Exercice traditionnel du début de l’année, nous vous proposons de travailler ensemble sur la stratégie de placement et d’investissement pour l’année 2015. Il ne s’agit pas d’être devin et de prédire à coup sûr l’évolution de vos placements sur 2015, mais simplement, de vous faire part de notre vision et de nos conseils.
Depuis 2013, notre analyse est constante et la stratégie d’investissement n’évolue guère. Nous sommes en déflation, engluer dans une croissance faible voire inexistante pour de très nombreuses années encore.
Les politiques monétaires, toujours plus accommodantes, ne changent rien et ne parviennent pas à relancer la machine économique mais conduisent simplement à la création d’une formidable bulle sur l’ensemble des actifs.
L’injection massive de liquidités et probablement le prochain Quantitative Easing (QE) annoncé par la banque centrale européenne permettent seulement de se donner du temps, mais ne règle rien. Dans un monde sans croissance marqué par des surcapacités de production mondiale, baisser les taux d’intérêt ne donne pas l’envie d’investir. Pour investir, les entreprises ont besoin de visibilité et d’espoir dans une augmentation future de chiffre d’affaire… On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.
Les taux d’intérêt des placements sont faibles mais ils baisseront encore.
Le monde financier dans lequel nous vivons est un monde sans croissance, sans inflation (voir déflation), et donc naturellement avec des taux d’intérêt toujours plus bas. Les taux d’intérêt devraient donc continuer d’être bas tant que les perspectives de croissance resteront aussi médiocres.
Avec des rendements durablement faibles, le rendement de l’épargne continuera de baisser. On sait le Livret A maintenu à bout de bras par une décision politique à 1%, mais sans cela son taux devrait être de 0.25%.
Le PEL reste un oasis de rendement qu’il vous faudra saisir avant sa baisse inéluctable (Le taux du PEL reste pour le moment à 2.50% jusqu’au 01 février mais baissera à 2% après… avant très certainement une prochaine baisse dans les mois ou années qui viennent).
L’épargne bancaire n’est donc plus rémunérée, mais est-ce très grave ? Dans un monde en déflation, et en surcapacité de production n’oubliez pas que le simple fait de préserver la valeur de votre patrimoine est déjà un enrichissement. (cf « Déflation : Oubliez les sources d’enrichissement du passé et adoptez de nouveaux réflexes et En cas de déflation, ne pas investir est une vraie décision d’investissement.
L’immobilier en sursit avec les taux bas… mais sans acheteur. C’est La fin des illusions pour l’immobilier valeur refuge.
Pour le moment les prix de l’immobilier se tiennent relativement bien et ce n’est pas une chute de 10% ou 15% ici ou là qui est marquante lorsque l’on sait qu’ils ont augmenté de 300% en 15 ans.
Les prix de l’immobilier sont encore clairement sous perfusion des taux d’intérêt très bas. Tant que les taux restent à ces niveaux, les prix ne devraient pas enregistrer de trop forte baisse, néanmoins, les conséquences de la déflation devraient commencer à impacter les prix via la baisse du taux de rendement locatif. Le marché est artificiellement maintenu par les taux bas, mais les investisseurs ont quitté le marché. Le nouveau dispositif fiscal PINEL est un échec… La bulle de l’immobilier est enfin en train d’éclater… en douceur.
Les loyers baissent, l’absence de croissance économique, le chômage qui ne cesse d’augmenter conduisent à une précarité toujours plus forte des locataires et à une nécessaire baisse des loyers.
De nombreux investisseurs sont dorénavant conscients des risques qui pèsent sur l’immobilier et l’idée de considérer l’immobilier comme une valeur refuge n’est plus dans l’esprit des investisseurs ; C’est au contraire, l’idée d’une baisse nécessaire des prix qui commence à s’ancrer dans les esprits.
Le moment n’est pas opportun pour investir dans l’immobilier d’habitation. Les prix commencent à baisser et ce n’est probablement que le début. La réalité de la baisse des prix devrait néanmoins être visible que lorsque les taux d’intérêt augmenteront.
Investir dans l’immobilier, ce n’est pas investir pour 1 ou 2 ans, c’est investir à 10 ans ou 15 ans. Parier sur des taux d’intérêt faibles pendant 15 ans me semble osé !. Nous avons rédigé de nombreux articles sur l’évolution des prix de l’immobilier, je vous encourage à relire :
- Prix de l’immobilier : Ou en sommes nous ? Quelles perspectives ?
- Niveau et évolution des loyers en France en 2014 : La baisse des loyers devient la norme
- Prix de l’immobilier : Quand la baisse des prix devient un objectif gouvernemental
- Immobilier locatif : Baisse et encadrement des loyers, déflation … rien ne va plus!!
L’assurance vie assure encore un rendement attrayant malgré leur érosion inévitable.
Les fonds euros des contrats d’assurance vie continuent de proposer des rendements sans risque apparent très attrayants. Les meilleurs rendements 2014 sont au-dessus de 3% et la moyenne devrait s’établir à 2.50% avant prélèvements sociaux en 2014.
En 2015, la baisse des rendements devrait continuer, mais devrait toujours se maintenir à un niveau attrayant vis-à-vis des autres placements bancaires (livret A, PEL) et globalement des placements garantis et sans risque.
La déflation et ses conséquences sur le niveau des taux d’intérêt est paradoxalement une bonne nouvelle pour l’assurance vie en fonds euros. Les taux d’intérêt toujours plus faibles, et surtout la pérennité de cette faiblesse, assure toujours un avantage comparatif important pour l’assurance vie vis-à-vis des autres placements.
Tout comme les placements bancaires traditionnels, les rendements des fonds euros des contrats d’assurance vie vont s’effriter, ils ne permettront plus une valorisation intéressante du patrimoine des épargnants, mais n’oubliez pas notre leitmotiv : « En période de déflation, le simple fait de préserver la valeur de son patrimoine est déjà un enrichissement ». .
Néanmoins, comme nous l’affirmons depuis 2011, une hausse importante des taux d’intérêt serait fatale pour l’assurance vie, pour les fonds euros et pour la solvabilité des compagnies d’assurance vie. Pour le moment, la déflation et l’absence de croissance économique écarte ce risque, mais une grande vigilance est requise à moyen terme.
L’investissement en action sous perfusion de banques centrales qui ne savent plus comment arrêter leur politique monétaire ultra accommodante.
Enfin, l’investissement en action nous semble particulièrement risqué et les valorisations en totale déconnexion avec la réalité de l’économie réelle.
Depuis quelques mois, les cours de bourse évoluent au gré des mauvaises nouvelles et des perspectives de nouvelles interventions des banques centrales. Plus la zone euros s’approche de la déflation, plus l’intervention des banques centrales devient nécessaire.
En début semaine, la chine annonce son plus faible taux de croissance depuis 24 ans… mais peu importe, certains analystes considèrent cela comme une bonne nouvelle car synonyme d’une nécessaire relance de la part du gouvernement chinois. Le monde tourne à l’envers et la déconnexion avec la réalité de l’économie réelle est mois après mois plus grande.
Nous sommes dans un monde de spéculateur, les banques centrales poussent les valorisations des actifs à des niveaux déraisonnables. Nous sommes dans un casino mondiale, sans fondamentaux ou chacun justifie la hausse quotidienne par des « chiffres » et des raisonnements toujours plus farfelus. Je vous encourage à relire cet article « Vous ne parvenez plus à comprendre la hausse de la bourse, Alors vendez !«
La bourse « casino » doit-elle encore avoir sa place dans votre patrimoine ? Je ne sais pas, ou du moins pas sans garde-fou et autres options de sécurisation automatique des avoirs en cas de baisse futures.
La Banque Centrales Européenne va annoncer demain une nouvelle injection de liquidité et probablement un rachat des dettes souveraines (des états membres de la zone euros). Cette nouvelle étape dans une politique monétaire toujours plus accommodante ne sert à rien et ne permettra pas de relancer la croissance ou l’inflation. Encore un fois, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.
Le QE de la Banque Centrale Européenne fera donc plaisir aux spéculateurs en manque de liquidité pour faire grimper les cours à des niveaux toujours plus élevés… mais la question de l’après se pose déjà. Encore un nouveau QE… mais jusqu’à quand ?
Aux Etats-Unis, la violente baisse du prix du pétrole et la violent remontée du dollar notamment vis-à-vis de l’euro devrait poser la question de la solidité de la croissance économique. 2015, ne sera probablement pas l’année de la remontée des taux d’intérêt de la part de la FED. La croissance mondiale est trop faible.
La baisse des rendements de l’épargne et des placements doit vous interroger sur l’opportunité du remboursement anticipé de vos crédits.
Face à un rendement de l’épargne en baisse, la question de l’effet de levier du crédit doit se poser. Dès lors que le rendement net d’impôt de votre épargne est durablement inférieur au coût réel de votre crédit immobilier (Taux du crédit + Assurance de prêt – Déductibilité fiscale des intérêts d’emprunt pour les crédits immobilier locatif), la question du remboursement anticipé de vos crédits doit être posée.
Comme nous l’écrivions dans cet article «Remboursement anticipé des crédits : Le meilleur placement sans risque du moment ?« , remboursé vos crédits pourrait bien être le meilleur placement sans risque du moment;
Et vous, quelle est votre stratégie d’investissement et de placement pour 2015 ?