Au début de l’année 2023, le consensus anticipait une baisse des taux d’intérêt dès les premiers trimestres de 2024. Une baisse des taux qui s’imposerait face à l’inévitable récession qui devait se manifester après une hausse historique des taux court terme.

Aujourd’hui, et c’est probablement ce qui explique la hausse actuelle des taux long terme (OAT 10 ans = 3.50%) et la baisse des cours de bourse avec un CAC40 qui teste les 7000 points, la narration des marchés est en train de changer sous l’impulsion d’un discours incisif de la Banque Centrale Européenne.

Christine LAGARDE l’aura affirmé à l’occasion de la rentrée des banques centrales en septembre : « higher for longer ». Les taux court terme vont rester à ces niveaux élevés pendant longtemps !

La Banque Centrale Européenne douche alors les futures anticipations de baisses des taux d’intérêt.

Le message est clair : Les taux court terme vont rester hauts pendant longtemps. Arrêtez d’anticiper une baisse des taux dès les premiers mois de l’année 2024 !

Le message est en train de passer.

  • Les taux long terme s’ajustent mécaniquement à cette nouvelle narration et continuent d’augmenter.
  • Les marchés actions, sensibles à la hausse des taux, baissent devant cette perspective. Nombreux étaient ceux qui anticipaient le rebond des cours de bourse sous l’impulsion d’une future baisse des taux. Le niveau actuel des cours de bourse pouvait s’expliquer par cette anticipation de baisse prochaine des taux. La banque centrale assure que ce n’est pas le bon scénario. « Higher for longer ». Les taux court terme vont rester haut pendant longtemps. La hausse prochaine du cours des actions ne viendra pas d’une baisse des taux d’intérêt. Il faudra trouver le moteur de performance ailleurs, et notamment dans la croissance des bénéfices et la solidité de la croissance économique.

Ne pas investir contre les banques centrales.

Toute la question est alors de savoir pendant combien de temps l’économie réelle va-t-elle résister aux conséquences de la hausse des taux ?

Normalement, cette hausse historique des taux d’intérêt devrait considérablement freiner l’économie et même générer cette récession qui permettrait de lutter contre l’inflation.

Pourtant, il faut bien l’avouer, l’économie réelle tient. Le chômage reste historiquement faible, la croissance économique n’est pas incroyable, mais elle tient. Cette récession qui devait s’imposer tarde à venir.

La résilience de l’économie surprend la grande majorité des économistes qui annoncent une crise imminente depuis 3 ans. Pour le moment, il faut bien avouer qu’ils sont dans l’erreur.

L’économie ralentit, mais rien de catastrophique au regard de la violence de la hausse des taux. Au contraire, les plans d’investissement massif des états au profit de la transition énergétique ou de la réindustrialisation maintiennent la pression sur l’activité.

On a même l’impression que la guerre en Ukraine n’est plus, tellement nous avons réussi l’exploit de nous passer du gaz russe sans trop de difficulté.

Les états prennent leur responsabilité et dépense (l’argent qu’ils n’ont pas) pour investir massivement dans la croissance économique de demain. Une sponsorisation de la croissance qui permet aujourd’hui de compenser, au moins partiellement, les conséquences de la hausse des taux d’intérêt.

Résultat, les entreprises réussissent à maintenir des profits très satisfaisants. Étonnement, les entreprises résistent et affichent même une santé parfois surprenante.

Pas facile d’être pessimiste en ce moment. Les chocs se multiplient, mais l’économie tient et ne rompt pas.

Nous devrions être fier et satisfait de cette résilience.

À suivre.

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