C’est une puissante tendance de fond : Les stations balnéaires et autres villes noyées par l’explosion des locations saisonnières cherchent des solutions pour protéger les habitants à l’année.

Lors de notre conférence « Réussir votre investissement dans l’immobilier locatif » réalisée à l’occasion de la sortie de l’édition 2022 de mon livre « Investir dans l’immobilier« , un participant à posé la question de la possibilité de rentabiliser un investissement immobilier patrimonial (à faible rentabilité locative en cas de location nue à une famille) grâce à la location saisonnière.

Ma réponse a été celle de la nécessité d’une extrême prudence devant le mouvement de régulation qui s’organise depuis quelques mois. Nous entrons dans une phase « anti-AirBnb » qui pourrait prendre de l’ampleur dans l’après Covid-19, lorsqu’il s’agira d’aider le secteur de l’hôtellerie à se reconstruire.

La récente décision du comité d’agglomération du pays Basque doit vous en convaincre.

Extrait :

L’attractivité du Pays Basque ne cesse de s’affirmer avec notamment pour corollaire le développement exponentiel des locations en meublés de tourisme. Cette tendance n’est pas neutre sur l’habitat, particulièrement des communes en zone dite tendue (Ahetze, Anglet, Arbonne, Arcangues, Ascain, Bassussarry, Bayonne, Biarritz, Bidart, Biriatou, Boucau, Ciboure, Guéthary, Hendaye, Jatxou, Lahonce, Larressore, Mouguerre, Urrugne, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Pierre d’Irube, Urcuit, Ustaritz, Villefranque) : raréfaction des logements, hausse des prix à l’achat et à la location, conflits d’usage au sein des copropriétés.

Dans la droite ligne du PLH approuvé en octobre dernier et qui vise à favoriser le logement pour les ménages locaux, les élus communautaires ont voté ce samedi 5 mars un nouveau règlement visant à enrayer le développement des meublés de tourisme sur cette zone.

En quoi consiste le nouveau règlement ? 

Il s’adresse aux propriétaires louant leur résidence principale plus de 120 jours par an ainsi qu’à ceux louant leur résidence secondaire à une clientèle de passage pour de courtes durées. Il instaure le principe de compensation déjà mis en œuvre à Paris, Bordeaux ou Nice.  

La compensation consiste à transformer en logement des locaux non dévolus à l’habitation (bureau, commerce…). Cette compensation permet ainsi de reconstituer la «perte» d’un logement par la création d’un autre logement.  

Ce local doit être de surface au moins équivalente à celui faisant l’objet d’une location saisonnière et être situé dans la même commune. Une autorisation dite « de changement d’usage » est alors délivrée.  

Ce règlement s’adresse aux personnes physiques comme morales (société civiles immobilières notamment).

Deux dérogations : pour les locations étudiantes et les meublés associés à la résidence principale 

Afin de tenir compte du contexte territorial, deux dérogations sont mises en œuvre : 

– Il sera autorisé de louer son bien à un étudiant durant neuf mois et en meublé touristique durant une période estivale de trois mois. Cette mesure permet d’assurer une offre à la location pour les étudiants. 

– Il sera autorisé de louer un local en meublé de tourisme si celui-ci se situe dans la résidence principale du propriétaire. En effet, ces locaux ne sont pas nécessairement adaptés à la location à l’année (promiscuité avec le propriétaire, accès non différencié, charges non individualisées, isolation phonique insuffisante, etc).

Communauté d’agglomération pays basque

Bref, la location meublée saisonnière devient quasi impossible dans le pays basque.

Ainsi, et de manière concrète :

  • La location meublée saisonnière de votre résidence secondaire sera soumise à autorisation administrative dont l’obtention sera conditionnée à la mise sur le marché d’un logement loué nu ;
  • L’investissement en location meublée saisonnière ne pourra plus devenir un modèle économique de long terme car l’autorisation administrative n’est valable que pour une durée limitée de 3 ans ; (S’endetter sur 25 ans pour une autorisation d’exploitation de 3 ans est un pari très risqué) :
  • Seule la location de la résidence principale pour une durée inférieure à 4 mois est possible, ou d’un logement qui se situe dans la résidence principale du propriétaire bailleur.
  • Bref, c’est la fin du business de la location saisonnière dans le pays Basque.

Et surtout, c’est une tendance de fond qui pourrait se répandre dans toutes les villes concernées par ce flux d’investisseur Airbnb.

La chasse à Airbnb est ouverte. Les hôteliers vont pouvoir retrouver le sourire pour cette belle saison 2022 qui se prépare.

Les propriétaires de logement en location meublée saisonnière doivent se préparer à cette échéance et réduire au plus vite leur mensualité de crédit immobilier pour ceux qui se sont massivement endettés sur les base d’un modèle économique qui devient de plus en plus fragile.

A suivre.

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