoin d’une aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas et le ménage ou d’une dépendance lourde d’une personne confinée au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui nécessite une présence indispensable et continue d’intervenants ?

Le coût n’est évidemment pas le même selon le degré de dépendance. Une dépendance légère est évidemment plus faible que le coût d’une dépendance lourde.

 

Quelle est la durée de la situation de dépendance et à quel degré de dépendance ?

Selon les dernières statistiques publiées par la DREES, la durée moyenne de perception de l’APA qui caractérise une situation de dépendance est de 3.50 années, avec, dans le détail, 2.9 ans pour les hommes et 3.90 années pour les femmes.

Attention, il ne s’agit pas de la durée de vie en maison de retraite ou EHPAD, il s’agit de la durée de vie en situation de dépendance. Les personnes dépendantes légèrement peuvent être reconnues comme étant en situation de dépendance, mais rester dans leur domicile et bénéficier d’aide à domicile.

La maison de retraite permet de satisfaire un degré de dépendance lourd, principalement GIR 2 et GIR 1. L’espérance de vie en maison de retraite est plus faible. Elle est d’environ 1 an et 2 mois (valeur médiane) et 2 ans et 5 mois en moyenne.

 

Finalement, la durée de la situation de dépendance apparaît comme relativement courte. La question du financement de la dépendance doit être appréciée au regard de cette durée prévisible. Le financement de sa dépendance, c’est le financement de sa fin de vie qui par nature n’a pas vocation à être éternelle ; Le financement de l’EHPAD ou de la maison de retraite étant le stade ultime de la situation de dépendance.

Dans le tableau suivant, vous pouvez lire la durée médiane de perception de l’APA selon l’âge d’entrée et du GIR d’entrée (en années).

Il s’agit d’une approche fiable pour déterminer la durée de vie en situation de dépendance.

GIR 1 GIR 2 GIR 3 GIR 4 Ensemble
Moins de 80 ans 2,5 ans 3 ans 3,6 ans 4 ans 3,7 ans
80 à 85 ans 1,8 ans 2,7 ans 3,2 ans 3,8 ans 3,4 ans
85 à 90 ans 1,3 ans 1,9 ans 2,3 ans 3 ans 2,5 ans
90 ans et plus 1,2 ans 1,9 ans 2,5 ans 3,1 ans 2,6 ans
Ensemble 1,7 ans 2,4 ans 2,9 ans 3,5 ans 3,1 ans

Source : DRESS, Octobre 2018

Lecture : 

  • Les personnes entrées en GIR 1 en ayant moins de 80 ans ont perçu l’APA pendant 2.50 années.
  • Les personnes entrées en GIR 4 en ayant moins de 80 ans ont perçu l’APA pendant 4 années.
  • Les personnes entrées en GIR 4 en ayant entre 85 ans et 90 ans ans ont perçu l’APA pendant 3 années.
  • Les personnes entrées en situation de dépendance en ayant moins de 80 ans ont perçu l’APA pendant 3.70 années ;
  • Les personnes entrées en situation de dépendance en ayant entre 80 ans et 85 ans ont perçu l’APA pendant 3.4 années
  • Les personnes entrées en situation de dépendance en ayant entre 85 ans et 90 ans ont perçu l’APA pendant 2.50 années
  • Les personnes entrées en situation de dépendance après 90 ans ont perçu l’APA pendant 2.60 années

 

L’APA est une allocation Personnalisée d’Autonomie versée à toutes les personnes âgées dépendantes, sans condition de revenu et non récupérable sur la succession ou l’assurance vie. Ainsi, la durée de perception de l’APA doit être un indicateur avancé de la durée de la situation de dépendance et donc de la durée prévisionnel du financement nécessaire.

 

 

 

Pour « organiser » la dépendance, la loi propose un classement GIR allant de 6 (faible dépendance)  à 1 (Très forte dépendance). Naturellement, le coût d’une dépendance GIR 4 ou GIR 3 n’est pas le même que la dépendance classifiée GIR 2 ou GIR 1.

Voici le détail de ce classement GIR :

Gir Degrés de dépendance
Gir 1 – Personne confinée au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui nécessite une présence indispensable et continue d’intervenants

– Ou personne en fin de vie

Gir 2 – Personne confinée au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales ne sont pas totalement altérées et dont l’état exige une prise en charge pour la plupart des activités de la vie courante,

– Ou personne dont les fonctions mentales sont altérées, mais qui est capable de se déplacer et qui nécessite une surveillance permanente

Gir 3 Personne ayant conservé son autonomie mentale, partiellement son autonomie locomotrice, mais qui a besoin quotidiennement et plusieurs fois par jour d’une aide pour les soins corporels
Gir 4 – Personne n’assumant pas seule ses transferts mais qui, une fois levée, peut se déplacer à l’intérieur de son logement, et qui a besoin d’aides pour la toilette et l’habillage,

– Ou personne n’ayant pas de problèmes locomoteurs mais qui doit être aidée pour les soins corporels et les repas

Gir 5 Personne ayant seulement besoin d’une aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas et le ménage
Gir 6 Personne encore autonome pour les actes essentiels de la vie courante

 

Il est intéressant de s’intéresser à la décomposition des personnes âgées dépendantes selon leur niveau de dépendance.

Il apparaît ainsi, et de manière intuitive qu’il existe deux niveaux de dépendance :

  • Un premier niveau relativement léger : Les personnes continuent à vivre dans leur domicile. Elles peuvent alors bénéficier d’une aide financier via l’allocation Personnalisée d’Autonomie « Domicile » ;
  • Un second niveau de dépendance « forte à très forte » : Les personnes vont alors vivre dans un établissement spécialisé, type maison de retraite ou EHPAD.

 

 

 

L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), une aide sociale dont le montant est fonction de vos ressources pour vous aider à financer votre dépendance.

Les personnes dépendantes GIR 4; GIR 3; GIR 2 ou GIR 1, peuvent bénéficier d’une allocation personnalisée d’autonomie (APA) qui les aidera à financer leur dépendance. L’APA est versé à tous, sans condition de revenu (mais le montant est dégressif avec vos revenus) et surtout c’est une allocation qui ne sera pas récupération sur la succession ou sur l’assurance vie (cf « Récupération des aides sociales sur succession : Quid de l’assurance vie ? »).

Cette allocation permet de financer tant la dépendance à domicile « APA Domicile » que la dépendance en établissement « APA Etablissement ».

 

Montant de l’APA à domicile.

Les personnes dépendantes qui souhaitent rester à leur domicile peuvent percevoir l’APA domicile. Mais attention, le montant maximum n’est pas systématiquement versé .

L’APA Domicile est censée couvrir une fraction des frais de dépendance selon un plan déterminé par une équipe médico-sociale (EMS). Ce plan de dépendance fixé par ces professionnels pourra être :

  • a rémunération d’une aide à domicile ou d’un accueillant familial,
  • des aides concernant le transport ou la livraison de repas,
  • des aides techniques et des mesures d’adaptation du logement,
  • de l’accueil temporaire (en établissement ou famille d’accueil).

 

Le montant maximum de l’APA domicile sera de :

Montant mensuel maximum variable en fonction du groupe iso-ressources (Gir) de rattachement
Gir Montant mensuel maximum de l’APA Domicile
Gir 1

1 719,93 €

Gir 2

1 381,04 €

Gir 3

997,85 €

Gir 4

665,60 €

 

Selon le niveau de revenu de la personne dépendante ou du couple, l’APA domicile ne sera versée qu’après une participation financière. L’APA domicile à vocation à couvrir les frais de dépendance d’une personne qui souhaite rester à domicile, mais selon les revenus de la personne, l’APA Domicile ne couvrira qu’une fraction de ces frais de dépendance.

Les ressources financières prises en compte seront :

  • vos revenus déclarés figurant sur le dernier avis d’imposition ou de non-imposition,
  • vos produits de placement à revenu fixe soumis à prélèvement libératoire,
  • vos biens (hors résidence principale) ou capitaux ni exploités, ni placés, y compris les contrats d’assurance vie souscrit par les personnes dépendantes et leurs conjoints.

NB : Vous noterez que pour les personnes « pauvres » en patrimoine, il n’est pas fait un retraitement des donations antérieures. Celui qui sera « pauvre en patrimoine » parce qu’il fait une donation de l’intégralité de son patrimoine à ses enfants, n’aura pas à déclarer ses actifs et ne verra pas son APA minorée.

 

Le reste à charge est déterminé comme selon le barème suivant :

Montant à votre charge en fonction de vos revenus
Ressources mensuelles de la personne dépendantes (Ressources financière de la personne vivant seule ou ressources mensuelles du couple / 1.7) Montant du reste à charge
Inférieures ou égales à 802,93 € Aucun
Supérieures à 802,93 € et inférieures ou égales à 2 957,02 € Le reste à charge varie progressivement de 0 % à 90 % du montant du plan d’aide. Formule de calcul : Revenu
Supérieures à 2 957,02 € Le reste à charge est de 90 % du montant du plan d’aide utilisé

Formule de calcul du reste à charge, c’est à dire du taux de participation financière demandé au bénéficiaire dépendant :

0.90 x(Ressources financières – 803.93€)/2154.09) x 100 = Taux du reste à charge de l’APA Domicile.

 

 

Une très récente étude de la DREES, fait état de chiffres rassurant. En effet, l’APA « domicile » couvre 80% des frais de dépendance. Le reste à charge n’est que de 20% pour les personnes dépendantes, en moyenne.

 

 

 

Montant de l’APA établissement.

L’APA établissement est versée à toutes les personnes dépendantes qui sont logées dans un établissement médico-social. L’APA établissement couvre une partie du tarif dépendance fixé par votre établissement d’accueil. L’APA établissement est donc calculée par fraction du coût total de l’établissement.

Plus vos revenus sont élevés, moins l’APA établissement est élevée.

Tout comme l’APA domicile, l’APA établissement n’est pas récupérables sur la succession ou l’assurance vie.

 

Tarif dépendance facturé par l’établissement : montant à votre charge
Ressources mensuelles de la personne dépendantes (Ressources financière de la personne vivant seule ou ressources mensuelles du couple / 2) Montant du reste à charge (tarif dépendance)
Inférieures ou égales à 2 447,56 € Tarif dépendance de l’établissement applicable aux Gir 5 et 6 de la grille Aggir
Supérieures à 2 447,56 € et inférieures ou égales à 3 765,49 € Montant du tarif applicable au Gir 5 et 6, auquel est ajouté un montant qui varie de 0 % à 80 % de la différence entre le tarif dépendance de l’établissement correspondant à votre Gir et le tarif dépendance de l’établissement applicable aux Gir 5 et 6.
Supérieures à 3 765,49 € Montant du tarif applicable au Gir 5 et 6, auquel est ajouté un montant fixé à 80 % de la différence entre le tarif dépendance de l’établissement correspondant à votre Gir et le tarif dépendance de l’établissement applicable aux Gir 5 et 6.

 

La DREES dans son dernier rapport fait une synthèse du reste à charge selon le niveau de revenu de la personne dépendantes. Quelques chiffres :

Le reste à charge moyen des résidents dont les revenus sont compris entre 2200€ et 2400€ est de

 

 

 

Mais

Attention, le reste à charge peut paraître très élevé, mais il devra être financé pour une durée relativement courte. Les GIR 1 et GIR 2 sont des niveaux de dépendance lourds qui se traduisent inévitablement par une espérance de vie courte. Pour mémoire, je vous remet le tableau de durée de perception de l’APA selon le niveau de GIR et l’âge de son bénéficiaire.

 

GIR 1 GIR 2 GIR 3 GIR 4 Ensemble
Moins de 80 ans 2,5 3 3,6 4 3,7
80 à 85 ans 1,8 2,7 3,2 3,8 3,4
85 à 90 ans 1,3 1,9 2,3 3 2,5
90 ans et plus 1,2 1,9 2,5 3,1 2,6
Ensemble 1,7 2,4 2,9 3,5 3,1

Source : DRESS, Octobre 2018




24 Comments

  1. Fredy Gosse says:

    Guillaume
    GIR ? General d’infanterie en retraite, groupe d’intervention républicain ? lol
    je suis admiratif face à cette usine gaz ..
    bon je vais me souhaiter de faire comme Charles Aznavour …

  2. gilbertG. says:

    Les  » vieux schnocks  » sont  » ravis  »
    je rigole , mais merci pour ces tableaux GF

    • Fredy Gosse says:

      votre civilité me touche beaucoup Gilbert :quelle élégance.
      Guillaume merci d m’avoir fait découvrir quelque chose dont j’ignorai l’existence

  3. merci pour cette synthèse , on ne trouve que très rarement une étude comparative –
    C est pas drôle , mais il faut hélas s en préoccuper

  4. Rémy Bonal says:

    Bonjour,

    La statistique de durée d’indemnisation de l’APA me parait étrange … Cela m’étonne qu’un GIR 4 (qui a droit à l’APA de plein droit) ne survive que 3 à 4 ans selon son âge d’entrée dans la catégorie. C’est peu, sachant qu’on parle ici d’une dépendance somme toute partielle.

    Concernant les restes à charge, il ne faut pas oublier que les personnes dépendantes ont toujours des charges, quoique réduites.
    Aussi la moyenne de RAC entre 1600 et 3100€/mois selon les régions est à prendre avec des pincettes : il ne s’agit que de la soustraction entre le coût d’hébergement et les aides.
    Il faut également noter que le coût des hébergements augmente très rapidement, bien plus vite que les aides.
    Un cinquantenaire qui se penche sur ce sujet aujourd’hui ferait bien de prévoir un budget très supérieur aux chiffres actuels.

    • Il est vrai que ces statistiques cassent des idées reçues ! Le budget nécessaire pour se protéger contre la dépendance n’est si important que ça. Il est important, mais cela reste gérable grâce a l’APA qui permet d’ajuster le reste à charges des ressources financières.

      Les durées sont des chiffres officiels. Je crois surtout à un fantasme collectif sur le sujet 😉 Un peu comme le fantasme éternel de l’effondrement de la retraite de répartition annoncé depuis 30 ans… et finalement proche de l’équilibre …

      • Bonjour Guillaume,

        Merci beaucoup pour cet article très documenté et très intéressant.

        Lorsque vous dîtes « Les durées sont des chiffres officiels. Je crois surtout à un fantasme collectif sur le sujet 😉 Un peu comme le fantasme éternel de l’effondrement de la retraite de répartition annoncé depuis 30 ans… et finalement proche de l’équilibre … », je pense justement que c’est un mauvais argument. Pour pouvoir maintenir l’équilibre des comptes des retraites, les pouvoirs publics ont dû sans arrêt depuis les dernières années dégrader les conditions de perception de celles-ci. Autrement dit : augmenter les cotisations, augmenter les durées, désindexer le niveau des pensions des salaires, geler les retraites récemment, voire les baisser (l’augmentation de la CSG peut être vue comme une hausse de la fiscalité ou comme une manière déguisée de baisser les pensions sans le dire officiellement). Bref le système est à l’équilibre, de manière artificielle en changeant les règles du jeu et toujours dans le sens de la dégradation. Pour le financement de la dépendance, à mon humble avis, au vu de l’état des finances publiques, cela ira dans le même sens. IL est fort à parier que l’on verra au fil des années une stagnation des aides (durcissement du barème, faibles revalorisation des aides et à terme récupération des aides sur la succession, … j’en passe et des meilleures). Ne pas oublier que si l’espérance de vie s’allonge , l’espérance de vie en bonne santé stagne voire diminue
        …. Bien entendu les gouvernants ne communiquent pas sur ce sujet.
        Au plaisir de vous lire et encore merci pour cet article.

      • Je ne suis pas si optimiste que vous, je pense (comme le dit d’ailleurs Marie Fuchs un peu plus loin) que les statistiques ne sont pas exactes. Rien que le 80% de prise en charge me parait un peu politique, surement le fruit d’un traitement statistique visant à mettre en avant le dispositif.
        Prenons un RAC de 2000€ par mois moyen (France entière), et cette statistique de 80% … 10 000€ par mois par personne de coût d’hébergement ?

        J’ai vu des personnes, sans grands revenus, qui ont vendu maison, véhicule et racheté des AV en quelques années … On ne peut pas négliger ce risque.

        Je me demande si la statistique donnée dans le tableau ne devrait pas se lire comme une succession moyenne de période. 3 ans puis 2 ans puis 1 ans par exemple en avançant dans les GIR. Ce serait plus proche de mes constatations.

  5. Marie FUCHS says:

    Merci pour cet article si bien détaillé ! En réalité et pour en faire l’expérience, je peux vous affirmer que nombreux sont les résidents qui sont entrés en EHPAD depuis plus de cinq ans , même si toutefois, la durée de prise en charge excède rarement plus de dix ans ! L’âge d’entrée en EHPAD est à prendre en compte pour compléter cette analyse .

    • Mais alors comment expliquer que l’APA (allocation pour tous, quelque soit vos revenus) ne soit versée que pendant 3.5 années en moyenne, y compris l’APA domicile qui précéde souvent l’APA établissement ?

      • ALAIN LAMBARD says:

        Comme vous l’expliquez, pour bénéficier de l’APA il faut à la fois être qualifié de GIR sur la base tests et… en faire la demande…
        Par ailleurs, l’article pourrait être complété par le mécanisme de réduction d’impôt visé à l’article 199 QUINDECIES (BOI-IR-RICI-140-20140625) et dont l’assiette dépendent du fait que le résident soit qualifié ou pas de GIR; les EPAHD ne sont pas toujours au fait de ces dispositions.

        • Oui, ne croyez vous pas que le taux de « demande » de l’APA soit très élevé dès lors que c’est une allocation pour tous, sans condition de revenu et surtout non récupérable ?

          • Miss Tip says:

            1. J’ai vu des personnes âgées oublier l’existence de ce dispositif quand leur tour était venu d’en bénéficier alors qu’elles en avaient fait bénéficier leurs parents en leur temps

            2. J’ai vu des enfants ignorer ce dispositif et le découvrir parce qu’une personne de leur entourage a fini par leur signaler que l’APA existait (le médecin, l’infirmière et la femme de ménage n’ayant rien dit…)

            3. sauf urgence, il faut plusieurs mois entre le moment où les services sociaux sont alertés et le versement de l’aide : les travailleurs sociaux sont débordés (ils ne font pas que des dossiers d’APA…) et les demandes d’APA pour les GIR les plus légers ne sont pas prioritaires. J’ai fait un signalement en mai et ce n’est qu’en octobre que la personne âgée concernée va recevoir l’APA… Il a fallu plus d’un mois pour que l’Assistante sociale puisse se rendre chez la personne en question… Or quand j’ai fait ce signalement, cela faisait déjà plusieurs mois que l’état de santé de cette personne s’était bien dégradé, mais ses enfants ignoraient qu’il existait l’APA et elle n’avait pas pensé qu’elle pouvait bénéficier de cette aide au lieu de payer plein pot sa femme de ménage, ses protections, etc.

            • ALAIN LAMBARD says:

              Tout à fait d’accord; j’ajouetrai que le dossier qui doit être rempli se traduit par la « mise à nu » de la demanderesse au niveau de ses revenus et de son patrimoine qui sert de base à une éventuelle évaluation forfaitaire du revenu pour le calcul du quota d’attribution, ce qui se traduit également par une absence de demande de certains.

  6. Miss Tip says:

    Certaines personnes vont bénéficier de l’APA pendant 6 mois, d’autres pendant 10 ans…GF nous a donné des durées moyennes, mais quelles sont les durées médianes et les pourcentages de la population bénéficiaire de l’APA par tranche de durée ? Il me semble que ce serait une donnée judicieuse pour anticiper au mieux ses vieux jours et ceux de nos proches…

    Remarque : pour les classes moyennes et tous ceux qui ont un patrimoine, quand dans une famille, il y a plusieurs membres en perte d’autonomie (ou qui risquent de se succéder dans la perte d’autonomie), il peut être intéressant d’envisager que l’un des actifs cesse sa vie professionnelle pour s’occuper de ses anciens, quitte à être dédommagé via l’héritage ou une participation des autres membres de la famille, en prévision de sa retraite… C’est ce qui s’est passé dans ma famille et a permis à tous de prospérer plutôt que d’être plumé par les EPAHD…

  7. bonjour, votre article est très intéressant , je me permets de petites précisions : pour interpréter les chiffres il faut tenir compte du fait que les résidents d EHPAD arrivent avec un GIR 4 ou 3 ou 2 qui évolue lors de leur séjour vers GIR 1 ou 2 et donc les chiffres sont « faussés » par ça ;
    d’autre part, il faut préciser qu’ au prix hébergement des EHPAD s’ajoute donc un tarif dépendance selon le GIR (‘qui peut être pris en charge partiellement par l’APA) mais son montant est à peu près la moitié du tarif à domicile

  8. gilbertG. says:

    bonjour
    @ Miss Tip
    Si j’ai bien compris le  » dévoué  » est dédommagé par la famille . Sans doute aussi « récupère-t-il  » le versement GIR de l’APA .Pouvez-vous nous dire comment cela se passe fiscalement ?

    • Miss Tip says:

      Les montages variant suivant les familles, les besoins et les ressources de la personne aidée (et ses liens avec l’aidant), la situation de l’aidant, celle des frères et soeurs, etc., les conséquences fiscales seront variables :
      – dans certains cas, l’aidant sera employé des aidés (quitte à ce que les frères et soeurs versent une pension alimentaire aux aidés, qu’ils déduiront de leurs revenus)
      – dans d’autres, le dédommagement passera par exemple par le don par le conjoint (dont on s’occupe des vieux parents) de part de SCI détenus en bien propre (non imposable dans la limite de 80.000 euros)
      – dans d’autres, le « dédommagement » sera qu’un frère fan de bricolage agrandit votre maison en y ajoutant un appartement adapté au handicap pour ses parents et dont les matériaux sont financés par les parents, ce qui vous permettra d’avoir un bien à mettre en location au décès des aidés) : sur le plan fiscal, cela ne vous vaudra qu’une augmentation de votre taxe foncière pour vous…
      – Etc.

      L’APA est souvent versée non pour financer l’aidant, mais les soignants, agent de nettoyage, accueil de jour, protections, etc. dont aidant et aidé ont bien besoin (pensons que pour certaines pathologies, 1 aidant sur 4 décède avant la personne aidée, faute de prendre le temps de se soigner, par épuisement,…) : dans ce cas cela n’entre pas dans ses revenus, sinon c’est traité comme un salaire…

      L’amour, tant des aidants, que des aidés, ou des collatéraux, doit dicter le choix de la garde à domicile et du montage du « dédommagement »…et il doit conduire à rechercher une certaine équité, notamment en évitant aux aidants la misère au décès des aidés ou dans leurs vieux jours…

      Vous pourrez trouver des conseils concernant votre situation auprès des notaires, CGPI, travailleurs sociaux…

  9. gilbertG. says:

    @Miss Tip

    muchas gracias pour la réponse

  10. re bonjour,
    je voulais dans mes propos précédents juste préciser que l’APA versée en EHPAD tient compte d’un prix de journée dépendance fixé par le conseil regional qui est trés inferieur à celui du domicile , juste une info pour que les familles ne soient pas étonnées lors de l’entrée en structure

  11. Merci pour cette excellente mise à plat des infos utiles sur les coûts de la dépendance.

    j’apporterais un petit supplément pour l’avoir vécu, relativement aux EHPAD publics qui ont,
    selon les régions, signés des accords de contractualisation globale de l’APA avec leur conseil général :
    quel que soit le GIR du résident (de GIR 1 à GIR 6), il ne paie que le ticket modérateur
    correspondant au GIR 5/6, le reste est subventionné dans le paquet global APA de l’EHPAD.

    cordialement

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