Emmanuel Macron, ce matin l’invité de RMC à fait part d’une première mesure qui révèle parfaitement la tendance vers laquelle nous nous dirigeons inévitablement, et cela quelque soit les candidats et la couleur politique : Nous nous dirigeons progressivement vers un transfert des charges qui pèsent sur le travail vers l’impôt, soit sur la consommation, soit sur la capital comme nous vous le présentions dans cet article « Trump président… De la mutation économique à la mutation sociétale non sans conséquences sur le patrimoine et la fiscalité ? » :
 
François Fillon propose un transfert de certaines charges ( portant sur le travail et les salaires au détriment d’une hausse de 2 points de la TVA ;
 
Emmanuel MACRON propose lui une suppression des cotisations chômage et maladie payées par les salariés via les charges sociales (-+ 500€ par an pour un salarié au SMIC). Cette mesure serait financée par une augmentation de la CSG, c’est à dire sur une masse plus grande de revenus (Les revenus d’activité : salaires, traitements, sommes de la participation et de l’intéressement, du plan épargne entreprise ; Les revenus de remplacement : pensions de retraite, d’invalidité, allocations chômage, RSA, de préretraite, indemnités journalières pour maladie, maternité, accidents ; Les revenus du capital : capitaux mobiliers, revenus fonciers, revenus de l’épargne…)
 
Cette tendance est forte et le patrimoine et les revenus du capital non productif seront bien évidemment mis à contribution pour assurer ces baisses de charges sur le travail. L’annonce ce matin d’Emmanuel MACRON est le prolongement de cette réflexion.
 
 

La nuance importante entre capital productif et épargne ?

Aussi, dans le prolongement de cette réflexion et de cette volonté forte de faire baisser les charges sur le travail, nous devrions rapidement entendre des discours portant sur le nécessaire encouragement du capital productif dont la fiscalité devra être également allégée afin d’encourager son développement.
C’est dans ce contexte que François FILLON préconise de refondre la fiscalité du capital (attention, à une lecture trop rapide, refondre la fiscalité du capital, ne signifie pas la baisser, mais la modifier) afin de réorienter l’épargne des Français vers l’investissement productif.
De son côté, Emmanuel MACRON, n’a pas encore présenté ses propositions, mais fait le même constat de « L’abondante épargne des Français ne sert pas assez le financement des entreprises ».
 
C’est alors que nous devrions voir apparaître des propositions visant à alléger la fiscalité et favoriser davantage l’investissement dans le capital productif (réduction d’impôt pour investissement, encouragement du crowdfunding par le levier fiscal) et peut être un alourdissement de la fiscalité sur l’épargne non affectée à l’investissement productif. 
L’ensemble des discours qui portent sur la lourdeur de l’imposition sur le capital, ne porte que sur le capital productif et en aucun cas sur l’épargne. L’épargne est aujourd’hui abondante grâce à une fiscalité très faible (cf « Stop aux mensonges : Non, l’épargne n’est pas trop imposée en France !« ) alors que le capital productif qui participe au financement des entreprises et notamment des PME et TPE est insuffisant. Les prochains débats pourraient porter sur cette notion importante.
A ce titre, l’ISF est un sujet intéressant. François FILLON souhaite le supprimer, Emmanuel MACRON souhaite le supprimer pour le capital productif … Nuance.
Notons que 40% de l’épargne financière des Français est investie en Assurance vie et qu’au sein de ses contrats d’assurance vie, 83% des encours sont constitués de fonds euros, c’est à dire d’une épargne non productive (cf »Les avantages fiscaux de l’assurance vie sont ils toujours justifiés ?« ). Nous pourrions ainsi voir apparaître des propositions fiscales ou d’ordre réglementaire, pour que les compagnies d’assurance vie investissent davantage dans l’économie réel et non dans les banques, compagnies d’assurance vie et autres états sur-endettés (cf »Saviez vous que votre assurance-vie finançait de plus en plus les banques et assurances ?« ).
Il n’apparaît pas totalement inconcevable que la fiscalité de l’assurance vie en fonds euros deviennent moins attrayante à l’avenir (cf »Plaidoyer pour une nouvelle fiscalité de l’assurance vie au profit de l’épargne de long terme et du capital productif)
 
 

L’investissement immobilier sera encouragé… Il est préférable d’aider financièrement (et donc fiscalement ? ) la construction de nouveaux logements plutôt que de subventionner excessivement les loyers avec des aides aux logements inflationnistes

Nous pourrions assister à un recentrage de la dépense publique et notamment des avantages fiscaux autour de la construction ou rénovation de logement, au détriment des aides aux locataires tels que les APL jugées inflationnistes et contre-productives (même s’il apparaît tout de même nécessaire d’aider les personnes aux revenus les plus faibles, cette aide pourrait ne plus être spécifiquement liée au paiement du loyer, mais globale).
François FILLON par exemple propose un très fort allègement de la fiscalité des revenus locatifs et une refondation du mécanisme des revenus fonciers avec l’instauration d’un système d’amortissement, une baisse des frais de notaires, la TVA à taux réduit pour l’immobilier neuf, une réforme des plus values immobilière,et une rénovation des aides aux logements). François FILLON présente cette philosophie en parlant du passage d’une politique de la demande bien intentionnée mais inefficace, il faut passer à une politique de l’offre qui libère le potentiel de croissance du marché (secteur du BTP, professionnels de l’immobilier…) et qui mette fin aux dépenses publiques à la fois superflues et profondément inefficaces. Au lieu de subventionner la demande, qui, au final, ne règle rien au problème du logement, mais coûte très cher, il est préférable d’attaquer le mal à la racine en construisant davantage de logement, là ou les besoins sont importants.
Emmanuel MACRON, souhaite réformer les APL avec ce constat « Est-il logique de ne pas réformer les 18 milliards d’euros d’aides personnalisées au logement (APL) alors qu’elles bénéficient moins aux attributaires qu’à leurs propriétaires et alimentent l’inflation des prix de l’immobilier ? » et souhaite augmenter fortement la production de logement dans les zones ou l’offre est très largement insuffisant. Nous attendons les propositions concrètes, mais on croit y lire une philosophie commune avec François FILLON.
 
L’immobilier non productif, tel que les logements vacants, résidences secondaires, et même terrains à bâtir, pourraient voir leur fiscalité alourdir… (François FILLON propose d’ailleurs une augmentation de la taxe foncière des terrains constructibles pour encourager leur mise en vente et donc la baisse des prix …)
 
A suivre….

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