Le service de la recherche économique de Natixis, sous la direction de Patrick Artus, vient de publier une série d’étude particulièrement intéressante sur la thématique : Ou va s’investir la liquidité mondiale lorsque l’ensemble des actifs seront surévalués ?
Le constat, nous vous en faisons part régulièrement dans nos articles : La déconnexion entre l’économie réelle et la valorisation des actifs (immobilier, obligation, action) est toujours plus grande. L’économie est à la peine, la croissance, sous l’effet conjugué du vieillissement de la population et du surendettement des états, devrait être faible pendant de longue année, mais les actifs continuent d’afficher des niveaux de croissance incroyable.
Rien ne semble vouloir arrêter la hausse des actifs :

  • L’immobilier, dont nous annonçons la baisse depuis longtemps ne vient pas ;
  • Les taux d’intérêt affichent mois après mois des plus bas historique. L’OAT 10 ans atteint ce jour un record à 2% ;
  • Les marchés actions continuent leur arrogance et de battre record après record. Le CAC40 dividende réinvesti (c’est à dire en tenant compte des dividendes versés par les actions du CAC 40) a atteint son record historique, dépassant même le record précédent de septembre 2000 ;

 
Cette analyse, nous l’avons depuis longtemps, et régulièrement détaillée dans nos différents articles :

 
Mais la véritable question, n’est pas tant dans la réalisation d’un constat (que tous le monde est capable de faire), mais surtout d’essayer de construire des hypothèses pour l’évolution future de la valorisation des actifs. Sortons la boule de cristal.
La liquidité mondiale va t’elle continuer à faire croître la valeur des actifs de manière éternelle ou les investisseurs vont ils, un jour, s’apercevoir de cette exubérance irrationnelle et faire exploser cette ultime bulle mondiale ?
Dans ces trois études, Natixis essaie de nous donner quelques réflexions. Les trois études portent des titres évocateurs :
 
 

Que va-t-il se passer quand tous les actifs seront trop chers ?

L’abondance de la liquidité à investir et le maintien durable de taux d’intérêt sans risque faibles conduisent les investisseurs à acheter des quantités importantes de tous les actifs risqués :
– Ils reviennent progressivement vers les actifs des émergents après la crise de 2013 ;
– Ils achètent des obligations d’entreprise, des dettes périphériques de la zone euro, même à des niveaux de valorisation déjà excessifs ;
– Ils deviennent maintenant aussi assez fortement acheteurs d’actions.
On voit donc où nous mène cette dynamique : vers une situation où tous les actifs risqués (émergents, crédits, périphériques de la zone euro, actions) sont devenus trop chers.
Que se passe – t – il alors?
On peut craindre une panique généralisée des investisseurs qui vendent tous les actifs et reviennent brutalement vers le cash et les dettes sans risque.

 
 

La liquidité peut-elle encore se déplacer ?

Depuis le début de la crise, en 2008 – 2009, la liquidité, de plus en plus abondante, s’est déplacée :
  • Dès 2009 vers les actifs financiers des pays émergents ;
  • Depuis l’été 2012 vers le crédit (obligations des entreprises) et les dettes périphériques de la zone euro;
  • Au printemps 2013, elle sort des pays émergents et se déplace plus massivement vers le crédit, les dettes périphériques de la zone euro, l’immobilier;
Que va-t- il se passer maintenant ?
  • La liquidité va-t-elle continuer à s’investir dans les mêmes classes d’actifs qu’aujourd’hui ? Ceci conduirait à une surévaluation croissante des prix de ces actifs ;
  • Les investisseurs vont-ils réaliser que le crédit (les obligations des entreprises), les dettes périphériques de la zone euro, peut être rapidement l’immobilier, ont des prix anormalement élevés, que les émergents présentent des risques importants ? Ils se reporteront alors sur des actifs moins chers, en particulier sur les actions, ce qui conduirait rapidement à une surévaluation des actions compte tenu de l’abondance de liquidité ; ce scénario est assez probable ;
  • Que se passerait -il alors plus tard, lorsque les actions seront à leur tour surévaluées? Recommence-t-on un nouveau cycle avec les mêmes classes d’actifs ?
 
 

Zone euro : la liquidité joue un tel rôle qu’on arrive à la situation absurde où le risque de déflation fait monter les marchés financiers.

Le recul de l’inflation, de la croissance de la masse monétaire et du crédit, l’écart croissant entre les taux d’intérêt réels à long terme et la croissance en volume, ont augmenté les craintes quant au risque que la zone euro entre en déflation.
Très bizarrement, ceci a conduit dans la période récente à une hausse des marchés financiers de la zone euro : baisse des taux d’intérêt sur les dettes périphériques de la zone euro, hausse des cours boursiers, baisse des spreads de crédit.
Les marchés financiers sont tellement liés à la liquidité que de mauvaises nouvelles (le risque de déflation dans la zone euro) conduisent à une hausse des marchés financiers puisque ces mauvaises nouvelles conduisent à l’anticipation que la BCE devra passer au Quantitative Easing. La liquidité domine les fondamentaux, ce qui est bien inquiétant.

 

Conclusion.

Vous le voyez l’analyse de le service recherche de Patrick Artus illustre parfaitement notre schizophrénie déflationniste.
L’analyse fondamentale du marché et de l’économie doit nous encourager à la plus grande prudence devant des marchés dont la décorrélation est toujours plus grande une économie réelle en déflation.
Mais, l’inflation monétaire orchestrée par les banques centrales pourrait nous faire croire que les marchés des actifs (immobilier, obligation et action) pourraient monter jusqu’au ciel.
 
 

Qu’en pensez vous ? Ou investir lorsque tous les actifs seront surévalués ?

 

Besoin d'un conseil ? Découvrez nos services :
Conseil & services 
Bilan patrimonial
Abonnement patrimonial
Formation
Au service de vos projets de vie 
MonImmoLocatif.fr
MonPatrimoine.io
IA Patrimoniale