Mercredi dernier, veille de la réunion de la Banque Centrale Américaine durant laquelle cette dernière devait statuer sur une éventuelle augmentation des taux directeurs maintenus à ZERO depuis 2008, nous vous faisions part de la situation inextricable dans lequelle se trouvait Mme YELLEN.

La Banque Centrale Américaine (FED) doit elle augmenter ses taux d’intérêt malgré les doutes forts qui pèsent sur la croissance mondiale ?

La Banque centrale Américaine peut elle se permettre de maintenir des taux aussi bas alors que la taux de chômage est au plus bas, et qu’il devient absolument nécessaire de se reconstituer des capacités d’action pour lutter contre le retournement prochain du cycle économique ?

Fallait il prendre le risque de faire chuter les marchés financiers dopés à la liquidité abondante depuis 2008 ?

 

Incapable de sortir d’une politique non conventionnelle trop longue ?

Comme l’affirme Patrick ARTUS depuis Juillet 2013, les Banques Centrales mondiales semblent bien pris dans leur propre piège : Comment sortir d’une politique monétaire non conventionnelle qui dure depuis aussi longtemps.(cf »L’irréversibilité des politiques monétaires non-conventionnelles ? Plus rien n’arrête la liquidité mondiale …« ).

Mme YELLEN apporte aujourd’hui un peu plus de crédit à cette thèse de l’irréversibilité des politiques monétaires non conventionnelles : Les banques centrales ne peuvent plus mettre fin au monstre monétaire qu’elles ont créé.

Ne pas prendre de décision, c’est repousser pour mieux sauter. N’est il pas hasardeux d’attendre le moment parfait qui n’arrivera jamais. Comme l’écrivais récemment Nicolas CHERRON, « Pour la plupart des événements majeurs d’une vie comme se marier, acheter une maison ou une voiture, faire un voyage, avoir un enfant, etc… il n’y a jamais un moment parfait, mais il y a un moment optimal. »

Ce n’est jamais le bon moment pour prendre de grande décision, on trouve toujours une excuse pour ne pas franchir le pas. Pourtant, il faut bien le faire … et ce n’est qu’après que l’opportunité de « la grande décision » est louée.

 

Dès 2011, le même Patrick ARTUS, expliquait dans une note « Les difficultés de la sortie des politiques monétaires très expansionnistes ou nonconventionnelles » qu’« au moment [car au moment de la rédaction de cette note par Patrick ARTUS, nous étions au tout début de cette politique monétaire] de mettre en place des politiques monétaires ultraexpansionnistes (pour éviter une crise bancaire, la déflation…), il faut savoir que sortir de ces politiques sera difficile. »

Nous en avons aujourd’hui la preuve par l’incapacité de la banque centrale à prendre cette décision, incapacité de la banque centrale à accepter de faire baisser les marchés financiers (car ce sera la conséquence sur des marchés qui se valorisent toujours plus non sur les fondamentaux de l’économie mais sur l’inflation monétaire et la dégradation de la valeur de la monnaie), incapacité à donner un prix au risque…

 

Quelques extraits de la conférence de presse de Mme YELLEN.

Une inflation qui ne repart pas du fait de la faiblesse du prix des matières premieres

« L’inflation a continué d’évoluer en dessous de notre objectif de 2,0%, reflétant en partie les baisses des prix de l’énergie et des importations.

« Mes collègues et moi continuons d’anticiper que les effets de ces facteurs sur l’inflation seront transitoires.

« Cependant, la récente baisse supplémentaire des prix du pétrole et la nouvelle appréciation du dollar signifient qu’il faudra un peu plus de temps pour que ces effets se dissipent complètement. »

 

 

Baisse de la croissance mondiale…

« Les perspectives à l’international semblent être devenues plus incertaines récemment et les inquiétudes grandissantes au sujet de la croissance en Chine et dans d’autres économies émergentes ont conduit à une volatilité notable sur les marchés financiers. Les développements depuis notre réunion de juillet — y compris la chute des cours des actions, la nouvelle appréciation du dollar et l’écartement des spreads — ont resserré les conditions financières d’ensemble dans une certaine mesure. »

 

Sur la croissance future des Etats Unis face à la baisse du prix du pétrole et la crise en Chine…

« Le taux de chômage a diminué et les conditions sur le marché du travail ont continué de s’améliorer. L’inflation, cependant, a continué d’évoluer en dessous de notre objectif à long terme, reflétant en partie la baisse des prix de l’énergie et des importations.

« Si nous continuons à nous attendre à ce que la pression baissière sur l’inflation liée à ces facteurs se dissipe avec le temps, les récents développements économiques et financiers mondiaux vont vraisemblablement exercer une pression baissière supplémentaire sur l’inflation à moyen terme.

« Ces développements pourraient aussi limiter quelque peu l’activité aux Etats-Unis, mais ils n’ont pas à ce stade conduit à un changement significatif des perspectives du comité (de politique monétaire) pour l’économie américaine.  » (Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand) »

 

Est ce que les taux vont augmenter en Octobre ? S’agira t’il d’une hausse ponctuelle ou d’un cycle nouveau de hausse ?

« Permettez moi d’insister sur le fait que le calendrier précis de la première hausse de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux est bien moins important pour l’économie que la trajectoire complète attendue des taux d’intérêt.

« Et une fois que nous aurons commencé à réduire le caractère accommodant de notre politique, nous continuerons de nous attendre à ce que les conditions économiques évoluent d’une manière telle qu’elles justifieront des hausses seulement graduelles de l’objectif de taux de fonds fédéraux. »

« Comme je l’ai dit précédemment, chaque réunion est une réunion (…) où le comité peut prendre la décision de changer notre objectif pour le taux des fonds fédéraux. Cela inclut certainement (la réunion d’)octobre. Comme vous le savez et comme je l’ai souligné précédemment, si nous devions décider de faire cela, nous convoquerions une conférence de presse. »

« Donc oui, octobre reste une possibilité. »

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12 Comments

  1. Fredy Gosse says:

    tiens je fais partie des 20/80

  2. Bernard BOISJOT says:

    Bonjour,
    En fait, le paradoxe de la situation actuelle est que, vue la financiarisation du monde, la quasi-totalité de la masse monétaire créée se retrouve absorbée par le « casino boursier »…
    Et l’économie réelle demeure toujours en manque de liquidités ! Les salaires bas, les impôts élevés : la monnaie (qui devrait être le sang de l’économie puisqu’elle est l’outil qui permet les échanges) manque cruellement dans le monde réel…
    Et plus les banques centrales en créent, plus elle se retrouve en bourse, sur-valorisant le cours des actions. Pour maintenir la rentabilité des placements, les entreprises sont obligées d’augmenter les dividendes, et donc de faire pression sur leurs coûts (notamment les salaires)… Or les dividendes ne servent qu’à … être à nouveau joués en bourse. La boucle folle ne peut pas être stoppée sans une remise en cause « philosophique » de notre organisation.

    Seul le monde réel crée de la richesse. Seuls les salaires et les dividendes des PME ont une chance de se retrouver dans le monde réel. Seuls les échanges réels génèrent des bénéfices. C’est ce qu’avait parfaitement compris Henry FORD au début du XXe siècle.
    Si on oublie cela, il ne reste que des jeux à somme nulle où la seule possibilité d’accroître les gains est qu’un joueur puisse fabriquer et perdre de la monnaie à l’infini : c’est le rôle que jouent les Banques Centrales…

  3. J’aimerai poser une question : le fait que les emprunts aux USA soient principalement à taux variables, cela implique que si les taux remontent, les mensualités de tous les ménages vont augmenter voire exploser, d’où crise majeure.
    En France, les taux des emprunts sont plutôt fixes. La remontée des taux devrait affecter les ipérations à venir mais pas celle déjà faite. Le problème devrait donc y être moins grave, non ?

  4. Patrick,

    en tant que particulier, les emprunts sont à taux fixe sur des durées longues (20 ans) mais les entreprises ont des emprunts à taux variable sur des durées plus courtes (5 ans à 7 ans environ) donc toute remontée de taux aura de l’impact.

    Bonne journée,

    • Il me semble que Patrick a raison: les prêts à taux fixe sont particulièrement une spécificité française. D’ailleurs, et cela avait déjà été évoqué ici ou là, ce type de taux devrait être supprimé à terme. En effet, cela signifie que le risque de taux (en cas de taux fixe) est porté par la banque, or la banque ne souhaite pas porter ce type de risque (…) et donc évoluera prochainement vers des taux variables pour que le risque soit alors supporté par l’emprunteur.

      • Une banque ne prends aucun risque (enfin quand elle prête de l’argent, pour le reste, c’est une autre histoire…)

        Elle assure son risque, elle achète des swaps dont le coût est nécessairement répercuté dans votre taux facial, elle titrise la créance (subprime ;D) pour refiler le risque à des tiers, elle met en place des cautions/nantissement, mais jamais oh grand jamais elle ne prendra le moindre risque à filer de l’argent à quelqu’un.

        La question du taux variable ou du taux fixe n’a aucune valeur pour la banque, sinon ça fait longtemps qu’elles auraient changer de fonctionnement.

    • Je comprends, cependant les taux variables ne doivent être imposés qu’au grosses entreprises je pense ?

      • Même les entreprises qui empruntent à taux variable peuvent (et souvent choisissent de le faire) acquérir des swap, ce qui revient à transformer ce taux variable en taux fixe.

  5. Fredy Gosse says:

    elle titrise le risque comme dans les prêts à l’économie sociale et solidaire-:)
    il parait qu’aux USA la titrisation des emprunts aux étudiants américains bat son plein

  6. Fredy Gosse says:

    http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/paris-s-enrhume-dans-le-sillage-de-wall-street-1080528.php

    ou comment ne plus rien comprendre
    un coup on vous explique que la bourse monte à cause des décisions de la FED de nourrir le marché d’argent à taux zéro qui sert à spéculer et puis le lendemain elle baisse parce que l’économie réelle refuse de repartir d’après les statistiques (même trafiquées… )question qu’est ce qui pourra faire repartir l’économie mondiale?Si la réponse est rien donc il faudra bien que le gâteau économique mondial soit réparti autrement entre les intervenants.question quelle politique doit avoir la France pour piquer des parts de marché à ses concurrents et donc s’en tirer moins mal que les autres.
    merci de me dire comment vous voyez le monde…;

  7. L’économie a subi récemment le choc chinois. Il ne fallait surement pas en rajouter une couche dans la foulée.

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