– Un article rédigé avec expérience par Maxime GODON, analyste patrimonial, fiscal et successoral indépendant 

La plus-value du Conseiller en Investissement pour l’assurance-vie : entre vérité & discours commercial

On qualifie régulièrement le contrat d’assurance-vie de couteau suisse du patrimoine, à raison. Mais au moment d’ouvrir votre contrat se pose une question décisive : à qui accorder votre confiance pour en assurer la gestion ?

Les possibilités sont nombreuses :

  • Assurances en ligne
  • Réseau bancaire
  • Réseau d’assurance
  • Conseiller en investissement

Vous vous en doutez, la concurrence est rude entre ces différents acteurs de l’assurance-vie et chacun redouble d’arguments pour tirer son épingle du jeu.

Un conseiller en investissement ne dérogera pas à la règle et c’est tout à fait normal. Il doit défendre son expertise et la qualité de sa gestion face à ses principaux concurrents. Cela afin de vous convaincre qu’il vous offrira le conseil et le suivi le plus qualitatif.

Après un premier entretien de découverte fort plaisant au cours duquel vous avez longuement disserté sur votre situation personnelle, vous voilà donc devant votre conseiller pour une seconde rencontre dite de «présentation des préconisations». Pour les besoins de cet article mais aussi parce que le hasard fait bien les choses, celui-ci vous préconise l’ouverture d’un contrat d’assurance-vie.

En professionnel expérimenté, il va vous exposer toutes les raisons pour lesquelles vous devriez travailler avec lui plutôt qu’avec un des acteurs concurrents cités précédemment. Le discours est rodé, les exemples ciselés, les critiques envers ses concurrents savamment distillées.

L’argumentaire fait son effet et son professionnalisme ne se dément pas, vous voilà convaincu.

La réalité est ainsi, être un expert et vendre son expertise sont deux métiers différents. Un conseiller en investissement, lui, doit maîtriser les deux. Mais alors, aussi convaincante soit la représentation, qu’en est-il réellement en coulisse ?

Ou plus trivialement, il s’agit de savoir à quel moment la vérité se pare de ses plus beaux atouts commerciaux, quitte à parfois se perdre elle-même.

« C’est entre ce qui est le plus semblable que l’apparence fait les plus beaux mensonges » Friedrich Nietzsche

 

Preliminary disclaimer (avertissement préliminaire)

Si une part croissante des épargnants accorde sa confiance à un conseiller en investissement, ce n’est pas par hasard. En effet, recourir à un conseiller en investissement présente de nombreux avantages et l’objet de cet article n’est nullement de remettre en cause cet élément de fait.

Outre l’exercice de style, il s’agit ici d’apporter certaines nuances à un discours commercial parfois excessivement prometteur.

 

Les avantages d’un conseiller en investissement : Qualité du produit et de l’allocation

Les premiers avantages affichés du recours à un conseiller en investissement tiennent à la qualité des contrats d’assurance-vie qu’il propose mais aussi à son expertise. En tant que conseiller spécialisé dans le patrimoine et détaché de toutes les activités liées au dépôt et à l’épargne courante, il se doit de vous fournir un conseil plus efficient.

 

La qualité du contrat d’assurance-vie

Un argument classique, certainement le premier puisqu’il tient à la qualité même de la matière première : le contrat d’assurance vie.

Les assurances-vie proposées sont en « architecture ouverte ».

Cela suppose que le panel des produits éligibles n’est pas réduit à une seule ou à un nombre limité de sociétés de gestion. Il n’est pas rare d’y trouver plusieurs centaines de FCP gérés par des sociétés de gestion indépendantes comme par des sociétés affiliées à une compagnie d’assurance ou à un établissement bancaire.

L’avantage est facilement perceptible : votre conseiller à toute latitude pour vous proposer des produits les plus performants du moment.

Il lui est même possible de demander à ce qu’un produit soit rajouté. Votre contrat ne devrait donc jamais devenir obsolète comme c’est le cas de nos vieux contrats actuels.

Ici nous somme dans le factuel et l’argumentaire est plutôt véridique & vérifiable.

 

Pour autant, il faut remettre l’église au milieu du village.

D’une part, les contrats en architecture ouverte ne sont pas l’apanage des conseiller en investissement. En effet, même si les établissements bancaires demeurent des mauvais élèves en matière d’ouverture, les assureurs et les contrats sur internet offrent aujourd’hui les mêmes avantages.

D’autre part, s’il est possible de demander l’ajout d’un produit au sein d’un contrat d’assurance-vie, des conditions existent. N’espérez pas pouvoir faire référencer un obscur FCP qui vous aurait tapé dans l’œil : votre conseiller devra garantir un encours minimum sur celui-ci pour obtenir son ajout.

De plus, cette possibilité est réduite aux FCP et produits structurés. Exit donc les ajouts de SCPI par exemple.

 

La qualité de l’allocation d’actifs

C’est le principal corollaire d’un large panel de produits éligibles. Associé à l’expertise d’un professionnel pour lequel l’assurance-vie représente une majeure partie de son activité, votre allocation d’actifs sera donc soigneusement pensée pour vous offrir le meilleur rendement tout en restant en ligne avec votre profil de risque.

La promesse est belle et ne pourra que difficilement être documentée. En effet, comment définir un rendement optimal ? Quand on sait que les possibilités en matière d’allocation d’actifs sont quasiment infinies, à quoi comparer la vôtre ? L’exercice n’est pas difficile, il est impossible.

Du fait de la diversification et de votre profil de risque, il vous sera impossible de mener une comparaison objective vis à vis d’un indice sur votre allocation globale. Ne reste que la possibilité de procéder à une analyse produit par produit afin de vérifier que ces performances sont en phase avec ses concurrents.

Lorsque la tentation de vendre « le meilleur rapport rendement risque » apparaît dans l’argumentaire d’un conseiller en investissement, il s’agit de se rappeler que la base de tout métier de conseil réside dans une humilité permanente. Par ailleurs, les marchés financiers sont infiniment complexes et il serait malhonnête de survendre son expertise dans un domaine où la plus-value réside dans le suivi et le respect de certaines bonnes pratiques visant à s’approcher d’un ratio rendement risque satisfaisant pour vous.

 

L’allocation d’actifs sera-t-elle performante parce qu’elle vous est conseillée par un conseiller en investissement ? Pas forcément.

Mais un professionnel compétent vous permettra d’être exposé au risque selon votre profil et votre situation. Ce qui, à défaut de vous rendre riche, vous évitera de désagréables surprises. En ce qui concerne la performance, c’est la croissance économique et le temps qui feront le plus gros du boulot.

 

La qualité de la gestion d’un conseiller en investissement

Un contrat d’assurance-vie fonctionne sur le principe de la capitalisation. Les intérêts s’ajoutent au capital placé pour produire un effet boule de neige sur le long terme. S’il y a donc une caractéristique qui influencera grandement le rendement de votre contrat, c’est bien la qualité de la gestion sur le long terme.

Ici, carton rouge pour les contrats d’assurance-vie vendus (c’est le mot) par les conseillers bancaires dont la mission s’arrête peu ou prou ici. Si vous voulez que votre contrat d’assurance-vie bancaire voit son allocation d’actifs évoluer dans le temps, vous vous verrez systématiquement proposer un mandat de gestion dont l’intérêt réside surtout dans les frais de gestion pour l’établissement.

Frais d’entrée, frais de gestion du contrat, frais du mandat, frais de gestion des FCP : les établissements bancaires décrochent la timbale en veillant à optimiser le ratio frais / absence de conseil de manière magistrale. Les épargnants apprécieront sans aucun doute.

Difficile de faire pire donc, mais qu’en est-il chez les conseillers en investissement ?

 

Une gestion administrative optimale

La majorité des conseillers en investissement travaillent aujourd’hui en partenariat avec des plateformes dont le rôle est le fluidifier la relation avec les différentes compagnies d’assurances gérant vos contrats.

Si ce modèle se démocratise c’est parce que ces plateformes connaissent précisément la philosophie de chaque assureur avec lesquelles elles travaillent. La conséquence est simple : le cahier des charges pour les opérations courantes (rachat, versement, arbitrage) est clair et les demandes complémentaires ou refus sont en nette diminution.

Pour vous cela signifie un traitement des opérations courantes accéléré et moins de chance que votre conseiller revienne vers vous pour obtenir des justificatifs supplémentaires.

Sur cet argument, rien à redire puisque le modèle fonctionne très bien. A condition naturellement que votre conseiller soit suffisamment rigoureux et ne rechigne pas à traiter vos demande de rachat.

Pour autant, les contrats en ligne proposent des délais généralement plus rapides. Cependant, il vous faut oublier le conseil associé à chaque opération et faire le travail par vous-même, là où la plupart des conseillers ne vous demanderont qu’une signature (manuscrite ou électronique).

 

Le fantasme de la gestion active

Certainement le terme le plus galvaudé dans la profession et pourtant un de ceux que j’ai le plus entendu. Comme dit précédemment, c’est la gestion au long cours de votre contrat qui fera toute la différence.

Alors pour mettre en avant ce suivi constant sur toute la durée de votre investissement, de nombreux conseillers vous diront pratiquer la gestion active.

Qu’est ce qui se cache derrière ces termes ce contexte? Tout simplement que votre conseiller s’efforcera de vous proposer des arbitrages et révisions de votre allocation d’actifs afin de coller au mieux à la conjoncture de marché.

Mais aussi lorsqu’il le faudra, vous proposera de sécuriser vos plus-values lors des très belles années ou en anticipation de troubles sur les marchés.

En réalité, la gestion active, en opposition à la gestion passive, désigne les FCP dont le but est de réaliser une meilleure performance qu’un indice grâce à une stratégie de sélection des actifs et d’arbitrages. La gestion passive quant à elle suppose de conserver les mêmes actifs sur le long terme quelle que soit la conjoncture de marché.

Quand on sait ça, on s’attend donc à une vision pointue des marchés ayant pour conséquence des arbitrages fréquents sur votre contrat.

Sauf que : une fois les termes « gestion active » prononcés, le conseiller précise que le but n’est pas d’arbitrer à tout bout de champ mais bien de conserver une vision long terme en ajustant l’allocation si c’est réellement nécessaire. Mettons-nous d’accord, au-delà de l’intérêt commercial de cet argumentaire, un pas en avant puis un en arrière, c’est de l’immobilisme joliment présenté.

Effectivement, il y aura une gestion active sur votre contrat. Mais ça relève des FCP et de leur gestion, pas de votre conseiller qui se contentera souvent d’un arbitrage annuel et qui n’aura décemment pas le temps ou la vision pour vous protéger des mouvements baissiers sur les marchés.

Des professionnels ayant vu venir la correction de fin 2018, il y en a peu. Pourtant ça ne veut pas dire qu’ils sont incompétents, ce n’est rien d’autre que la réalité des marchés. Et en vendant plus que nécessaire leur expertise au détriment de l’humilité, ils prennent le risque de beaucoup vous décevoir.

 

Du sur-mesure, vraiment ?

Vous proposer du sur-mesure pour la gestion de votre contrat, en opposition donc avec les allocations d’actifs standardisées qu’on retrouve dans les grosses structures, voilà un argument qui marque ! En effet, qui n’a pas envie de se sentir privilégié et considéré comme un client unique méritant sa propre stratégie ?

Si vous entendez cet argument sortir de la bouche d’un conseiller en investissement, soyez sûr à 99% que c’est un mensonge et qu’il en est parfaitement conscient.

Et parce qu’une affirmation mérite quelques arguments, en voici :

 

Une raison réglementaire : la gouvernance produit

Afin de réduire les dérives liées à l’activité des conseillers pratiquant une activité de conseil en investissement, de nombreuses réglementations apparaissent au fil des années.

Celle qui nous intéresse aujourd’hui : l’obligation de tenir à jour une gouvernance produit.

Pour préconiser tel ou tel FCP au sein de votre contrat d’assurance-vie, le minimum est que votre conseiller puisse démontrer qu’il maîtrise et suit régulièrement le fonds en question. Cela suppose des contacts et réunions d’informations régulières avec les gérants du fonds. Pour résumer, la gouvernance produit liste les FCP pour lesquelles ces obligations sont respectées, ce sont donc les seuls que le conseiller puisse vous préconiser.

Vous vous en doutez, le respect de ces obligations est chronophage. Par conséquent un conseiller en investissement qui doit être en capacité de proposer des FCP obligataires, flexibles et actions va devoir se résigner à réduire la diversité de son offre.

D’expérience, un conseiller ne préconise qu’une dizaine de fonds et ne dispose que de 20 FCP environ dans sa gouvernance afin notamment de diversifier les sociétés de gestion.

Votre allocation n’aura donc rien d’unique et en un sens, tant mieux ! Mieux vaut un éventail de produits maîtrisés que du sur-mesure aléatoire et ingérable.

 

Une raison pratique : le nombre de clients

La rémunération de 95% des conseillers en investissement repose en partie sur les rétrocessions et donc sur l’encours global sous gestion. Conséquence logique : ces professionnels sont constamment dans un esprit de conquête de nouveaux clients.

Cela vous semblera peut être énorme, mais 300 clients pour un conseiller ça n’a rien d’extraordinaire. Imaginez-vous maintenant devoir gérer le suivi d’au minimum 300 contrats en faisant du sur-mesure donc en individualisant les allocations d’actifs, les arbitrages, le suivi.

C’est ingérable pour lui, c’est dangereux pour vous, ce n’est souhaitable pour personne.

Dans la pratique, les allocations sont rationalisées par la gouvernance produit et votre profil de risque afin d’en simplifier la gestion et le suivi.

Même chose pour les arbitrages. Si les arbitrages proposés lors d’une rencontre de suivi peuvent accréditer l’idée du sur-mesure, ce sont en réalité des campagnes d’arbitrages qui se mettent en place et qui mettent parfois plusieurs mois à s’appliquer à l’ensemble des clients.

Est-ce scandaleux ? Pas du tout.

Mais n’allons pas parler de sur-mesure alors que c’est impossible et que tout le monde en conviendra.

 

Petit bonus : le FCP « maison »

Certaines sociétés ont une taille et un encours sous gestion leur permettant de disposer d’un FCP « maison ».

Dans les faits, il n’est pas possible légalement pour ces sociétés de conseil en investissement de gérer par elles-mêmes ce fonds. Mais des arrangements avec une société de gestion permettent de prendre des libertés avec la réglementation et donc d’avoir de fait la main mise sur ce FCP alors qu’il est officiellement géré par la société de gestion disposant des habilitations nécessaires.

Ce fonds peut par exemple être proposé pour de petits contrats ne permettant pas une diversification poussée. Ce procédé s’inscrit parfaitement dans l’argumentaire de la gestion active et du sur-mesure. En effet, si la société de conseil en investissement contrôle l’allocation de ce fonds, elle peut pratiquer des arbitrages directement dans celui-ci sans arbitrage sur votre contrat.

Vous voyez arriver l’argument facile : en cas de krach boursier, votre capital est rapidement couvert sans que vous ayez besoin d’être réactif.

L’idée est belle mais … Gérer un FCP est un métier et les performances ne sont généralement pas aux rendez-vous.

Donnez-moi une blouse, un stéthoscope, me voilà médecin !

Par contre, cela permet à la société de récupérer une part bien plus importante des frais de gestion.

A quelque chose, malheur est bon comme on dit … Mais pas pour vous !

 

En conclusion

Que ce soit pour la qualité du contrat, de l’allocation d’actifs ou encore du suivi, recourir à un conseiller en investissement comporte de nombreux avantages.

Vous ne retrouverez par cette qualité de conseil et de suivi dans un établissement bancaire ou encore sur internet. Par ailleurs, l’alternative offre aux allergiques à internet une relation humaine qui rassure.

Pour autant, tout n’est pas parfait et cela tient de mon point de vue à un besoin d’en promettre toujours plus, quitte à prendre le risque de décevoir par la suite.

Or, peut-être qu’une certaine honnêteté dans le discours commercial éviterait de nombreuses désillusions sur le long cours.

A méditer !

 

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8 Comments

  1. Merci maxime pour la grande qualité de cet article dont je partage pleinement l’analyse. J’en suis persuadé, le CIF est le meilleur intermédiaire pour faire gérer un contrat d’assurance vie en unité de compte.

    Un CIF, c’est un conseiller financier rémunéré pour ses conseils en allocation d’actif et aider les épargnants à choisir les unités de compte les plus adaptées à leur situation. Comme j’essaie de l’expliquer régulièrement, il ne faut pas confondre l’activité de CIF et l’activité de conseil en gestion de patrimoine. Le premier, le CIF, est rémunéré pour sélectionner un produit financier, une unité de compte, une allocation d’actif en accord avec le besoin de son client, le second, le conseil en gestion de patrimoine est rémunéré pour élaborer la stratégie patrimoniale, juridique et fiscale de son client.

    Ces deux professionnels (CIF et CGP) sont complémentaires.

    Le CIF pourra être indépendant, c’est à dire rémunéré par honoraire pour ses conseils ou non indépendant, c’est à dire rémunéré par commission sur les produits conseillés et vendus. L’indépendance et la déconnexion entre l’acte de conseil et l’acte de vente est, à mon humble avis, une solution efficace pour éliminer les discours commerciaux !

    Les CIF indépendants sont rares, mais ils existent. C’est notamment le cas d’Arnaud SYLVAIN qui rédige le #defi6% : https://www.leblogpatrimoine.com/gestion-conseillee-conseil-independant-epargne

  2. petite remarque sur la gouvernance produit j ai l impression que vous confondez MIF2 et DDA2, en effet DDA2 n’oblige pas de gouvernance produit pour les supports des contrast mais juste pour les contrats et de plus seulement pour les nouveaux donc peu de contrats sont concernés (pour l instant il n y a que des PER) .
    Deplus pour MIF il n y a pas besoin « réunions d’informations régulières avec les gérants du fonds » des fichiers standardisés suffisent.

    • Maxime GODON says:

      Bonjour Bibi,

      La question de la réglementation inhérente à l’activité des professionnels du patrimoine est intéressante puisque dépendant de plusieurs autorités (AMF / ACPR notamment).

      Sur la théorie, je suis d’accord avec vous. Le conseil relatif à l’assurance-vie relève de l’ACPR et donc de DDA2. De plus les DIC & DIS sont fournis pour les nouveaux contrats & Fonds en Euros par les assureurs donc mis à part le papier supplémentaire, pas de grand changement.

      Mon interprétation (issue de mes expériences professionnelles) est la suivante :

      D’une part, il est très difficile de dissocier efficacement ce qui relève de l’ACPR et de l’AMF pour les professionnels du patrimoine, ce qui les conduit généralement à appliquer d’office les mesures les plus strictes à l’ensemble des activités.

      D’autre part, les FCP & produits structurés proposés en Assurance-vie le sont généralement aussi dans des Comptes-titres qui relèvent cette fois de l’AMF. Je parle naturellement dans cet article de professionnels du patrimoine produisant tant du conseil relevant de l’AMF que de l’ACPR.

      C’est paradoxal mais par soucis d’efficacité et de simplicité, ils appliquent les mesures les plus complexes. Sans compter que le spectre d’un contrôle AMF fait peur et qu’un surplus de prudence n’est pas de trop en ce moment.

      En ce qui concerne les réunions d’information, deux des critères de la gouvernance produit sont :

      – l’expertise du personnel
      – l’échange d’information

      Si ces réunions ne sont pas obligatoires, elles me semble nécessaires afin de prouver cumulativement ces deux points. Encore une fois, ce n’est que mon point de vue et la constatation de pratiques, ce qui ne prouve pas le caractère obligatoire de celle-ci.

      • Merci pour la qualité de votre réponse, Mais mon propos était simplement de faire remarquer que le cadre réglementaire pour une allocation personnaliser dans un contrat d’assurance vie n est pas si contraignant que ça et qu’il peut se faire de bonne fois alors que pour un compte titre c est une autre histoire …

  3. Bonjour Maxime,

    Merci pour cet article intéressant et plaisant à lire. Je partage globalement votre propos mais je vous trouve quand même un peu sévère sur certains points.

    Vous parlez de « fantasme de la gestion active » et vous sembler considérer que les arbitrages à réaliser ressortissent plutôt des FCP que du conseiller.

    Je vous rejoins sur la difficulté d’anticiper les mouvements des marchés et les risques de se retrouver à contre-courant (cf. l’expérience – douloureuse – du défi 6%). Il me semble néanmoins que des arbitrages plus « techniques » sont inévitables
    – pour maintenir le niveau de risque du portefeuille dans les limites acceptables par l’investisseur,
    – pour coller à l’allocation cible,
    – pour modifier cette allocation cible lorsque la situation de l’investisseur évolue.

    A mon avis, vous ne pouvez vous contenter d’une gestion complètement passive.

    Vous affirmez par ailleurs que l’argument du sur-mesure est mensonger. Cela me semble un peu excessif. Lorsque vous proposez une allocation d’actifs
    – cohérente avec le profil de risque et l’horizon de placement de l’investisseur,
    – adaptée au contrat d’assurance vie détenu (qui n’a pas été souscrit auprès de vous),
    – suivie et ajustée régulièrement,

    N’est-ce pas un service sur mesure ?

    Je tenais à réagir à votre article car dans le cadre d’une prestation de gestion conseillée, je propose à mes clients de définir avec eux le couple rendement risque le plus adapté à leur situation (le meilleur couple rendement risque) et je m’engage à un suivi personnalisé de leur contrat/portefeuille. Pour autant, je n’ai pas l’impression de manquer d’humilité ou de leur mentir ;-). Ils sont prévenus que je ne suis pas le meilleur mais que je mettrai tout en oeuvre pour atteindre la cible que nous nous sommes fixée.

    AS

  4. Maxime GODON says:

    Bonjour Arnaud,

    Il n’existe pas deux professionnels identiques et cela a rendu l’écriture de cet article délicate. Il est toujours difficile de ne pas paraître  » offensif  » voire même sévère comme vous pouvez le relever.

    Effectivement, il n’est pas question d’une gestion totalement passive se reposant exclusivement sur les gérants des FCP présents au sein du contrat.

    Je pense que le principal écueil de ces termes si familiers pour nous (sur mesure / meilleur couple rendement risque / gestion active) réside plus dans l’écart d’interprétation de ceux ci entre les professionnels du patrimoine et le client lambda que dans une quelconque malhonnêteté intellectuelle.

    Vous semblez proposer un conseil en investissement des plus qualitatifs et je ne pense pas que vous deviez vous sentir visé par la question de l’humilité.

    Je tiens tout de même à préciser que certains professionnels (d’expérience) renonce à la plupart des arbitrages relatifs à la mesure du risque et au maintien de l’allocation cible simplement parce qu’il n’est pas rare que la case  » dynamique  » du profil investisseur soit cochée d’office.

    Dans cette situation, mon opinion est que l’emploi du terme sur-mesure est osée & même mensongère lorsqu’il est utilisé en toute conscience de la réalité pratique.

  5. julien bonnetouche says:

    Bonjour,

    Cet article met en exergue les difficultés que rencontrent les CIP indépendants.
    Par définition ils sont le plus souvent seuls.
    Or leurs taches, reposant sur une base administrative par nécessité d’une part, et commerciale par obligation de recruter de nouveaux clients d’autre part, laisse peu de temps pour le suivi, la sélection, et surtout les choix de modification l’allocation d’actif.

    Et encore faudrait il qu’ils en aient la sensibilité (je veux dire savoir ressentir le marché) ce qui n’entre pas me semble t il dans le cursus de formation nécessaire à l’exercice de la profession.

    Même les gestionnaires de fonds ne sont pas toujours au top dans ce domaine.

    Et quasiment personne n’est capable de prévoir les accidents de marché.

    Mais en dehors de cela, on peut penser que des gestionnaires d’actifs agissant à plusieurs et confrontant leurs ressenti, à condition d’être suffisamment expérimentés et constamment sur la brèche, pourraient sans doute accroître la performance.

    Mais le choix des individus devrait être aussi suivi de près par les RH.

    C’est ce qui se passe dans certaines maisons de gestion, avec des hauts et des bas dans le temps en fonction de l’évolution psychologique des individus, et des moyens de la firme.

    Prenons pour exemple la petite discussion que j’ai eue récemment avec Arnaud Sylvain sur son pronostic à 3500 sur le CAC en 2019.
    Personne ne sait aujourd’hui si il aura raison ou pas. Mais sa sensibilité lui dicte que c’est le sens de l’Histoire en 2020.

    Si il est seul à décider, cela risque au bout du compte d’être du « tout ou rien »

    si au contraire il fait partie d’un groupe de gestionnaires aux avis variés, les interactions du groupe me manqueraient pas d’aboutir à un consensus dicté par un faisceau d’arguments équilibrant sa position extrême.

    Or la solitude est la condition la plus fréquente du CIP.

    Car le client attend du CIP, peut être à tort, mais il attend qu’il lui donne une orientation sur ses choix d’investissement et pas seulement en fonction de sa situation personnelle, mais aussi sur un sentiment de marché, puisque c’est un conseil normalement plus « sachant » que lui même.

    Comprenez bien que mon propos n’est nullement une remise en cause du rôle du CIP, mais il me semble qu’il devrait être annoncé fort et clair qu’en aucun cas il n’entre dans sa fonction d’émettre une opinion sur l’orientation future des marchés. Et donc de conseiller tel ou tel fond, plutôt obligataire ou plutôt action….
    Ce rôle étant l’apanage d’autres catégories de professionnels.

    Professionnels auprès desquels le CIP devrait régulièrement, et de manière suffisamment rapprochée, « prendre langue » afin de pouvoir donner des informations aussi pointues que possible aux clients, dans le but éventuel de choisir et modifier les allocations d’actifs.

    D’après mon expérience, en effet, trop souvent, si le client ne sollicite pas lui même son gestionnaire, il n’a guère plus de nouvelles qu’une fois par an et encore …

  6. Bonjour

    Suivre le débat.

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