L’assurance vie, c’est plus de 1700 milliards d’euros d’encours ! Comme on a coutume de dire depuis toujours, c’est le « placement préféré des Français », le placement financier qui répond à toutes les problématiques patrimoniales : Capitalisation des intérêts sans impôt sur le revenu, transmission hors succession, capital garanti sur le fonds euros, disponibilité des sommes épargnées dans le fonds euros … Bref, l’assurance vie à tous les avantages ! et c’est c’est bien la raison pour laquelle les épargnants y épargnent massivement !
Les puristes auront beau expliquer que l’assurance vie, ce n’est pas uniquement le fonds euros, il faut avouer que l’assurance vie, sans le fonds euros n’aurait probablement pas autant de succès.
En effet, selon les derniers chiffres publiés par la fédération Française d’assurance, l’encours total des contrats d’assurance vie, c’est 79% de fonds euros et seulement 21% d’unité de compte.
 

 
Même s’il ne faut pas nier la hausse tendancielle de la collecte brute en unité de compte depuis quelques années. La forte collecte en SCPI et autres fonds à formule doit pouvoir expliquer une part non négligeable de cette part d’épargne en unité de compte.
Les épargnants Français n’aiment pas prendre des risques avec leur épargne, et s’ils acceptent de sortir du fonds euros, c’est pour placer leur épargne dans un support que le commercial leur vend comme une alternative au fonds euros, c’est à dire un placement dont le risque sera faible et le rendement meilleur que ce dernier.
Les SCPI jouent ce rôle de placement alternatif au fonds euros … même si nous savons pourtant qu’il est une erreur de considérer l’investissement dans l’immobilier d’entreprise comme un investissement sans risque , mais c’est tellement plus facile à vendre, qu’il est tentant de le faire croire aux épargnants candides (cf »SCPI : La martingale de l’investissement immobilier sans risque ? 2019 est encore une excellente année« ).
La réponse est identique pour les fonds à formule vendus massivement par les banques : Des investissements financier à capital protégé ou garantis qui enrichissent avant tout les banques du fait de frais très élevés. Les fonds à formule, ce sont ces produits financiers qui vous promettent des rendements élevés si par exemple, le CAC40 ne baisse pas de plus de X% entre deux dates.
 

 
Au final, entre les efforts commerciaux pour vendre des unités de compte aux épargnants sur les nouveaux versements et rachat et autres dénouements par décès qui concernent naturellement les fonds euros, la collecte nette est principalement réalisée sur les unités de comptes.
 

 
 

Des rendements du fonds euros qui chutent inexorablement … et des performances sur les unités de compte peu attrayantes à cause de frais élevés.

Les épargnants sont face à un dilemme impossible à résoudre. D’un côté, leur placement fétiche affiche des rendements de plus en plus faibles. Le rendement du fonds euros baisse, baisse inexorablement, et ce ne sont pas les taux d’intérêt négatifs qui vont améliorer les choses.
Récemment, c’est le vice président de l’ACPR (= Filière de la banque de France chargé de contrôler l’activité des compagnies d’assurance vie) qui appelait la disparition du fonds euros de ces vœux du fait d’un risque trop important pour la solvabilité future des compagnies d’assurance vie (cf »Vous ne pouvez plus douter ! Votre épargne en assurance-vie est en danger à cause des taux d’intérêt négatifs ! ».
Pourtant, les rendements du fonds euros, aussi médiocre soient ils, sont relativement satisfaisant dans un monde sans rendement. Obtenir 1% de rendement en 2019 pour une épargne dite garantie et disponible n’est il pas un bon rendement alors que le rendement sans risque devrait être négatif ? La question est d’être certain du caractère « garanti » et « disponible » de l’épargne en  fonds euros et de savoir combien de temps encore, ces rendements seront supérieurs à zéro ?
 

 
 

Quelle alternative crédible au fonds euros ? Faut il sortir de l’assurance vie pour investir dans l’immobilier ou arbitrer vers les unités de compte pour conserver l’avantage fiscal de l’assurance vie ?

Mais alors que faire ? Faire le constat de la médiocrité des rendements, tout en affirmant que dans un monde à taux négatif, ce n’est finalement pas mal, est intéressant mais ne donne pas de réponse.Que faire ?

  • Faut il accepter ce rendement médiocre et prendre le risque d’une baisse relative de la valeur de son épargne pour conserver les avantages fiscaux de l’assurance vie ?
  • Faut il au contraire envisager un arbitrage vers des unités de comptes comme vous le suggère avec insistance votre banquier ?
  • Enfin, est il finalement préférable d’abandonner l’idée d’épargner en assurance vie au profit d’investissement dans l’économie réelle comme l’immobilier ou les entreprises ?

 
Et le problème, c’est que personne n’en sait rien ! inutile de chercher un sachant, personne n’en sait rien. PERSONNE !

Le rendement du fonds euros est faible, il devrait continuer à baisser dans les prochaines années pour se rapprocher de zéro dans 5 à 10 ans si les taux d’intérêt restent bas. En revanche, si les taux d’intérêt augmentent, c’est une toute autre histoire et l’insolvabilité des compagnies d’assurance vie pourrait bien se traduire par un blocage des capitaux.
Mais ne jouons nous pas à nous faire peur ? Quelle est la réalité de ce risque de blocage ? Ne t’il pas exagéré par les vendeurs d’apocalypse que nous sommes parfois ?
Finalement, si les taux restent durablement faibles, le fonds euros ne serait il pas le meilleur placement sans risque. Certes, le rendement sera faible et la valeur relative de mon capital baissera du fonds d’une croissance nominale de l’économie supérieure, mais quelle importance ? Au moins, mon argent sera disponible et garantie (cf »Assurance vie : Le fonds euros est un mauvais placement mais vous n’avez pas beaucoup d’autres choix… »).
En même temps, ceux qui disposent de temps pour investir ne doivent ils pas tout simplement renoncer à l’assurance vie en fonds euros au profit d’investissement dans l’économie réelle, c’est à dire dans le capital des entreprises et dans l’immobilier ? Oui, mais cela implique d’abandonner les avantages fiscaux de l’assurance vie ? Quel est l’intérêt d’obtenir un meilleur rendement, si c’est pour perdre 20% en droits de succession en cas de décès.
Dans ce contexte, les unités de compte ne sont elles pas une alternative séduisante ? Placer mon épargne sur les unités de compte, c’est profiter des perspectives (positives ou négatives) des marchés financiers, sans perdre les avantages fiscaux de l’assurance vie. Mais les perspectives sont elles favorables sur les unités de compte ? Prendre des risques, n’est pas toujours signe de rendement plus important, même si c’est la condition indispensable.
Au final, l’épargnant est dans une situation inextricable et comme il est impossible de gagner sur tous les tableaux, il faut renoncer à quelque chose. Mais renoncer à quoi ?

  • Renoncer au rendement (en restant sur le fonds euros) pour conserver la garantie, la disponibilité et les avantages fiscaux ? Probablement pour les plus âgés d’entre vous qui ne veulent pas s’embêter avec ces choses et qui ont d’autres priorités que de chercher à augmenter la valeur de leur patrimoine. La protection est prioritaire par rapport à la valorisation ; C’est alors qu’il est important de réfléchir à d’autres manières d’utiliser cet argent. Il pourra s’agir de rembourser vos crédits immobiliers, faire une donation à vos enfants ou leur prêter afin qu’ils investissent et améliorent indirectement le rendement de votre épargne (cf »Comment prêter de l’argent à vos enfants ? Peut on fait un crédit sans intérêt à ses enfants ? »).

 

  • Renoncer à la garantie du capital (en arbitrant vers les unités de compte) pour conserver les avantages fiscaux et espérer un meilleur rendement par nature aléatoire et hasardeux ? Entre frais élevés sur la gestion en unité de compte et spéculation dont le résultat n’est que rarement en faveur des épargnants, rares sont ceux qui ont gagné de l’argent avec cette stratégie depuis 20 ans. Attention, à ne pas surestimer les avantages fiscaux de l’assurance vie ! L’intérêt fiscal de l’assurance vie, c’est aujourd’hui surtout une question de droits de succession. Ainsi avant de mettre en place une stratégie pour en payer moins, faut il encore devoir en payer !

 

  • Renoncer aux avantages fiscaux pour investir directement dans l’économie réelle dans les entreprises ou dans l’immobilier. Probablement, la meilleure solution pour ceux qui disposent de temps pour investir et qui sont trop jeunes pour chercher à réduire les droits de succession (A 55 ans, il vous reste encore 30 ans de vie, il est trop tôt pour se bloquer et ne plus rien faire en attendant vos 85 ans). Attention, il ne faut pas confondre « investir dans les entreprises » et « placer sur le marché action » ! Cette nuance est fondamentale comme nous vous l’expliquions déjà dans cet article « Ne pas confondre spéculer en bourse et investir dans le capital d’une entreprise« .
Besoin d'un conseil ? Découvrez nos services :
Conseil & services 
Bilan patrimonial
Abonnement patrimonial
Formation
Au service de vos projets de vie 
MonImmoLocatif.fr
MonPatrimoine.io
IA Patrimoniale