Un Edito écrit par Julien Bonnetouche, notre lecteur particulier passionné de la matière patrimoniale – Un édito écrit comme l’expression d’un travail personnel qui est partagé par beaucoup d’entre nous –

La loi des trois générations, , «Le père crée, le fils maintient et le petit-fils dilapide» ne doit pas être une fatalité.

Travailler, économiser, prendre le risque d’investir, se construire un patrimoine, est indissociable de la notion de transmission de ce patrimoine.

Cela concerne tout le monde, car ce n’est pas tant le montant du patrimoine qui importe que les principes qui l’accompagnent. Les plus grandes fortunes ont commencé à partir de rien.

Pourtant j’en connais, qui renoncent à avoir des enfants, partant du postulat que cela ne manquera pas de créer des soucis, des contraintes de vie sans parler de détruire la planète, et qui finissent leur vie riches, mais seuls.

J’en connais aussi, plus nombreux, qui n’ont pas d’enfants, car menant une vie faite d’instabilité, ils n’auraient rien à leur léguer, même pas des bons principes. C’est peut-être mieux ainsi…

Et puis il y a tous les autres qui ont des enfants, beaucoup ne savent pas vraiment pourquoi, se rendant compte, parfois un peu trop tard de l’ampleur de la tache qui les attend pour les éduquer correctement. 

Enfin, il y a une minorité qui a conscience du devoir qui lui incombe de leur transmettre ce patrimoine éducatif et culturel en même temps que financier, qui donnera un sens à leur existence, charge ensuite à ceux-ci de faire de même pour assurer la continuité intergénérationnelle.

Nous nous intéressons ici à cette minorité,  puisque à moins d’avoir eu soi même l’idée du siècle, comme Mark Zuckerberg, constituer un patrimoine demande du temps.

Il est probable d’ailleurs, que beaucoup de lecteurs du blog d’un certain âge, pensent qu’avec plus de temps devant eux, ils feraient encore fructifier leur patrimoine !! Ce sera donc à leurs enfants de s’en occuper à leur place.

L’éducation patrimoniale commence au berceau. La tâche est ardue, semée d’embûches, demande une présence suffisante mais sans trop, un partage des tâches éducatives entre parents et autres intervenants, et surtout une attention permanente pour éviter toute sortie de route dommageable. L’éducation est au cœur de la construction patrimoniale.

En réalité, transmettre un patrimoine n’est pas une question de nombre de zéro ou d’accumulation de patrimoine à transférer à la génération suivante. La question de la transmission avant tout repose sur le capital culturel, éducatif et financier (à la marge) qui permettront à l’enfant de construire sa vie personnelle et patrimoniale.

La meilleure transmission de patrimoine est celle qui est effectuée au profit d’un enfant qui n’a pas besoin de votre argent ou de biens immobiliers. La meilleure transmission sera celle effectuée au profit d’un enfant dont l’éducation, le capital culturel, le savoir faire et le savoir être lui permettront d’envisager une vie personnelle, professionnelle et patrimoniale heureuse. Plus besoin d’hériter du patrimoine de ses parents lorsqu’ils vous ont transmis l’essentiel, c’est à dire la capacité de se construire par lui-même grâce à ces outils.

L’argent n’est qu’un outil parmi tant d’autres, et surement pas le plus important.

Nombreux sont les héritiers qui ont détruit le patrimoine acquis par le travail de leurs ancêtres à défaut d’avoir reçu le capital éducatif à sa bonne gestion ;

Tout aussi nombreux, ceux, partis sans argent, qui auront pleinement profité du capital culturel et éducatif transmis par leurs parents ou grands-parents pour pleinement réussir leur vie professionnelle et patrimoniale.

Mais bien plus qu’une méthode éducative, la culture patrimoniale est un ensemble, une accumulation de principe de vie, d’acte inconscient qui forme un terreau favorable à la réussite.

Transmettre un patrimoine financier ou immobilier à un enfant qui n’est pas capable de le recevoir ne sert à rien. Le véritable héritage n’est aucunement financier ou une somme de zéro, le véritable héritage est culturel, c’est l’ensemble des principes de vie inculqués tout au long de la vie qui construisent la personnalité de l’enfant et sa capacité à construire sa vie.

Hériter d’un  patrimoine n’est pas qu’un cadeau du ciel, c’est aussi une responsabilité intergénérationnelle, que l’on doit assumer, à fin de transmission à ses propres enfants plus tard. Chacun des héritiers pouvant user des fruits du patrimoine qui lui a été légué, tout en gardant comme ligne directrice de conserver le capital et si possible de le faire fructifier.

Hériter suppose de transmettre. Transmettre le patrimoine, mais aussi réussir à transmettre l’envie, et ce capital culturel qui aura été tellement important dans la construction initiale du patrimoine.

N’oubliez pas : Transmettre un patrimoine avec beaucoup de zéro n’a aucun intérêt sur l’héritier ne dispose pas du capital éducatif pour savoir le gérer. A défaut de ce capital éducatif, le patrimoine sera gaspillé, détruit par les mauvaises décisions patrimoniales ! Ce ne sera alors pas tant la faute de l’héritier que du parent qui n’aura pas suffisamment investis dans cette indispensable éducation patrimoniale.

Les écueils sont nombreux :

L’état de déliquescence de la société moderne, la tendance à la déconstruction, illusion de liberté, mais en réalité déstructurante, avec les divorces presque aussi fréquents que les mariages, une école sur laquelle il ne faut pas compter, tellement des principe minimalistes y sont enseignés, enfin tout ce temps passé à travailler et gagner l’argent nécessaire à la constitution de ce patrimoine d’une part, et aux dépenses (élevées) d’autre part, mais tout de même indispensables  à l’équilibre du foyer ainsi qu’à la justification des efforts de coordination mentale demandés aux enfants.

L’investisseur patrimonial transgénérationnel ne peut évidemment plus compter sur l’école pour l’aider, ( sauf peut être dans certaines campagnes reculées) mais même le privé est suspect, compte tenu des théories gauchisantes à la mode, qui s’y répandent.

L’enseignement est obligatoire, donc l’école aussi de fait, et il devra surtout compter sur lui même, pour inculquer à ses futurs héritiers les notions capitalistiques de base, et de projection dans le futur, (telles celles que l’on trouve sur leblogpatrimoine !!) essentielles à la poursuite de son projet.

Et comme, ces notions ne se retrouvent absolument plus dans les programmes scolaires, notre éducateur patrimonial devra supporter de temps en temps quelques qualificatifs limite fascisants à son encontre.

C’était mieux avant, avec l’école des films de Pagnol et des leçons de morales du matin.

Le certificat d’étude assurait des connaissances bien supérieures à celles de la plupart des bacs d’aujourd’hui.

L’exemple cependant garde un rôle essentiel. Les parents doivent se montrer exemplaires, dans leurs raisonnements, dans leur morale, dans la continuité de leur action, et dans la gestion. Pas facile …

Mais il vaut mieux aussi aider ses héritiers toute la vie durant, si l’on veut assurer cette transmission patrimoniale le mieux possible.

Dès le lycée, les choix professionnels peuvent et doivent  faire l’objet d’une réflexion commune, tenant compte des aptitudes et des goûts des enfants, mais aussi de leurs intérêts économiques futur.  Ce dernier point est indispensable à la gestion de long terme, et cela doit intervenir  assez tôt de manière à affiner les choix progressivement.

Ensuite il faudra commencer à transmettre le patrimoine dès que les enfants seront aptes à le gérer.  Si on le peut, les aider à acheter leur première résidence principale par exemple. C’est à la fois fiscalement intéressant, et motivant, avec l’idée que le capital doit être utilisé  à autre chose que le dépenser sans retour sur investissement.

Peut être après, ou avant,  les aider à financer une création d’entreprise, assise sur une bonne idée bien sûr. Si on a bien fait son travail d’éducateur patrimonial l’idée ne pourra être que bonne !!

Et comme la chance est toujours au rendez vous pour qui sait la saisir, un des descendants aura sûrement un jour,  l’opportunité d’un effet démultiplicateur, car transmettre un patrimoine consiste à planter un arbre pour les générations futures.

Les parents dont l’objectif est la pérennisation ou mieux le développement de leur patrimoine, doivent en réalité veiller au bon déroulement de cette transmission, et dans les meilleures conditions  possibles y compris fiscales, jusqu’à l’heure de leur mort.

Ils auront alors le sentiment de ne pas quitter totalement ce monde -;)

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